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lundi 9 février 2026

Le soutien du roi Philippe à la région du Centre

                                        


(Article actualisé en avril 2026)

Depuis 2020, le roi Philippe a effectué plusieurs visites dans la région du Centre dans la province du Hainaut :    visite d'une maison de repos à Morlanwelz lors de la fête nationale 2020, venue suite à l'accident survenu lors du carnaval de Strépy-Bracquegnies en 2022, visite des carrières du Hainaut et de l'asbl Le Quinquet à Soignies en 2023, accueil et bain de foule à l'hôtel de ville de La Louvière en 2023, ouverture des Jeux Nationaux Special Olympics à La Louvière en 2024.

En juillet 2025, le Roi revient discrètement à La Louvière pour une réunion de travail non annoncée par le Palais en présence du ministre-président de la région wallonne Adrien Dolimont. Seul le bourgmestre de La Louvière Jacques Gobert donne ensuite quelques explications à la presse :

"Le Roi est venu à La Louvière il y a un an de cela, et il m'avait dit qu'il souhaitait s'engager dans une démarche de soutien de projets louvièrois. Tout cela était fort vague. On a eu l'occasion de se revoir et d'en parler. Aujourd'hui, cela se concrétise. Après plusieurs réunions, nous en sommes avec des projets à vocation économique permettant de travailler sur l'économie circulaire avec la valorisation des matériaux de construction". 

Lors de son discours de Nouvel An 2026 aux autorités du pays, le Roi déclare :

"Je voudrais vous faire part ici de mon appui aux zones aujourd'hui plus précarisées dans notre pays. J'ai ainsi pu mesurer, lors de mes nombreux déplacements sur le terrain, les difficultés de la région du Centre, au coeur de la province du Hainaut. Cette région aspire à retrouver la prospérité qu'elle a longtemps connue. J'y ai vu des jeunes très motivés mais qui se heurtent au manque de débouchés et à une activité économique limitée. 

Pourtant, j'y perçois des opportunités locales d'investissement, en particulier dans l'économie circulaire. Mais le redressement de la région passera aussi par la mobilisation d'acteurs économiques de tout le pays". 

Notre souverain tient parole et est de retour à La Louvière en mars 2026 pour une réunion de travail sur le redéploiement économique et social de la région du Centre, en présence du ministre-président wallon Adrien Dolimont. Plus surprenant, sortant de sa neutralité, il n'a pas caché son attachement à cette région confrontée à des difficultés en matière d'emploi. Il a de nouveau suggéré comme piste la développement du secteur du recyclage de matériaux comme levier de renforcement (économie circulaire). 

lundi 12 juin 2023

10 ans de règne : bilan positif pour le roi Philippe

                                  


Le roi Albert II a-t-il eu raison d'abdiquer en 2013 ? S'il y avait à l'époque beaucoup de doutes, de rumeurs et d'interrogations sur les capacités du prince héritier, on peut répondre oui, sans hésiter, dix ans plus tard. Tout en gardant sa propre personnalité, le roi Philippe exerce correctement ses fonctions de monarque constitutionnel, en bonne collaboration avec le monde politique. Plus personne ne remet en doute ses compétences.

Il serait amusant de relire certaines anciennes déclarations d'observateurs soi-disant "bien informés" qui prétendaient que le prince héritier ne serait pas capable d'exercer la fonction, aurait des relations difficiles avec le monde politique, voudrait mener une politique personnelle ou refuserait de signer certaines lois éthiques...   Ils se sont lourdement trompés, car il n'y a pas eu la moindre interpellation à la Chambre sur le rôle politique ou les discours du roi Philippe en dix ans de règne. La fonction royale dans un Etat fédéral a évolué par rapport à ses prédécesseurs, et le roi Philippe s'est adapté.

Très présent sur le terrain en Belgique, le couple royal donne aussi une bonne image de la Belgique à l'étranger. La communication de la monarchie s'est modernisée, notamment sur les réseaux sociaux. Des travaux importants ont été entrepris aux serres royales de Laeken et au palais royal de Bruxelles pour diminuer les dépenses énergétiques. Sur le plan privé, la meilleure entente au sein de la famille royale, la réconciliation avec Delphine et la bonne préparation de la princesse héritière Elisabeth sont positives pour la monarchie.

Bref, en quelques lignes, le bilan de ces dix premières années de règne est donc plutôt positif pour le roi Philippe. 

Pour plus d'infos sur le règne du roi Philippe :



- Notre famille royale face à l'épidémie du coronavirus en 2020-2021 :   http://familleroyalebelge.blogspot.com/2020/04/nos-souverains-face-lepidemie-du.html



lundi 10 octobre 2022

Les liens entre la dynastie belge et les pays baltes

                                                           

(Article actualisé en juillet 2026)

1° Sous le règne du roi Albert II (de 1993 à 2013)

Depuis leur indépendance, les relations entre la Belgique et les trois pays baltes sont plutôt bonnes. Le roi Albert II et la reine Paola se sont rendus en voyage d'Etat en Lituanie en 2006, en Lettonie en 2007 et en Estonie en 2008. 

Fait peu courant avec les républiques :  suite à leur voyage d'Etat, la reine Paola a sympathisé avec Vaira Vike-Freiberga, présidente de Lettonie de 1999 à 2007. Après la fin de son deuxième mandat, elle est revenue plusieurs fois en Belgique, et la reine Paola lui a demandé de faire partie du comité d'honneur de Missing Children Europe dont elle était la présidente. Vaira Vike-Freiberga était la seule invitée étrangère aux 80 ans de la reine Paola à Waterloo en 2017. 

2° Sous le règne du roi Philippe (depuis 2013)

Le roi Philippe reçoit régulièrement en audience des responsables politiques des pays baltes de passage à Bruxelles :    la présidente de Lituanie Dalia Grybauskaite en 2013, la présidente d'Estonie Kersti Kaljulaid en 2017, le premier ministre de Lettonie Egils Levits en 2021, le président de Lituanie Gitanas Nauséda en 2026, p.ex. 

Notre souverain a effectué deux visites auprès de détachements militaires belges stationnés dans les pays baltes à la demande de l'Otan :  en Lituanie en 2017 et en Estonie en 2019. Il a ensuite été reçu par le chef d'Etat de ces pays (voir photo ci-dessus avec la présidente d'Estonie). 

En 2022, le roi Philippe et la reine Mathilde se rendent en voyage d'Etat en Lituanie à l'occasion des 100 ans de relations diplomatiques entre la Belgique et la Lituanie (même si elles ont été interrompues lors de l'annexion du pays par l'URSS). 

Voici un article bien documenté d'Histoires Royales sur les liens de la reine Mathilde avec la Lituanie via la famille de sa maman :    https://histoiresroyales.fr/origines-polonaises-reine-mathilde-princes-ukraine-grand-duc-lituanie/?fbclid=IwAR0KgW9Inm3FE0oS-FI8CzExoLzSAGSk5_aMaiNc1Jgm7mzvKmcJ_o2sKXI

lundi 18 octobre 2021

Le domaine de Laeken : entre respect de la biodiversité du site et ouverture au public

Si les serres royales de Laeken sont ouvertes au public chaque printemps depuis plusieurs décennies,  des voix s'élevaient ces dernières années pour également ouvrir le reste du parc aux Bruxellois. Le Palais n'avait jamais réagi. On se doute que des questions de sécurité autour du chef de l'Etat (qui habite une aile du château) entrent aussi en ligne de compte.

En 2021, le Palais a eu l'intelligence de trouver un compromis qui permet de satisfaire tout le monde :  ouvrir le domaine à 1.000 enfants chaque année pour des visites encadrées par des guides nature. Cela permet de répondre à la demande d'ouverture, tout en respectant l'exceptionnelle biodiversité du site (véritable poumon vert de la région bruxelloise) mais aussi la sécurité et la vie privée de la famille royale.   

Le régisseur du domaine a expliqué à la presse :    "La Donation Royale, de concert avec les souverains, est en train de développer un vaste plan d'aménagement pour renforcer la biodiversité et recréer certains habitats dans le parc, qui s'inscrit comme une véritable réserve naturelle. Nous avons ici la plus grande héronnière de Belgique, pas moins de sept espèces d'orchidées recensées dans le parc, au moins un couple de martin-pêcheurs sur les étangs. Nous avons constaté la présence d'une fougère considérée comme disparue en région bruxelloise, ainsi que celle de la rousserolle effarvatte, un petit oiseau qui vit dans les joncs, une espèce mentionnée comme en danger depuis 40 ans à Bruxelles. Le gros défi qui nous occupe, c'est outre la rénovation progressive du complexe des serres, la gestion du parc, qui comprend de très vieux arbres, souvent entre 40 et 250 ans. A cause du changement climatique, certains sont condamnés. Pour repeupler, nous replantons chênes, charmes et hêtres, mais parfois en sélectionnant des provenances plus sudistes mieux à même de supporter les périodes de sécheresse". 


Par ailleurs, depuis 2021, un nouveau système de chauffage du domaine de Laeken est entré en fonctionnement :   le nouveau réseau est directement connecté à l'incinérateur de Neder-over-Heembeek par 4,5 km de tuyaux souterrains permettant d'exporter la chaleur résiduelle dégagée par l'incinérateur vers le domaine royal et d'ainsi chauffer les serres et bâtiments. 

lundi 4 janvier 2021

Le roi Philippe et le président américain Joe Biden

 Je vous avais déjà parlé des liens entre notre roi Philippe et le président Barack Obama :  http://familleroyalebelge.blogspot.com/2016/11/le-roi-philippe-et-le-president-barack.html

Qu'en est-il avec le nouveau président Joe Biden ?  D'après mes recherches, ils se sont rencontrés deux fois. En mission économique aux Etats-Unis en 2011, le prince héritier Philippe se rend à la Maison Blanche :  il n'est pas reçu par Barack Obama, mais par le vice-président Joe Biden. 

En janvier 2017, nos souverains assistent à une conférence de Joe Biden au forum économique mondial de Davos.






lundi 17 août 2020

Le bureau du Roi au château de Laeken

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Si le roi Philippe a un bureau privé à l'abri des regards,  il dispose de deux bureaux "officiels" comme ses prédécesseurs :   l'un au palais royal de Bruxelles et l'autre au château de Laeken. Le mobilier et la décoration n'ont guère changé d'un souverain à son successeur.

