lundi 26 mars 2018

La reine Mathilde, ministre belge de la Culture

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(Article actualisé en mai 2025)

Après les reines Elisabeth, Fabiola et Paola, c'est désormais Mathilde qui, en tant que Première Dame de Belgique, s'occupe du domaine culturel.

Le titre de cet article peut surprendre mais suite à la fédéralisation de la Belgique, les compétences culturelles sont aujourd'hui partagées entre des ministres des trois communautés linguistiques, tandis que dix importantes institutions culturelles sont restées fédérales et sont donc gérées par un membre du gouvernement belge...  La reine Mathilde est donc la seule personnalité à s'intéresser à tout le monde culturel belge, quelle que soit sa langue.

En tant que Première Dame de Belgique depuis 2013, Mathilde assiste ou visite les principaux événements culturels du pays. Outre le Concours Musical International Reine Elisabeth et le festival Europalia qui sont soutenus depuis toujours par la famille royale, citons notamment le 75ème anniversaire de la Cinémathèque Royale de Belgique et la rétrospective d'Henry Van de Velde au Cinquantenaire en 2013, l'exposition "Rubens et son héritage" au palais des Beaux-Arts de Bruxelles en 2014, le lancement de Mons, capitale culturelle européenne en 2015, la rétrospective de Constantin Meunier aux Musées Royaux des Beaux-Arts de Belgique et la première représentation de "My breathing in my dancing" de la chorégraphe belge Anne-Teresa De Keersmaecker en 2015, le concert à Aarschot pour les 20 ans de la chorale Scala et l'exposition "L'âge d'or des Pays-Bas méridionaux" à Gand en 2016, la rétrospective Rik Wauters aux Musées Royaux des Beaux-Arts de Belgique et la première belge de l'opéra "Pinocchio" en 2017, etc. 

Lors des voyages d'Etat en Belgique, la Reine accompagne les Premières Dames dans leurs visites culturelles :    le Musée des Instruments de Musique à Bruxelles avec l'épouse du président chinois et le couple présidentiel suisse, la Maison de Rubens et le Musée de la Mode à Anvers avec la compagne du président allemand,  le Musée Memling à Bruges avec la reine Rania de Jordanie, le musée des Beaux-Arts de Gand avec Brigitte Macron, la Chapelle Musicale Reine Elisabeth à Waterloo avec l'épouse du président autrichien et la reine Maxima des Pays-Bas. 

Ajoutons qu'elle accorde son Haut Patronage à différentes institutions culturelles des trois régions, comme l'Ecole Royale de Ballet d'Anvers, le Festival de Wallonie ou l'asbl Les Amis du Théâtre Royal de la Monnaie.

Echanges culturels entre communautés

En novembre 2013, quelques mois après son accession au trône, le Roi reçoit en audience les ministres de la Culture Fadila Laanan et Joke Schauvliege (reçues ensemble, ce qui est très rare), puis nos souverains organisent une réunion de travail au palais royal sur la coopération culturelle entre communautés.

Un déjeuner de travail a lieu en avril 2016 au château de Laeken sur le thème "La culture comme levier de dialogue entre les communautés du pays". Autour du couple royal, on retrouve Serge Rangoni (directeur du Théâtre de Liège), Dirk Snauwaert (directeur du Wiels), Sophie Karthäuser (soprano), David Van Reybrouck (auteur), Philippe Geluck (dessinateur), Jan Goossens (directeur du KVS), Michaël Borremans (peintre), Laurent Busine (directeur honoraire du MAC's), Anne-Teresa De Keersmaecker (chorégraphe) et Jaco Van Dormael (cinéaste).

Un nouveau déjeuner culturel a lieu un an plus tard, avec quatre mêmes invités (Laurent Busine, Serge Rangoni, David Van Reybrouck et Jaco Van Dormael). Ils sont accompagnés de six autres personnes du milieu culturel :  Sidi Larbi Cherkaoui (directeur du Koninklijk Ballet van Vlaanderen), Chris Dercon (intendant de la Volksbühne Berlin), An Veronica Janssens (artiste), François Schuiten (dessinateur), Jan Raes (directeur du Koninklijk Concertgebouw Amsterdam) et Ivo Van Hove (directeur du Toneelgroep Amsterdam).

En 2019, la Reine se rend à la 50ème Foire du Livre de Bruxelles ayant la Flandre comme invitée d'honneur. Il est rare de voir autant d'auteurs belges francophones et néerlandophones se côtoyer pendant plusieurs jours.

La musique

Au printemps 2014, la Reine reçoit, avec le Roi, le célèbre musicien belge Toots Thielemans au château de Laeken. En octobre, elle se rend à l'asbl Music Fund à Marche-en-Famenne, qui fête son 10ème anniversaire, et qui collecte des instruments en Europe, les répare et leur donne une deuxième vie dans des zones de conflit et des pays en développement. Mathilde décide de leur accorder son Haut Patronage, et profite de son passage à Marche-en-Famenne pour visiter l'école internationale de lutherie, créée et dirigée par Gauthier Louppe.

En 2014, la reine Fabiola, qui ne faisait plus aucune apparition publique suite à ses problèmes de santé, fait part de son souhait que la reine Mathilde lui succède en tant que présidente d'honneur du Concours Musical International Reine Elisabeth. Une fonction qu'elle assumait avec enthousiasme depuis le décès de la reine Elisabeth en 1965. En novembre, les reines Mathilde et Paola assistent aux funérailles du comte Jean-Pierre de Launoit, président du Concours.

Comme la tante de son époux, Mathilde se montre très présente au Concours. Elle a introduit une nouveauté en invitant des membres de familles royales régnantes à une des finales :   la grande-duchesse héritière Stéphanie de Luxembourg en 2015, la reine Maxima des Pays-Bas en 2016, la duchesse Brigitte de Gloucester et la princesse Sarvath de Jordanie en 2017.

Mathilde inaugure, en novembre 2016, la Salle Reine Elisabeth rénovée à Anvers.

La musique a été choisie comme thème de l'appel à projets du Fonds Reine Mathilde pendant un cycle de trois ans (2017, 2018 et 2019). 

En 2017, parmi les 120 dossiers de candidature reçus, 23 projets ont été sélectionnés par un jury d'experts et se sont partagés un budget total de 150.000 euros. Un jury de jeunes (issus de l'Institut Provincial Technique de Court-Saint-Etienne et du Lemmensinstituut de Leuven) a ensuite choisi, parmi ces 23 projets, le lauréat du Prix Reine Mathilde 2017 (d'une valeur de 10.000 euros) :  le projet "Crossing Music" de l'association Watermusic d'Ostende. Ils demandent à des enfants de nationalités très différentes d'amener les comptines de leur propre culture afin de les travailler musicalement ensemble.

