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lundi 21 juillet 2025

Bande dessinée "Spa 1906"


Dans cette bande dessinée, le commissaire ostendais Hendrikus Ansor est appelé car un maître chanteur menace la princesse Clémentine de Belgique et des notables de Spa de révéler d'embarrassants secrets. La police locale préfère fermer les yeux pour ne pas effrayer les clients des thermes. La nouvelle enquête du commissaire se déroule en 1906 entre Bruxelles et Spa, où la reine Marie-Henriette a passé les dernières années de sa vie et où la princesse Clémentine vient encore régulièrement.

Comme toutes les bandes dessinées de cette collection,  "Spa 1906" est bien documenté, et évoque l'histoire de notre pays et de notre dynastie. Félicitations aux Belges Patrick Weber (pour le scénario) et Olivier Wozniak (pour les dessins).

Qui était la princesse Clémentine de Belgique ?

Suite aux mariages de ses deux soeurs et au décès de son frère, Clémentine passe une enfance triste et solitaire au château de Laeken. Ses relations sont glaciales avec ses parents le roi Léopold II et la reine Marie-Henriette. Elle puise dans sa foi le courage de surmonter la mort de son cousin et premier amour, le prince Baudouin.

La reine Marie-Henriette fuyant de plus en plus souvent la Cour pour se réfugier à Spa, la princesse Clémentine remplit les fonctions de Première Dame aux côtés du roi Léopold II, qui la protège du caractère difficile de sa mère et lui donne une indépendance dont peu de princesses célibataires pouvaient jouir à cette époque. Mais le souverain reste intraitable sur ses projets de mariage :   il ne veut pas qu'elle épouse le prince Victor Napoléon afin de ne pas compromettre les relations entre la Belgique et la République française.

Opposée aux scandales, Clémentine attend le décès de ses parents pour épouser, à l'âge de 38 ans, l'homme qu'elle aime. Le couple très uni habite en Belgique et a deux enfants :  Marie-Clotilde (née en 1912) et Louis (né en 1914).

Ce bonheur est assombri par la première guerre mondiale, au cours de laquelle ils trouvent refuge en Angleterre chez l'impératrice Eugénie (veuve de Napoléon III) et apportent leur aide à des oeuvres de charité en faveur des soldats. Le prince Victor Napoléon s'éteint en 1926, laissant à Clémentine le devoir de s'occuper de l'éducation de leurs jeunes enfants avec qui elle s'entend très bien.

Après le mariage en 1938 de sa fille Marie-Clotilde avec le comte Serge de Witt et la naissance de son premier petit-enfant, la princesse Clémentine vit avec inquiétude la deuxième guerre mondiale car son fils Louis est engagé dans la Légion étrangère. Elle sera ensuite très fière de son comportement héroïque. La Question Royale qui sévit en Belgique autour du comportement du roi Léopold III l'attriste et l'incite à vivre la plupart du temps en France.

Les dix dernières années de sa vie sont heureuses et paisibles. En 1949, son fils épouse Alix de Foresta et peut enfin découvrir la France un an plus tard, suite à l'abrogation de la loi d'exil. Clémentine devient la grand-mère de onze petits-enfants et reçoit la Légion d'Honneur française à l'occasion de ses 80 ans. Elle s'éteint le 8 mars 1955 à la Côte d'Azur et est inhumée avec son époux dans la chapelle impériale d'Ajaccio. 

Qui était la reine Marie-Henriette ?

Née le 23 août 1836, Marie-Henriette est la fille de l'archiduc Joseph d'Autriche, palatin de Hongrie, et de Marie-Dorothée de Wurtemberg. Elle passe une enfance heureuse en Hongrie, loin du protocole de la Cour de Vienne. A 16 ans, elle participe, pour la première fois, à un bal de la Cour.

Afin de préserver l'indépendance de la Belgique face à l'impérialisme français de Napoléon III, le roi Léopold Ier imagine un mariage politique entre le prince héritier Léopold, duc de Brabant, et l'archiduchesse Marie-Henriette d'Autriche. La reine Victoria d'Angleterre trouve cette union prématurée et incite en vain son oncle à le reporter d'un an. Après l'accord de l'empereur François-Joseph, Marie-Henriette quitte avec regret sa famille en août 1853 pour prendre la direction de la Belgique.

Mais le courant ne passe pas entre les jeunes époux. Contrairement à son mari, Marie-Henriette aime l'équitation, la peinture, la musique et la littérature. On parle de "l'union d'un palefrenier et d'une religieuse, étant entendu que la religieuse est le duc de Brabant".  En octobre, ils se rendent chez la reine Victoria qui constate leurs différences et pense que leur mariage n'a pas encore été consumé.

Préoccupé par la situation du jeune couple, le roi Léopold Ier leur offre un long voyage en Orient de novembre 1854 à août 1855. Ils visitent notamment Vienne, Venise, Trieste, Corfou, Alexandrie, Le Caire, Jérusalem, Beyrouth, Damas, la Crête, Rhodes, Athènes, la Sicile, le Vatican et la Suisse. Ce voyage s'avère positif pour le couple qui s'est un peu rapproché.

En 1865, Léopold Ier meurt, la main dans celle de sa belle-fille Marie-Henriette qui devient reine des Belges. L'année suivante, le couple effectue des Joyeuses Entrées à Gand, Bruges, Ostende, Mons, Tournai, Liège, Charleroi et Namur.

Fille de Léopold II et Marie-Henriette, la princesse Clémentine écrira plus tard :   "Mes parents ne se sont pas compris. Leurs chemins se sont croisés un seul instant, pour s'écarter aussitôt et à jamais. Il choisit celui de l'indifférence et de l'infidélité ; elle dut accepter celui de la résignation, de la solitude et de la douleur".

Outre des actions de charité, la reine Marie-Henriette part chercher à Miramar en 1867 sa belle-soeur Charlotte, éphémère impératrice du Mexique, et soigne des blessés au palais royal durant la guerre franco-prussienne de 1870. Elle a la douleur de perdre son fils Léopold, victime d'une pneumonie suite à une chute dans un étang à Laeken.

A partir de 1895, elle fuit la Cour, laissant le rôle de Première Dame à sa fille cadette la princesse Clémentine, et s'installe à Spa où elle se plait beaucoup et décède en 1902. 

 

lundi 12 mai 2025

Bande dessinée "La princesse et l'archiduc"

                                   


"La princesse et l'archiduc" est le premier tome de la série de bandes dessinées consacrées à l'impératrice Charlotte du Mexique, née princesse de Belgique (1840-1927). Fabien Nury a écrit le scénario qui respecte la vérité historique, et les dessins ont été réalisés par Matthieu Bonhomme. Ce premier tome commence à Laeken lors de la rencontre arrangée entre la fille du roi Léopold Ier et l'archiduc Maximilien d'Autriche, frère du puissant empereur François-Joseph.

Après leur mariage, on suit le couple princier à la Cour de Vienne, puis Maximilien est nommé vice-roi de Lombardie-Vénétie, une région rebelle au pouvoir des Habsbourg. Mais plus libéral que son frère, il doit démissionner. Ils s'installent au château de Miramar qu'ils font construire face à la mer. Les rumeurs circulent sur leur couple.

Ce premier tome se termine par la proposition de l'empereur Napoléon III de monter sur le trône du Mexique, avec la bénédiction du Vatican. Malgré les réticences de la famille royale belge, Charlotte pousse son époux désoeuvré à accepter ce défi prestigieux mais difficile.

lundi 21 juin 2021

"Princesses de Belgique : d'Elisabeth à Delphine" (B. Balfoort et J. Vanden Houden)

                   


Il y a vingt ans, Patrick Weber avait déjà sorti un ouvrage intitulé "Dix princesses de Belgique"  (Charlotte, Louise, Stéphanie, Clémentine, Marie-José, Joséphine-Charlotte, Marie-Christine, Esmeralda, Astrid et Mathilde).

Twintig jaar geleden had Patrick Weber reeds een boek gepubliceerd onder de titel "Tien prinsessen van België" (Charlotte, Louise, Stefanie, Clementine, Marie-José, Joséphine-Charlotte, Marie-Christine, Esmeralda, Astrid en Mathilde).