Je vous ai déjà parlé de son bureau "officiel" du palais royal de Bruxelles qui est le plus connu et le plus photographié :   http://familleroyalebelge.blogspot.com/2018/10/le-bureau-du-roi-au-palais-royal-de.html

A la fin de son règne, le roi Albert II préférait recevoir en audience au château de Laeken (plus proche de sa résidence du Belvédère) qu'au palais royal de Bruxelles. Son fils utilise beaucoup moins le bureau de Laeken, mais il y enregistre parfois certains de ses discours télévisés. 

Ce bureau est situé au rez-de-chaussée du château de Laeken, non loin de la rotonde, avec vue sur la pelouse arrière. Il était déjà occupé par l'empereur Napoléon !  Après la chute de l'Empire, la résidence est attribuée au nouveau royaume des Pays-Bas et à son souverain Guillaume d'Orange. Mais quelques meubles et tapisseries de valeur, issus du garde-meuble des rois de France, y restent. Ces tapisseries, qui ont été restaurées par la Manufacture Royale De Wit (Malines), ornent encore aujourd'hui des salons du rez-de-chaussée, dont cette pièce. Quant au bureau noir orné de dorures, c'est celui du roi Albert Ier, arrière-grand-père du roi Philippe.

Cliquez ci-dessous sur "Laeken" pour retrouver d'autres articles consacrés à ce château.

lundi 15 juin 2020

Léopold II : la réaction de la famille royale

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La semaine passée, je vous ai déjà parlé du débat qui agite la Belgique en ce mois de juin 2020 autour des monuments dédiés au roi Léopold II :    http://familleroyalebelge.blogspot.com/2020/06/pour-ou-contre-le-maintien-des-statues.html

Qu'en pense la famille royale ? Deux membres ont accepté de donner leur opinion à la presse....et ils n'ont pas le même point de vue sur ce débat.

Le prince Laurent a confié au groupe Sud Presse :    "Vous n'avez qu'à voir ce que le roi Léopold II a fait pour la Belgique et vous comprendrez. Le roi Léopold II a fait des parcs sociaux à Bruxelles et des tas d'autres choses. Vous devez savoir qu'il y avait beaucoup de gens qui travaillaient pour Léopold II, et ceux-là ont vraiment abusé. Mais ce n'est pas pour ça que Léopold II a abusé, et il faut vraiment faire attention au fait que l'on respecte toujours ces gens aujourd'hui. Il n'est jamais allé au Congo lui-même. Donc, je ne vois pas comment il a pu souffrir des gens sur place. Je crois que c'est aussi important de le dire. Tout le monde se goure sur beaucoup de choses.

Je pense qu'il faut voir aujourd'hui comment se comportent les gens par rapport aux Africains et aux chefs d'Etat africains. Moi, je peux vous dire que, personnellement, chaque fois que j'ai vu dans le cadre de ma fonction un chef d'Etat africain, j'ai toujours dit que je m'excusais pour les actions que les Européens ont faites par rapport aux Africains en général". 

La princesse Esmeralda  a également donné son avis à la presse :   "Evidemment que des statues qui sont dans l'espace public et qui sont à la gloire des colonisateurs ou des marchands d'esclaves heurtent, blessent toute une communauté. Je pense qu'il faudrait une grande consultation populaire où tout le monde participe (les minorités sociales, tous les habitants de la communauté) pour décider quoi en faire. Peut-être les mettre dans un musée, peut-être mettre des plaques explicatives, mais il y a un débat à avoir, et ce débat est vraiment urgent. Je pense qu'il est très important qu'on évoque le problème des excuses, qui a parfois été suggéré mais qui n'a jamais vraiment été débattu. Le gouvernement doit décider. Le Roi ne pourra jamais le faire de lui-même. Mais ce serait évidemment très fort si le gouvernement et le Roi le faisaient ensemble, étant donné le côté personnel de la famille royale dans ce débat".

Et qu'en pense le roi Philippe ?

Le Roi se tient prudemment à l'écart de ce débat. En dehors d'une rencontre avec le président du Rwanda Paul Kagame en 2018 et le président du Congo Felix Tshisekedi en 2019 à Bruxelles, il ne partage pas l'attachement et l'intérêt des rois Baudouin et Albert II pour nos anciennes colonies d'Afrique centrale, et semble vouloir tourner la page. Une question de génération, probablement.

De même, aucun membre de la famille royale n'a assisté à la réouverture du Musée Royal d'Afrique centrale à Tervuren après des travaux de rénovation (ce dernier a rappelé qu'il avait restitué une centaine de pièces au Congo et plus de 600 au Rwanda, principalement des masques et des statues).

lundi 13 avril 2020

Notre famille royale face à l'épidémie du coronavirus

             
(Article actualisé en février 2021)

La première réaction du Roi en lien avec l'épidémie du coronavirus a lieu le 11 mars 2020 :  il se rend, avec la ministre fédérale de la Santé Maggie De Block, à l'organisme de recherche Sciensano à Uccle, où il est informé sur l'impact du COVID-19 et sur l'approche de notre pays pour faire face à sa propagation.

A la mi-mars, les activités publiques de toute la famille royale belge sont suspendues, le voyage d'Etat de nos souverains en Italie est annulé, la princesse Elisabeth doit quitter son collège du Pays de Galles comme tous les autres étudiants étrangers, et le Palais annonce que les serres royales de Laeken n'ouvriront pas leurs portes au public en cette année 2020. Quelques jours avant le début du confinement, la reine Mathilde et ses enfants Emmanuel et Eléonore apportent des fleurs et des gâteaux aux pensionnaires de la maison de repos Heysel, gérée par le CPAS de Bruxelles.

On apprend que grâce à l'intervention personnelle du roi Philippe auprès de Jack Ma,  un demi-million de masques de protection et 30.000 kits de tests ont été offerts à la Belgique par l'entreprise chinoise de commerce en ligne Alibaba. Son fondateur Jack et notre souverain se sont rencontrés à plusieurs reprises au forum économique de Davos, en Belgique et en Chine.

Comme il l'avait fait suite aux attentats de 2016,  le Roi prononce une allocution télévisée le 16 mars:

"Mes chers compatriotes, notre pays est confronté à une crise sanitaire mondiale sans précédent. La Belgique se trouve aujourd'hui dans une phase cruciale pour contenir la propagation du coronavirus.

Nos autorités ont pris leurs responsabilités en adoptant des mesures drastiques qui nous imposent de modifier notre mode de vie, pour nous-mêmes, mais surtout pour les autres et en particulier les plus vulnérables. Mathilde et moi pensons à chacun de vous, avant tout à vous qui êtes touchés par la maladie. Nous pensons à vous, nos aînés, qui vous sentez isolés, séparés de vos proches. A vous les parents qui êtes amenés à vous réorganiser. Et à vous les jeunes de qui on attend un comportement responsable. Notre attitude à tous est essentielle. Nous pouvons sauver des vies.

Au nom du pays tout entier, je tiens à remercier ceux qui se dévouent jour et nuit à assurer les soins de première ligne et dans nos hôpitaux. Nous sommes conscients des efforts exceptionnels que nos médecins, infirmiers et tous les professionnels de la santé fournissent. Cette crise touche lourdement nos entreprises, nos commerces, de nombreux travailleurs et indépendants. La plupart des secteurs économiques de notre pays sont impactés. Ils prennent des décisions courageuses pour atténuer le choc.

Mesdames et Messieurs, la situation actuelle nous rappelle notre vulnérabilité, mais révèle aussi notre force. J'encourage les gestes spontanés de générosité et de solidarité qui se sont multipliés ces derniers jours. Chacun d'entre nous a un rôle à jouer pour surmonter cette crise. Je suis confiant que nous sortirons grandis de cette épreuve". 

Dès le 20 mars, la Fondation Roi Baudouin (www.kbs-frb.be) lance plusieurs appels d'urgence afin de mettre des moyens financiers à la disposition des acteurs de terrain pour répondre à leurs besoins (en particulier des organismes de soins à domicile, des associations d'aide aux sans-abris, des maisons de repos et de soins). Elle crée aussi un "Fonds pour des soins solidaires", afin de soutenir les hôpitaux et autres établissements de soins résidentiels.

Confiné au château de Laeken, notre souverain s'entretient désormais au téléphone avec la première ministre Sophie Wilmès au lieu de l'audience hebdomadaire. Le Palais a également annoncé qu'il avait téléphoné au président italien Sergio Mattarella le 23 mars (pour exprimer son soutien et sa solidarité au peuple italien où il devait se rendre en voyage d'Etat), au ministre belge des Affaires étrangères Philippe Goffin le 26 mars (au sujet du rapatriement des Belges à l'étranger), au président chinois Xi Jinping le 2 avril (afin d'aborder l'évolution de l'épidémie et la disponibilité de matériel médical), au président autrichien Alexander Van der Bellen le 20 avril (pour parler de la lutte contre le COVID-19), au chef de la Défense Marc Compernol le 24 avril (au sujet de l'aide logistique apportée par l'armée dans la lutte contre le coronavirus), au roi Willem-Alexander des Pays-Bas le 27 avril (à l'occasion de la fête nationale néerlandaise), aux recteurs de l'UCL et de la VUB le 28 avril (pour s'informer des changements intervenus dans la vie des universités), à l'épidémiologiste Hens Niel le 12 mai, au coordinateur général et médical de l'asbl Infirmiers de Rue le 20 mai, à la présidente de Georgie Salome Zourabichvili le 21 mai, aux recteurs des universités de Namur et Gand le 28 mai, à l'épidémiologiste Marius Gilbert le 2 juin, avec la directrice de l'Institut Technique des Ursulines à Mons le 3 juin, avec les co-fondateurs de la plate-forme Cov.Help le 5 juin.