A l'occasion de cette remise de prix, la Reine déclare :

"La musique fait partie intégrante de la vie, et en particulier celle des jeunes. Les festivals musicaux connaissent un énorme succès, les concerts accueillent un public considérable et lors des manifestations sportives, la musique est omniprésente. Comment expliquer l'attirance que la musique suscite depuis toujours auprès des personnes de tous les âges?

La musique revêt des formes extrêmement différentes. Les préférences musicales sont très personnelles. La musique s'adresse à un public varié, ayant des centres d'intérêt très divers : certains préfèrent le classique, d'autres sont captivés par le jazz ou la dance, d'autres encore sont fous de rap. L'offre musicale est tellement vaste que chacun peut y trouver réponse à ses attentes. La musique est un langage universel qui unit les hommes, quelle que soit leur origine, et c'est une chose à laquelle les jeunes sont sensibles. Ecouter la même musique ou assister ensemble à un concert renforce l'estime de soi et un sentiment de connivence et de bonheur.

La recherche scientifique a établi que la musique est bénéfique à la mémoire et à l'apprentissage de la langue. Une nouvelle langue s'apprend plus aisément grâce à la musique, qui permet donc indirectement d'accéder à une autre culture. La musique rend plus tolérant et nous aide à comprendre les autres. De plus, la musique a un effet bénéfique sur le fonctionnement du cerveau en nous permettant de mieux planifier, de nous concentrer davantage et d'avoir une plus grande souplesse d'esprit. C'est probablement ce qui explique que la musique contribue à une meilleure intégration et à plus de bien-être à l'école, ainsi que l'ont fait apparaître des études. 

L'amour de la musique se transmet souvent dès le plus jeune âge au sein de la famille. L'influence de parents mélomanes peut être prépondérante et inspiratrice pour les préférences musicales des enfants. Mais il arrive tout aussi bien que les jeunes fassent en matière de musique des choix diamétralement opposés aux préférences de leurs parents. Nous ne pouvons sous-estimer le rôle que joue la musique auprès des jeunes qui sont en recherche de leur identité. Elle est un des éléments qui aident le jeune à déterminer à quel groupe il voudra et pourra s'identifier.

C'est en cela que réside la force de la musique :  elle rassemble des personnes qui, chacun ou chacune à sa manière, apprécieront ensemble une émotion musicale en partageant un moment privilégié. Malheureusement, tout le monde n'a pas accès à une formation musicale. La musique ne figure pas dans tous les programmes scolaires, et si les parents eux-mêmes ne s'y intéressent pas particulièrement, les contacts qu'auront les enfants avec la musique se résumeront souvent à ce qu'ils entendent à la radio, à la télévision ou sur les réseaux sociaux.

Si tel est le cas, c'est souvent la musique classique qui fait figure de parent pauvre, car elle a la réputation d'être ingrate et élitiste. Cette réputation n'est pas justifiée. Ce qui est vrai, c'est que la musique classique ne dévoile ses secrets que quand on prend le temps de se mettre à leur recherche. En ce sens, elle renforce le sens de l'effort des enfants. Et l'histoire de la musique nous apprend que de nombreux grands compositeurs étaient issus de milieux relativement modestes. C'est grâce à leur talent, qui est totalement indépendant de leur origine, grâce également à l'engagement de leurs parents, de leurs professeurs et de mélomanes qui les ont soutenus que ces jeunes sont devenus de grands musiciens.

La musique a également fait ses preuves en tant que thérapie destinée à rétablir un équilibre entre le rationnel et l'émotionnel. J'ai effectué récemment une visite dans un centre d'accueil temporaire qui héberge des jeunes en proie à une crise d'identité. La musique apprend à ces jeunes à mieux se connaître, à comprendre les autres et à déterminer leur place dans la société. Peu importe qu'il s'agisse de chansons pop, de pièces pour fanfare ou d'oeuvres classiques :  le fait de partager certaines affinités en se plongeant ensemble dans la musique incitera les jeunes à extérioriser des émotions auxquelles ils ne parvenaient pas à donner une place. Cela permet d'entamer un processus qui guérit bien des blessures".

Le 21 juillet 2017, le couple royal crée la surprise en allant au festival Tomorowland qui réunit chaque année des milliers de jeunes à Boom. Mathilde se rend également en novembre à l'Ecole Supérieure des Arts à Mons pour y rencontrer des jeunes musiciens. Lors du voyage d'Etat au Canada, nos souverains assistent à un concert de la jeune chanteuse hennuyère Alicia on the Roof.

Suite au décès de la chanteuse Maurane en mai 2018, le Palais réagit :  "Maurane savait nous émouvoir avec sa voix de velours. Elle était une Grande Dame du monde de la musique belge et francophone. Courage à ses proches et à ses fans".

La musique est à nouveau le thème de l'appel à projets du Fonds Reine Mathilde pour l'année 2018 :  112 dossiers de candidature ont été reçus et avaient pour objectif de permettre la rencontre, l'expression, l'émancipation et le bien-être de jeunes vulnérables à travers la musique. Treize projets ont été sélectionnés et se sont partagés un montant total de 120.000 euros. Parmi ces projets, un jury d'élèves de sixième secondaire d'Herve et Merksplas choisit deux lauréats ex-aequo qui obtiennent le Prix Reine Mathilde 2018 et une aide supplémentaire de 5.000 euros chacun :   un festival de musique à Court-Saint-Etienne étudié et aménagé pour accueillir les jeunes festivaliers porteurs d'un handicap d'une part,  et un projet de création d'un album hip hop par des jeunes séjournant dans les centres de détention de Mol, Ruislede, Beernem et Tongeren d'autre part.

En 2018, Mathilde accorde son Haut Patronage à la Fondation Alamire (centre d'étude de la musique des Pays-Bas du Moyen Age à 1800) dépendant de la KUL. Cette fondation était auparavant parrainée par la reine Fabiola.

La littérature

En tant que princesse, Mathilde soutenait déjà activement la Semaine de la lecture à haute voix organisée dans la communauté néerlandophone par la Stichting Lezen (à qui elle accorde son Haut Patronage), et a effectué personnellement plusieurs lectures devant des enfants.

La Reine reçoit en audience les écrivains belges Stefan Hertmans et Amélie Nothomb, assiste à la remise des Prix des Lettres Néerlandaises 2015 et au monologue théâtral "Missie" de l'auteur belge David Van Reybrouck. A l'occasion du centenaire de la mort du poète belge Emile Verhaeren en 2016, le couple royal se rend à Sint-Amands pour se recueillir devant sa tombe et visiter le musée qui lui est consacré. Ils se déplacent également à la Foire du Livre 2016 de Francfort afin d'y soutenir les écrivains belges et néerlandais qui y sont mis à l'honneur.

