mardi 25 août 2009

A voir sur le blog "Noblesse et Royautés"

Pour les fans de la famille royale belge, un détour s'impose par l'excellent blog "Noblesse et Royautés" (http://www.noblesseetroyautes.com/) créé en août 2008 par notre compatriote Régine Salens. J'ai sélectionné quelques articles intéressants se rapportant à notre famille royale :

Carte des noces d'or du couple royal : www.noblesseetroyautes.com/nr01/?p=16222

Timbre des noces d'or du couple royal : www.noblesseetroyautes.com/nr01/?p=11274

Pièce de monnaie commémorative des noces d'or du couple royal : www.noblesseetroyautes.com/nr01/?p=12862

15 ans de règne d'Albert II (1993-2008) : www.noblesseetroyautes.com/nr01/?p=239

Château de Ciergnon : www.noblesseetroyautes.com/nr01/?p=17494

Palais des comtes de Flandre (rue de la Régence) : www.noblesseetroyautes.com/nr01/?p=17029

Mariage de la princesse Astrid en 1984 : www.noblesseetroyautes.com/nr01/?p=4892

Décès du roi Baudouin en 1993 : www.noblesseetroyautes.com/nr01/?p=276 et www.noblesseetroyautes.com/nr01/?p=16653

Livre "Amours royales et princières" (Patrick Weber) : www.noblesseetroyautes.com/nr01/?p=15086

Livre "Dix princesses" (Patrick Weber) : www.noblesseetroyautes.com/nr01/?p=7590

Livre "Léopold Ier et le clan Cobourg" (Olivier Defrance) : www.noblesseetroyautes.com/nr01/?p=6973

Livre "Léopold III photographe" (Marie-Esméralda de Belgique) : www.noblesseetroyautes.com/nr01/?p=5279

Livre "Les 70 ans de la reine Paola" (Vincent Leroy) : www.noblesseetroyautes.com/nr01/?p=3982

Bandeau-diadème de la famille royale : www.noblesseetroyautes.com/nr01/?p=8100

Diadème Cartier de la reine Elisabeth : www.noblesseetroyautes.com/nr01/?p=129

Diadème Wolfers de la reine Fabiola : www.noblesseetroyautes.com/nr01/?p=7558

Diadème espagnol de la reine Fabiola : www.noblesseetroyautes.com/nr01/?p=11895

Diadème de la princesse Mathilde : www.noblesseetroyautes.com/nr01/?p=1131

Diadème de la comtesse de Flandre : www.noblesseetroyautes.com/nr01/?p=302

Princesse Marie-Christine de Belgique : www.noblesseetroyautes.com/nr01/?p=1688

Princesse Léa de Belgique : www.noblesseetroyautes.com/nr01/?p=1691

Princesse Maria-Laura de Belgique : www.noblesseetroyautes.com/nr01/?p=258

Le roi Léopold III des Belges : www.noblesseetroyautes.com/nr01/?p=2387

Prince Alexandre parlant de son père : www.noblesseetroyautes.com/nr01/?p=2548

Bonne lecture!

samedi 22 août 2009

"Léopold III, mon père" (Princesse Esmeralda de Belgique)

                                                                                   
Fille cadette du roi Léopold III et de la princesse Lilian, Esmeralda de Belgique explique, dans l'avant-propos, pourquoi elle a rédigé cet ouvrage en 2001 à l'occasion du centenaire de la naissance de son père avec qui elle était très complice : "Depuis un demi-siècle, des dizaines de livres ont été consacrés à Léopold III, le personnage historique, créant l'image du chef d'Etat dans la tourmente. J'avais envie de faire connaître l'homme. Si différent de la légende. Celui qui, s'il n'était pas né fils de Roi, aurait pu devenir scientifique, mathématicien, ethnologue, botaniste, ingénieur, poète. Il fut tout cela et beaucoup plus (...) Il me reste, non pas la vision idéalisée d'un enfant, mais une image que, devenue adulte, j'ai vue se préciser au fil des ans. Celle d'un homme serein. Mon père avait surmonté les drames et écueils de sa vie. Il avait acquis une vue philosophique, lui permettant de contempler les événements du monde avec calme et détachement".

La princesse Esmeralda défend avec intelligence la mémoire de ses parents. Dans son livre, elle n'évoque pas la Question Royale et ne critique personne. Elle préfère nous parler des expéditions scientifiques lointaines de son père, de son intérêt pour l'alpinisme, l'astronomie, le golf et les automobiles, ainsi que du Fonds Léopold III pour l'Exploration et la Conservation de la Nature qu'il a créé au début des années 70.