Philippe multiplie les échanges par Skype :   avec des personnes âgées de la Résidence Notre-Dame de Lourdes de Liège (23 mars), avec le professeur Marc Van Ranst et son équipe de l'Institut de Recherche Médicale Rega (24 mars), avec des médecins et infirmières de l'UCLouvain (30 mars), avec des résidents des maisons de repos et de soins "L'Arbre de Vie" à Quaregnon et "Amphora" à Wingene (1er avril), avec le directeur et des détenus de la prison d'Audenarde qui ont fabriqué des masques (3 avril), avec des ambulanciers et des bénévoles de la Croix-Rouge de Charleroi (7 avril), avec des résidents et le personnel de l'asbl pour adultes déficients mentaux "Le Bercail" à Liège (10 avril),  avec la directrice générale de l'asbl L'Ilôt pour sans abris (21 avril), avec le personnel du centre de soins de transition de Saint-Trond (21 avril), avec des représentants du réseau de coopération Weteland contre le coronavirus (22 avril), avec deux imams à la veille du ramadan (23 avril), avec le musicien Jef Nève (29 avril), avec le personnel et les résidents du centre de soins Hingeheem à Asse (30 avril), avec des responsables d'initiatives citoyennes flamandes contre le coronavirus (12 mai), avec des sportifs belges de haut niveau (15 mai), avec quatre nouveaux entrepreneurs (26 mai), avec le co-fondateur de l'asbl Armen Te Kort (27 mai), avec les gouverneurs des provinces (3 juin), avec le conseil des enfants de la commune de Nijlen (11 juin), avec le Prix Nobel de la Paix Muhammad Yunus (29 juin).

A partir du 23 mars, un drapeau blanc est installé sur l'un des mâts du palais royal de Bruxelles et du château de Laeken, afin de montrer sa gratitude et sa reconnaissance à l'égard du personnel soignant.

De son côté, la Reine enregistre une vidéo en français et en néerlandais pour encourager les jeunes à lire ou/et à tenir un journal. Elle leur lit un extrait de deux livres belges :   "Toen de zee stil was" de Annelies Beck et  "Jusqu'ici, tout va bien" de Marie Colot (Prix Première Victor du livre de jeunesse 2020).

Comme son époux, elle multiplie les échanges par Skype :   avec des responsables des organismes de santé CRéSAM et Zorgnet-Icuro (31 mars),  avec les résidents des centres de soins Open Kring à Ardoye et Sainte-Barbe à Seilles (2 avril), avec des associations travaillant avec des personnes défavorisées (9 avril), avec des enfants et le personnel de la Maison d'enfants Reine Marie-Henriette (16 avril), avec le personnel du centre de soins de transition de Saint-Trond (21 avril), avec des représentants du monde culturel (28 avril), avec des résidents du projet d'habitation de l'asbl 1 Toit, 2 Ages (12 mai), avec la coordinatrice de la Fédération des services de Télé-Accueil de Flandre (14 mai).

Le 6 avril, Mathilde adresse un message écrit aux jeunes :

"Chers jeunes, depuis quelque temps déjà, vous êtes confinés chez vous, avec vos parents ou les adultes qui vous entourent. Vous le savez, ce confinement est indispensable pour enrayer la progression de l'épidémie de coronavirus. Je tiens à remercier et à féliciter tous ceux et toutes celles d'entre vous qui, en tant que citoyens responsables, contribuent à l'effort attendu de tous pour éviter de nouvelles contaminations.

Chacun doit prendre ses responsabilités, en respectant toutes les consignes de confinement, mais aussi en encourageant ses amis et connaissances à faire de même. Rester chez soi, se laver les mains, garder ses distances et éviter les sorties en groupe, même pour prendre l'air, tout cela reste très important.

Rester à la maison pour une période indéterminée, sans voir ses amis, sans aller à l'école, c'est bien entendu une situation entièrement nouvelle et qui peut être déconcertante. Je le sais par les médias mais aussi par nos enfants et leurs amis. Pour certains d'entre vous, toutes ces incertitudes et le manque de contacts et d'activités peuvent se révéler angoissants et même éprouvants. Vous avez parfois du mal à trouver réponse à vos interrogations.

Voilà pourquoi j'ai souhaité vous adresser ce message d'encouragement, de même que quelques conseils pour vous-mêmes et vos parents.

Tout d'abord, n'hésitez pas à parler de ce que vous ressentez avec vos parents ou avec les personnes qui vous entourent. Prenez des nouvelles de votre famille, de vos amis et des personnes isolées que vous connaissez.

Maintenez le plus possible votre rythme habituel, vos heures de lever, d'étude, de loisirs et de coucher. Continuez à travailler assidûment, avec les moyens mis à votre disposition. Vous serez mieux préparés à reprendre l'école.

Surtout, prenez le temps de vous amuser, de rire, de vous détendre, en lisant, en écrivant (par exemple en tenant votre journal ou un blog), en faisant de la musique, en cuisinant, en jouant aux jeux de société,... De temps en temps, prenez l'air près de chez vous.

Enfin, n'hésitez jamais à demander de l'aide ni à écouter ceux qui, autour de vous, se sentent plus fragiles dans cette période mouvementée. Si vous en avez besoin, sachez qu'il existe sur Internet de nombreuses lignes d'écoute gratuites :  elles peuvent vous apporter un premier soutien et vous orienter. Nous avons vraiment besoin de votre énergie et de votre compréhension pour surmonter ensemble cette épreuve. Je vous souhaite bon courage à toutes et tous".

A la demande de la chaîne flamande VTM, le couple royal et leurs quatre enfants enregistrent début avril une vidéo saluant un drone dans le parc du château de Laeken avec le message "Courage - Samen Sterk" écrit au sol. L'initiative est certes sympathique mais le contraste entre la famille royale filmée dans un immense parc vide n'est pas bon en terme de communication vis-à-vis des nombreux Bruxellois confinés dans un petit appartement sans jardin (d'autant que des élus ont déjà réclamé l'ouverture du parc du château au public).

Après nos souverains, la princesse Esmeralda est la troisième membre de la famille royale belge à s'exprimer sur l'épidémie à travers une interview début avril au journal "Le Soir" :

"L'échec des gouvernements est préoccupant. Les scientifiques nous préviennent depuis des années. Tous ont alerté de l'arrivée d'une pandémie. De la même façon, on nous alerte sur les dérèglements climatiques et sur l'effondrement des écosystèmes. Là non plus, aucune préparation à la crise. Au Royaume-Uni, l'austérité a démoli les hôpitaux et a raboté le budget des soins de santé. J'ai très peur qu'on assiste à la même chose pour l'urgence climatique dont nous sommes prévenus. On nous alerte, mais les politiques ne se préparent pas. On a mis le profit avant les gens. C'est très visible dans les coupes budgétaires :  on a privilégié l'économie au détriment des gens.

Le service public a été réduit partout. Or, on se rend compte aujourd'hui à quel point on en a besoin. Comme on a besoin de toute une série de métiers essentiels qu'on applaudit aujourd'hui. Cette reconnaissance est merveilleuse, mais c'est aussi triste d'en arriver là alors que la vraie cause du problème, c'est l'absence de soutien structurel. Par ailleurs, si le COVID-19 frappe tout le monde, ce sont surtout les plus vulnérables qui sont en première ligne. Les pays en développement vont être affectés de manière terrible. Et à la réouverture des écoles, il y a un grand risque que des filles n'y retournent pas.

J'ai un espoir incroyable. On pourrait changer ; c'est à la suite de guerres et de crises que de grands changements adviennent. Mais je reconnais que cela pourrait être le contraire. Certains profitent souvent des chocs dûs aux crises pour pousser les mesures d'austérité et la privation des libertés. Des forces s'affrontent en ce moment et je ne sais pas qui va gagner. C'est la raison pour laquelle les citoyens doivent s'exprimer plus fortement. Il est important de dire que la vie telle qu'elle était avant n'était pas celle qu'on veut !". 

Le 8 avril, le Roi se rend à l'hôpital UZ Brussel à Jette pour visiter les capacités supplémentaires d'une unité COVID additionnelle qui y a été créée. La réception prévue à l'occasion de son anniversaire est annulée. Le Palais diffuse juste un nouveau portrait accompagné de ce message du souverain :   "Je vous remercie chaleureusement pour vos messages de sympathie à l'occasion de mes 60 ans. Aujourd'hui, je suis de tout cœur avec ceux qui souffrent. Nous surmonterons ensemble cette épreuve!".

Portant un masque, le couple royal visite en avril le Centre Hospitalier Régional Citadelle de Liège pour se rendre compte de l'organisation de l'hôpital dans le cadre de la lutte contre le COVID-19. La semaine suivante, Mathilde se rend à l'UZGent pour y discuter avec le personnel soignant, et téléphone aux directeur, accompagnateurs et bénéficiaires de Heilig Hart Deinze (qu'elle avait rencontrés un an plus tôt). En mai, c'est une sage-femme de la Wit Gele Kruis Vlaanderen qu'elle appelle pour mieux se rendre compte de son quotidien.

Philippe et Mathilde effectuent également des visites sur le terrain pour se rendre compte de l'impact sur la vie du pays :   au bureau de distribution de la Poste à Braine-l'Alleud, au port d'Anvers, dans un magasin Carrefour Market Mestdagh à Gerpinnes, au centre de distribution du Groupe Mestdagh à Gosselies, dans quatre commerces familiaux du centre de Bruxelles, au commissariat de police de Namur, à l'asbl Kamiano Sant'Egidio à Bruxelles, aux Musées Royaux des Beaux-Arts de Belgique, auprès de femmes actives dans la floriculture, au Centre de Crise National, auprès de représentants de l'horeca à Wavre et Bruges, au marché de Wavre.

Fan de jogging, le Roi participe début mai au challenge COVID 19km pour contribuer au financement de litres de soupe à distribuer aux plus démunis. On apprend également que ses quatre enfants ont téléphoné pendant plusieurs week-ends à des personnes âgées en maison de retraite privées de visites, et que sa belle-soeur la princesse Claire a été atteinte du coronavirus.

Après nos souverains et la princesse Esmeralda,  le prince Laurent est le quatrième membre de la famille royale à s'exprimer sur l'épidémie à travers une interview accordée à l'hebdomadaire "Le Soir Mag" :

"On sait encore très peu de choses sur cette maladie du Covid-19. Mais c'est très perturbant. Vous avez vu ce coronavirus, ce n'est pas un être vivant mais en infectant des cellules, il a comme seul but de se reproduire et de se multiplier. Et des virus, il y en a des milliards et des milliards tout autour de nous! Mais que cette particule microscopique soit capable de paralyser le monde entier, c'est extraordinaire! J'ai comme l'impression qu'avec cette maladie, la planète nous envoie un signal d'alarme. On le sait, de manière générale, l'humain utilise beaucoup plus de ressources que ce qu'il possède. Il déboise à outrance, il provoque une pollution considérable, il ravage la nature...  Un jour, il va devoir rembourser. Je crois qu'on va devoir apprendre à vivre différemment à l'avenir. Et on devra cette fois prendre en compte les coûts externes, environnementaux, dont on fait peu de cas actuellement. Avec cette crise du coronavirus, je suis absolument convaincu que la nature nous met en garde sur les dangers de nos comportements. Je pense à cela tous les jours. Regardez l'histoire de la vache folle. Quand on a commencé à ne plus respecter la nature et à trafiquer l'alimentation des vaches avec des farines animales, la nature s'est fâchée. Ici aussi, la nature se révolte. Il ne faut pas que les animaux, comme la nature, pâtissent davantage encore de notre mauvaise gestion".