Un an plus tard, la reine Mathilde est de retour à la Foire du Livre de Francfort dont la France est l'invitée d'honneur. Après avoir parcouru les différents stands, elle assiste à un déjeuner de travail sur le rayonnement international des Lettres francophones de Belgique, au cours duquel elle prononce un discours :

"Cette année, la Buchmesse de Francfort parle français, et tout le monde en parle.... Mais Francfort parle aussi le belge, et nous sommes réunis aujourd'hui pour célébrer la belle langue de notre pays. Soyons fiers de notre présence active en cet endroit où se réunit la fine fleur du monde de l'édition, des lettres et de l'expression artistique. Il est normal et important que nous nous manifestions ici car la littérature belge francophone est depuis des générations reconnue comme un fleuron culturel qui porte la réputation de la Belgique bien au-delà de nos frontières. Et pas uniquement à Paris, mais également dans toute la francophonie et au-delà. La Buchmesse est comme une lentille qui concentre tous ces faisceaux en un seul endroit. Profitons-en pour briller.

Le français comme langue, mais aussi en tant que vecteur culturel, intellectuel, scientifique et pédagogique, soutient le rayonnement de notre pays. Mais il est fondamental également dans le développement personnel de tout un chacun. Je suis très attachée à la littérature en général. Comme la musique, les livres sont activement présents dans ma vie. Je dirais même qu'ils en sont indissociables. J'essaie donc de transmettre cette passion pour les livres à mes enfants. Dans le même ordre d'idées, j'encourage les jeunes à lire régulièrement. La lecture d'un livre est en effet bénéfique pour leur apprentissage et les stimule à accroître leurs connaissances, leur fantaisie et leur imaginaire. 

Vous savez combien j'attache de l'importance à la stimulation de l'environnement cognitif de l'enfant et ce dès le plus jeune âge. De ma propre expérience, la lecture à haute voix est cruciale. Je sais aussi que cela demande un effort continu des parents et de l'école. Mais cela en vaut la peine. Pour y arriver et pour éveiller la curiosité de nos jeunes, il faut des supports illustrés, des livres pour enfants et des bandes dessinées. Cette richesse littéraire existe dans notre pays. Dans la conception et la réalisation de ces supports et de leur contenu, nos auteurs, illustrateurs et pédagogues peuvent se démarquer et offrir des produits ciblés sur les besoins de développement de l'enfant.

Nous tous, et en particulier nos enfants, sommes confrontés à l'omniprésence du monde digital. C'est un défi constant que nous devons tous relever. Lors de l'ouverture de la Buchmesse avant-hier, la chancelière Merkel a lancé un appel à tous les auteurs  "pour contribuer avec leur discernement et leurs émotions à infuser la globalisation de la force créatrice humaine".  C'est plus qu'un appel, il me semble : c'est une ambition, voire une nécessité.

Nous pouvons et devons apporter à cette communauté internationale réunie ici à Francfort ce que nous faisons de mieux :  notre créativité, notre inspiration, la mise en valeur de nos talents, l'originalité de notre approche, notre multiculturalité aussi, et notre ouverture au monde. Je vous félicite pour ce que vous faites et pour ce que vous êtes. Continuez surtout à nous étonner, nous former, nous élever, nous divertir. Le monde et notre pays ont besoin de vous. Parfois avec un regard rebelle mais toujours en créant du bonheur et de l'espérance pour les lecteurs".

En 2019, la Reine se rend à la 50ème Foire du Livre de Bruxelles ayant la Flandre comme invitée d'honneur. Il est rare de voir autant d'auteurs belges francophones et néerlandophones se côtoyer pendant plusieurs jours.

Lors du confinement imposé par le coronavirus en 2020, Mathilde enregistre en français et en néerlandais une vidéo dans laquelle elle invite les jeunes à lire ou/et à tenir un journal. Elle leur lit un extrait de deux livres belges :   "Toen de zee stil was" de Annelies Beck et "Jusqu'ici, tout va bien" de Marie Colot (Prix Première Victor du livre de jeunesse 2020). 

A la demande de la reine Camilla, la reine Mathilde suggère deux livres belges pour The Queen's Reading Room, le club de lecture qu'elle a créé sur Instagram et qui était suivi par plus de 175.000 personnes en 2024 :   "Célébration du quotidien" de Colette Nys-Mazure et "Les Téméraires quand la Bourgogne défiait l'Europe" de Bart Van Loo. 

La Reine explique son choix :

"Bart Van Loo donne vie au Moyen Age, qui fait puissamment appel à l'imagination. Dans un style très coloré et divertissant, il raconte au lecteur comment les ducs de Bourgogne ont façonné ce que nous connaissons sous le nom des Pays-Bas :  la Belgique, les Pays-Bas, le Luxembourg et le nord de la France. Il réussit à dépeindre les personnages historiques comme des personnes de chair et de sang que l'on aurait aimé rencontrer en personne. Ne vous laissez pas décourager par les 800 pages, ce livre se lit comme un thriller.

"Célébration du quotidien", le merveilleux livre de Colette Nys-Mazure, nous invite à apprécier les petites choses de la vie, car dans notre routine quotidienne, nous sommes souvent ailleurs, absents, imperméables aux sources d'émerveillement qui remplissent notre vie ordinaire. J'espère que sa vision positive vous séduira autant qu'elle m'a séduite". 

En février 2025, Mathilde assiste à la rencontre entre l'auteure Geneviève Damas et les élèves de 5ème secondaire d'une école d'Anderlecht dans le cadre du programme "Auteurs en classe". Le mois suivant, elle invite au concert de printemps du palais royal des professionnels de la littérature belge, de l'auteur au libraire. 

Art contemporain

Au cours de ses 20 ans de règne, la reine Paola a montré tout son intérêt pour l'art contemporain, notamment en intégrant cinq oeuvres d'art contemporain belges au sein du palais royal de Bruxelles.

La reine Mathilde continuer d'encourager les artistes qui ont travaillé avec sa belle-mère :   elle a visité la rétrospective de Michaël Borremans à Bruxelles en 2014, l'exposition Rops/Fabre à Namur en 2015, les deux dernières expositions organisées en 2015 par Laurent Busine au Musée d'Art Contemporain du Grand-Hornu, le pavillon belge de Dirk Braeckman à la Biennale de Venise 2017, ainsi que l'exposition Marthe Wéry à Charleroi en 2017.