Des personnalités ont accepté d'apporter leur témoignage sur le quatrième roi des Belges : son fils le prince Alexandre, sa nièce la princesse Marie-Gabrielle de Savoie, le président de la Chambre Herman De Croo, le Prix Nobel de Médecine Christian de Duve, le champion de tennis Philippe Washer, l'écrivain Marcel Jullian, le comédien Jean Piat, le Prix Nobel de chimie Ilya Prigogine, etc.

Cet ouvrage richement illustré nous démontre aussi le talent de photographe du souverain qui a laissé des milliers de clichés sur sa famille, la nature et surtout ses voyages à travers le monde. Dans la dernière partie du livre, on peut lire le récit de plusieurs expéditions racontées personnellement par Léopold III quelques années avant son décès.

En conclusion : pari réussi pour la princesse Esmeralda qui nous a mieux fait connaître la personnalité et les occupations du roi Léopold après son abdication de 1950 d'une part, et qui a mis en valeur son talent pour la photographie d'autre part. Elle nous laisse l'image d'un homme actif et intéressé par de nombreux domaines, soucieux de la protection de l'environnement à une époque où ce sujet n'était pas encore à la mode. Avec le recul, je me suis demandé si son abdication forcée n'avait pas été en fin de compte une bénédiction car elle lui a permis d'avoir du temps pour réaliser ses rêves.

"Léopold III, mon père" par la princesse Esmeralda de Belgique, éditions Racine, 2001

samedi 15 août 2009

Le mariage de la princesse Astrid en 1984

Après les décès du prince Charles et du roi Léopold III en 1983, l'année 1984 est plus heureuse pour la famille royale grâce aux fiançailles de la princesse Astrid avec l'archiduc Lorenz d'Autriche-Este. Autre source de réjouissance : lors de la prise de photos pour la presse, tous les journalistes remarquent que les princes de Liège sont enlacés et à nouveau très amoureux l'un de l'autre. Leur crise conjugale est terminée.

Albert et Paola sont ravis du choix de leur fille. Né à Boulogne-sur-Seine en France le 16 décembre 1955, Lorenz est le fils de l'archiduc Robert d'Autriche-Este et de la princesse Margherita de Savoie. Ses grands-parents paternels étaient Charles et Zita, les derniers empereur et impératrice du puissant empire austro-hongrois, condamnés à l'exil à la fin de la première guerre mondiale. Il est aussi lié aux Orléans grâce à sa grand-mère maternelle, la princesse Anne de France. L'archiduc Lorenz effectue ses études primaires et secondaires en France. Après son service militaire dans un régiment de chasseurs alpins de l'armée fédérale autrichienne (il est promu lieutenant de réserve en 1980), il suit les cours de l'Université de Saint-Gall en Suisse et de l'Université d'Innsbruck en Autriche, où il obtient un diplôme en sciences économiques et sociales. Ses études achevées, Lorenz s'installe à Bâle en Suisse, où il travaille dans une banque.

Le mariage a lieu le 22 septembre 1984. C'est la première union d'une princesse de Belgique célébrée à Bruxelles depuis celle de la princesse Henriette (soeur du roi Albert Ier) et du duc de Vendôme en 1896. Pour la première fois, le mariage civil d'un membre de la famille royale n'a pas lieu au palais royal, mais en l'hôtel de ville de Bruxelles sous la conduite du bourgmestre Brouhon. Une manière de se comporter comme des citoyens normaux. La cérémonie religieuse, célébrée par le cardinal Godfried Danneels, a lieu en l'église du Sablon. Avant la lecture de l'Evangile, Anne De Groote, une amie gantoise de la princesse, chante un très beau "Glory to God", en s'accompagnant à la guitare. Les princesses Paola et Astrid sont habillées par le couturier belge Louis Mies.

