lundi 26 août 2019

La reine Elisabeth et Herman Richir

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Ce tableau de la reine Elisabeth a été réalisé en 1930 par le peintre belge Herman Bichir. Il appartient aujourd'hui à une collection privée (à un membre de la famille royale? on l'ignore), mais a été présenté au public il y a quelques années dans le cadre d'une exposition lors de l'ouverture estivale du palais royal de Bruxelles.

On n'en savait pas plus sur ce tableau, mais Barbara de Muyser Lantwyck en parle dans "La reine Elisabeth et le mécénat artistique : l'entre-deux-guerres, une période phare",  un (excellent) article de 27 pages de la revue "Museum Dynasticum" éditée par l'Association Dynastie et Patrimoine Culturel.

Voici ce qu'elle écrit sur les liens entre Herman Bichir et la reine Elisabeth :

"Portraitiste mondain, mais aussi auteur de scènes mythologiques et de nus, Herman Richir est recherché par la haute bourgeoisie pour sa peinture brillante, son sens du détail et sa belle palette de couleurs. Si son talent est réel, et sa carrière bien remplie (il devient en effet directeur de l'Académie Royale des Beaux-Arts de Bruxelles), il n'en demeure pas moins assez académique. 

La reine Elisabeth noue aussi avec cet artiste une amitié solide et lui accorde quelques séances de poses. Si Alfred Courtens est officieusement chargé des portraits sculptés de la famille royale, on peut dire que c'est Herman Richir qui occupe ce rôle pour la peinture. 

Il est un de ceux qui détient le record de visites royales à ses expositions. On ne compte en effet pas moins de six visites aux salons qui ont souvent lieu dans les locaux du Cercle Artistique et Littéraire au Vaux-Hall dans le parc de Bruxelles, ou dans d'autres galeries bruxelloises, sans compter les visites impromptues à l'atelier. Il faut dire qu'Herman Richir bombarde littéralement le secrétaire d'Elisabeth de missives l'avertissant des prochaines dates d'exposition et réclamant une visite royale. Herman Richir est si prolifique qu'il expose environ tous les ans ou presque.

A force de multiplier les rencontres, les liens se resserrent et lorsque la Reine apprend que Richir est malade, elle fait écrire par son secrétaire :  "Sa Majesté se rappelle les nombreuses fois qu'elle eut le plaisir de vous rencontrer et espère que l'occasion de vous revoir se renouvellera prochainement". "

Cliquez ci-dessous sur "Asbl Dynastie et Patrimoine" pour avoir plus d'infos sur leur revue "Museum Dynasticum" qui est intéressante.

Cliquez ci-dessous sur "Elisabeth" pour retrouver mes autres articles consacrés à la reine Elisabeth, arrière-grand-mère de notre actuel roi Philippe.

lundi 19 août 2019

Les voitures de la famille royale

              Au sein du garage du palais royal de Bruxelles, on ne trouve guère de carrosses ou voitures de prestige. Il y a une Lincoln décapotable datant des années 1960. Elle a été utilisée sous les règnes des rois Baudouin et Albert II (notamment lors de l'accession au trône de ce dernier en 1993). Cela fait plusieurs années qu'on ne l'a plus vue, probablement pour des raisons de sécurité.













Dans les grandes occasions (comme le mariage de Philippe et Mathilde en 1999 ou leur accession au trône en 2013), ils utilisent une Mercedes 600 Pullman. La presse avait évoqué que c'était un prêt des collections privées de Mercedes à Stuttgart (le Palais n'avait pas confirmé ou démenti, car ils ne communiquent pas sur ce qui se trouve au sein du garage du palais royal qui est géré par Liste Civile du Roi).

Pour ses visites officielles dans le pays, le roi Philippe utilise une Mercedes S 500 hybride avec la plaque "1". Lors de ses déplacements privés, il roule avec une plaque normale ou une plaque CD du corps diplomatique.