Michaël Borremans et Laurent Busine participent à un déjeuner de travail organisé par nos souverains en 2016 sur le thème "La culture comme levier de dialogue entre les communautés du pays". En 2019, le Roi s'est rendu à l'atelier de Michaël Borremans à Gand.

La Reine s'intéresse aussi à d'autres artistes : elle a visité les ateliers de Paul Van Hoeydonck en 2017 et Luc Tuymans en 2018. Elle se rend à la foire d'art contemporain de Bruxelles à l'occasion de son 50ème anniversaire en 2018, et visite l'exposition de Luc Taymans à la Biennale de Venise. Le peintre Charles Szymkowicz la guide en 2022 dans la rétrospective qui lui est consacrée à Liège. Berlinde De Bruyckere fait de même en 2025 à Bruxelles. 

A l'étranger

Ses premières visites culturelles à l'étranger ont eu lieu en septembre 2013 :  visite de l'exposition "L'Europe de Rubens" au Louvre-Lens et inauguration de l'exposition Magritte à New York.

En mai 2015, la Reine se rend un jour à La Haye pour déjeuner avec des représentants culturels belges actifs aux Pays-Bas, inaugurer l'exposition "Vormidable" (marquant le 20ème anniversaire de la coopération culturelle entre la Flandre et les Pays-Bas) avec la reine Maxima, et visiter l'exposition sur les artistes plasticiens de la province de Liège. Le mois suivant, lors de leur voyage d'Etat en Chine, elle assiste au spectacle "Han Show" de Franco Dragone et se rend au Ullens Center for Contempory Art créé par des collectionneurs belges.

Nos souverains se rendent à la Foire du Livre 2016 de Francfort afin d'y soutenir les écrivains belges et néerlandais qui y sont mis à l'honneur. Puis, en octobre, la Reine passe une journée à Paris pour visiter les expositions consacrées à Hergé et Magritte. Et lors du voyage d'Etat aux Pays-Bas en novembre, les reines Maxima et Mathilde visitent la rétrospective Pierre Alechinsky en compagnie de l'artiste.

Comme l'a fait sa belle-mère à plusieurs reprises, la Reine se rend à la Biennale de Venise en 2017 et 2019.

Lors de la 14ème réunion informelle des chefs d'Etat de pays germanophones en septembre 2017 à Luxembourg, Mathilde et les conjoints de chefs d'Etat ont un programme culturel :  rencontre avec des auteurs luxembourgeois ayant l'identité et l'intégration comme thèmes de prédilection, présentation des itinéraires culturels du Conseil de l'Europe, visite du Musée d'Art Contemporain Grand-Duc Jean et de la Philharmonie Luxembourg.

Le mois suivant, la Reine est de retour à la Foire du Livre de Francfort. En octobre 2018, nos souverains inaugurent l'exposition Breugel à Vienne avec le couple présidentiel autrichien. Mathilde se rend en janvier 2019 à Paris pour découvrir l'exposition consacrée à l'artiste belge Fernand Khnopff.

Conclusion :

Comme les reines Elisabeth, Fabiola et Paola avant elle,   Mathilde soutient de nombreuses initiatives culturelles, en particulier en faveur de la musique et de la littérature. Suite à la fédéralisation du pays, elle est la seule personnalité à s'intéresser à la culture des trois communautés, et tente de rapprocher leurs responsables.

lundi 12 mars 2018

Exposition de photos sur notre famille royale à Bruxelles

                                           

En cette année 2018, l'hebdomadaire "Le Soir Mag" (ex- "Le Soir Illustré") fête ses 90 ans. Il appartient aujourd'hui au groupe Rossel. A cette occasion, les Musées Royaux d'Art et d'Histoire du Cinquantenaire proposent l'exposition "La famille royale fait la une" qui présente 300 couvertures du magazine avec la famille royale belge. Cette exposition a été montée par Daniel Van Wylick (directeur général du "Soir Mag"), Marc Pasteger (rédacteur en chef) et Pierre De Vuyst (journaliste responsable des pages sur la monarchie). C'est le roi Philippe en personne qui est venu l'inaugurer.

Daniel Van Wylick a répondu aux questions des journaux du groupe Sud Presse :

"D'où vient l'idée de monter cette exposition?
- Des 90 ans du "Soir Mag". Je trouvais que c'est un bel âge. Et l'une des matières les plus largement traitées depuis la naissance de ce qu'on appelait à l'époque "Le Soir Illustré", c'est la monarchie. Parfois avec un ton complaisant, parfois plus critique. La monarchie nous sert de fil rouge. Il n'y a pas une période où elle n'a pas fait la une. Plus de 500!  Pour l'exposition et le hors-série que nous mettons en vente, nous en avons retenu 300. 

- Vous en avez écarté?
- Nous avons voulu éviter les répétitions, nous avons pris les grands événements. On arrive en 1928 à la fin du règne d'Albert Ier. Nous n'avons raté que deux rois. Nous avons eu l'agréable surprise de tomber sur les couvertures des années 30 :  elles sont exceptionnelles, imprimées en noir et blanc avec un teint sépia. Elles sont très fortes.

- Vous avez fait d'autres découvertes?
- Peu de Belges le savent, mais pendant la seconde guerre mondiale, il y a aussi eu un "Soir Illustré volé", comme le "Soir volé". Nous l'avons inséré : il est mis par terre, on pourra marcher dessus.

- Il y a quoi sur ces Unes?
- Tous les grands événements heureux et malheureux. La mort de la reine Astrid, par exemple :  elle faisait partie des canons de beauté. C'est la seule reine dont on parle encore aujourd'hui. Il y a beaucoup de couvertures où on la voit se promener avec ses enfants, notamment à Ostende. Il y a aussi les souverains et les princes aux sports d'hiver. 

- Le roi Philippe n'est pas oublié...
- On a survolé toute sa vie. Depuis sa naissance à aujourd'hui, nous avons entre 15 et 20 couvertures le concernant. Il y a des documents qu'il n'avait sans doute jamais vus. C'est fabuleux de voir comment la famille royale communiquait avec la presse au fil du temps. 90 ans, ce n'est pas le Moyen Age, mais, à l'époque, le seul moyen pour le peuple de voir les souverains, c'était dans "Le Soir Illustré" et feu "Le Patriote Illustré".

- Y a-t-il des couvertures controversées que vous avez délibérément écartées?
- Nous avons jugé décent de ne pas mettre le doigts sur les Unes politiquement incorrectes. Pas exclusivement pour éviter de fâcher la famille royale mais pour respecter le public belge. Ce n'est pas une exposition agressive mais on voit par exemple une Une de Fabiola à Motril et on évoque aussi sa succession. Tout est accompagné des légendes de notre journaliste Pierre De Vuyst.