Tout le Gotha est présent à Bruxelles aux côtés de la famille royale belge, des Habsbourg et des Ruffo di Calabria : la famille grand-ducale luxembourgeoise au complet, le roi Olav de Norvège, la princesse Anne de France (grand-mère maternelle de Lorenz), la reine Marie-José, le prince Victor-Emmanuel et la princesse Marina d'Italie, le prince héritier Frédérik de Danemark, le roi Michel et la reine Anne de Roumanie, le comte Henri et la comtesse Isabelle de Paris, la princesse Margriet des Pays-Bas, la reine Sophie et l'infante Elena d'Espagne, le duc et la duchesse de Gloucester (cousins de la reine Elisabeth II d'Angleterre), le prince Naruhito du Japon, le duc Duarte de Bragance (chef de la maison royale du Portugal), la princesse Georgina et le prince héritier Hans-Adam du Liechtenstein. Les jeunes mariés partent ensuite en voyage de noces. A leur retour, ils s'installent à Bâle en Suisse de 1984 à 1993, avant de revenir définitivement en Belgique.

samedi 8 août 2009

Activités royales en juillet 2009

17 audiences pour le Roi : le premier ministre Herman Van Rompuy (reçu 3 fois), le ministre-président wallon Rudy Demotte, le secrétaire général de l'Otan Jaap de Haap Scheffer, le commandant suprême des forces alliées en Europe James G. Stavridis, le ministre-président bruxellois Charles Picqué, le ministre-président flamand Kris Peeters, le ministre-président germanophone Karl-Heinz Lambertz, le président de la FIFA Joseph Blatter, ainsi que les ambassadeurs de République Dominicaine, Japon, Vatican, Venezuela, Bhoutan, Congo et France venus porter leur lettre de créance.

7 activités officielles pour le Roi : concert de la fête nationale, Te Deum, défilé militaire, feu d'artifice, inauguration de l'exposition scientifique du palais royal, prestation de serment des nouveaux ministres et secrétaires d'Etat du gouvernement fédéral, visite du Musée Hergé à Louvain-la-Neuve. + voyage d'Etat en Roumanie

6 activités officielles pour la reine Paola : concert de la fête nationale, Te Deum, défilé militaire, feu d'artifice, visite de l'exposition de l'artiste Luc Tuymans à Forest, visite d'un camp sportif à Herentals. + voyage d'Etat en Roumanie

5 activités officielles pour la reine Fabiola : concert de la fête nationale, Te Deum, défilé militaire, feu d'artifice, messe pour le 16ème anniversaire du décès du roi Baudouin.

8 activités officielles pour le prince Philippe : concert de la fête nationale, Te Deum, défilé militaire, feu d'artifice, festival d'Aix-en-Provence, cérémonie au Whitehall de Londres à la mémoire des Belges décédés lors des deux guerres, procession de Tongres et visite du Centre Toyota à Diest.

8 activités officielles pour la princesse Mathilde : concert de la fête nationale, Te Deum, défilé militaire, feu d'artifice, 10ème anniversaire de l'asbl Meters en Peters à Anvers, 75ème anniversaire de l'asbl Koraal à Schoten, festival d'Aix-en-Provence, procession de Tongres.

5 activités officielles pour la princesse Astrid : concert de la fête nationale, Te Deum à Anvers, défilé militaire, feu d'artifice, visite d'un camp de vacances à Lichtaart.

5 activités officielles pour le prince Lorenz : concert de la fête nationale, Te Deum à Anvers, défilé militaire, feu d'artifice, 100ème anniversaire du Royal Saint-Hubert Club de Belgique.

6 activités officielles pour le prince Laurent : concert de la fête nationale, Te Deum à Mons, défilé militaire, feu d'artifice, remise des premiers raisins 2009 d'Overijse, remise à Gand du Prix Equine Research and Welfare Fund.

5 activités officielles pour la princesse Claire : concert de la fête nationale, Te Deum à Mons, défilé militaire, feu d'artifice, remise des premiers raisins 2009 d'Overijse.

Résumé des activités officielles de la famille royale de janvier à juillet 2009 (source : www.monarchie.be) :

Roi Albert : 44 activités officielles + 84 audiences + voyage d'Etat en Roumanie

Prince Philippe : 47 activités officielles + missions économiques au Mexique, au Panama et en Corée du Sud + voyage au Kazakhstan pour le départ de Frank De Winne dans l'espace

Princesse Mathilde : 57 activités officielles + mission économique au Mexique

Reine Paola : 40 activités officielles + voyage d'Etat en Roumanie

Princesse Astrid : 32 activités officielles + mission contre la malaria aux Emirats Arabes Unis, au Qatar et en Arabie Saoudite

Princesse Claire : 21 activités officielles

Prince Laurent : 15 activités officielles

Prince Lorenz : 14 activités officielles

Reine Fabiola : 13 activités officielles

dimanche 26 juillet 2009

"Philippe, prince héritier" (B. Leyts, B. Balfoort et M. Van den Wijngaert)