A ma connaissance, il n'existe aucune étude historique sur les voitures de la famille royale, ce qui serait un beau sujet pour un passionné. Ajoutons que le roi Albert II (alors prince héritier) a fait jouer son carnet d'adresses pour créer le Musée Autoworld à Bruxelles (où se trouve une Cadillac de Ville portant la plaque "11" autrefois utilisée par la famille royale).
                       





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lundi 12 août 2019

Notre dynastie et l'Afrique du Sud

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(Article actualisé en mars 2023)

1° Sous le règne du roi Albert II (de 1993 à 2013)

Au début de son règne, le roi Albert II a reçu en audience Nelson Mandela, de passage à Bruxelles. 

L'année suivante, le prince héritier Philippe représente la Belgique à l'investiture du président Nelson Mandela. En tant que président d'honneur de l'Office Belge du Commerce Extérieur, il a emmené deux missions économiques en Afrique du Sud en 1995 et en 2006 (la deuxième en compagnie de son épouse Mathilde). Le duc de Brabant s'est également rendu en Afrique du Sud pour l'investiture du nouveau président Jacob Zuma en 1999 et pour le Sommet de la Terre à Johannesburg en 2002. 

Quant à la princesse Astrid, elle est allée en Afrique du Sud en 2004 pour représenter la Belgique lors des 10 ans de l'abolition de l'apartheid et visiter des projets contre le sida.

2° Sous le règne du roi Philippe (depuis 2013)

En 2013, deux membres de notre famille royale se rendent en Afrique du Sud :   la princesse Astrid en octobre à la tête d'une mission économique belge, puis le roi Philippe à l'hommage international suite au décès de Nelson Mandela.

Le Roi l'évoque dans son premier discours télévisé de Noël :   "Il y a quinze jours, j'étais en Afrique du Sud pour rendre hommage à Nelson Mandela, qui a si bien personnifié cette volonté de jeter des ponts. Mandela nous a montré que le dialogue et la réconciliation peuvent changer le monde. Puisse cette force intérieure être aussi la nôtre". 

En 2018, le Roi reçoit en audience le président d'Afrique du Sud Cyril Ramaphosa. Et nos souverains se rendent en voyage d'Etat en Afrique du Sud en mars 2023. 

                       

lundi 5 août 2019

Activités royales en juillet 2019

                               11 audiences pour le Roi :   le premier ministre Charles Michel (reçu 2 fois), les informateurs Didier Reynders et Johan Vande Lanotte (reçus 3 fois), la nouvelle ministre-présidente du gouvernement flamand Liesbeth Homans (prestation de serment), le nouveau ministre de l'Emploi Wouter Beke (prestation de serment), le président du parlement flamand Kris Van Dijck, le général Marc Compernol (chef de la Défense), le président de la Chambre Patrick Dewael, le ministre-président de la région bruxelloise Rudi Vervoort (prestation de serment)

19 activités officielles pour le Roi :   réception au château de Laeken en l'honneur d'Eddy Merckx, départ de la première étape du Tour de France sur la grand-place de Bruxelles, inauguration de l'exposition estivale du palais royal, concert de la fête nationale au palais des Beaux-Arts, Te Deum à Bruxelles, défilé militaire et civil de la fête nationale, visite de la fête dans le parc royal, feu d'artifice de la fête nationale
+ 11 activités officielles lors de leur voyage officiel dans les länder allemands de Thuringe et Saxe-Anhalt (accueil à la mairie de Gotha, visite de l'exposition de l'architecte et artiste belge Henry Van de Velde, hommage au camp de concentration de Buchenwald, visite de Wittenberg, visite de la Maison de Luther, accueil par la ministre-présidente de Saxe-Anhalt, visite de la Maison Klee-Kandinsky à Dassau, visite de la Meisterhaüser, visite de l'Institut Bauhaus, visite de l'entreprise belge de chimie Domo Caproleuna, dîner officiel offert par le ministre-président de Thuringe)