- Qui a retrouvé toutes ces couvertures?
- Nous avons pu compter sur le travail remarquable de notre directeur artistique, Richard Kubicz. C'est un Français mais il connaît mieux l'histoire de notre monarchie que la plupart des Belges! Il a sa propre collection et nous avons nos archives.

- Parlez-nous de ces colonnes...
- Il y en a 28 et elles sont inspirées des colonnes Morris. Nos 300 Unes sont imprimées sur papier photo épais, format A2. On a trouvé que c'était plus chouette de les mettre sur ces colonnes que sur un mur. On doit tout cela à notre scénographe Antonio Nardone. Il y a aussi une partie audiovisuelle avec des archives de l'ancienne Belgavox et des produits éditoriaux modernes réalisés par le "Soir Mag". 

lundi 5 mars 2018

Activités royales en février 2018

                                     


10 audiences pour le Roi :   le premier ministre Charles Michel (reçu 2 fois), le président du CDH Benoît Lutgen, le président de Bulgarie Rumen Radev, le vice-premier ministre Alexander De Croo, le ministre bruxellois des Transports Pascal Smet, le ministre-président de Rhénanie du Nord-Westphalie Armin Laschet, le ministre-président wallon Willy Borsus, la ministre flamande de l'Enseignement Hilde Crevits, le premier président de la Cour du Travail de Gand Vincent Dooms

12 activités officielles pour le Roi :  dîner au château de Laeken avec des jeunes enseignants, visite de l'Agence pour le Commerce Extérieur, 5ème anniversaire de la Jonge Academie, messe à Laeken à la mémoire des défunts de la dynastie, 50ème anniversaire du statut social des indépendants, déjeuner avec les présidents du Burkina Faso, Mali, Mauritanie et Tchad (G5 Sahel), cortège des Krakelingen à Grammont, visite de MicroMarché à Anderlecht, visite de la clinique Saint-Joseph à Saint-Vith, visite du centre culturel de Saint-Vith, rencontre avec les jeunes talents de la communauté germanophone, événement "Place aux Jeunes" organisé par l'Institut Royal des Elites du Travail.

23 activités officielles pour la Reine :   visite de l'atelier du peintre Luc Tuymans à Borgerhout, dîner au château de Laeken avec des jeunes enseignants, colloque "L'engagement des étudiants, ressource pour l'avenir", messe à Laeken à la mémoire des défunts de la dynastie, remise du rapport "What do you think?" d'Unicef Belgique, visite de la Maison des Arts du Spectacle de Godinne, cortège des Krakelingen à Grammont, visite de la clinique Saint-Joseph à Saint-Vith, visite du centre culturel de Saint-Vith, rencontre avec les jeunes talents de la communauté germanophone    + 12 activités officielles lors de son voyage au Ghana (rencontre avec le ministre de la Planification, breefing avec des membres du gouvernement et de la société civile, visite de la Teshie Presby High School, visite du marché de Makola, déjeuner de travail avec la Première Dame et les reines mères, visite du projet 2nd Image International, visite de l'usine de Niche Cocoa Industry, visite du Promush Mushroom Project, visite de Recycle UpGhana, rencontre avec le président de la République, déjeuner de travail à la Flagstaff House, conférence à l'Université du Ghana)

1 activité officielle pour le roi Albert II :    messe à Laeken à la mémoire des défunts de la dynastie

2 activités officielles pour la reine Paola :   messe à Laeken à la mémoire des défunts de la dynastie, visite du Centre d'Aide et Soins à Domicile de Bruxelles

0 activité officielle pour la princesse Elisabeth, le prince Gabriel, le prince Emmanuel et la princesse Eléonore

4 activités officielles pour la princesse Astrid :   remise des Paralympic Sport Awards, messe à Laeken à la mémoire des défunts de la dynastie, séminaire de l'Union Royale des Pharmaciens de l'Industrie Pharmaceutique, remise des prix de l'European Organisation for Rare Diseases

1 activité officielle pour le prince Lorenz :   messe à Laeken à la mémoire des défunts de la dynastie

3 activités officielles pour le prince Laurent :   première du film belgo-hollandais Zooks à Anvers, concert à Quaregnon à la mémoire des victimes de la catastrophe de Buizingen, colloque "Enfance et interculturalité".

2 activités officielles pour la princesse Claire :   première du film belgo-hollandais Zooks à Anvers, spectacle au profit de la Maison d'Enfants Reine Marie-Henriette.

1 activité officielle pour la princesse Louise, les princes Nicolas et Aymeric :   première du film belgo-hollandais Zooks à Anvers

Récapitulatif des activités officielles de janvier et février (source :  www.monarchie.be) :

Roi :   37 activités officielles  +  17 audiences

Reine :   42 activités officielles

Princesse Astrid :   8 activités officielles

Prince Laurent :   9 activités officielles

Princesse Claire :   5 activités officielles

Reine Paola :   4 activités officielles

Roi Albert II :   3 activités officielles

Prince Lorenz :   2 activités officielles

Princesse Louise, princes Nicolas et Aymeric :   2 activités officielles

Princesse Elisabeth, prince Gabriel , prince Emmanuel et princesse Eléonore :   0 activité officielle

lundi 26 février 2018

Prochaines activités de l'asbl Dynastie et Patrimoine Culturel

Lundi 19 mars 2018 à 18h : conférence "Herman Teirlinck et la famille royale"

Cette conférence sera donnée en néerlandais par le professeur Stefan van den Bossche au Musée Bellevue à Bruxelles. L'inscription est obligatoire et coûte 7 euros. Il mettra en évidence les relations entre Herman Teirlinck et la famille royale, et son rôle de conseiller dans l'acquisition d'oeuvres d'art.

Herman Teirlinck appartient à la deuxième génération de "Van Nu en Straks", un périodique avant-gardiste qui incarnait pour la jeunesse littéraire de la fin du 19ème siècle l'ultime à atteindre. Plus tard, il sera fonctionnaire, rédacteur, correspondant, chargé de cours, conseiller et intime de la maison du Roi. De plus, Herman Teirlinck est un des auteurs flamands les plus publiés, réimprimés et traduits. Pour la vie culturelle belge, et en particulier flamande, il est d'une importance capitale. Il a souvent donné un visage à la Flandre dans tout le pays. Il était apprécié, était omniprésent et menait une vie de bon vivant.

Lundi 23 avril 2018 à 18h : conférence "Les brevets de l'Ordre de Léopold durant le règne de Léopold Ier"

Cette conférence sera donnée en français par le colonel Eric Tripnaux, réputé pour ses travaux sur l'Ordre de Léopold, au siège de la Société de l'Ordre, rue Tabellion à Ixelles. L'inscription est obligatoire et coûte 7 euros.