Anciennes responsables du magazine "Royalty" de VTM, Brigitte Balfoort et Joëlle Vanden Houden ont réussi à faire un livre complètement différent en enlevant les princesses décédées et en se consacrant uniquement à celles qui portent ce titre en 2021  (Elisabeth, Eléonore, Astrid, Maria Laura, Luisa Maria, Laetitia Maria, Claire, Louise, Marie-Christine, Esmeralda, Delphine). L'absence de la princesse Léa est surprenante, et on fera remarquer que Delphine est princesse de Saxe-Cobourg-Gotha et non princesse de Belgique.

Vroegere verantwoordelijken van het VTM magazine "Royalty",  Brigitte Balfoort en Joëlle Vanden Houden zijn erin geslaagd een heel ander boek te maken door de overleden prinsessen te schrappen en zich uitsluitend te richten op degenen die in 2021 die titel dragen (Elisabeth, Eléonore, Astrid, Maria Laura, Luisa Maria, Laetitia Maria, Claire, Louise, Marie-Christine, Esmeralda en Delphine). De afwezigheid hierin van prinses Lea is verrassend, en er zij op gewezen dat Delphine prinses van Saksen-Coburg is en niet prinses van België.

Destiné au grand public, ce livre est richement illustré et agréable à lire. Je n'ai trouvé aucune erreur. Il ne contient aucun scoop, mais il a le mérite de faire découvrir des princesses moins connues que les deux citées sur la couverture.

Dit boek is bestemd voor het grote publiek, is rijk geïllustreerd en leest zeer aangenaam. Ik heb geen fout gevonden. Er staan geen primeurs in, maar het heeft wel de verdienste dat het minder bekende prinsessen introduceert dan de twee die op de omslag staan afgebeeld.

Traduit du néerlandais par Micheline Goche

      A noter que Brigitte Balfoort avait déjà écrit une intéressante biographie sur la reine Fabiola à l'occasion de ses 80 ans :       https://familleroyalebelge.blogspot.com/2009/02/fabiola-une-jeune-fille-de-80-ans-b.html

Et elle a co-écrit l'ouvrage le plus objectif sur le prince Philippe (avant son accession au trône) :    https://familleroyalebelge.blogspot.com/2009/07/philippe-prince-heritier-b-leyts-b.html

jeudi 23 juillet 2020

Lectures de l'été sur la dynastie belge

                                 Afficher l’image source

A la veille de notre fête nationale et en cette période de congés,  je vous propose quelques idées de lectures sur notre dynastie, dont je vous ai déjà parlé sur ce blog. Ces dernières années, malheureusement, trop peu d'ouvrages inédits intéressants sont sortis. On attend ainsi avec impatience la première biographie de notre roi Philippe depuis son accession au trône. Beaucoup de documents transférés du château du Stuyvenbergh vers les archives du palais royal de Bruxelles, n'ont pas encore été étudiés et pourraient faire l'objet d'une nouvelle biographie de la reine Fabiola. Avis aux historiens et journalistes....

Voici donc 20 idées de lecture :

- BILTERYST Damien,  "Le prince Baudouin, frère du Roi-Chevalier" :   http://familleroyalebelge.blogspot.com/2013/08/le-prince-baudouin-frere-du-roi.html

- BILTERYST Damien,  "Philippe, comte de Flandre, frère de Léopold II" :   http://familleroyalebelge.blogspot.com/2014/07/philippe-comte-de-flandre-frere-de.html

- de BELGIQUE Esmeralda,  "Léopold III, mon père" :   http://familleroyalebelge.blogspot.com/2009/08/leopold-iii-mon-pere-princesse-marie.html

- DEBELS Thierry,  "Baudouin :  biographie" :   http://familleroyalebelge.blogspot.com/2011/05/baudouin-biographie-thierry-debels.html

- DEFRANCE Olivier,  "Lilian et le Roi" :   http://familleroyalebelge.blogspot.com/2016/07/lilian-et-le-roi-dolivier-defrance.html

- KERCKVOORDE Mia,  "Marie-Henriette : une amazone face à un géant" :   http://familleroyalebelge.blogspot.com/2013/08/deux-biographies-de-la-reine-marie.html

- LEROY Vincent,  "Le règne d'Albert II" :   http://familleroyalebelge.blogspot.com/2013/09/le-regne-dalbert-ii-vincent-leroy.html

- LEROY Vincent,  "La princesse Astrid de Belgique" :   http://familleroyalebelge.blogspot.com/2016/10/biographie-de-la-princesse-astrid-de.html

- LEROY Vincent,  "Le prince Charles de Belgique" :   http://familleroyalebelge.blogspot.com/2019/06/le-prince-charles-vincent-leroy.html

- LONGUE Matthieu,  "Léopold II : une vie à pas de géant" :   http://familleroyalebelge.blogspot.com/2009/10/leopold-ii-une-vie-pas-de-geant.html

- MASUY Christine,  "Paola, reine des Belges" :   http://familleroyalebelge.blogspot.com/2009/09/paola-reine-des-belges-christine-masuy.html

- MORELLI Anne,  "Fabiola : un pion sur l'échiquier de Franco" :  http://familleroyalebelge.blogspot.com/2015/03/analyse-critique-de-fabiola-un-pion-sur.html

- PAOLI Dominique,  "Henriette, duchesse de Vendôme" (soeur du roi Albert Ier) :  http://familleroyalebelge.blogspot.com/2011/08/la-princesse-henriette-de-belgique.html

- PAOLI Dominique,  "Clémentine, princesse Napoléon" (fille du roi Léopold II) :   http://familleroyalebelge.blogspot.com/2010/06/clementine-princesse-napoleon-dominique.html

- PLASMAN Pierre-Luc,  "Léopold II, potentat congolais :  l'action royale face à la violence colonaile" :   http://familleroyalebelge.blogspot.com/2018/11/leopold-ii-potentat-congolais-laction.html

- RASKIN Evrard,  "Elisabeth de Belgique, une reine hors du commun" :   http://familleroyalebelge.blogspot.com/2009/02/elisabeth-de-belgique-une-reine-hors-du.html

- RIEBS Gunnar,  "Charles, comte de Flandre, prince de Belgique, régent du royaume" :   http://familleroyalebelge.blogspot.com/2009/04/charles-comte-de-flandre-prince-de.html

- ROEGIERS Patrick,  "La spectaculaire histoire des rois des Belges" :   http://familleroyalebelge.blogspot.com/2009/11/la-spectaculaire-histoire-des-rois-des.html

- VACHAUDEZ Christophe,  "Bijoux des reines et princesses de Belgique" :  http://familleroyalebelge.blogspot.com/2010/02/bijoux-des-reines-et-princesses-de.html

- WEBER Patrick,  "Trésors royaux" :   http://familleroyalebelge.blogspot.com/2015/04/tresors-royaux-patrick-weber.html

Et vous, avez-vous des conseils de lectures sur notre dynastie ?

lundi 24 juin 2019

"Le prince Charles" (Vincent Leroy)

                  1° Présentation de ce livre

Déjà parue en 2007,  cette biographie est ré-éditée à l'occasion du 75ème anniversaire du début de la Régence.

Le prince Charles de Belgique était le fils cadet du roi Albert Ier et de la reine Elisabeth. Après sa formation militaire dans la marine britannique, il mène une vie tranquille et discrète jusqu'en 1944. Suite à la déportation du roi Léopold III en Allemagne, les Chambres réunies le nomment régent du royaume. Il exerce pendant six ans ses nouvelles fonctions avec sérieux et simplicité, et est apprécié du monde politique. Par contre, son frère lui reproche son manque de soutien durant la Question Royale. Après 1950, Charles coupe les ponts avec sa famille et se réfugie dans sa propriété de Raversijde à la côte belge, où il s'adonne à la peinture sous le nom de Karel van Vlaanderen. Les dernières années de sa vie sont marquées par plusieurs procès intentés par le prince et par ses expositions de peinture qui suscitent la curiosité et l'intérêt du public. Il décède en 1983 à Ostende et la Belgique organise des funérailles nationales pour son ancien régent oublié de tous. Son domaine de Raversijde est aujourd'hui ouvert au public.