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Après les nombreuses critiques dont il a fait l'objet ces dernières années, le prince héritier Philippe de Belgique a enfin droit à une biographie sérieuse, bien documentée et objective, rédigée par trois auteurs flamands : l'historien Mark Van den Wijngaert, les journalistes Barend Leyts et Brigitte Balfoort. Ils ont bénéficié de l'aide de quatre anciens collaborateurs du Palais (Michel Didisheim, Guido Mertens, Marc Servotte et Gérard Jacques) et du président du Fonds Prince Philippe (Paul Buysse) qui ont, pour la première fois, accepté de parler du prince héritier.

Les premiers chapitres démontrent que le prince Philippe (né en 1960) a eu une formation plus structurée et plus complète que ses prédécesseurs, et qu'il a souffert de la longue crise conjugale entre ses parents. Le temps des précepteurs privés est terminé : Philippe effectue ses études primaires et ses trois premières années secondaires en français au collège Saint-Michel d'Etterbeek, puis ses trois dernières années d'humanité gréco-latines en néerlandais à l'abbaye de Zevenkerken à Loppem. C'est là qu'il rencontre son premier grand amour, Barbara Maselis, une jeune Flamande originaire de Roulers et de deux ans sa cadette.

C'est le roi Baudouin qui choisit la suite de la formation du très docile Philippe : Ecole Royale Militaire de 1978 à 1981, puis passage par la force aérienne et la force terrestre dans le régiment paracommando. Après quelques mois à l'Université d'Oxford, le prince poursuit ses études à l'Université de Stanford en Californie. En 1985, il y obtient le diplôme de Master of Arts en sciences politiques et devient le premier membre de la dynastie à détenir un diplôme universitaire. De son propre aveu, ces deux années incognito de l'autre côté de l'Atlantique constituent l'expérience la plus déterminante de sa jeunesse.

De retour en Belgique, le prince Philippe a une existence austère entre son appartement du palais royal de Bruxelles, ses visites de travail à travers le pays et ses week-ends avec le roi Baudouin, qui a une grande influence sur son neveu. Philippe travaille plusieurs semaines dans un camp de réfugiés en Ethiopie et va soutenir les Diables Rouges lors de la Coupe du Monde au Mexique en 1986. Malgré sa présence répétée aux côtés des souverains et la création de sa propre Maison (avec personnel et dotation), le prince est de plus en plus l'objet de critiques au début des années 90 : on lui reproche sa timidité et ses maladresses en public, on se moque de sa conversation peu intéressante avec l'astronaute Dirk Frimout, on doute de ses capacités intellectuelles ("Il n'en est pas capable", selon l'ancien Grand Maréchal de la Cour Herman Liebaers qui avait été remercié par le roi Baudouin) et on parle de plus en plus de la charmante princesse Astrid, qui entre désormais dans l'ordre de succession au trône suite à l'abolition de la loi salique en 1991.

En 1993, le roi Baudouin décède, mais à la surprise générale, ce n'est pas son neveu qui lui succède mais son frère. D'après les auteurs de ce livre, le gouvernement fédéral souhaitait l'accession au trône d'Albert II et la reine Fabiola aurait dit à Motril au premier ministre Jean-Luc Dehaene : "C'est exactement ce que le roi Baudouin aurait voulu". Mais, selon les trois auteurs, "Philippe est déçu car, malgré tout, il avait espéré que son père lui céderait la place". Le prince est titré duc de Brabant, devient sénateur de droit et président d'honneur de l'Office Belge du Commerce Extérieur, et crée en 1998 le Fonds Prince Philippe, destiné à organiser des échanges linguistiques entre les trois communautés de notre pays.

Ses fiançailles et son mariage avec Mathilde d'Udekem d'Acoz en 1999 suscitent l'enthousiasme. C'est une vraie Belge : sa famille est originaire de Poperinge en Flandre occidentale, ses deux oncles font de la politique au sein du CVP, elle a grandi près de Bastogne dans les Ardennes, elle a fait ses études et a travaillé comme logopède en région bruxelloise. Les auteurs parlent de Mathilde comme une "perle rare" : "Etre princesse demande surtout une intelligence sociale ; et ce don-là, Mathilde le possède. Elle ne doit faire aucun effort pour se présenter dès le premier jour avec professionnalisme. Elle ne souffre pas des mêmes problèmes d'adaptation qu'ont connus nombre de ses collègues (...) Quant à Mathilde, elle ne semble jamais stressée, au contraire. Elle évolue en public avec un naturel surprenant. A faire pâlir la famille royale. Il n'y a pas à dire, son sens social est nettement plus développé que celui de Philippe. Elle parvient surtout, en fine psychologue, à le tirer de mauvais pas. C'est comme si elle se tenait tapie dans l'ombre pour pousser son époux en avant". (p. 127-128)