Aujourd'hui, les décorés d'un ordre belge de mérite reçoivent un document de format A4 qui atteste l'honneur qui leur est fait par le Roi. A l'origine, une distinction dans l'Ordre de Léopold faisait l'objet d'une gravure ornée de symboles de l'Etat et d'une allégorie de ses vertus civiques. Surtout, elle était signée de la main royale. Comment ce brevet est-il apparu? Pourquoi a-t-il rapidement disparu? C'est le thème de cette conférence qui nous mènera de l'influence française dans la jeune Belgique indépendante au climat politique de la fin de l'unionisme. Le rôle du roi Léopold Ier, de ses ministres et du graveur seront également abordés.

Cliquez ci dessous sur "Asbl Dynastie et Patrimoine" pour avoir plus d'infos sur cette association.

lundi 19 février 2018

Le roi Philippe et la religion

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(Article actualisé en mars 2026)

Religion catholique

Bien que croyant et pratiquant, le roi Philippe garde ses convictions religieuses pour le domaine privé, comme le faisait le roi Albert II. Le 21 juillet 2013, le primat de Belgique Mgr Léonard et le nonce apostolique n'étaient plus, pour la première fois, près de la famille royale au Parlement, mais relégués beaucoup plus loin dans les tribunes. Le Roi a signé la loi sur l'euthanasie des mineurs alors que certains redoutaient qu'il refuse et crée une crise institutionnelle.

Nos souverains effectuent une visite officielle au Vatican en 2015 et rencontrent, pour la première fois, le pape François. Contrairement à son père (ce qui lui avait été vivement reproché), Philippe ne s'est pas agenouillé devant lui, mais lui a donné la main d'égal à égal en tant que chefs d'Etat. Privilège des reines catholiques, Mathilde était habillée de blanc.

Le couple royal assiste, en décembre 2015, à la célébration à la cathédrale Saint-Rombaut de Malines pour la prise de fonction de Jozef De Kesel, nouvel archevêque de Bruxelles-Malines, qui est le chef de l'Eglise catholique belge. Au nord du pays, les souverains ne manquent pas la procession du Couronnement de Tongres qui a lieu tous les sept ans :  ils s'y sont rendus en 2009, 2016 et 2023. 

En 2016, le Roi déjeune avec l'archevêque de Bruxelles-Malines Jozef De Kesel en mai, puis reçoit en audience le responsable de la communauté Sant'Egidio Belgique Jan De Volder en juin et le nonce apostolique Giacinto Berloco en juillet. Jozef De Kesel est à nouveau reçu en audience en 2020.

Fondée à Rome en 1968, la communauté Sant'Egidio est une organisation de laïcs catholiques présente dans 73 pays, qui s'engage pour les plus démunis, le dialogue interreligieux et la paix. La branche belge est lancée en 1984 à Anvers par le prêtre Hendrik Hoet et Hilde Kieboom. (titrée baronne par le roi Albert II, elle est actuellement présidente de Sant'Egidio Benelux et vice-présidente de la Fondation Reine Paola). A l'occasion du 50ème anniversaire de la création de Sant'Egidio, le roi Philippe se rend dans la communauté à Anvers en 2018 :  il visite le Koffiebar tenu par des personnes ayant un handicap, puis s'entretient avec des jeunes volontaires belges sur les projets dans lesquels ils sont impliqués. L'année suivante, c'est la Reine qui se rend au restaurant Kamiano pour sans abris géré par la commnauté Sant'Egidio à Anvers.

En 2019,  Philippe, Mathilde, Astrid, Lorenz et Laurent assistent aux funérailles à Malines du cardinal Godfried Danneels, ancien primat de Belgique, qui avait célébré leur mariage respectif. Le Roi se rend aussi à Corsendonck pour le forum d'inspiration chrétienne Session Lead Summer University pour les jeunes.

Surprise en 2021 lorsque nos souverains prennent leurs distances avec l'Eglise catholique en diffusant ce communiqué :   "A l'occasion de la Journée internationale contre l'homophobie, la transphobie et la biphobie, nous souhaitons exprimer notre soutien à toutes les initiatives qui luttent contre la violence et la discrimination à l'égard des personnes pour ce qu'elles sont".

En 2023, le couple royal assiste aux funérailles du pape émérite Benoit XVI au Vatican et à la messe pour la prise de fonction du nouvel archevêque de Bruxelles-Malines Luc Terlinden, rencontre des participants belges des Journées Mondiales de la Jeunesse, et retournent au Vatican pour inviter personnellement le pape François à venir en Belgique pour le 600ème anniversaire des universités catholiques de Louvain (KUL-UCL) durant l'année académique 2024-2025. 

Hommage à Sœur Jeanne Devos

Lors de leur voyage d'Etat en Inde en novembre 2017, nos souverains retrouvent Sœur Jeanne Devos qu'ils avaient déjà rencontrée lors de missions économiques. Née en 1935, cette religieuse belge a été ordonnée dans la congrégation des Sœurs Missionnaires du Coeur Immaculé de Marie, et a étudié la logopédie à Utrecht aux Pays-Bas. En 1963, elle quitte la Belgique pour l'Inde. Dans un premier temps, elle travaille dans un centre pour handicapés et sourds-muets. Au fil de ses rencontres, elle prend conscience que la pauvreté touche principalement les femmes et les enfants, en particulier ceux vivant dans une situation d'esclavage. En 1985, elle fonde l'association National Domestic Workers Movement avec pour objectif de lutter pour que les domestiques aient des droits et travaillent dans des conditions humaines. Actif dans 24 Etats indiens, elle a déjà permis de sauver plus de 60.000 enfants.

Le roi Philippe prononce une petite allocution lors de leur rencontre :

"Partager ce moment avec vous est pour la Reine et moi une source de grande joie. Nous sommes heureux d'avoir pu inclure cette visite dans notre programme en Inde. Nous vous remercions pour le cadeau de vos sourires et de votre chanson. De solides valeurs gouvernent les relations entre nos deux pays depuis longtemps. Elles ont été ressenties particulièrement  pendant la première guerre mondiale au travers du soutien héroïque des courageux soldats indiens qui se sont battus à nos côtés pour notre liberté.