2° Présentation de l'auteur

Passionné par l'histoire belge contemporaine, Vincent Leroy est, depuis 2005, l'auteur de neuf ouvrages :
   - "Chroniques du règne d'Albert II", éditions Azimuts, 2005, ré-actualisé en 2006
   - "Le poète belge Emile Verhaeren", éditions Azimuts, 2006
   - "Le prince Charles de Belgique", éditions Imprimages, 2007, ré-actualisé en 2019
   - "Les 70 ans de la reine Paola",  éditions Imprimages, 2008
   - "Le prince Laurent et la princesse Claire",  éditions Imprimages, 2009
   - "Les 180 ans de la Belgique", éditions Imprimages, 2010
   - "La princesse Astrid de Belgique", éditions Imprimages, 2011, ré-actualisé en 2016
   - "Les 75 ans de la reine Paola", éditions Imprimages, 2012
   - "Le règne du roi Albert II", éditions Imprimages, 2013

Plus d'infos sur l'auteur :    www.vincentleroy.be

3° L'avis de bloggeurs sur cette biographie

Régine Salens (Noblesse et Royautés) :   www.noblesseetroyautes.com/livre-le-prince-charles 

Valentin Dupont (Royalement Blog) :  http://royalementblog.blogspot.com/2012/04/le-prince-charles-de-belgique-de.html

lundi 12 novembre 2018

"Léopold II, potentat congolais : l'action royale face à la violence coloniale" (Pierre-Luc Plasman)

                                                    

Cet ouvrage intéressant, bien documenté et objectif est l'adaptation d'une thèse de doctorat en histoire présentée à l'Université Catholique de Louvain en 2015. Ce n'est pas une biographie du roi Léopold II, mais une étude du fonctionnement de l'Etat Indépendant du Congo.

Dit interessante werk (uitgeverij Racine), dat objectief is en goed documenteerd, vloeit voort uit een doctoraatsthesis in de geschiedenis dat in 2015 werd voorgesteld aan de Université Catholique de Louvain door Pierre-Luc Plasman. Het is geen biografie over Leopold II, maar een studie over de werking van Congo Vrijstaat.

Pierre-Luc Plasman commence par retracer le rêve colonial du souverain qui aboutit lors de la conférence de Berlin de 1885 par la création de l'Etat Indépendant du Congo. Il nous explique ensuite comment travaille le gouvernement congolais à Bruxelles, le rôle des secrétaires généraux, les rivalités et les oppositions entre les uns et les autres, les différents canaux d'information du Roi. Il fait de même avec l'administration léopoldienne au Congo.  Pierre-Luc Plasman revient aussi sur les atrocités commises que plus personne ne peut nier aujourd'hui.

Pierre-Luc Plasman begint bij het achterhalen van de koloniale droom van de vorst, die leidt op de Conferentie van Berlijn tot de oprichting van Congo-Vrijstaat. Vervolgens legt hij uit hoe de Congolese regering functioneert in Brussel, de rol van de secretarissen-generaal, de rivaliteiten en tegenstellingen tussen de één en de ander, en over welke informatiekanalen de Koning beschikte. Hij doet hetzelfde voor de Leopoldistische administratie in Congo. Pierre-Luc Plasman komt tevens terug op de gruwelijkheden die werden begaan en die niemand op vandaag nog kan ontkennen.

Après nous avoir expliqué concrètement le fonctionnement de l'Etat Indépendant du Congo,  l'auteur détaille les critiques et dénonciations contre les violences, les campagnes de presse anticongolaise qui aboutissent à la création d'une commission d'enquête. Léopold II décède en 1909 et lègue le Congo à la Belgique.

Nadat hij de concrete werking van Congo-Vrijstaat heeft uitgelegd, legt de auteur nader de kritieken en protesten tegen de gewelddaden uit en heeft hij het over de anti-congolese perscampagne's die uitmondden in een onderzoekscommissie. Leopold II overlijdt in 1909 en laat Congo over aan België.

Quelle est la conclusion de Pierre-Luc Plasman sur ces violences?  Wat is de conclusie van Pierre-Luc Plasman over de gewelddaden?

"Les massacres ne sont pas ordonnés par le gouvernement léopoldien, mais ils se produisent dans un contexte d'incitation permanente à accroître la production tout en laissant le champ libre aux acteurs sur place. Hauts fonctionnaires territoriaux et directeurs de sociétés abusent largement de leurs prérogatives, tandis qu'agents subalternes et sentinelles africaines intègrent la bestialisation de leur comportement dans leur cadre de travail. Les violences ne se limitent pas aux régies de l'Etat. Elles se déchaînent même avec plus de brutalité dans les concessions, où la productivité permet toutes les exactions. Aussi horribles soient-elles, ces violences de masse ne peuvent pas être qualifiées de génocidaires. De même, la moitié de la population congolaise n'a pas été exterminée. Il existe cependant bel et bien un déclin démographique, dans lequel la terreur et la violence jouent un rôle primordial à côté d'autres facteurs, comme la dénatalité vénérienne".

"De bloedbaden werden niet bevolen door de leopoldistische regering, maar ze gebeurden binnen een context waarin men werd aangespoord om de productie blijvend op te drijven, waarbij vrij spel werd gegeven aan de personen ter plaatse. Hoge territoriale ambtenaren en directeurs van vennootschappen misbruikten ruimschoots de hen toegekende prerogatieven, terwijl jonge agenten en Afrikaanse bewakers de bestialisering van hun gedrag integreerden in hun werkkader. De gewelddaden waren niet beperkt tot de delen die door de Staat werden geleid. Ze waren des te brutaler in de concessies, waar de productiviteit leidde tot iedere mogelijke vorm van uitbuiting. Hoe verschrikkelijk ze ook waren, toch kunnen deze massa-gewelddaden niet worden bestempeld als genocidair. Evenzo werd de helft van de Congolese bevolking niet uitgeroied. Er was weliswaar een duidelijke demografische terugval, waarin de terreur en geweld een primordiale rol speelden, maar er waren ook andere factoren, zoals een venerische denataliteit".

Sur le rôle de Léopold II,  l'auteur fait remarquer son manque d'objectivité. Als hij het over de rol van Leopold II heeft,  laat de auteur zijn objectiviteit blijken :

"Avec l'âge, l'esprit et l'intelligence du monarque sont devenus rigides et teintés de misanthropie. A plusieurs reprises, il dénie l'existence des abus et il distingue dans la campagne anticongolaise l'expression d'une frustration de l'impérialisme anglais. Plus généralement, le Roi ne perçoit pas que la source des abus réside dans le système d'exploitation. Dès lors, son appréciation place la responsabilité sur des acteurs collectifs, à savoir les sentinelles africaines, les compagnies commerciales et la force publique. Léopold II se place dans une position défensive et offensive à l'égard des critiques et ne cherche plus dans les dernières années qu'à maintenir sans profonde modification le régime léopoldien. L'appareil étatique n'est pas non plus une pyramide sur laquelle le Roi règne sans partage, mais ressemble plus à une matriochka. Sentant le fil des jours s'écouler, Léopold II désire mettre une touche finale au programme de son règne :  il veut une Belgique plus grande, plus forte et plus belle. Léopold II n'a donc pas cherché à s'enrichir personnellement, même si son train de vie est devenu - quoique tardivement - plus luxueux".

"Met de leeftijd werden de geest en intelligentie van de monarch rigide en gekenmerkt door misantropie. Meermaals ontkent hij het bestaan van misbruiken en hij ontwaart in de anti-congolese campagne de uiting van frustratie door het Engels imperialisme. Meer in het algemeen snapt de Koning niet dat de oorsprong van de misbruiken ligt in het systeem van uitbuiting. Derhalve plaats zijn appreciatie de verantwoordelijkheid bij collectieve actoren, zoals de Afrikaanse bewakers, de commerciële vennootschappen en het leger. Leopold II plaatst zich in een defensieve en offensieve positie ten aanzien van de kritiek en wenst in de laatste jaren enkel het leopoldistisch regime te handhaven, zonder diepgaande veranderingen.  Het staatsapparaat is niet zozeer een piramide waarover de Koning zonder meer heerst, maar lijkt meer op een matroesjkapop. Wanneer hij het einde van zijn dagen voelt naderen wil Leopold II het programma van zijn koningschap in schoonheid afronden :  hij wil een groter, sterker en mooier België. Leopold II was er dan ook niet op uit zich persoonlijk te verrijken, hoewel zijn levensstijl - zij het eerder vrij laat -  luxueuzer was geworden".

Bref,  après avoir lu cet ouvrage, on ne peut plus parler ni de génocide, ni d'œuvre civilisatrice. La vérité historique est plus nuancée et est à mi-chemin entre ces deux extrêmes. Les responsabilités sont nombreuses. Et il faut aussi remettre les faits dans le contexte de l'époque.