19 activités officielles pour la Reine :  réception au château de Laeken en l'honneur d'Eddy Merckx, visite de l'organisation Ruimte à Zoutleeuw, inauguration de l'exposition estivale du palais royal, concert de la fête nationale au palais des Beaux-Arts, Te Deum à Bruxelles, défilé militaire et civil de la fête nationale, visite de la fête dans le parc royal, feu d'artifice de la fête nationale
+ 11 activités officielles lors de leur voyage officiel dans les länder allemands de Thuringe et Saxe-Anhalt (accueil à la mairie de Gotha, visite de l'exposition de l'architecte et artiste belge Henry Van de Velde, hommage au camp de concentration de Buchenwald, visite de Wittenberg, visite de la Maison de Luther, accueil par la ministre-présidente de Saxe-Anhalt, visite de la Maison Klee-Kandinsky à Dassau, visite de la Meisterhaüser, visite de l'Institut Bauhaus, visite de l'entreprise belge de chimie Domo Caproleuna, dîner officiel offert par le ministre-président de Thuringe)

0 activité officielle pour le roi Albert II et la reine Paola

3 activités officielles pour la princesse héritière Elisabeth, le prince Gabriel, le prince Emmanuel et la princesse Eléonore :  Te Deum à Bruxelles, défilé militaire et civil de la fête nationale, feu d'artifice de la fête nationale

4 activités officielles pour la princesse Astrid et le prince Lorenz :  concert de la fête nationale au palais des Beaux-Arts, Te Deum à Namur, défilé militaire et civil de la fête nationale, visite du village policier installé pour la fête nationale

5 activités officielles pour le prince Laurent :  7ème The Day Before Tomorrow à Brasschaat, Te Deum à Bruges, défilé militaire et civil de la fête nationale, visite de la fête dans le parc royal, funérailles de la princesse Stéphanie de Windisch-Graetz (arrière-arrière-petite-fille du roi Léopold II) en l'église Saint-Jacques sur Coudenberg

3 activités officielles pour la princesse Claire :  7ème The Day Before Tomorrow à Brasschaat, défilé militaire et civil de la fête nationale, visite de la fête dans le parc royal

1 activité officielle pour la princesse Louise :   7ème The Day Before Tomorrow à Brasschaat

0 activité officielle pour les princes Nicolas et Aymeric

Récapitulatif des activités officielles de janvier à juillet 2019 (source :  www.monarchie.be) :

Roi :  123 activités officielles  +  87 audiences

Reine :   146 activités officielles

Prince Laurent :   54 activités officielles

Princesse Astrid :   51 activités officielles

Prince Lorenz :    15 activités officielles

Princesse Elisabeth :   14 activités officielles

Princesse Claire :   10 activités officielles

Princesse Louise :   7 activités officielles

Princes Nicolas et Aymeric :   6 activités officielles

Prince Emmanuel et Princesse Eléonore :   5 activités officielles

Prince Gabriel :   4 activités officielles

Roi Albert II :   5 activités officielles

Reine Paola :   4 activités officielles 

lundi 29 juillet 2019

Le roi Philippe et l'économie

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(Article actualisé en avril 2020)

Depuis son accession au trône en 2013,  le roi Philippe s'intéresse moins à l'économie que lorsqu'il était prince héritier (ce qui est assez logique, vu qu'il a repris le rôle politique et diplomatique de son père). Il participe chaque année en janvier au forum économique mondial de Davos et est toujours président de l'honneur de l' Agence pour le Commerce Extérieur, mais c'est sa sœur la princesse Astrid qui emmène désormais les missions économiques belges à l'étranger, à la satisfaction générale.

1° L'arrivée du groupe Ali Baba en Belgique 

Le Roi rencontre Jack Ma lors de son voyage d'Etat en Chine en 2015, puis à Bruxelles en 2016, au forum économique mondial de Davos en 2017 et 2018, et à nouveau à Bruxelles en juillet 2018.

En 2018, Jack Ma, fondateur d'Alibaba (géant du commerce électronique chinois et 2ème plate-forme de commerce en ligne la plus connue après l'Américain Amazon) débourse 75 millions d'euros pour occuper 22 hectares de l'aéroport de Liège et créer plusieurs centaines d'emplois.