Le 15 mai, le Roi accompagne sa fille cadette la princesse Eléonore lors de la rentrée au collège Sint-Jan Berchmans après deux mois de confinement. Le Palais accompagne les photos de ce communiqué :  "Merci aux directions d'écoles, aux enseignants et aux éducateurs pour les préparatifs et les adaptations visant à permettre un retour partiel et progressif des élèves".

Après trois mois sans nouvelles, la princesse Astrid fait son retour le 20 mai à travers un message vidéo pour la première édition en ligne des Special Olympics Belgium pour athlètes ayant un handicap mental (une manifestation qu'elle inaugure chaque année). Puis le 1er juin, avec son époux, elle assiste à la réouverture de l'Atomium, fermée au public durant le confinement.

Mais c'est leur fils le prince Joachim qui se retrouve à la "une" de l'actualité après avoir été testé positif au Covid-19 en Espagne (où il s'est rendu en mai pour fêter les 30 ans de sa petite amie Victoria Ortiz Martinez-Sagrera). Via son avocat, il a reconnu ne pas avoir respecté toutes les mesures de confinement en vigueur en Espagne, il présente ses excuses et accepte toutes les conséquences de ses actes. Le prince a reçu une amende de 10.400 euros pour ne pas s'être soumis à la quarantaine de 14 jours, obligatoire pour toute personne arrivant depuis l'étranger. Ce montant pouvait être réduit de moitié si un paiement rapide avait lieu.

Le 17 juin,  le Roi se rend au siège de Janssen Farmaceutica à Beerse, qui prépare un vaccin contre le Covid-19. Une semaine plus tard, le couple royal visite l'Institut de Médecine Tropicale.

Afin de soutenir le secteur touristique à la veille des congés, la famille royale participe au 25ème anniversaire du réseau de pistes cyclables dans le Limbourg, puis se balade le lendemain dans les Ardennes près de Bouillon.

Dans son discours de la fête nationale 2020, le Roi déclare :

"La crise du coronavirus qui nous frappe est inédite. Pour beaucoup d'entre nous, cette pandémie a causé de grandes souffrances. Elle a eu et aura encore de lourdes conséquences. Vous qui avez perdu un être cher, sans avoir pu l'accompagner dans ses derniers moments et faire le deuil tellement nécessaire, je souhaite m'adresser à vous pour vous dire à quel point la Reine et moi, et le pays tout entier, sommes en union de coeur avec vous. Nos pensées vont aussi à vous qui avez perdu votre emploi, vu vos revenus fortement diminuer ou votre entreprise faire faillite, vous qui avez dû abandonner vos projets ou vu vos rêves brisés.

Cette crise a dévoilé les fragilités et faiblesses de notre société. En touchant d'abord les plus vulnérables. Les aînés, dont je tiens à saluer la dignité face au danger et à la solitude. Les enfants à qui une part d'insouciance a été enlevée. Les jeunes dont le parcours d'enseignement a été fortement secoué. La crise a également aggravé des injustices sociales existantes, touchant durement ceux qui étaient déjà en situation précaire, moins bien logés ou formés. Le confinement a provoqué des tensions dans les foyers, dans nos relations de travail, dans la rue. Plus que jamais, nous devons être à l'écoute de ceux qui souffrent en silence.

Mais l'épreuve que nous traversons ensemble a aussi révélé nos belles qualités. Au coeur des difficultés, nous avons vu à l'oeuvre la force de l'entraide et du souci de l'autre. Je pense en premier lieu au personnel soignant mais aussi aux enseignants. Et en réalité, c'est la Belgique toute entière qui a montré courage et créativité. J'ai pu m'en rendre compte lors de nos nombreux contacts et visites, et j'en suis très impressionné. Nous avons redécouvert l'importance de l'intérêt général, du rôle de l'Etat et du service public. Nous avons vu combien peut être fructueuse la collaboration entre secteurs privé et public, entre experts et gouvernements, entre universités, entre centres de recherche, entre les différents niveaux de pouvoir de notre pays. Poursuivons sur cette belle dynamique.

Ces derniers mois, nous avons fait la preuve que, confrontés à l'urgence et à la nécessité, nous pouvions décider et agir rapidement ensemble. Certes, tout n'a pas été parfait, mais nous avons tenu bon. Nous avons affecté d'immenses moyens pour préserver notre tissu économique et social, et pour passer les caps difficiles qui nous attendent encore. Il s'agit maintenant de reconstruire et de relancer nos activités dans une perspective de long terme. En y mettant toute notre énergie et toute notre inventivité. 

La crise nous a ouvert les yeux. Elle nous a réveillés et sortis du confort de nos certitudes. Elle nous force à réfléchir à notre mode de vie, notre organisation du travail, notre façon d'enseigner, nos modes de production et de consommation, à la manière dont nous nous déplaçons et dont nous voyageons. Nous avons maintenant une occasion unique de repenser notre économie et notre société. En construisant sur les valeurs humaines que nous avons vécues si intensément. En optant pour des solutions plus équitables et durables. Avec ambition et confiance en l'avenir".

Lors de cette fête nationale particulière, le traditionnel défilé militaire et civil sur la place des Palais a été remplacé par un hommage aux 75 ans de la Libération de notre pays d'une part, et aux victimes de l'épidémie, aux soignants et aux forces de sécurité et de protection civile d'autre part. Les festivités dans le parc royal étant été annulées, le couple royal et ses enfants se sont rendus dans deux maisons de retraite à Alken et Morlanwelz.

En septembre, notre souverain reçoit au palais royal six lauréats du défi "Plein d'Espoir" qui avait été lancé à sa demande. Objectif de ce défi :  mettre à l'honneur des individus ayant apporté, à leur manière, une contribution exceptionnelle à la société durant le confinement. Le mois suivant, il s'entretient par vidéoconférence avec Pedro Facon (commissaire du gouvernement en charge de la gestion de la crise du coronavirus) et son adjointe, chargés de coordonner la politique de santé des autorités fédérales et fédérées. De son côté, la Reine visite le Centre d'Evaluation des Vaccins à Anvers, afin d'être informée des recherches en cours.

Suite à la nouvelle vague du coronavirus fin octobre et aux restrictions qui en découlent,  la famille royale limite ses activités publiques, la fête du Roi est annulée en novembre, et le couple royal recommence ses entretiens par vidéoconférence. Nos souverains se rendent sur le terrain pour encourager le personnel d' hôpitaux à Alost, Seraing, Lodelinsart et Ypres, mais aussi de la maison de repos Foyer Sainte-Anne à Namur, du Labo Covid 19 de l'Université de Liège ou d'une pharmacie à Evere.

Depuis 25 ans, le Prix Reine Paola pour l'Enseignement a pour objectif d'encourager et de récompenser des enseignants, et de mieux faire connaître des projets pédagogiques exemplaires. Ouverte au fondamentale et au secondaire, l'édition de l'année scolaire 2020-2021 est spéciale puisque son thème est "Exceller en période de Covid 19". 

vendredi 27 décembre 2019

Quel membre de la famille royale belge a été le plus actif en 2019 ?

                             1° Roi :  198 activités officielles  +  161 audiences

Comme chaque année, le Roi reste le premier de ce classement. Par rapport à 2018, on note une diminution de ses activités officielles, compensée par une augmentation du nombre de ses audiences (suite aux élections fédérales de mai et aux difficultés pour former un gouvernement).

2013 :  209 activités officielles  +  67 audiences
2014 :  164 activités officielles  + 193 audiences
2015 :  189 activités officielles  + 162 audiences
2016 :  226 activités officielles  + 149 audiences
2017 :  196 activités officielles  + 167 audiences
2018 :  239 activités officielles  + 123 audiences
2019 :  198  activités officielles  + 161 audiences

2° Reine :  230 activités officielles 

La Reine garde sa deuxième place du classement, avec un nombre d'activités officielles dans la moyenne de ces dernières années  (166 en 2011,  196 en 2012,  190 en 2013,  154 en 2014,  212 en 2015,  246 en 2016,  217 en 2017,  249 en 2018,  230 en 2019).

3° Princesse Astrid (98 activités officielles)

La princesse Astrid reste troisième du classement avec un nombre semblable à l'an dernier :   90 en 2011,  63 en 2012,  133 en 2013,  156 en 2014,  119 en 2015,  128 en 2016,  110 en 2017,  99 en 2018,  98 en 2019.

4° Prince Laurent (87 activités officielles)

Le prince Laurent a été beaucoup plus actif que l'an dernier, et rattrape son "record" de 2016 :    30 en 2009,  40 en 2010,  31 en 2011,  35 en 2012,  61 en 2013,  59 en 2014,  72 en 2015,  87 en 2016,  56 en 2017,  52 en 2018,  87 en 2019.

5° Prince Lorenz :  21 activités officielles

Statu quo pour le prince Lorenz qui continue de travailler dans une banque, et d'avoir en moyenne une vingtaine d'activités officielles par an :    23 en 2009,  18 en 2010,  30 en 2011,  28 en 2012,  26 en 2013,  23 en 2014,  21 en 2015,  33 en 2016,  24 en 2017,  21 en 2018,  21 en 2019.

6° Princesse Elisabeth :   17 activités officielles 

Cette année 2019 a été particulière :   la princesse héritière a eu 18 ans et a été plus médiatisée que d'habitude. On l'a vue notamment, pour la première fois, assister à l'enregistrement du discours de son père pour la fête nationale ou accompagner sa mère en voyage humanitaire au Kenya. La princesse a marqué les esprits par son aisance et son charisme lors de la cérémonie organisée au palais royal pour ses 18 ans en octobre.

7° Princesse Claire :  14 activités officielles

Sans qu'on en sache la raison, la princesse Claire est très peu apparue en public en 2019. Son nombre d'activités officielles est en chute libre :    30 en 2009,  41 en 2010,  23 en 2011,  30 en 2012,  46 en 2013,  31 en 2014,  30 en 2015,  23 en 2016,  25 en 2017,  27 en 2018....et seulement 14 en 2019.