De nombreux Belges sont venus en Inde, fascinés par ce magnifique pays et sa population. Ils ont donné le meilleur d'eux-mêmes là où le besoin se faisait sentir. Parmi eux, il y a Sœur Jeanne. Chère Sœur, nous vous connaissons depuis longtemps. Vous avez donné votre vie aux autres. Nous vous sommes reconnaissants pour votre dévouement et votre énergie. Ce que vous avez créé ici est un exemple puissant pour nous tous. Je veux vous remercier et vous féliciter, ma Sœur et tous ceux qui travaillent avec vous dans un esprit d'abnégation. La Reine et moi vous souhaitons tout le succès".

Religion juive

En mai 2014, un homme entre au Musée Juif de Belgique à Bruxelles, et tire sur quatre personnes. C'est la première attaque perpétrée par l'organisation terroriste Etat Islamique en Occident. Le Palais diffuse ce communiqué :   "Le Roi a appris avec consternation la fusillade qui a eu lieu cet après-midi au Musée Juif de Belgique. Il présente ses condoléances aux proches des victimes. Le Roi est indigné par cet acte de violence qui touche de très près la communauté juive".

Quelques semaines après sa réouverture, Philippe se rend au musée. Et un an après cet attentat, il invite des représentants de la communauté juive à un déjeuner au château de Laeken afin de leur apporter à nouveau son soutien. En 2018, il assiste au 140ème anniversaire de la Grande Synagogue de Bruxelles.

Le 21 avril 2020, à l'occasion de la Journée de commémoration de la Shoah, le Roi téléphone à Philippe Markiewicz, président du Consistoire Central Israélite de Belgique.

A l'étranger, la reine Mathilde visite le Musée de l'Histoire des Juifs Polonais en 2015, tandis que son époux se rend en 2016 au Mémorial Juif de Francfort. Le couple royal participe également aux commémorations de la libération du camp d'Auschwitz-Birkenau en 2015 et 2020.

Lors de la fête nationale 2022, le Roi a octroyé le titre de baronne à Régina Sluzny, ancienne fille juive cachée et présidente du Forum der Joodse organisaties. 

Suite à l'attentat contre la synagogue de Liège en 2026, Philippe reçoit en audience Philippe Markiewicz, le président du Consistoire central israélite de Belgique.

Religion orthodoxe

Philippe reçoit en audience le métropolite de Belgique Mgr Athënagoras en mai 2014.

A l'occasion du 50ème anniversaire de la création de l'archevêché orthodoxe de Belgique, notre souverain assiste à la célébration pontificale du dimanche de l'Orthodoxie, organisée à Bruxelles lors du premier dimanche du Carême.

Religion musulmane

En 2016, le Roi reçoit en audience le président de l'Exécutif des Musulmans de Belgique Salah Eechllaoui, et assiste à une conférence du roi Abdallah de Jordanie au Centre interdisciplinaire d'études de l'islam dans le monde contemporain (CISMOC) à l'Université Catholique de Louvain-la-Neuve

Un an plus tard, Philippe participe à un iftar dans une famille musulmane d'Evergem. Et il parle de cette visite dans son discours de la fête nationale 2017 :

"Il y a un mois et demi, je suis allé fêter la rupture du jeûne dans une famille belge musulmane. J'ai été impressionné par la manière dont chacun des membres de cette famille s'implique dans la société. J'ai beaucoup appris sur le sens qu'ils donnent au jeûne et à ce moment de retrouvailles. En sortant de chez eux, tard le soir, j'ai été accueilli par leurs voisins. Ils m'ont offert une bouteille de vin et m'ont dit à quel point ils étaient heureux de vivre dans ce quartier. J'étais fier de voir coexister chez nous, côte à côte, ces deux manières simples et vraies d'exprimer l'hospitalité.

Toutes nos rues ne sont pas comme celle-là. Mais cet exemple nous montre qu'il y a dans notre pays, bien plus que nous le croyons parfois, une communion de valeurs au-delà des différences. Cherchez à apprendre au contact des autres et avec les autres. Vous découvrirez que vous partagez les mêmes interrogations, les mêmes doutes, les mêmes espoirs, les mêmes rêves que vos voisins. Eux aussi sont soucieux du bien-être de leurs enfants, de la qualité de leur travail, du bon accueil de leurs malades ou de leurs aînés. Apprenons également à nos enfants à porter ce regard-là sur le monde. Le bien-être et le bonheur, que nous recherchons tous, n'ont de valeur que s'ils sont réellement partagés".
                                
                             

En 2019, notre souverain reçoit en audience le président et les deux vice-présidents de l'Exécutif des Musulmans de Belgique. L'année suivante, il discute par Skype avec deux imams à la veille du ramadan en plein confinement. Comme il l'avait fait cinq ans plus tôt, le Roi participe au repas de l'iftar dans une famille musulmane de la province du Limbourg.

De son côté, lors de son voyage au Bangladesh en 2023, la Reine visite le camp de réfugiés des Rohingyas, une minorité musulmane persécutée en Birmanie. 


Religion protestante

En décembre 2017, le Roi assiste à un service d'actions de grâce à la Chapelle Royale à Bruxelles, à l'occasion du 500ème anniversaire de la Réforme.

Religion anglicane

Pour le 150ème anniversaire de la reconnaissance du culte anglican en Belgique, le roi Philippe assiste en 2025 à un Evensong à la Sainte-Trinité à Ixelles, et rencontre ensuite les bénévoles de leur cuisine communautaire qui préparent plus de 5.000 repas par semaine qui sont ensuite distribuées par des ONG à des personnes défavorisées. 

Laïcité

En 2015, le Roi reçoit en audience le président du Centre d'Action Laïque Henri Bartholomuseum en mars, puis le président de l'Union des Associations Laïques Sylvain Peeters en septembre. En 2019, c'est Freddy Mortier, président de l'Union des Associations Laïques qui est reçu. L'année suivante, durant le confinement, il téléphone à Henri Bartholomeeusen pour s'informer sur leurs initiatives liées à l'épidémie de coronavirus.

Liens entre les religions

En 2017, Philippe participe à une réunion de travail avec les jeunes du magazine interreligieux "Lueurs", et à une table ronde avec les représentants des six cultes reconnus et de la laïcité qu'il réunissait pour la première fois depuis son accession au trône. L'année suivante, nos souverains rencontrent des femmes actives dans les cultes reconnus et la laïcité.