Angel Zhao, n°2 du groupe Alibaba, confie à la presse :   "Pourquoi l'aéroport de Liège? Parce qu'il est au centre de l'Europe. Nous pouvons ainsi tenir notre promesse de livraison en 72 heures. Mais aussi parce que les autorités belges, et même votre Roi, ont tout fait pour nous y encourager". 

Le Roi et Jack Ma se sont revus en 2019 au forum économique mondial de Davos. En mars 2020, grâce à l'intervention personnelle de notre souverain auprès de Jack Ma,  un demi-million de masques de protection et 30.000 kits de tests sont offerts à la Belgique par l'entreprise chinoise Alibaba.

2° La digitalisation

Tourné vers l'avenir,  le roi Philippe évoque régulièrement les conséquences de la digitalisation sur le marché du travail, comme lors de son discours de Nouvel An 2019 aux autorités du pays :

"Nous devons tirer parti des bouleversements qui résultent de la révolution technologique. Celle-ci exige certes un changement de nos modes de vie, elle met à l'épreuve notre capacité d'apprentissage et nous place devant de nouveaux défis en matière de sécurité et d'emploi. Mais elle crée avant tout d'immenses opportunités. La technologie ne pourra jamais remplacer les qualités proprement humaines et notre capacité de réflexion. Au contraire, elle ne peut que les compléter et les renforcer. Face à ces évolutions, les citoyens attendent de leurs institutions des réponses ambitieuses et constructives. Faisons preuve de créativité et de dynamisme en favorisant notamment l'affirmation de nos pôles d'excellence. Consolidons la place de la Belgique parmi les nations les plus en pointe dans des secteurs porteurs d'avenir comme la biotechnologie, les nanotechnologies ou l'intelligence artificielle".

A l'occasion de la réunion annuelle de la Fédération de l'Industrie Technologique en mai 2019, notre souverain déclare dans son discours :

"Je me réjouis d'être à vos côtés à l'occasion de votre rencontre annuelle et d'entendre vos réflexions et vos engagements sur l'avenir du travail en Belgique. On le sait, notre société traverse des bouleversements profonds. La digitalisation provoque des changements radicaux dans nos modes de vie, de communication, de production et de consommation. Au milieu de tout cela, nous devons, et nous pouvons, garder confiance et consolider le socle de valeurs sur lequel notre société est construite. Avec "Get in shape for the future of work", nous avons là un message bien choisi. C'est d'éviter de se faire emporter dans le tourbillon du changement et de tenter de garder une certaine maîtrise en innovant, en s'adaptant et en prenant son avenir en main. C'est aussi - et cela me semble fondamental - continuer à concevoir le travail avant tout comme un facteur de développement et d'épanouissement personnel et sociétal".

Le mois suivant, il évoque à nouveau le sujet lors de sa visite à l'Organisation Internationale du Travail :

"L'Organisation a un rôle important à jouer pour amener tous ses Etats membres à s'engager concrètement pour plus de justice sociale et à investir dans l'humain. Sous l'effet combiné des changements technologiques et de l'impérieuse nécessité de préserver notre environnement, les modes de travail vont devoir profondément évoluer. Le modèle de croissance classique a atteint ses limites et quelque chose de radicalement nouveau devra s'y substituer.

La digitalisation va supprimer des emplois mais aussi en créer des nouveaux. Une étude effectuée récemment en Belgique a calculé que pour un emploi perdu à cause de la digitalisation,   3,7 nouveaux emplois seront créés. Le contenu même de beaucoup d'emplois existants va changer. La grande majorité des travailleurs devra se reformer, un nombre important devra totalement se recycler. Il y a là une grande responsabilité pour les autorités, les employeurs et les syndicats. Les employeurs doivent s'engager à offrir la possibilité à leurs employés de mettre à jour leurs compétences. Les travailleurs qui exercent un métier en déclin, doivent recevoir à temps le soutien nécessaire pour se reconvertir.