8° Roi Albert II :   14 activités officielles

Statu quo pour le roi Albert II qui effectue une dizaine d'activités officielles par an depuis son abdication :    50 en 2011,  54 en 2012,  58 en 2013,  17 en 2014,  17 en 2015,  11 en 2016,  12 en 2017,  13 en 2018,  14 en 2019.  Une année marquée par une amélioration de ses rapports avec les souverains, ses 60 ans de mariage fêtés dans le sud de la France, et la suite du procès avec Delphine Boël.

9° Reine Paola :  13 activités officielles

Statu quo également pour son épouse qui remplit une dizaine d'activités officielles par an, dont la moitié sont liées à la Fondation Reine Paola qui reste très active en faveur des jeunes et de l'enseignement :   70 en 2011,  67 en 2012,  59 en 2013,  26 en 2014,  19 en 2015,  12 en 2016,  11 en 2017,  13 en 2018,  13 en 2019.

10° Princesse Louise (9 activités officielles), Prince Emmanuel (9 activités officielles), Prince Nicolas (9 activités officielles), Princesse Eléonore (8 activités officielles), Prince Aymeric (8 activités officielles), Prince Gabriel (7 activités officielles)


En dehors de la princesse héritière mise en lumière cette année,  les autres princes cadets non majeurs n'apparaissent pas plus en public qu'avant. On ne note pas de grande différence entre les enfants des souverains et ceux du prince Laurent.

Princesse Louise :   13 en 2018,  9 en 2019.
Prince Emmanuel :   7 en 2018,  9 en 2019.
Princesse Eléonore : 7 en 2018,  8 en 2019.
Prince Nicolas :       12 en 2018, 9 en 2019.
Prince Aymeric :     11 en 2018, 8 en 2019.
Prince Gabriel :         7 en 2018, 7 en 2019.

P.S.   Merci à Royalement Blog pour son aide régulière pour ce classement !

lundi 12 août 2019

Notre dynastie et l'Afrique du Sud

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(Article actualisé en mars 2023)

1° Sous le règne du roi Albert II (de 1993 à 2013)

Au début de son règne, le roi Albert II a reçu en audience Nelson Mandela, de passage à Bruxelles. 

L'année suivante, le prince héritier Philippe représente la Belgique à l'investiture du président Nelson Mandela. En tant que président d'honneur de l'Office Belge du Commerce Extérieur, il a emmené deux missions économiques en Afrique du Sud en 1995 et en 2006 (la deuxième en compagnie de son épouse Mathilde). Le duc de Brabant s'est également rendu en Afrique du Sud pour l'investiture du nouveau président Jacob Zuma en 1999 et pour le Sommet de la Terre à Johannesburg en 2002. 

Quant à la princesse Astrid, elle est allée en Afrique du Sud en 2004 pour représenter la Belgique lors des 10 ans de l'abolition de l'apartheid et visiter des projets contre le sida.

2° Sous le règne du roi Philippe (depuis 2013)

En 2013, deux membres de notre famille royale se rendent en Afrique du Sud :   la princesse Astrid en octobre à la tête d'une mission économique belge, puis le roi Philippe à l'hommage international suite au décès de Nelson Mandela.

Le Roi l'évoque dans son premier discours télévisé de Noël :   "Il y a quinze jours, j'étais en Afrique du Sud pour rendre hommage à Nelson Mandela, qui a si bien personnifié cette volonté de jeter des ponts. Mandela nous a montré que le dialogue et la réconciliation peuvent changer le monde. Puisse cette force intérieure être aussi la nôtre". 

En 2018, le Roi reçoit en audience le président d'Afrique du Sud Cyril Ramaphosa. Et nos souverains se rendent en voyage d'Etat en Afrique du Sud en mars 2023. 

                       

lundi 29 juillet 2019

Le roi Philippe et l'économie

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(Article actualisé en avril 2020)

Depuis son accession au trône en 2013,  le roi Philippe s'intéresse moins à l'économie que lorsqu'il était prince héritier (ce qui est assez logique, vu qu'il a repris le rôle politique et diplomatique de son père). Il participe chaque année en janvier au forum économique mondial de Davos et est toujours président de l'honneur de l' Agence pour le Commerce Extérieur, mais c'est sa sœur la princesse Astrid qui emmène désormais les missions économiques belges à l'étranger, à la satisfaction générale.

1° L'arrivée du groupe Ali Baba en Belgique 

Le Roi rencontre Jack Ma lors de son voyage d'Etat en Chine en 2015, puis à Bruxelles en 2016, au forum économique mondial de Davos en 2017 et 2018, et à nouveau à Bruxelles en juillet 2018.

En 2018, Jack Ma, fondateur d'Alibaba (géant du commerce électronique chinois et 2ème plate-forme de commerce en ligne la plus connue après l'Américain Amazon) débourse 75 millions d'euros pour occuper 22 hectares de l'aéroport de Liège et créer plusieurs centaines d'emplois.

Angel Zhao, n°2 du groupe Alibaba, confie à la presse :   "Pourquoi l'aéroport de Liège? Parce qu'il est au centre de l'Europe. Nous pouvons ainsi tenir notre promesse de livraison en 72 heures. Mais aussi parce que les autorités belges, et même votre Roi, ont tout fait pour nous y encourager". 

Le Roi et Jack Ma se sont revus en 2019 au forum économique mondial de Davos. En mars 2020, grâce à l'intervention personnelle de notre souverain auprès de Jack Ma,  un demi-million de masques de protection et 30.000 kits de tests sont offerts à la Belgique par l'entreprise chinoise Alibaba.

2° La digitalisation

Tourné vers l'avenir,  le roi Philippe évoque régulièrement les conséquences de la digitalisation sur le marché du travail, comme lors de son discours de Nouvel An 2019 aux autorités du pays :

"Nous devons tirer parti des bouleversements qui résultent de la révolution technologique. Celle-ci exige certes un changement de nos modes de vie, elle met à l'épreuve notre capacité d'apprentissage et nous place devant de nouveaux défis en matière de sécurité et d'emploi. Mais elle crée avant tout d'immenses opportunités. La technologie ne pourra jamais remplacer les qualités proprement humaines et notre capacité de réflexion. Au contraire, elle ne peut que les compléter et les renforcer. Face à ces évolutions, les citoyens attendent de leurs institutions des réponses ambitieuses et constructives. Faisons preuve de créativité et de dynamisme en favorisant notamment l'affirmation de nos pôles d'excellence. Consolidons la place de la Belgique parmi les nations les plus en pointe dans des secteurs porteurs d'avenir comme la biotechnologie, les nanotechnologies ou l'intelligence artificielle".

A l'occasion de la réunion annuelle de la Fédération de l'Industrie Technologique en mai 2019, notre souverain déclare dans son discours :

"Je me réjouis d'être à vos côtés à l'occasion de votre rencontre annuelle et d'entendre vos réflexions et vos engagements sur l'avenir du travail en Belgique. On le sait, notre société traverse des bouleversements profonds. La digitalisation provoque des changements radicaux dans nos modes de vie, de communication, de production et de consommation. Au milieu de tout cela, nous devons, et nous pouvons, garder confiance et consolider le socle de valeurs sur lequel notre société est construite. Avec "Get in shape for the future of work", nous avons là un message bien choisi. C'est d'éviter de se faire emporter dans le tourbillon du changement et de tenter de garder une certaine maîtrise en innovant, en s'adaptant et en prenant son avenir en main. C'est aussi - et cela me semble fondamental - continuer à concevoir le travail avant tout comme un facteur de développement et d'épanouissement personnel et sociétal".

Le mois suivant, il évoque à nouveau le sujet lors de sa visite à l'Organisation Internationale du Travail :

"L'Organisation a un rôle important à jouer pour amener tous ses Etats membres à s'engager concrètement pour plus de justice sociale et à investir dans l'humain. Sous l'effet combiné des changements technologiques et de l'impérieuse nécessité de préserver notre environnement, les modes de travail vont devoir profondément évoluer. Le modèle de croissance classique a atteint ses limites et quelque chose de radicalement nouveau devra s'y substituer.

La digitalisation va supprimer des emplois mais aussi en créer des nouveaux. Une étude effectuée récemment en Belgique a calculé que pour un emploi perdu à cause de la digitalisation,   3,7 nouveaux emplois seront créés. Le contenu même de beaucoup d'emplois existants va changer. La grande majorité des travailleurs devra se reformer, un nombre important devra totalement se recycler. Il y a là une grande responsabilité pour les autorités, les employeurs et les syndicats. Les employeurs doivent s'engager à offrir la possibilité à leurs employés de mettre à jour leurs compétences. Les travailleurs qui exercent un métier en déclin, doivent recevoir à temps le soutien nécessaire pour se reconvertir.

L'ensemble de ces transformations nécessite une grande vigilance dans nos pays, mais aussi une grande inventivité de la part de l'Organisation Internationale du Travail. Il faudra défendre les avancées sociales du passé contre de nouvelles logiques économiques. Il faudra protéger et stimuler le modèle tripartite inclusif et le dialogue social. Ils sont à la fois des facteurs de stabilisation et des atouts immenses pour mieux gérer la transition".

lundi 20 mai 2019

Le roi Philippe et l'Italie

(Article actualisé en novembre 2021)

° Les origines italiennes du roi Philippe

Grâce à sa mère,  le roi Philippe descend d'une des familles les plus prestigieuses d'Italie :   les Ruffo di Calabria. Il est difficile d'en déterminer avec certitude les origines car les différentes sources sont contradictoires. Les archives italiennes mentionnent cependant le nom "Ruffo" ou "Rufus" avant l'an 1000 :  Bérénice Ruffo épouse l'empereur byzantin Basileios Ier le Macédonien et son père, Giovanni Fulcone, est nommé gouverneur de la Calabre dans le sud de l'Italie.

Au fil des siècles, les Ruffo di Calabria font construire, entre autres, le couvent et l'église des Dominicains à Naples, le monastère de l'Annonciation à Noceto, le sanctuaire de Saint-Dominique à Altomonte et le monastère de Sainte-Marie à Scilla.  On trouve les chapelles et monuments funéraires de la famille dans la cathédrale de Capoue, dans l'église Saint-Laurent de Rome, dans l'église des Capucins de Bagnara et dans cinq églises de Naples. Plusieurs Ruffo di Calabria ont été nommés cardinaux. En 1661, Fabrizio Ruffo, qui était à la fois le supérieur d'un couvent et le capitaine de l'escadre de Malte, bat les Turcs à la tête de ses galères. La famille de Paola posséda en Italie dix-neuf comtés, un vicomté, dix marquisats, dix duchés et quinze principautés. Sa puissance se termine au début du 19ème siècle lorsque la Calabre est soumise à Napoléon Bonaparte.