Na dit werk te hebben gelezen kan men niet meer spreken van een genocide, doch ook niet van een meesterwerk van beschaving. De historische waarheid is meer genuanceerd en bevindt zich tussen de twee voormelde extremen. De personen die verantwoordelijk waren zijn talrijk. En men moet ook de feiten kaderen in hun toenmalige context.

lundi 24 octobre 2016

Biographie de la princesse Astrid de Belgique

                                                    


Présentation de l'ouvrage :
Sorti en 2011 et récemment actualisé, cet ouvrage est l'unique biographie existant sur la princesse. A 54 ans, Astrid a réussi sa vie de femme et sa vie de princesse. Après une enfance marquée par les problèmes conjugaux de ses parents, elle fait un mariage d'amour avec l'archiduc Lorenz d'Autriche-Este en 1984. Cette union heureuse et la naissance de leurs cinq enfants lui apportent la sérénité et l'épanouissement. On l'a ressenti en particulier quand elle a passé le cap de la quarantaine : plus sûre d'elle, elle a commencé à s'intéresser à la mode et à donner des interviews où elle s'est livrée en toute franchise.

Sa vie privée n'a jamais donné lieu à aucun scandale. Le couple princier mène une vie familiale discrète, loin des mondanités et de la jet-set. Si leurs enfants apparaissent de temps en temps en public, ils peuvent mener une vie anonyme et ne sont pas harcelés par les photographes. Tous les cinq travailleront, et n'auront ni dotation, ni rôle officiel en Belgique. L'avenir de la monarchie, c'est la branche aînée (les enfants de Philippe et Mathilde), et non les branches cadettes (les enfants d'Astrid et Laurent).

Depuis l'accession au trône en 1993 de ses parents dont elle est très proche, Astrid a une vie officielle en Belgique et cherche à se rendre utile dans le domaine social. Cela n'a rien d'étonnant car elle a un jour confié qu'elle aurait aimé être médecin (la culture l'attire moins). A travers ses visites, ses discours, ses interviews et ses patronages, elle s'est engagée en faveur de la Croix-Rouge, de la pauvreté, du sida, des mines antipersonnel, des handicapés, de la recherche scientifique, de la malaria et de la lèpre. La princesse effectue de nombreuses visites sur le terrain en Belgique, mais s'est également rendue dans plusieurs pays en voie de développement (Honduras, Mozambique, Burkina Faso, Ghana, Ethiopie, Bénin, Afrique du Sud, Tanzanie, Zambie, etc.).

Depuis le changement de règne en 2013 et alors que rien ne l'y préparait, Astrid s'investit en faveur de l'économie de notre pays, à travers le Fonds Prince Albert et les missions économiques belges qu'elle emmène à l'étranger, à la satisfaction générale. Par contre, ses relations semblent toujours difficiles avec ses deux frères.

Astrid n'est pas aussi populaire que la reine Mathilde qui bénéficie d'une plus grande médiatisation de ses activités, mais elle a une bonne image dans l'opinion publique, tant au nord qu'au sud du pays. Elle a hérité du sens du contact et de la simplicité de son père qui lui permettent de s'adapter à toutes les situations. Les ministres et journalistes qui l'accompagnent plusieurs jours à l'étranger, s'entendent bien avec elle.

Enfin, si on prend un peu de recul, on peut conclure que malgré sa discrétion et sa réserve, Astrid occupera une place privilégiée dans l'histoire de la monarchie belge : en effet, depuis 1831, elle est la première princesse à pouvoir prétendre au trône de Belgique, à être sénatrice de droit, à avoir un grade militaire au sein de l'armée, à recevoir une dotation du gouvernement, à transmettre son titre à ses enfants, à avoir un rôle officiel défini, et à emmener des missions économiques à l'étranger.

Pour commander cet ouvrage de 144 pages, vous pouvez vous adresser directement auprès d'Imprimages :  www.imprimages.be/index.php/catalogue-des-livres/biographies/la-princesse-astrid-de-belgique-detail  (10 euros + frais de port)

Présentation de l'auteur :
Passionné par l'histoire belge contemporaine, Vincent Leroy est l'auteur, depuis 2005, de neuf ouvrages :
- "Chroniques du règne d'Albert II", éditions Azimuts, 2005, ré-actualisé en 2006
- "Le poète belge Emile Verhaeren", éditions Azimuts, 2006
- "Le prince Charles de Belgique", éditions Imprimages, 2007
- "Les 70 ans de la reine Paola", éditions Imprimages, 2008
- "Le prince Laurent et la princesse Claire de Belgique", éditions Imprimages, 2009
- "Les 180 ans de la Belgique", éditions Imprimages, 2010
- "La princesse Astrid de Belgique", éditions Imprimages, 2011, ré-actualisée en 2016
- "Les 75 ans de la reine Paola", éditions Imprimages, 2012
- "Le règne d'Albert II", éditions Imprimages, 2013

Site personnel de Vincent Leroy :   www.vincentleroy.be

lundi 17 octobre 2016

2ème Salon du Livre d'Histoire à Bruxelles

slide01

Après une première édition réussie l'an dernier au Coudenberg, le 2ème Salon du Livre d'Histoire est organisé à l'hôtel de ville de Bruxelles ces 19 et 20 novembre par Patrick Weber dont je vous ai déjà parlé (http://familleroyalebelge.blogspot.be/search/label/Weber%20Patrick) . La marraine du salon est la princesse Esmeralda de Belgique qui m'a accordé récemment une interview par mail à l'occasion de ses 60 ans :  http://familleroyalebelge.blogspot.be/2016/09/esmeralda-de-belgique-linterview-de-ses.html . Au programme : conférences, séances de dédicaces, visites guidées de l'hôtel de ville, débats, etc.

Parmi les auteurs belges présents, plusieurs dont je vous ai déjà parlé.

- Jean-Baptiste Baronian :   http://journalpetitbelge.blogspot.be/2016/04/dictionnaire-amoureux-de-la-belgique.html

- Olivier Defrance :   http://familleroyalebelge.blogspot.be/2016/07/lilian-et-le-roi-dolivier-defrance.html

- Patrick Roegiers :  http://familleroyalebelge.blogspot.be/2009/11/la-spectaculaire-histoire-des-rois-des.html

- Princesse Léa de Belgique :   http://familleroyalebelge.blogspot.be/2015/11/les-64-ans-de-la-princesse-lea-de.html

- Christophe Vachaudez :   http://familleroyalebelge.blogspot.be/2014/11/interview-de-christophe-vachaudez-sur.html

lundi 25 juillet 2016

"Lilian et le Roi" d'Olivier Defrance

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Née en 1916, elle est le septième enfant d'un couple d'Ostendais réfugié en Angleterre en raison de la guerre. Son père Henri Baels sera notamment avocat, échevin, administrateur de sociétés de pêcherie, député à la Chambre, ministre de l'Agriculture et des Travaux publics, et gouverneur de la province de Flandre Occidentale à partir de 1933. Elle fréquente l'école primaire des Sœurs de Saint-Joseph à Ostende, puis l'Institut Val Notre-Dame à Antheit et l'Institut des Dames du Sacré-Coeur à Bruxelles. Elle passe ensuite deux années dans une finishing school (une sorte d'"école des bonnes manières") à Londres et y loge parfois chez l'ambassadeur de Belgique. Lilian parle le français, le néerlandais et l'anglais. L'auteur consacre tout un chapitre à ses fréquents séjours en Autriche dans les années 30 et à ses projets de mariage avec Peter Draskovich.

Veuf de la reine Astrid, le roi Léopold III tombe sous le charme de cette jeune femme belle, cultivée et ambitieuse avec qui il joue au golf. Il l'épouse secrètement et religieusement en 1941. Contrairement à ce que prévoit la Constitution belge, leur mariage civil est célébré quelques mois plus tard, ce qui provoque une grande polémique et déçoit beaucoup de Belges Le mythe du roi veuf et prisonnier s'effondre. On reprochera également au souverain d'avoir remercié Hitler pour les félicitations et les fleurs qu'il avait envoyées lors de leur mariage.

En 1941, la princesse Lilian devient donc un personnage public qui ne laisse personne indifférend et qui a suscité la controverse lors de la Question Royale (1945-1950). De nombreuses rumeurs ont circulé à son sujet, et l'historien Olivier Defrance a le grand mérite de nous offrir enfin une biographie sérieuse, objective, bien documentée et très agréable à lire. Son livre propose des documents inédits jamais exploités qui apporte un éclairage nouveau sur la déportation par les Allemands à Hirschtein, la Question Royale, ses problèmes conjugaux (lorsqu'elle découvre que Léopold III a une maîtresse), ses relations difficiles avec d'autres membres de la famille royale (Elisabeth, Baudouin et Fabiola, Albert et Paola, Marie-Christine, Joséphine-Charlotte, Léa).  Sans jamais prendre parti.