L'ensemble de ces transformations nécessite une grande vigilance dans nos pays, mais aussi une grande inventivité de la part de l'Organisation Internationale du Travail. Il faudra défendre les avancées sociales du passé contre de nouvelles logiques économiques. Il faudra protéger et stimuler le modèle tripartite inclusif et le dialogue social. Ils sont à la fois des facteurs de stabilisation et des atouts immenses pour mieux gérer la transition".

lundi 22 juillet 2019

La bibliothèque du Roi à Laeken

                               


C'est un endroit secret et méconnu du château de Laeken, qui a été cependant mis en lumière par le photographe Olivier Polet qui a choisi une photo du roi Albert II prise dans cette bibliothèque comme couverture de son album-photos "Albert II intime", paru à l'occasion de ses 20 ans de règne. Il existe peu d'informations sur cette bibliothèque privée du Roi qui n'est pas ouverte au public (contrairement aux Archives du palais royal de Bruxelles).

Qui a occupé la fonction de bibliothécaire du Roi ?

1832 - 1865 :  Sigismund Scheler

1865 - 1890 :  Auguste Scheler (fils du précédent), qui était déjà bibliothécaire adjoint du roi Léopold Ier depuis 1853. Après 1865, il s'occupa à la fois de la bibliothèque du roi Léopold II et de la bibliothèque de son frère le prince Philippe, comte de Flandre.

1890 - 1893 :  Léonard Wilson

1908 - 1910 :  Louis Paris qui travaillait déjà auparavant à la bibliothèque, sans porter le titre de bibliothécaire du Roi

1912 - 1922 :  Martin Schweisthal

1929 - 1975 :  Jozef Droogmans

1975 - 2008 :  Erna Jacobs, première femme à occuper ce poste. Elle travaillait auparavant à la Bibliothèque Royale de Belgique. A côté de son poste de bibliothécaire du Roi, Erna Jacobs a également été conseillère pour les affaires culturelles dans le service du Grand Maréchal de la Cour.

2008 - 2017 :  Carine Van Bellinghen-Kalbfleisch s'est partagée entre la Bibliothèque Royale de Belgique et la Bibliothèque privée du Roi.

source :   article "De medewerkers van het Staatshoofd in België (1831-2017)" de Gustaaf Janssens dans la revue "Museum Dynasticum"

lundi 15 juillet 2019

Le prince Lorenz et la défense du patrimoine



Cela fait maintenant 15 ans que le prince Lorenz s'intéresse à la protection du patrimoine, à travers deux présidences d'honneur :  l'Association Royale des Demeures Historiques et Jardins de Belgique (depuis 2004) d'une part, et le Fonds du Patrimoine de la Fondation Roi Baudouin d'autre part. Depuis 2005, il accorde aussi son Haut Patronage à Europae Thesauri, une association internationale des trésors et musées d'églises dont le siège est établi au Trésor de la Cathédrale de Liège en Belgique.

Plus d'infos sur le Fonds du Patrimoine :   http://familleroyalebelge.blogspot.com/2019/03/conference-sur-le-fonds-du-patrimoine.html

Si on consulte son agenda officiel de ces trois dernières années, on constate que le prince participe chaque année à l'assemblée générale de l'Association Royale des Demeures Historiques et Jardins de Belgique, et qu'il s'est rendu notamment au Musée Bellevue, au site archéologique du Coudenberg à Bruxelles, au nouveau Musée de l'Informatique à Namur, à la remise du Prix du Patrimoine Belge à l'étranger, au Musée Royal de Mariemont à Morlanwelz, à l'exposition sur le prince Alexandre au château de Corroy-le-Château, au spectacle "En chemin" de l'asbl Eglises Ouvertes, au dîner de gala du Fonds du Patrimoine de la Fondation Roi Baudouin organisé lors de la Brafa, au Musée Hof van Busleyden à Malines (voir photo ci-dessus), etc.