Le couple a quatre enfants (la princesse Elisabeth, le prince Gabriel, le prince Emmanuel et la princesse Eléonore) qui effectuent leurs maternelles et primaires en néerlandais au collège Sint-Jan Berchmans de Bruxelles. Philippe accorde beaucoup d'importance à l'éducation de ses enfants dont il semble très proche. Leur vie privée ne donne lieu à aucun scandale.

Les auteurs reviennent avec objectivité sur les polémiques autour du prince héritier depuis 2002 : l'attribution du diplôme de docteur honoris causa de la K.U.L., les propos contre le Vlaams Belang, la signature d'une liste de revendications de la F.E.B., les réprimandes du premier ministre Guy Verhofstadt, les critiques contre la mission économique en Afrique du Sud et l'altercation avec deux journalistes flamands au palais royal. Ils expliquent ensuite comment le prince et ses collaborateurs ont réagi à ces reproches et comment ils ont réussi à donner un nouvel élan aux missions économiques à l'étranger. Les auteurs conseillent à Philippe de rencontrer régulièrement de façon informelle le monde politique qui ne le connaît qu'à travers les échos (pas souvent positifs) de la presse.

Le dernier chapitre évoque l'évolution de la monarchie depuis l'indépendance de 1830 : la fédéralisation de notre pays et la prise de décisions communes par l'Otan et l'U.E. ont diminué le pouvoir royal au fil des décennies. Le roi des Belges a donc de plus en plus un rôle de représentation. Au terme d'un long et sérieux travail d'investigation, sans jamais prendre parti pour ou contre Philippe, Barend Leyts, Brigitte Balfoort et Mark Van den Wijngaert ont dressé un portrait intéressant, équilibré et humain du prince héritier.

Je n'ai retrouvé qu'une seule petite erreur à la page 22 : la grande-duchesse Joséphine-Charlotte n'est pas née au château du Stuyvenbergh, mais à l'hôtel Bellevue à Bruxelles. Le nombre élevé de témoignages anonymes et l'absence de bibliographie est regrettable.

mercredi 22 juillet 2009

Discours du Roi de la fête nationale 2009

En ce jour de fête nationale, mes pensées vont d'abord à tous ceux qui, à la suite de la crise économique internationale, ont perdu leur emploi. C'est une lourde épreuve pour de très nombreuses personnes et pour leurs familles. Les conséquences sociales de la crise sont énormes et réclament une réponse à différents niveaux. L'an dernier à Noël, puis en janvier lors du discours aux autorités du pays, j'ai surtout évoqué les mesures à prendre sur le plan économique, tant au niveau national qu'international.

Aujourd'hui, je voudrais vous parler de trois autres sujets en rapport avec la crise : l'éthique, l'enseignement et la formation, sans oublier l'indispensable adaptation de nos structures institutionnelles.

Il me semble qu'un premier domaine où nous devons réagir est celui de l'éthique. La crise a été en bonne partie causée par l'absence d'éthique. Dans le secteur financier, beaucoup de responsables ont succombé à la pression des marchés pour générer à court terme des marges de profits toujours plus élevées, souvent irréalistes et sans rapport avec l'économie réelle. C'est ainsi que des produits dits toxiques ont été acquis. A la pression des marchés s'est ajouté le stimulant des méthodes de rémunération complémentaire des dirigeants, les bonus. Ils étaient fonction de la réalisation de ces objectifs.

Ces comportements individuels et collectifs, ainsi qu'un contrôle insuffisant des intermédiaires financiers, ont provoqué une crise financière mondiale dont l'impact sur l'économie réelle est lourd. Des millions d'emplois disparaissent de par le monde, et la crise a créé dans les pays en développement des effets disproportionnés, touchant les populations les plus vulnérables.