Olivier Defrance évoque aussi son travail à la tête de la Fondation Cardiologique Princesse Lilian et la vie au domaine royal d'Argenteuil. Plusieurs tentatives de rapprochement ont lieu, mais c'est Albert II, devenu roi et nouveau chef de famille, qui parviendra le mieux à une réconciliation avec sa belle-mère. Un seul petit regret :  l'auteur n'évoque pas la vente de ses bijoux dans les années 80, et le sort de certains bijoux de la reine Astrid qui suscite de nombreuses interrogations.

Bref, bravo à Olivier Defrance pour cette biographie qui devient désormais l'ouvrage de référence le plus complet et le plus objectif sur la princesse Lilian (par contre, on peut désormais ranger aux oubliettes l'ancien livre d'Evrard Raskin qui était bien trop impartial et moins bien documenté).

lundi 20 avril 2015

"Trésors royaux" (Patrick Weber)

                                                                   


Né à Bruxelles en 1966, Patrick Weber est licencié en histoire de l'art et archéologie, Outre son intérêt pour les familles royales, il est aussi journaliste, scénariste et romancier.


Après "Guide de la Belgique royale" et "La Belgique royale",   "Trésors royaux" est la troisième version de cet ouvrage de Patrick Weber qui a été actualisé suite au changement de couple royal en 2013.   Ce guide très bien documenté et facile à consulter nous emmène sur les traces laissées par les membres de la famille royale aux quatre coins du royaume.


Bruxelles, notre capitale, doit beaucoup à Léopold II, le roi bâtisseur, qui transforme le palais royal, agrandit le château de Laeken, crée l'avenue de Tervuren et de nombreux parcs publics, et fait construire, entre autres, la Tour Japonaise, le Pavillon Chinois, les arcades du Cinquantenaire, le palais de justice, le Mont des Arts et les serres de Laeken. Son père le roi Léopold Ier est, lui, à l'origine de l'église Notre-Dame de Laeken en hommage à son épouse la reine Louise-Marie. C'est dans cette église que se trouve la crypte de la famille royale. Quant à la Cour des Comptes (rue de la Régence), elle évoque le souvenir de leurs anciens propriétaires Philippe et Marie, comte et comtesse de Flandre, et de leur fils le roi Albert Ier qui est né dans ce palais.


Dans le Brabant wallon, la Chapelle Musicale Reine Elisabeth de Waterloo rappelle l'amour de la souveraine pour la musique. Non loin de là, le roi Léopold III, la princesse Lilian et leurs enfants se sont installés en 1960 au domaine royal d'Argenteuil, vendu par l'Etat belge en 2004.


La province de Namur abrite plusieurs sites liés à la famille royale :   les statues des rois Léopold Ier, Léopold II et Albert Ier à Namur, les châteaux de Ciergnon, Fenffe et Villers-sur-Lesse, mais aussi le rocher de Marche-les-Dames où le roi Albert Ier est décédé le 17 février 1934. La ville de Spa est associée à la reine Marie-Henriette qui y a passé les dernières années de sa vie, loin de son époux volage et du protocole de la Cour.


La reine Mathilde a grandi au château de Losange en province de Luxembourg.


A la côte belge, la statue de Léopold Ier sur la digue de La Panne rappelle son arrivée d'Angleterre en juillet 1831, le Mémorial du roi Albert à Nieuport a été construit en hommage à son comportement durant la première guerre mondiale, tandis que le monument du roi Léopold II sur la digue d'Ostende a été construit pour remercier le roi bâtisseur de ses travaux d'embellissement en faveur de cette station balnéaire. Le Musée Prince Charles à Raversijde raconte la vie du prince Charles, oncle d'Albert II et régent du royaume de 1944 à 1950, et permet de visiter la maison de pêcheurs où il a vécu de 1950 à son décès en 1983.   

lundi 23 mars 2015

Analyse critique de "Fabiola : un pion sur l'échiquier de Franco" par Anne Morelli

                                     
Après une présentation du régime franquiste au pouvoir en Espagne depuis la fin de la guerre civile en 1939, Anne Morelli présente la famille royale belge. Ses interprétations personnelles, sans aucune nuance, démontrent son parti pris et ses convictions républicaines et laïques, et font douter de l'objectivité de son livre. Voici quatre exemples de la page 32 :


- "Toute sa vie, Baudouin vivra une religiosité exacerbée qui peut être comprise comme une foi infantile témoignant de sa fragilité psychologique".
- "Lilian Baels, issue d'une famille de collaborateurs".
- "En Belgique, le roi Léopold III est alors largement considéré comme "collaborateur" du régime nazi".
- "Après le débarquement de Normandie, la famille royale est protégée par les Allemands en retraite, déplacée en Bavière, puis en Autriche".


Suite à la victoire des républicains en 1931, la famille royale espagnole et les Mora y Aragon partent en exil. Gonzalo (le frère de Fabiola) fera ensuite partie des troupes de Franco de la province basque de Guipúzcoa. Occupé par les républicains, le palais de Mora y Aragon à Madrid est restitué à la famille après la victoire de Franco.


A la page 46, l'auteur lance cette accusation :   "La famille de Fabiola pardonnera à Franco de ne pas avoir rendu le pouvoir au Roi et se ralliera à son régime dont elle tirera de nombreux avantages pendant près de 40 ans".  De quels avantages veut-elle parler concrètement? Quelles sont ses sources? Anne Morelli n'en dit rien et n'explique pas son accusation, ce qui ne fait guère sérieux...


L'auteur dénonce la "Fabiolamania" de 1960 de la presse espagnole liée au régime franquiste. Mais n'a-t-on pas connu les mêmes articles élogieux pour Astrid en Suède en 1926, pour Joséphine-Charlotte en Belgique en 1953 ou pour Paola en Italie en 1959?  N'importe quel pays serait fier d'avoir une compatriote devenir reine, et les médias et la presse en font parfois beaucoup pour vendre, tout simplement. Faut-il y voir un but politique?


Si le régime franquiste a son lot de victimes, l'isolement diplomatique de l'Espagne était rompu depuis les années 50 :   installation de bases militaires américaines à partir de 1951, entrée de l'Espagne à l'ONU en 1955 et au Fonds Monétaire International en 1958, présence à l'Expo 1958 de Bruxelles, visite du président Eisenhower en 1959.  Ces événements ont pesé bien plus que le mariage royal de 1960.


Après ses fiançailles, que Fabiola soit reçue à l'hôtel de ville de Madrid et par Franco qui lui offre un diadème et la Grande Croix de l'Ordre d'Isabelle la Catholique, fait partie des obligations diplomatiques de la nouvelle reine. Qui va représenter l'Espagne au mariage?  Franco propose différents responsables de son régime mais le ministre belge des Affaires étrangères refuse plusieurs noms sous la pression des journaux de gauche qui rappellent leurs méfaits et menacent de manifester s'ils viennent à Bruxelles. Ce seront finalement la fille et le gendre de Franco, trop jeunes pour être liés à la guerre civile. Le Palais invite aussi le comte de Barcelone, héritier des rois d'Espagne que Franco n'apprécie guère. La Belgique a donc tenu tête à Franco en 1960, et rien ne montre que Baudouin et Fabiola se soient mêlés de ces discussions diplomatiques.


Le chapitre 11 est, selon moi, le plus important du livre :  les liens entre Franco et les souverains belges de 1960 à son décès en 1975 (échanges de courrier lors de différentes fêtes, déjeuner en 1961 sur le yacht de Franco, séjour en 1967 dans un pavillon de chasse appartenant à l'Etat). Cela pose deux questions auxquelles l'auteur ne répond pas :   1° Est-ce que le Roi envoyait des courriers à d'autres chefs d'Etat pour les fêtes et, si oui, utilisait-il le même ton amical?   2° Le gouvernement belge était-il au courant et était-il pour ou contre un renforcement des relations entre les deux pays? On sait juste qu'il a dissuadé le couple royal d'assister aux funérailles de Franco en 1975. A la décharge d'Anne Morelli, le Palais ne lui a pas donné accès aux archives du roi Baudouin.