En 1877,  Benianimo Ruffo di Calabria, maire de Naples, épouse Laure Mosselman du Chenoy, une jeune Bruxelloise. Le couple a trois enfants :  Eleonora, Fulco et Ludovico (surnommé Luigi). Ce dernier épouse une Belge :  Agnès Orban de Xivry en 1909 à La Roche-en-Ardenne.

Né en 1884,  Fulco devient le chef de famille en 1901 suite au décès de son père Beniamino. Il est directeur d'une société belgo-italienne de bateaux à vapeur au Sénégal, mais ses activités professionnelles sont compromises avec la première guerre mondiale. Il rejoint d'abord son régiment de cavalerie où il avait effectué son service militaire. A sa demande, il est ensuite envoyé dans des écoles de pilotage à Turin et Pise, et reçoit ses ailes de pilote le 15 août 1915.  Fulco est muté en 1916 à l'Ecole de pilotage de Coscina Costa et devient le compagnon attitré de Francesco Baracca. Le 25 octobre 1917, il affronte seul une escadrille de six avions autrichiens. Il réussit à en abattre deux, pendant que les autres prennent la fuite. On le surnomme "le baron rouge" ou "le chevalier du ciel".

Fulco Ruffo di Calabria termine la première guerre mondiale avec vingt victoires et le grade de capitaine.  Il est le cinquième as de l'aviation italienne, derrière le major Baracca (34), le lieutenant Scaroni (26), le lieutenant-colonel Piccio (24) et le lieutenant Barachini (21). Les récompenses pleuvent. Le roi Albert Ier le fait chevalier de l'Ordre de Léopold sur l'aéroport de Padoue et la Belgique lui décerne plus tard la Croix de Guerre 1914-1918.  A la Scala de Milan, Fulco reçoit la Medaglia d'Oro et Valore Militare, un honneur que seuls sept pilotes ont reçu durant ce conflit. Le roi Victor-Emmanuel III le nomme sénateur et chevalier de l'Ordre militaire de Savoie.

En 1919, Fulco épouse à Turin  la comtesse Luisa Gazelli di Rossana e di Sebastiano, de douze ans sa cadette. Fille du comte Augusto Gazelli di Rossana e di Sebastiano et de la comtesse Maria-Cristina Rignon,  elle appartient à une famille de la noblesse piémontaise des Alpes et descend par sa mère du marquis de la Fayette (1757-1834), qui est devenu célèbre pour sa participation à la guerre d'Indépendance aux Etats-Unis aux côtés des insurgés.

Le couple s'installa d'abord à Turin, la ville natale de Luisa, avant de déménager ensuite à la via Jacopo Peri à Rome, non loin de la célèbre Villa Borghèse. L'été, ils louent chaque année durant plusieurs mois la Villa Claudia dans la petite station balnéaire de Forte dei Marmi (où naît la reine Paola en 1937).

Le couple a sept enfants, dont seule la reine Paola est toujours en vie :  Maria-Cristina (1920-2003), Laura (1921-1972),  Fabrizio (1922-2005),  Augusto (1925-1943),  Giovanella (1927-1941),  Antonello (1930-2017) et Paola (1937).

Mais leur existence paisible est perturbée par la deuxième guerre mondiale. Dans l'émission "Paola : paroles de reine" diffusée en 2006, la souveraine a confié :

"Nous étions quatre filles et trois garçons à la maison. Mon grand-père maternel est décédé en 1937 et l'une de mes sœurs est morte à l'âge de 14 ans. Elle était très belle. Ce fut un drame pour mes parents. Durant la guerre, l'un de mes frères est parti rejoindre les partisans dans le nord. Un autre voulait rejoindre les Alliés. Son idéal était de combattre les Allemands. Je me souviens quand un officier est venu prévenir ma mère qu'il avait été tué alors qu'il portait secours à son commandant blessé. Il avait 18 ans. J'ai encore sa photo quand il est parti avec son sac à dos. En 1944, ma mère a dû se cacher car elle était contre les fascistes. Cela me faisait drôle de la voir agir de la sorte alors qu'elle était, à mes yeux, l'image de la justice. Elle a même dû changer de nom". 

Revenons sur tous ces événements dont parle la reine Paola. Sa sœur Giovanella décède en 1941 d'un empoisonnement alimentaire. Deux ans plus tard, son frère Augusto s'engage comme volontaire aux côtés des Alliés. Il participe à la bataille de Pescara dans la mer Adriatique à bord d'un contre-torpilleur. Selon l'armée britannique, il serait mort en se plaçant sur la trajectoire d'un tir allemand destiné au commandant Lee. Le corps d'Augusto ne sera jamais retrouvé.

Durant la guerre, Luisa et sa fille Paola se cachent à l'Istituto Villa Pacis en compagnie d'autres femmes qui s'étaient opposées au régime faciste de Mussolini. Ce couvent tenu par des sœurs augustines était sous la protection du Vatican. Paola y a fait sa première communion et y a appris à lire.

Les épreuves ne sont pas terminées pour les Ruffo di Calabria. Lors de la Bataille des Ardennes, Agnès Orban de Xivry-Ruffo di Calabria (belle-soeur de Fulco et Luisa) et sa fille séjournent au château "Les Agelires" à La Roche-en-Ardenne. Malheureusement, un violent bombardement de l'aviation américaine détruit, le 26 décembre 1944,  plus de 300 maisons et le château où Agnès et sa fille Yolande trouvent la mort.

En Italie,  Fulco décède d'un arrêt du cœur le 26 août 1946 à Marina di Massa. Il avait 62 ans.  Son fils Fabrizio devient le nouveau chef de famille. L'Italie étant devenue une république en 1946, il met fin à sa carrière d'officier car il refuse de rompre le serment de fidélité au Roi qu'il avait prononcé. Il se lance dans les affaires.

De son côté, devenue veuve, l'énergique Luisa ne se laisse pas abattre. Sa grande maison de la via Jacopo Peri à Rome étant devenue trop grande pour elle et ses deux derniers enfants, elle loue un étage au réalisateur Jean Renoir, le fils du peintre impressionniste Auguste Renoir.  Mariana Poswick, une amie de Paola, confie à Mario Danneels :

"C'était quelqu'un d'exceptionnel qui n'a pas eu une vie facile. Trois de ses enfants sont décédés de son vivant et, après la mort prématurée de son mari, elle s'est retrouvée toute seule. Pourtant, elle était toujours très aimable et très sympathique. Et elle avait beaucoup de personnalité. Paola adorait sa mère. Elles s'entendaient particulièrement bien".

Mais après tous ces malheurs, la famille de Paola retrouve une place prestigieuse au sein du Gotha européen :  suite à l'absence d'héritiers du roi Baudouin et de la reine Fabiola,  toute la famille royale belge (dont le roi Philippe) descend désormais des Ruffo di Calabria…

Bibliographie :   -  DANNEELS Mario,  "Paola : de la dolce vita à la couronne", éditions Luc Pire, 2000
                           - LEROY Vincent,  "Les 75 ans de la reine Paola", éditions Imprimages, 2012

2° Les relations diplomatiques entre l'Italie et nos souveains actuels

                                     

Quelques mois après leur accession au trône,  le roi Philippe et la reine Mathilde effectuent une visite officielle de courtoisie d'une journée en février 2014 à Rome. Ils sont accompagnés par le premier ministre belge Elio Di Rupo et le ministre des Affaires étrangères Didier Reynders. La délégation belge est reçue à déjeuner par le président italien Giorgio Napolitano au Quirinal (voir photo ci-dessus), puis rencontre dans l'après-midi le premier ministre et le président du Sénat.                

En mars 2015,  le Roi reçoit en audience le nouveau président de la République italienne Sergio Mattarella, de passage à Bruxelles.
                                     20150612 - MILAN, ITALY: Queen Mathilde of Belgium delivers a speech prior to a visit to the Universal Exhibition 2015 (Expo Milano 2015 or World Exposition 2015) in Milan, Italy, Friday 12 June 2015. BELGA PHOTO BENOIT DOPPAGNE Depuis la visite officielle de courtoisie au début de leur règne en 2014,  la reine Mathilde s'est rendue trois fois en Italie :   pour l'Exposition Universelle de Milan en 2015, et les Biennales d'art contemporain à Venise en 2017 et 2019.

Vingt-trois ans après le roi Albert II et la reine Paola, nos souverains effectuent un voyage d'Etat de trois jours en Italie en décembre 2021.

lundi 11 février 2019

Le rôle politique du roi Philippe

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(Article actualisé en juillet 2024)

A l'occasion des 10 ans de règne, le premier ministre socialiste Elio Di Rupo est revenu sur les événements de juillet 2013 :

"On a tous été surpris par l'annonce du roi Albert II, mais je le sentais. Il avait pourtant la pleine maîtrise de la situation politique belge et internationale. Avec ses 20 ans de règne, il avait acquis une excellente connaissance de tout le mécanisme et il était très bien épaulé par son chef de cabinet, Jacques van Ypersele de Strihou. Il était la coupole, la structure faîtière du pays. L'annonce de son abdication en 2013 a été un choc. Je voulais qu'il n'y ait pas trop de temps entre l'annonce de l'abdication du roi Albert et l'avènement du nouveau roi Philippe.

Au Parlement, il y avait déjà énormément de bouillonnements contre la famille royale avec l'aspect relatif à l'argent concernant la fondation de la reine Fabiola. C'était très perturbant car les indépendantistes flamands l'utilisaient pour affaiblir la monarchie. Puis, il y avait le deuxième débat :  certains demandaient si le Roi ne devait pas être quelqu'un qui se limiterait à inaugurer les chrysanthèmes. Ne devait-il pas avoir qu'un rôle protocolaire ? C'est pour cela que j'ai voulu raccourcir le délai entre les deux dates. Finalement, la passation de pouvoir s'est faite de manière heureuse le 21 juillet. Cela a été réglé au mieux et cela s'est très bien déroulé. 