Il me paraît donc très important de plaider pour le développement d'une éthique dans le domaine économique et financier. Celle-ci doit évidemment s'accompagner d'une mise au point de certaines règles et normes à respecter pour le contrôle des intermédiaires et des produits financiers. Ces contrôles devront non seulement être renforcés, mais aussi internationalisés. La nécessité de normes s'applique aussi à l'ensemble de la rémunération des dirigeants. Rappelons-nous que la finance doit être au service de l'économie et celle-ci au service de l'homme. Il importe de revenir à ces notions de base. Les institutions et les intermédiaires financiers sont là pour collecter l'épargne, et pour prêter ces moyens au développement de projets productifs.

Au-delà du secteur financier, nous pouvons aussi nous interroger sur le caractère de plus en plus matérialiste de nos sociétés et sur la nécessité d'accorder plus de place aux valeurs familiales, à celles de la convivialité, de la solidarité et du respect de l'autre. Je constate de grandes attentes chez les jeunes à ce propos.

Je voudrais évoquer ensuite un second sujet toujours en relation avec la crise économique. Il s'agit du besoin d'un enseignement de qualité et d'une formation professionnelle plus adéquate. Ayons à l'esprit que le monde change en permanence. De nombreux efforts sont entrepris sur le plan national et international pour encourager les technologies nouvelles et des méthodes de production propres, innovantes, économes en énergie et peu productrices de CO2. Ces domaines d'activité seront de plus en plus parmi les moteurs économiques de demain.

Graduellement, le monde se mobilise pour relancer l'économie, pour favoriser le développement de technologies plus respectueuses de l'environnement et pour économiser de l'énergie. Aussi, nous devons entreprendre dans nos communautés et nos régions un effort spécial pour assurer un enseignement de qualité et cette formation professionnelle plus adaptée dont je viens de parler. C'est ainsi que nous encouragerons au mieux nos habitants à participer pleinement à la reprise économique prochaine et aux changements qu'elle apportera. Demain, notre économie aura besoin de beaucoup de talents diversifiés. D'où la nécessité de formation permanente que ce soit dans le domaine technique, des sciences, des langues, de l'informatique ou dans d'autres secteurs.

Enfin, pour faire face à la crise en Belgique, je pense que nous devons aussi mettre de l'ordre dans nos structures institutionnelles. Accordons-nous sur une réforme de l'Etat qui assure à la fois une plus grande responsabilité aux entités fédérées, une indispensable solidarité et un pouvoir fédéral efficace disposant des moyens nécessaires dans les domaines qui restent les siens. Cela nous permettra de mieux affronter les défis futurs.

Ces deux prochaines années, l'éthique, l'économie, l'enseignement et les réformes institutionnelles seront des domaines qui requerront toute notre attention. Mais ils représentent pour notre pays une chance de nous maintenir dans le peloton de tête des pays industrialisés. Saisissons pleinement ces opportunités. C'est le voeu que la Reine et moi, et toute notre famille, formulons de tout coeur en cette fête nationale.

mercredi 15 juillet 2009

"Histoire de la dynastie belge" (Christian Cannuyer)

Professeur à l'Université Catholique de Lille, l'historien belge Christian Cannuyer est un spécialiste des têtes couronnées. Il commente régulièrement des événements royaux pour la télévision belge. A l'occasion des 175 ans de l'indépendance de la Belgique, il nous propose un ouvrage de 64 pages richement illustré, destiné au grand public (les férus d'histoire n'apprendront rien de neuf).

L'objectivité de ce livre est à souligner (ex: "Les exactions de l'Etat léopoldien au Congo sont incontestables et inexcusables, mais elles doivent être replacées dans le contexte du colonialisme européen du XIXème siècle, peu soucieux des indigènes"). Les premières pages de cet ouvrage sont consacrées à un rappel de la révolution belge de 1830 et de la recherche de notre premier monarque : Léopold de Saxe-Cobourg-Gotha. L'auteur évoque ensuite tous les rois, reines, princes et princesses de notre dynastie. L'arbre généalogique de la famille royale et la partition de la Brabançonne clôturent ce livre très bien réalisé.

Voici un extrait consacré à l'actuel souverain : "Quand, à un âge où beaucoup songent à la retraite, il fut amené à reprendre le flambeau royal, Albert II put mettre à profit son expérience pour instaurer un style de monarchie plus décontracté, moins angoissé par les questions communautaires, plus familial aussi, avec cette touche d'élégance suprême et de glamour que la reine Paola a su redonner à la Cour de Bruxelles, naguère un peu terne (...) Les Belges se reconnaissent dans ce roi bon vivant et accessible, doté d'un solide humour".