Signalons aussi que la reine mère Elisabeth a protesté contre l'exécution de l'opposant Julian Grimou en 1963, et que le roi Baudouin a écrit à Franco en 1970 pour que les peines de mort du procès de Burgos soient commuées. La famille royale belge a-t-elle tenté de convaincre l'Espagne franquiste de délivrer le leader rexiste Léon Degrelle à la Belgique? Encore une question sans réponse.


A la page 146, sans donner d'explication et sans citer ses sources (elle n'a pas eu accès aux archives du Palais), Anne Morelli écrit :   "Baudouin a donc incité ses ministres des Affaires étrangères successifs (Paul-Henri Spaak puis Pierre Harmel) à promouvoir un accord préférentiel entre la CEE et l'Espagne franquiste".   D'où sort-elle cette affirmation? On l'ignore.


Il est tout à fait légitime de se demander si amoureux de l'Espagne où ils passaient toutes leurs vacances, le roi Baudouin et la reine Fabiola ont-ils manqué de réserve et d'objectivité à l'égard du régime franquiste?  Ou ont-ils agi de concert avec le gouvernement (l'auteur fait d'ailleurs remarquer que "les autorités belges, politiques comme diplomatiques, se sont prêtées bien volontiers au jeu de cette normalisation, et se sont, à l'occasion du mariage royal, ostensiblement commises avec les dignitaires de l'Espagne franquiste") ? Mais cet ouvrage n'y répond pas, d'autant qu'aucun responsable politique belge de l'époque n'est interrogé.


Il est tout aussi légitime de se demander pourquoi le Palais n'a pas donné accès aux archives du début du règne du roi Baudouin à l'auteur, et si la républicaine et laïque Anne Morelli avait le recul et l'objectivité nécessaires pour mener une telle enquête. Sans doute aurait-elle dû travailler avec d'autres historiens afin d'avoir d'autres points de vue.


Fabiola : un pion sur l'échiquier de Franco?  Tant qu'on ne pourra confronter les archives du roi Baudouin et des responsables politiques belges de l'époque, la question restera sans réponse objective, crédible et définitive.  Affaire à suivre...

lundi 12 janvier 2015

"Femmes Prix Nobel de la Paix" (Princesse Marie-Esméralda de Belgique)

                                                                Image de couverture Femmes prix Nobel de la paix
A l'occasion de la sortie fin 2014 de son livre "Femmes Prix Nobel de la Paix" (éditions Avant-propos), la princesse Marie-Esméralda de Belgique a répondu aux questions de la journaliste Isabelle Monnart pour le quotidien "La Dernière Heure/Les Sports" :


"Comment êtes-vous entrée en contact avec ces femmes? Comment avez-vous expliqué votre démarche?
- Je leur ai soumis l'idée du livre et je leur ai dit que j'avais envie qu'elles soient rassemblées dans un même ouvrage. Il y a eu quelques biographies de certaines d'entre elles. Il y a eu des autobiographies également. Je pense qu'elles ont trouvé çà intéressant, d'autant plus que certaines d'entre elles se sont regroupées dans une association :  L'Initiative des Femmes. Pour réagir aux événements et aux causes brûlantes. Et Dieu sait qu'il y en a.


- Vous faites remarquer que, ces dernières années, la parité a été meilleure. Néanmoins, vous êtes toujours étonnée de voir à quel point les femmes ont été sous-représentées?
- Je trouve çà très injuste. D'autant plus, comme le dit Jody Williams, que les femmes sont tellement présentes au moment de la paix, à quelque niveau que ce soit (pour reconstruire les familles, la société). Les guerres sont vraiment déclenchées par les hommes.


- Ces femmes sont souvent étonnées d'être ainsi honorées?
- C'est beaucoup de responsabilités, un énorme effet médiatique. La plupart d'entre elles ne sont pas formées, habituées à répondre à des questions, à des interviews. Il y en a certaines pour qui çà a été très dur, qui ont subi des critiques. Rigoberta Menchu, par exemple, a subi des attaques très violentes, puisqu'un professeur américain a fait une enquête et a établi que certains faits qu'elle racontait, s'ils étaient véridiques, n'avaient pas pu avoir été vécus par son auteur. Elle a dû se justifier, expliquer. Elle l'a très mal vécu, parce qu'elle avait l'impression qu'on voulait dire qu'elle ne méritait pas ce Nobel.


- Ces femmes ont vécu des choses extrêmement dramatiques. Au fond d'elles, il reste des blessures. Comment avez-vous fait pour les faire parler?
- C'est aussi çà qui m'intéressait : devant ces destins tragiques, essayer de comprendre comment la femme avait survécu. Ce qui m'a frappée, c'est l'énergie - malgré tout ce qui leur est arrivé - de la plupart d'entre elles. Dans le cas de Rigoberta, elle a perdu ses deux parents, deux frères assassinés de la manière la plus horrible. Malgré çà, c'est une femme qui parvient à rire, qui a de l'humour et un message extrêmement positif.


- Dans ce page, il y a aussi des pages dans lesquelles vous expliquez le contexte politique du pays de ces femmes?
- J'ai suivi mon cheminement. La Birmanie ou le Liberia, ce sont des pays que je connaissais très mal. Je me suis dit qu'il y avait des gens (la majorité) qui devaient être comme moi. Je pensais que c'était un outil important. J'ai d'ailleurs fait un travail didactique à la maison, avec mes enfants.


- Quelles sont les réactions des hommes face à un livre comme le vôtre?
- Les réactions que j'ai eues étaient très positives et heureusement! J'entends de plus en plus d'hommes qui trouvent qu'il faut plus de femmes au pouvoir, dans les sociétés, parce qu'elles apportent une dimension humaine, paisible, de compromis. Et c'est vrai. D'ailleurs, les hommes sont les premiers à dire que çà fonctionne mieux, par exemple, dans un conseil d'administration quand on a des femmes autour de la table. Mais il reste beaucoup à faire.


- Et le Prix Nobel de la Paix 2014 a été attribué à Malala Yousafzai.
- C'est incroyable de penser, quand on l'entend aujourd'hui, qu'elle n'a que 17 ans... Elle a une maturité, une détermination, une force tranquille. Elle parle devant tous ces hommes, ces autorités, sans avoir peur. C'est un grand espoir, dans cette génération et dans ces pays. Car la difficulté est encore plus grande dans ces sociétés qui sont encore tellement patriarcales. C'est l'espoir. Malheureusement, je n'ai pas pu la rencontrer".

lundi 17 novembre 2014

Deux nouveaux livres de la princesse Marie-Esméralda de Belgique







                                      Journaliste, S.A.R. la princesse Esmeralda de Belgique vit à Londres, entourée de son mari, le professeur Salvador Moncada, et de ses deux enfants. Elle a édité plusieurs ouvrages, à la mémoire de ses parents, S.A.R. la princesse Lilian et S.M. le roi Léopold III, et s'implique avec conviction dans le domaine de la protection de l'environnement. Elle préside notamment le Fonds Léopold III pour l'Exploration et la Conservation de la Nature.


A l'occasion de la sortie de ses deux nouveaux livres ("Albert et Elisabeth" aux éditions Racine ;  "Femmes prix Nobel de la Paix" aux éditions Avant-Propos), la princesse Marie-Esméralda a accordé une interview au magazine français "Point de Vue" :


"Pourquoi un nouveau livre sur vos grands-parents?
- J'ai écrit sur mon père le roi Léopold III, et sur ma mère la princesse Lilian. Le centenaire de la guerre de 1914-1918 était une bonne occasion. S'il y a beaucoup de biographies de mon grand-père, les historiens ont finalement peu évoqué le destin de ma grand-mère. Je l'ai redécouverte. Une femme de caractère qui ne cachait pas ses convictions. Albert et Elisabeth sont les souverains les plus populaires de la monarchie belge. Je souhaitais les montrer sous un angle plus personnel, plus intime. Christophe Vachaudez a retrouvé de beaux documents dans nos collections privées et aux archives royales. J'ai écrit les textes en me fondant sur des correspondances, des carnets privés, des conversations avec ma famille, dont ma cousine Marie-Gabrielle de Savoie, la fille de la reine Marie-José, qui a bien connu notre grand-mère.