Les premières semaines, Philippe prenait ses pas dans la fonction qui n'était pas celle d'un prince héritier. Il y a une différence substantielle entre les deux. Face à cette responsabilité effective de la fonction, très vite, il s'est avéré apte à comprendre les enjeux nationaux et internationaux. Philippe est un roi très attentif, très affectif. Il a aussi été prudentissisme et c'était déjà le cas dans son expression extérieure quand il était prince héritier (cela c'est un trait professionnel). Philippe a été préparé à la fonction, il a mis un accent très important sur la prudence, il a très vite appris tout en gardant une dimension humaine". 

1° Les élections fédérales de 2014

Le 25 mai 2014, les Belges sont appelés aux urnes pour élire leurs députés au Parlement Européen, à la Chambre et aux parlements régionaux. Comme le veut la coutume, les souverains régnants ne vont pas voter mais par contre, le roi Albert II et la reine Paola refont usage de leur droit de vote dans un bureau de Laeken. A la Chambre, la NVA est le parti le plus important mais si on regroupe par famille politique, ce sont les socialistes (PS + SPA) qui possèdent le plus de sièges. On note aussi une baisse importante du Vlaams Belang et d'Ecolo, ainsi que l'arrivée du PTB qui est le seul parti national et bilingue du Parlement. 

Le lendemain, le premier ministre Elio Di Rupo présente la démission de son gouvernement au Roi qui lui demande de gérer les affaires courantes. Il commence ensuite ses consultations politiques en rencontrant le président de la Chambre André Flahaut et la présidente du Sénat Sabine de Béthune. Puis, pendant deux jours, il reçoit en audience les présidents des partis politiques représentés à la Chambre. Comme son père, il ne convie pas le parti d'extrême-droite Vlaams Belang qui est persona non grata au Palais depuis des années.

Au terme de ces consultations, le Roi confie une mission d'information à Bart De Wever, le président de la NVA, le parti possédant le plus de sièges à la Chambre. Celui-ci souhaite former un gouvernement fédéral de centre droit, mais le 24 juin, le CDH rejette la note de l'informateur et fait comprendre qu'il ne souhaite pas gouverner avec les nationalistes flamands. Le 27 juin, le souverain confie une mission d'information au président du MR Charles Michel afin d'explorer d'autres formules. On s'oriente alors vers une coalition dite "suédoise" totalement inédite avec trois partis flamands (NVA, CD&V, VLD) et un parti francophone (MR).

Dans son discours de la fête nationale, Philippe déclare :    "Le 25 mai dernier, vous avez élu des hommes et des femmes appelés à vous représenter pendant les cinq prochaines années. Avec vous, je forme le vœu que les gouvernements de l'Etat fédéral et des entités fédérées soient tous à pied d'œuvre sans tarder. Ces gouvernements seront appelés à coopérer dans un esprit de loyauté et de reconnaissance mutuelle. Cela sera nécessaire pour la mise en œuvre de la réforme de l'Etat qui vient d'entrer en vigueur, mais aussi pour continuer à relever les défis économiques et sociaux. Pour créer de la valeur (économique, sociale et avant tout humaine), la coopération et la confiance sont indispensables. Poursuivons ensemble nos efforts pour construire une société dans laquelle l'un et l'autre se renforcent mutuellement".

Le 22 juillet, le Roi nomme Charles Michel (président du MR) et Kris Peeters (ministre-président flamand) co-formateurs. Les négociations de l'accord entre les quatre partis commencent. Le gouvernement prête serment le 11 octobre 2014 dans la Grande Galerie du palais royal de Bruxelles. Deux changements pour la forme par rapport au règne d'Albert II :  elle n'a plus lieu au château de Laeken d'une part, et ce sont les ministres qui s'avancent désormais vers le souverain (et plus l'inverse) d'autre part.

2° La crise politique de 2018

En décembre 2018, la NVA quitte le gouvernement fédéral suite à la volonté du premier ministre Charles Michel de se rendre à Marrakech pour souscrire au Pacte mondial sur les migrations. Les compétences des trois ministres (Jan Jambon, Johan Van Overtveldt et Sander Loones) et des deux secrétaires d'Etat (Theo Francken et Zuhal Demir) de la NVA sont redistribuées entre les membres du gouvernement des trois autres formations politiques. Certains reprocheront que ce remaniement ministériel se soit fait sans se rendre au palais royal, mais Charles Michel assurera qu'il avait été en contact permanent avec le souverain durant cette crise politique.

Quelques jours plus tard, sous la menace d'une motion de méfiance déposée à la Chambre par l'opposition, Charles Michel annonce sa démission au Roi qui la garde en suspens et rencontre les présidents de partis.

Le 21 décembre, le Palais diffuse ce communiqué :    "Sa Majesté le Roi a reçu en audience le président de la Chambre des Représentants et le premier ministre, après avoir consulté les présidents de partis. Le Roi a accepté la démission du gouvernement et l'a chargé de l'expédition des affaires courantes. Il constate une volonté politique de garantir la bonne gestion du pays jusqu'aux prochaines élections. Le Roi demande aux responsables politiques et aux institutions, en qui il réitère sa confiance, d'apporter une réponse appropriée aux défis économiques, budgétaires et internationaux, et aux attentes de la population, notamment sur le plan social et environnemental. Le Roi a convenu avec le président de la Chambre des Représentants et avec le premier ministre qu'ils l'informeront respectivement, à intervalles réguliers, de l'état d'avancement des travaux dans le cadre des affaires courantes".

Dans son discours télévisé de Noël, le souverain déclare :   "Notre pays traverse une période mouvementée. Des sujets importants préoccupent à juste titre nos concitoyens. Aujourd'hui, nous sommes confrontés à de vives tensions politiques. Je fais confiance au sens des responsabilités de nos dirigeants pour agir dans l'intérêt du pays et de la population. Les inégalités, la pauvreté, l'intolérance, le changement climatique, sont des questions qui demandent des réponses exhaustives. Ces problèmes cruciaux de notre société demandent de notre part à tous écoute et ouverture, courage et esprit d'initiative. La démocratie exige cette écoute et ce dialogue. Préparons-nous aux élections fédérales, régionales et européennes en tenant des débats ouverts et vrais, où l'on se respecte. Car le moment du vote doit être le résultat d'une mûre réflexion". 

Nouvelle allusion à la fin de son discours de Nouvel An aux autorités du pays :   "Je vous invite à réfléchir et à travailler ensemble à ce nouvel élan, un projet pour la Belgique, au cœur de l'Europe. Un projet qui permettra à tous de voir plus que jamais l'avenir avec confiance. Les institutions dont vous avez la charge sont le ciment de notre société démocratique. Ce sont des lieux où sont créés des liens, des lieux qui rassemblent. Elles sont à même, aussi, de faire obstacle aux informations fallacieuses et aux simplifications néfastes. Au cours des prochains mois, dans la perspective de la nouvelle législature européenne, fédérale et régionale, votre tâche sera lourde et délicate. Le pays compte sur vous". 


3° Les élections fédérales de 2019

Les élections fédérales, régionales et européennes ont lieu le 26 mai 2019. Le scrutin est marqué par une bipolarisation de plus en plus importante entre le nord et le sud du pays :   le parti nationaliste NVA et le parti d'extrême-droite Vlaams Belang (tous deux contre l'unité de la Belgique et la monarchie) sont les deux gagnants en Flandre, tandis que le Parti Socialiste reste le premier parti en Wallonie, suivi par le MR et Ecolo.

Le lendemain, le Roi entame ses consultations et se retrouve face à un dilemme :  doit-il recevoir Tom Van Grieken, président du Vlaams Belang (18 sièges à la Chambre), et ainsi rompre le "cordon sanitaire" ? Afin de ne pas compliquer encore plus la situation politique et garder son rôle neutre d'arbitre,  Philippe décide de le rencontrer. Cette audience suscite quelques critiques, mais l'opinion publique reconnaît que le souverain n'avait pas vraiment le choix. Symboliquement, début juillet, il rappelle cependant l'Histoire en se rendant à l'ancien camp de concentration nazi de Dachau en Allemagne…

La dernière rencontre officielle entre un souverain et l'extrême-droite remontait à 1936 :  le roi Léopold III et Léon Degrelle à la tête du parti Rex. En 1978, le roi Baudouin avait invité le président du Vlaams Blok Karel Dillen, mais il avait refusé afin de marquer ses convictions républicaines. Au cours de ses 20 ans de règne, le roi Albert II n'a eu aucun rapport avec l'extrême-droite.

Le 30 mai, Philippe désigne deux informateurs pour explorer les pistes possibles afin de former un gouvernement fédéral :   le socialiste flamand Johan Vande Lanotte et le libéral francophone Didier Reynders.

A la veille de la fête nationale, seuls les gouvernements de la communauté germanophone et de la région bruxelloise sont formés. Les négociations s'avèrent plus difficiles en Flandre, en Wallonie et au niveau fédéral.  Aussi le Roi consacre l'entièreté de son discours télévisé du 21 juillet à la situation politique :

"Il y a deux mois, vous avez accordé votre confiance à des hommes et des femmes dont vous attendez qu'ils apportent des réponses à vos préoccupations. Votre voix s'est exprimée de façon diverse, mais elle demande une attention particulière pour les mêmes sujets :  l'emploi, le climat, la précarité, la migration. Ces inquiétudes, nous les partageons d'ailleurs avec de nombreux pays de par le monde. Il s'agit maintenant de faire la synthèse et de s'accorder sur des solutions. Je me rends compte des contraintes dans lesquelles nos dirigeants politiques doivent travailler. Mais les défis sont tels qu'il faut les relever sans tarder, avec courage et détermination. Et ils sont à ce point liés entre eux qu'ils nécessitent une intense coopération à tous les niveaux.

Notre pays regorge de talents et d'énergie. Les bonnes volontés et les idées ne manquent pas, au contraire. Vous êtes nombreux à vous engager avec conviction dans votre environnement immédiat. A vous impliquer dans votre communauté ou lors de grandes actions de solidarité. A aspirer à des projets porteurs et ambitieux. Il importe de mobiliser toutes ces volontés. Les grands projets mobilisateurs naissent dans le dialogue et se réalisent dans la coopération. Utilisons l'immense potentiel du dialogue ouvert et vrai.

Dialoguer dans l'ouverture, c'est vouloir comprendre l'autre dans ses convictions et ses choix, même si on ne les partage pas. C'est faire sentir à l'autre qu'il est indispensable à la recherche de solutions, sans exclusive. C'est éviter le mensonge et le mot qui blesse. Dialoguer dans la vérité, c'est faire face à la complexité en cultivant la nuance et en recherchant la complémentarité. Dans des domaines comme le climat et l'emploi, mais aussi la mobilité, l'énergie, l'enseignement et la formation, seule une action coordonnée dans un dialogue ouvert et vrai peut rendre l'action plus efficace. 