Très discret, le prince Lorenz a exceptionnellement accepté en 2018 de répondre au journaliste Pierre De Vuyst du "Soir Mag" pour parler de son intérêt pour le patrimoine :

"Monseigneur, pourquoi êtes-vous investi dans l'Association Royale des Demeures Historiques et Jardins de Belgique?
- Le patrimoine d'un pays ou d'une région fait partie de son histoire, de son identité. C'est un capital. Parfois il a été négligé, parfois il a été mis en valeur,  mais c'est un capital qui doit être souligné. On n'y attache pas toujours l'importance qu'il faudrait. On ne se rend pas toujours compte des conséquences que ce patrimoine implique au niveau familial, sociétal ou même touristique. Les demeures historiques peuvent avoir un impact local très important. Si vous allez en Chine, pour voir une pagode, vous devez parfois faire des centaines de kilomètres. Ici, chaque ville, chaque village recèle des perles, des bijoux architecturaux, qui méritent d'être mis en valeur et qui ont un vrai rôle économique, sociétal et familial. Ces bâtiments maintiennent une tradition. Cela vaut la peine de s'engager pour cela.

- Etes-vous sensibilisé personnellement par cette cause? Peut-être avez-vous un patrimoine immobilier dans la famille à perpétuer, à transmettre?
- Je vous rassure tout de suite :  je n'ai pas de patrimoine immobilier!  Dans ma famille élargie, il y a des châteaux en Autriche, mais je n'ai pas grandi dans ce genre de demeure.

- Vous n'avez pas de château à sauver ou à préserver?
- Non, non, je suis assez indépendant pour ce qui concerne cette question.

- Quel est le problème principal des châtelains? Les pouvoirs publics n'entendent-ils pas assez les préoccupations des propriétaires des châteaux?
- Ca, je ne le dirais pas. Prenez par exemple la réforme de la fiscalité lors de la transmission du patrimoine qui a été mise en place. Non, je dirais qu'en parallèle au vieillissement de la population, on a vu le développement d'une société de services, de transport et de voyage. Vous avez donc des populations plus aisées, qui voyagent plus. Et je le disais, le patrimoine, c'est un capital que nous possédons en Belgique, mais aussi dans toute l'Europe. Et c'est donc un formidable moyen d'attirer des visiteurs, des touristes. Tout le monde, pouvoirs publics y compris, fait un effort pour aller dans cette direction. Regardez en France :  il y a près de 33 millions de visiteurs par an liés au patrimoine!  Attention, il ne faut pas devenir Venise non plus, mais la richesse culturelle de Belgique est un atout important à promouvoir.

- Quel trésor patrimonial belge aimez-vous particulièrement?
- Corroy, Laarne et Beersel, les trois châteaux qui ont été donnés à l'association pour les préserver, bien sûr ! Mais notre pays compte bon nombre de patrimoines de grande qualité, et pas seulement des châteaux. Je le vois au travers du Fonds du Patrimoine de la Fondation Roi Baudouin. Le patrimoine, ce sont aussi des collections de tableaux, des meubles, de l'argenterie et même des livres. Et des collectionneurs qui font des donations pour que ce patrimoine soit conservé après leur disparition. Le Fonds du Patrimoine permet de garder cet héritage en Belgique, de le gérer et de le mettre à disposition de musées en vue d'expositions. C'est, à mon sens, une initiative très positive. Les Belges ont une fibre de collectionneur. C'est bon que tous ces trésors restent en Belgique, soient mis en valeur et qu'on puisse les voir. Ca fait partie de la formation de tout un chacun, de la culture, de l'histoire.

- J'ai rencontré des propriétaires qui ressentaient, parfois durement, la difficulté d'hériter d'un bien de prestige (comme un château), de l'entretenir et de le transmettre.
- C'est un problème dont nous sommes très conscients au sein de l'association. Hériter d'un château par exemple est une belle chose, mais c'est aussi un poids et il faut le gérer. Il faut considérer le moment où la transmission se fait. Avec l'allongement de l'espérance de vie, les propriétaires sont de plus en plus âgés. Et ceux qui doivent hériter ont déjà, eux aussi, un certain âge. Or, pour qu'une transmission se fasse dans de bonnes conditions, il faut une certaine force, une certaine jeunesse. C'est la même chose lorsqu'il s'agit de reprendre une entreprise, il faut que cela se passe dans de bonnes conditions. Le bien doit être transmis plus rapidement aux jeunes générations".