- Vous ne vous souvenez pas de la reine Elisabeth?
- Quand ma grand-mère est morte, je n'avais que huit ans. En fait, je ne fais plus très bien la différence entre ce que l'on m'a raconté et ma mémoire propre. Il me reste l'image d'une dame très élégante, lumineuse, toujours habillée de blanc. Très affectueuse aussi. Je conserve jalousement les livres dédicacés qu'elle m'a offerts à l'occasion de Noël, pour mes anniversaires.

- Comment avez-vous travaillé?
- Dans le film, réalisé par Nicolas Delvaulx, comme pour le livre album "Albert et Elisabeth", je pars sur les traces de mes grands-parents, et je raconte. Nous avons tourné en Belgique, puis en Bavière pour la jeunesse de ma grand-mère. Mon père me parlait souvent de Possenhofen, le château où était née sa mère, comme l'impératrice Sissi, sa tante. Un lieu incroyablement romantique, baigné par les eaux du lac de Starnberg et cerné par les montagnes. Le chalet de ma mère, dans le Tyrol autrichien, est assez proche, et pourtant je n'étais jamais venue. Nous avons terminé par l'Egypte où ma grand-mère et mon père ont assisté à l'ouverture de la tombe de Toutankhamon en 1923. Quelle impression extraordinaire de me retrouver dans la chambre d'hôtel du Winter Palace de Louxor où était descendue la Reine! Presque cent ans après, je marchais dans ses pas.

- Votre grand-mère était très attachée à sa famille Wittelbasch?
- Elle était très proche de son père, le duc Carl-Théodore en Bavière, auprès de qui elle a travaillé à Munich. Mon arrière-grand-père était un ophtalmologue renommé, un homme remarquable, pas du tout prisonnier de ses origines. Il a pratiqué plus de 5.000 interventions de la cataracte et il opérait gratuitement ses patients pauvres. Les plus riches payaient pour soutenir sa fondation. La clinique Duc Carl-Théodore fonctionne toujours et l'on peut voir ses instruments conservés dans une vitrine. Ses idées sociales ont probablement beaucoup influencé sa fille. Le cœur de la reine Elisabeth penchait résolument à gauche. Elle n'a jamais eu peur de l'affirmer.

- Et l'enfance du roi Albert?
- Elle a été plus difficile : beaucoup de protocole et peu de contacts chaleureux. Le comte de Flandre, mon arrière-grand-père, en raison de sa surdité probablement, demeurait très froid, silencieux. Rien de très gai pour l'épanouissement des enfants. Mon père m'a raconté que sa grand-mère, la comtesse de Flandre, était adorable. Elle gâtait beaucoup ses petits-enfants. Mais comme toutes les mères de cette époque, elle n'avait pas de vrai contact avec ses propres enfants. Elle était peut-être trop dévote, ce que répète souvent le roi Albert dans ses lettres :  "Ma mère est une sainte!". Mais une sainte, en famille, c'est sans doute pesant. Au château de Laeken, l'ambiance était plus morose encore. Le roi Léopold II ne s'entendait pas avec sa femme Marie-Henriette d'Autriche, il avait des relations difficiles avec ses filles, et il ne s'est jamais remis de la perte de son fils unique, le duc de Brabant, en 1869.

- Vos grands-parents, en revanche, sont très amoureux?
- Au départ, il s'agit d'un mariage arrangé, comme ils le sont à l'époque dans les familles royales. Mais il va fonctionner. L'amour est bien au rendez-vous et une grande complicité s'établit entre Albert et Elisabeth. Comme dans tous les foyers, il y a parfois des tensions avec les enfants. Marie-José, leur fille, est naturellement plus proche de son père. Et tous les espoirs reposent sur Léopold, l'héritier. Charles, l'enfant du milieu, aura plus de mal à trouver sa place. Il a hérité des côtés un peu fantasques des Wittelbasch, il est le plus rebelle. Il se heurte avec sa mère à qui, finalement, il ressemble beaucoup. Dans ses carnets et sa correspondance, la Reine écrit combien elle est fière de son fils cadet, c'est un artiste comme elle, "il peint!". Parfois, mère et fils sont incroyablement proches, avec des périodes d'entente absolue. Et au moindre accrochage, ils cessent de se parler pendant des mois! Un amour en dents de scie.

- Comment expliquer l'immense popularité de vos grands-parents dès leur avènement?
- Quand Albert Ier succède à son oncle Léopold II en 1909, un grand désamour mine la monarchie belge. Mes grands-parents vont s'employer à changer cela. C'est amusant, en compulsant les archives, de voir soudain tous les journaux parler de la famille royale, montrer les enfants. Les portraits du Roi et de la Reine figurent sur les fameuses boîtes à biscuits, si populaires en Belgique. Les prémices de la communication. Les souverains offrent à leurs contemporains une image plus adaptée en ce début de XXème siècle, plus proche des gens. Et ils étaient bien, de fait, une famille plus normale, bourgeoise pourrait-on dire.

- Vous avez aussi beaucoup voyagé pour votre livre "Femmes prix Nobel de la paix"?
- En effet, j'ai eu une année assez chargée. En examinant la liste des 150 prix Nobel de la paix, je me suis aperçue que seulement quinze femmes ont été distinguées. Dix sont encore en vie, alors je suis partie les interviewer partout dans le monde :  Aung San Suu Kyi en Birmanie, Mairead Corrigan et Betty Williams en Irlande, Rigoberta Menchu au Guatemala, Jody Williams aux Etats-Unis, Malala Yousafzai la Pakistanaise, Tawakkol Karman la Yéménite, et même la présidente Ellen Johnson Sirleaf et Leymah Gbowee au Libéria, heureusement avant l'épidémie d'Ebola...  "Femmes prix Nobel de la paix" est un hommage à leurs histoires, souvent tragiques. Toutes ont mené des combats extraordinaires. Elles restent chaleureuses et humaines. Dix belles rencontres, c'est important pour moi, je reste journaliste dans l'âme. Et comme j'ai hérité du "gène vagabond" de mon père, je boucle ma valise à la première occasion".

Retrouvez aussi l'interview que m'a accordée Christophe Vachaudez :  http://familleroyalebelge.blogspot.be/2014/11/interview-de-christophe-vachaudez-sur.html

dimanche 9 novembre 2014

Interview de Christophe Vachaudez sur ses ouvrages sur la famille royale

                              


A l'occasion de la sortie de l'album-photos "Albert et Elisabeth" qu'il a co-réalisé avec la princesse Marie-Esméralda de Belgique, l'historien Christophe Vachaudez a répondu à mes questions par mail :


"Comment est née votre passion pour les familles royales?
- Il y a bien longtemps, j'en ai peur. Je devais avoir neuf ans quand on m'a offert un livre sur les palais royaux et puis de fil en aiguille, mes intérêts pour la généalogie et le bijou ont fait le reste!


- Votre ouvrage sur les bijoux de notre famille royale paru en 2004 fait figure de référence. Des bijoux sont sortis de l'ombre depuis lors, notamment lors de la succession de la grande-duchesse Joséphine-Charlotte et de la vente de la princesse Marie-Gabrielle de Savoie. Pouvez-vous nous en dire plus?
- Il est toujours frustrant d'écrire un livre et puis de constater que certaines questions qui se posaient peuvent être solutionnées après la parution. Je pourrais en effet le ré-éditer avec nombre d'informations supplémentaires....peut-être un jour? La grande-duchesse Joséphine-Charlotte a reçu nombre de bijoux ayant appartenu à sa mère et voilà qui est bien normal. Elle en a achetés également. La reine Marie-José possédait, elle aussi, une très belle collection combinant les bijoux de la maison d'Italie et de Belgique.

- Peut-on s'attendre à voir prochainement ré-apparaître des bijoux de notre dynastie?
- Pas que je sache pour le moment, bien que des mystères doivent encore trouver une solution...

- Ne faut-il pas trouver une solution comme aux Pays-Bas ou en Suède, afin que l'écrin de nos reines ne soit pas démantelé à chaque génération?
- Cette décision incombe au monarque mais la collection actuelle est plutôt réduite. Il est à espérer que la reine Fabiola privilégie Mathilde dans l'héritage. C'était le souhait de la reine Marie-Henriette, mais Léopold II ne l'a pas appliqué.

- Comment est né ce projet d'album-photos sur le roi Albert Ier et la reine Elisabeth?
- La princesse Marie-Esméralda et moi avons eu une idée similaire et nous avons joint nos forces pour concevoir cet album.