Rassembler nos forces pour atteindre un objectif commun, nous le pratiquons déjà dans beaucoup de domaines. Voyez les nouvelles cultures de coopération au sein de nos entreprises. Voyez nos scientifiques qui interagissent dans des domaines de pointe, nos metteurs en scène et nos artistes qui expriment l'âme de notre pays. A Hollywood comme au pavillon belge, primé récemment à la Biennale de Venise et qui est le fruit d'une belle coopération entre les différentes communautés du pays. C'est aussi cette capacité à favoriser le dialogue et à rassembler que nous mettons avec succès au service du projet européen.

Notre diversité et notre complémentarité sont notre force. C'est comme cela que le monde nous connaît et c'est là qu'on nous attend. Peut-être que nous n'en avons pas suffisamment conscience. C'est pourtant notre nature profonde. Cela doit être notre fierté. De tout ceci peut naître une ambition nouvelle pour notre pays. Elle est aussi le meilleur remède contre la peur, le sentiment d'impuissance et la résignation. Notre démocratie ne pourra qu'en bénéficier.

Voilà le vœu que je forme aujourd'hui :  que nous encouragions le dialogue responsable, que nous développions davantage notre esprit de collaboration et que nous soyons fiers de ce qui rend notre pays si unique".

Tous les gouvernements des entités fédérées étant désormais formés, le Roi met fin à la mission des deux informateurs début octobre, et confie à Geert Bourgeois (NVA) et Rudy Demotte (PS) une mission de préformation qui est précisée dans un communiqué du Palais :  "Ils examineront les bases concrètes en vue de la formation d'un gouvernement fédéral autour de leur parti respectif, et ceci avec les quatre autres partis impliqués dans les discussions". 

Entretemps, Charles Michel quitte ses fonctions de premier ministre pour l'Europe. Notre souverain lui octroie le titre honorifique de Ministre d'Etat. Il est remplacé par Sophie Wilmès qui devient la première femme à occuper ce poste depuis l'indépendance de la Belgique. Le gouvernement fédéral sortant reste cependant toujours en affaires courantes et ne peut plus lancer de grands projets.

Le 4 novembre, Geert Bourgeois et Rudy Demotte font part au Roi qu'il y a trop peu de convergences entre la NVA, le PS, le SPA, le MR, l'OpenVLD et le CD&V pour envisager une phase de formation. Après avoir mené quelques consultations, il met fin à leur mission et désigne un nouvel informateur : Paul Magnette, le président du PS et bourgmestre de Charleroi. Un mois plus tard, il demande à être déchargé de sa mission. Une phrase du communiqué du Palais surprend :   "Le Roi a exprimé son appréciation pour le travail réalisé".

Un nouveau duo d'informateurs est désigné par le souverain :  Georges-Louis Bouchez et Joachim Coens, les nouveaux présidents du MR et du CD&V.  Dans son discours télévisé de Noël, il déclare :

"Pour canaliser les énergies et la créativité, il nous faut un état d'esprit constructif qui permet de rassembler autour de projets communs. Aujourd'hui, il est capital que nous mettions en place le plus rapidement possible un gouvernement fédéral de plein exercice, capable de prendre des décisions équilibrées et de les porter ensemble avec fermeté. C'est ce sur quoi nous comptons tous, sans plus tarder".

Dans le livre "Les fossoyeurs de la Belgique" de Wouter Verschelden, plusieurs témoins n'ont pas respecté le secret des colloques singuliers avec le souverain. L'auteur raconte cette anecdote : 

"La visite du duo au Palais est un véritable désastre. Le Roi et son chef de cabinet voulaient reprendre la mission, organiser une tournée des présidents de partis, et permettre ensuite que la réception de Nouvel An au palais le jeudi se déroule en toute tranquilité. Mais l'affaire achoppe complètement cet après-midi-là lors de l'audience. Dans un nuage d'amabilité feinte, de protocoles minutieux et de discours élaborés des présidents, la conversation devient une boucle sans fin. On éprouve une certaine sympathie pour le  bavard Bouchez au Palais, qui est à peu près le seul président de parti à agiter ostensiblement le drapeau tricolore, mais en même temps, Bouchez se comporte mal à cette audience. Il ne veut pas partir avant de savoir qui va lui succéder. Le Roi n'est pas habitué à cela : normalement, une visite se termine poliment, en temps voulu. Bouchez, cependant, insiste :  "Qui sera nommé après nous ?". Le Roi ne veut pas montrer ses cartes, alors la conversation s'éternise, prenant toutes sortes de détours. L'un des sujets abordés a été la manière dont le processus de formation d'un gouvernement en Belgique pourrait être organisé différemment. Coens ne réalise pas tout à fait ce que Bouchez essaie de faire : extraire un nom de la bouche du Roi. La séance ne durera pas moins de 4 heures. Finalement, le Roi n'a d'autre choix que de "prolonger" la mission du duo". 

Dans son discours de Nouvel An aux autorités du pays, le roi Philippe déclare  :    "Les gouvernements régionaux et communautaires ont été constitués avec des responsables politiques d'horizons parfois très différents. Nous avons maintenant aussi besoin d'une vision d'avenir au niveau fédéral, de solutions réfléchies pour l'ensemble du pays. Et d'une équipe qui les porte ensemble avec conviction et vigueur. Le moment est venu de cristalliser les efforts de ces huit derniers mois, de laisser tomber les exclusives et d'installer un gouvernement de plein exercice. Même si je suis conscient des difficultés à surmonter. Montrons-nous réalistes et responsables. En trouvant des terrains d'entente au bénéfice de l'intérêt général. En faisant de vrais compromis, c'est-à-dire des accords où chacun renonce à quelque chose pour que l'ensemble y gagne. C'est là l'attente légitime de nos concitoyens, qui aspirent à la stabilité et à l'action".

Le 31 janvier, le souverain met fin à la mission d'information de Georges-Louis Bouchez et Joachim Coens, et, à la surprise générale, fait appel au vice-premier ministre Koen Geens (réputé proche du Palais). Celui-ci prend des contacts pour tenter une majorité autour de la NVA (1er parti de Flandre) et du PS (1er parti de Wallonie), mais ne parvient pas à les réunir. Le Roi confie ensuite une mission au président de la Chambre Patrick Dewael et à la présidente du Sénat Sabine Laruelle.

La situation politique se débloque suite à l'épidémie du coronavirus en mars 2020. Le gouvernement sortant de Sophie Wilmès est reconduit pour gérer la crise sanitaire, et est soutenu par d'autres partis à la Chambre jusqu'à l'été. Mais le problème reste identique :  la Belgique ne dispose toujours pas d'un gouvernement fédéral de plein exercice depuis...les élections de mai 2019 il y a plus d'un an.

La veille de la fête nationale, le Roi charge les présidents de la NVA Bart De Wever et du PS Paul Magnette de trouver une majorité. Et il déclare à la fin de son discours télévisé du 21 juillet :

"Il y a des moments où l'Histoire n'attend pas. Pour réussir le gigantesque défi de la relance, chacun de nous est indispensable. Pour mobiliser toutes nos forces, nous avons besoin d'une trajectoire clairement définie. Le pays tout entier réclame maintenant un gouvernement résolu et stable. Ne le décevons pas. Nous ne réussirons qu'en dépassant nos propres horizons et en montrant courage et audace".

Le PS et la NVA réussissent à se mettre d'accord à deux, mais ne parviennent pas à convaincre suffisamment de partis pour obtenir une majorité à la Chambre. Ils renoncent à leur mission à la mi-août et sont remplacés par le président de l'Open VLD Egbert Lachaert. Début septembre, il est nommé préformateur avec le président du SPA Conner Rousseau. 

Fin septembre, une majorité possible se dégage enfin avec sept partis :  les familles socialiste (PS et SPA), libérale (MR et Open VLD), écologiste (Ecolo et Groen), ainsi que le CD&V. Le Roi nomme alors deux formateurs :  Paul Magnette et Alexander De Croo. C'est ce dernier qui est finalement choisi comme premier ministre par les sept partis qui arrivent à un accord....plus de 400 jours après les élections de mai 2019 !  La prestation de serment du nouveau gouvernement a lieu le 1er octobre au palais royal de Bruxelles. 

4° Les élections fédérales de 2024

Dans son discours de la fête nationale 2024, le Roi déclare :

"Le 9 juin dernier se sont tenues d'importantes élections dans notre pays. Vous avez fait votre choix et établi la représentation au sein de nos différentes assemblées parlementaires. Alors que la démocratie est sous pression dans de nombreux pays, elle reste solide chez nous. Lors de mes entretiens avec les responsables politiques, je n'ai perçu ni amertume, ni triomphalisme. Mais au contraire, un esprit constructif et digne. Les résultats des élections affichent de possibles convergences entre partis politiques, entre régions. C'est une opportunité qu'il nous faut saisir et qui nous permettra de développer un nouveau projet cohérent pour le pays. Nous avons aujourd'hui l'occasion de mieux travailler ensemble :  Etat fédéral, régions et communautés, en partant des forces respectives de chacun. 

Travaillons à une économie qui consolide le positionnement de notre pays dans le monde. En protégeant notre outil de production. En renforçant notre compétitivité. En développant nos pôles d'excellence. Profitons du nouveau contexte européen en faveur d'une réindustrialisation. Veillons également à stimuler les synergies entre les secteurs public et privé :  leur interaction est essentielle dans plusieurs domaines comme l'éducation, la recherche, le marché de l'emploi.

Ces dernières années, la Belgique a traversé de nombreuses crises. Elles ont été, dans l'ensemble, bien gérées. Cela a inévitablement entraîné un coût important qui nourrit aujourd'hui une indiscutable urgence budgétaire. Veillons à ce que les réformes nécessaires s'effectuent au bénéfice de la qualité de nos services publics, qui restent indispensables à la cohésion de notre société et la réputation de notre pays. Il nous faut un projet fédérateur qui parle aussi au coeur des gens et encourage l'entraide et l'engagement citoyen. Les responsables politiques que je rencontre en sont bien conscients". 

A lire aussi :  mon article sur Philippe, roi d'une Belgique fédérale (http://familleroyalebelge.blogspot.com/2019/01/philippe-roi-dune-belgique-federale.html)