- Où avez-vous trouvé les photos inédites de ce nouvel ouvrage et de "L'Album royal de Léopold Ier à Baudouin" (que vous avez réalisé avec Olivier Defrance)?
- Nombre de photos sont issues des collections royales (aussi bien des archives que des albums privés), de collections privées et publiques, tant en Belgique qu'à l'étranger. Il s'agit d'un travail de fourmis.

- Comment présenteriez-vous le roi Albert et la reine Elisabeth en quelques lignes?
- Le roi Albert et la reine Elisabeth sont des figures complexes et éminemment intéressantes. Lui est plus taciturne mais son caractère s'est quelque peu affiné au fil des années, ce qui lui a permis de prendre des décisions pour le bien de la population en désaccord avec le gouvernement et les Alliés durant la guerre. Il a vraiment joué cavalier seul et pris de lourdes responsabilités. Comme son épouse, il s'intéressait aux nouvelles technologies et était heureux de rencontrer des scientifiques et des savants. Il appréciait aussi les moments de solitude.
La Reine est un personnage hors norme, qui a conscience de sa position mais ne réchigne pas à enfreindre les règles établies. Elle était, à ma connaissance, la seule souveraine à piloter, à faire de l'alpinisme, de la natation ou du yoga, à escalader en nacelle les murs des temples égyptiens, à maintenir une correspondance avec des figures comme Einstein, Colette, Jean Cocteau ou Albert Schweitzer. Elle est allée en Pologne, en Russie et en Chine à l'époque du rideau de fer et contre l'avis du gouvernement. Elle était partout, a sauvé des enfants juifs, a institué un concours musical reconnu internationalement, a œuvré pour la protection du palais des Beaux-Arts, patronné une association qui luttait contre les maladies vénériennes...la liste est longue!

- Quels sont vos projets pour 2015?
- J'ai plein de projets en cours en Belgique, au Luxembourg, en Autriche et en Serbie, mais tout dépend des autorisations que j'aurai.

- Quel regard portez-vous sur le début de règne du nouveau couple royal?
- Je pense qu'il est difficile d'évoluer sous l'œil peu complaisant de la presse qui ne tolère aucun faux pas, mais je trouve, et c'est très personnel, que les souverains tirent bien leur épingle du jeu. Par contre, on peut regretter la mauvaise gestion de certains faits, comme l'interview du roi Albert accordée à RTL-TVI. Le Palais n'aurait pas dû marteler qu'il n'était pas au courant et agir avec plus de diplomatie. Tout a été codifié avec des côtés positifs et négatifs, mais des évolutions sont nécessaires, et je pense que l'image que renvoient les souverains et leurs enfants est très positive autant en Belgique qu'à l'étranger. Le prince Laurent paraît plus serein, mais il est dommage que la princesse Astrid semble un peu mise à l'écart de même que les anciens souverains. Les rancunes personnelles devraient prendre un aspect moins public. L'amour du prochain n'est-il pas une vertu que doivent cultiver les gens qui se disent chrétiens?".

Vous pouvez retrouver mon compte-rendu du livre "Bijoux des reines et princesses de Belgique" de Christophe Vachaudez (paru en 2004) :  http://familleroyalebelge.blogspot.be/2010/02/bijoux-des-reines-et-princesses-de.html


  

lundi 29 septembre 2014

"Guide de la Belgique royale" (Patrick Weber)

Né à Bruxelles en 1966, Patrick Weber est licencié en histoire de l'art et archéologie. Outre son intérêt pour les familles royales, il est aussi journaliste, scénariste et romancier. En 1997, Patrick Weber a écrit un guide très bien documenté et facile à consulter sur les traces laissées par les membres de la famille royale aux quatre coins du royaume.


Bruxelles, notre capitale, doit beaucoup à Léopold II, le roi bâtisseur, qui transforme le palais royal, agrandit le château de Laeken, crée l'avenue de Tervuren et de nombreux parcs publics, et fait construire, entre autres, la Tour Japonaise, le Pavillon Chinois, les arcades du Cinquantenaire, le palais de justice, le Mont des Arts et les serres de Laeken. Son père le roi Léopold Ier est, lui, à l'origine de l'église Notre-Dame de Laeken en hommage à son épouse la reine Louise-Marie. C'est dans cette église que se trouve la crypte de la famille royale. Quant à la Cour des Comptes (rue de la Régence), elle évoque le souvenir de leurs anciens propriétaires Philippe et Marie, comte et comtesse de Flandre, et de leur fils le roi Albert Ier qui est né dans ce palais.


Plus d'infos sur le palais royal :  http://familleroyalebelge.blogspot.be/2014/01/le-palais-royal-de-bruxelles.html


Plus d'infos sur la crypte royale :   www.noblesseetroyautes.com/nr01/2010/07/la-crypte-royale


Plus d'infos sur l'église St-Jacques-sur-Coudenberg :  http://probelgicahainaut.blogspot.be/2012/08/leglise-saint-jacques-sur-coudenberg.html


Plus d'infos sur le château du Belvédère :  http://royalementblog.blogspot.be/2012/02/le-chateau-du-belvedere.html


Dans le Brabant wallon , la Chapelle Musicale Reine Elisabeth de Waterloo rappelle l'amour de la souveraine pour la musique. Non loin de là, le roi Léopold III, la princesse Lilian et leurs enfants se sont installés en 1960 au domaine royal d'Argenteuil, vendu par l'Etat belge en 2004.


Plus d'infos sur le domaine royal d'Argenteuil :  http://journalpetitbelge.blogspot.be/2007/01/le-domaine-royal-dargenteuil.html


Plus d'infos sur le bureau du roi Léopold III à Waterloo :   http://probelgicahainaut.blogspot.be/2011/01/le-bureau-de-leopold-iii-waterloo.html


La province de Namur  abrite plusieurs sites liés à la famille royale :  les statues des rois Léopold Ier, Léopold II et Albert Ier à Namur, les châteaux de Ciergnon, Fenffe et Villers-sur-Lesse, mais aussi le rocher de Marche-les-Dames où le roi Albert Ier est décédé le 17 février 1934.


Plus d'infos sur le château de Ciergnon :  http://royalementblog.blogspot.be/2011/08/le-chateau-de-ciergnon.html


Plus d'infos sur le château de Villers-sur-Lesse :  http://royalementblog.blogspot.be/2011/08/le-chateau-de-villers-sur-lesse.html


Plus d'infos sur le château de Fenffe :  http://royalementblog.blogspot.be/2011/09/le-chateau-de-fenffe.html


Plus d'infos sur l'ancien presbytère de Villers-sur-Lesse :  http://familleroyalebelge.blogspot.be/2014/01/lancien-presbytere-de-villers-sur-lesse.html


Plus d'infos sur la Chapelle Reine Astrid de Briquemont :   http://royalementblog.blogspot.be/2014/01/la-chapelle-reine-astrid-de-briquemont.html


La ville de Spa est associée à la reine Marie-Henriette qui y a passé les dernières années de sa vie, loin de son époux volage et du protocole de la Cour.


A la côte belge , la statue de Léopold Ier sur la digue de La Panne rappelle son arrivée d'Angleterre en juillet 1831, le Mémorial du roi Albert à Nieuport a été construit en hommage à son comportement durant la première guerre mondiale, tandis que le monument du roi Léopold II sur la digue d'Ostende a été construit pour remercier le roi bâtisseur de ses travaux d'embellissement en faveur de cette station balnéaire. Le Mémorial Prince Charles à Raversijde raconte la vie du prince Charles, oncle d'Albert II et régent du royaume de 1944 à 1950, et permet de visiter la maison de pêcheurs où il a vécu de 1950 à son décès en 1983.


Plus d'infos sur la Villa Royale d'Ostende :  http://royalementblog.blogspot.be/2011/10/la-villa-royale-dostende.html


Plus d'infos sur le Mémorial Prince Charles :  http://probelgicahainaut.blogspot.be/2010/12/domaine-provincial-de-raversijde-13-le.html


Plus d'infos sur la dernière demeure de la reine Louise-Marie à Ostende :   www.noblesseetroyautes.com/2013/12/langestraat-69-a-ostende-la-derniere-demeure-de-la-reine-louise-marie


Plus d'infos sur l'hôpital de l'Océan à La Panne :  www.noblesseetroyautes.com/2014/07/lhopital-de-locean-a-la-panne


Plus d'infos sur Ostende, station balnéaire royale :   www.noblesseetroyautes.com/2010/11/ostende-station-balneaire


Source :  "Guide de la Belgique royale" de Patrick Weber, éditions J-M Collet, 1997.