Responsables religieux étrangers

Le Roi reçoit en audience des responsables religieux de passage à Bruxelles :   le patriarche oecuménique de Constantinople et l'archevêque de Canterbury en 2015, le patriarche d'Antioche en 2016 et 2017, le Grand Mufti de la République Arabe d'Egypte en 2017, le patriarche de l'Eglise grecque melkite catholique en 2018, le patriarche de l'Eglise catholique chaldéenne en Irak et le patriarche œcuménique de Constantinople en 2019.

lundi 12 février 2018

Nos souverains et la France

(Article actualisé en août 2024)

1° Sous la présidence de François Hollande


                              

Quelques mois après leur accession au trône, le nouveau couple royal effectue une visite officielle de courtoisie d'une journée à Paris en février 2014. Accompagnés du premier ministre Elio Di Rupo et du ministre des Affaires étrangères Didier Reynders, ils arrivent en Thalys dans la capitale française et commencent par déposer des fleurs devant la statue équestre du roi Albert Ier, située place de la Concorde. La délégation belge est ensuite reçue à déjeuner par le président français François Hollande au palais de l'Elysée. Philippe reçoit la Grand-Croix de la Légion d'Honneur et Mathilde la Grand-Croix de l'Ordre National du Mérite. Dans l'après-midi, le couple royal se rend à l'Assemblée Nationale et à l'ambassade de Belgique.

Le Roi et la Reine vont revoir deux fois François Hollande en 2014 :   au 70ème anniversaire du Débarquement de Normandie en juin, puis à la commémoration à Liège du 100ème anniversaire du début de la première guerre mondiale en août.

En octobre 2014, le roi Philippe effectue une visite officielle à Saint-Adresse en Normandie. Située près du Havre, cette cité a accueilli le gouvernement belge en exil de Charles de Broqueville de 1914 à 1918 (le roi Albert Ier ne s'y est jamais rendu et a préféré rester à La Panne avec l'armée belge sur le dernier lambeau de territoire libre). Un meeting aérien clôture cette journée.

Le même mois, le ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian représente son pays aux commémorations à Nieuport et Ypres du centième anniversaire de l'inondation de la plaine de l'Yser et de la première bataille d'Ypres.

La reine Mathilde effectue une visite officielle culturelle d'une journée à Paris en octobre 2016 pour visiter les expositions Hergé au Grand Palais et Magritte au Centre Pompidou. Le déjeuner a lieu à l'ambassade de Belgique.

2° Sous la présidence d'Emmanuel Macron

                              

En mai 2017, le Roi rencontre le président français Emmanuel Macron lors de l'inauguration du nouveau siège de l'Otan à Bruxelles, pendant que son épouse Brigitte est reçue, avec les autres Premières Dames, par la reine Mathilde au château de Laeken.

Au forum économique mondial de Davos en janvier 2018, la Reine assiste au discours d'Emmanuel Macron. Ce dernier retrouve nos souverains en juillet pour la demi-finale France-Belgique de la Coupe du monde de football en Russie.

Le président français et son épouse ont effectué un voyage d'Etat de deux jours en Belgique à la fin de l'année 2018 :  ils se rendent à Bruxelles, Gand, Molenbeek-Saint-Jean et Louvain-la-Neuve. 

En 2020, le Palais diffuse ce communiqué :   "Au moment où la France rend hommage à Samuel Paty, nous nous associons à la douleur et à l'indignation du peuple français. Sincères condoléances aux proches de la victime. Solidarité et soutien aux enseignants et à tous les Français". 

En avril 2024, Emmanuel Macron est reçu, avec d'autres chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union Européenne, par le Roi au palais royal de Bruxelles. Les deux couples se revoient en juin en Normandie pour le 80ème anniversaire du Débarquement et en juillet à Paris pour l'ouverture des jeux olympiques. 

Lors des jeux paralympiques de Paris en août 2024, la princesse Astrid et le prince Lorenz font partie des invités à la réception offerte par Emmanuel et Brigitte Macron au palais de l'Elysée. 

3° Conclusion

En onze ans de règne, nos souverains ont eu plus de contacts avec les présidents allemands que les présidents français. Cela n'est pas nouveau :  le dernier voyage d'Etat d'un président français remontait à François Mitterrand dans les années 1980. Il s'entendait assez bien avec le roi Baudouin qu'il avait été voir lorsqu'il avait été hospitalisé à Paris et qu'il avait ensuite reçu en voyage d'Etat en 1992, quelques mois avant sa mort. François Mitterrand était présent à ses funérailles.

Par contre, ni Jacques Chirac, ni Nicolas Sarkozy, ni François Hollande ne se sont rendus en voyage d'Etat en Belgique, et n'ont eu une relation étroite avec le roi Albert II qui a effectué un voyage d'Etat de trois jours en France en 2002. Les occasions de rencontre entre le roi Philippe et Emmanuel Macron ont été plus nombreuses. 

Au niveau des Premières Dames, c'est surtout la reine Paola qui a eu de nombreux contacts avec Bernadette Chirac, toutes deux engagées contre l'exploitation sexuelle des enfants dans le cadre du comité de parrainage de Missing Children Europe.

lundi 5 février 2018

Activités royales en janvier 2018

                             

7 audiences pour le Roi :    le premier ministre Charles Michel (reçu 2 fois), la secrétaire d'Etat bruxelloise Bianca Debaets, les co-présidents d'Ecolo, ainsi que les ambassadeurs de Jamaïque, Colombie et Autriche venus remettre leur lettre de créance.

25 activités officielles pour le Roi :   inauguration du Salon de l'Auto à Brussels Expo, réception de Nouvel An au palais royal pour les autorités de l'Otan, du Shape et de l'Union Européenne, réunion de travail à la FEB sur l'économie belge, visite sur les lieux de l'explosion à Anvers, visite de l'asbl Thermos de Liège, visite du Foyer des Orphelins à Liège, réception de Nouvel An au palais royal pour les ambassadeurs étrangers, réception de Nouvel An au palais royal pour les autorités belges  + 17 activités officielles au forum économique mondial de Davos (séance plénière d'ouverture, rencontre avec le roi Abdallah de Jordanie, rencontre avec la présidente de Youth for Technology Foundation, session "Creating a Shared Future in a Fractured World", rencontre avec le président du groupe Alibaba, session "Fake News versus Real Politics", session "Spain and Europe : present and future", rencontre avec le CEO du groupe Maersk, rencontre avec l'ancien secrétaire d'Etat John Kerry, rencontre avec le président de la Confédération de l'industrie britannique, rencontre avec le professeur d'histoire Yuval Noah Harari, discours de la chancelière allemande Angela Merkel, session "Will the Future Be Human?", Belgian Power Reception, rencontre avec le président du Forum Economique Mondial, rencontre avec le CEO d'Arcelor Mittal, rencontre avec le scientifique Bertrand Piccard).

19 activités officielles pour la Reine :   réception de Nouvel An au palais royal pour les autorités de l'Otan, du Shape et de l'Union Européenne, réception de Nouvel An au palais royal pour les ambassadeurs étrangers, réception de Nouvel An au palais royal pour les autorités belges   + 15          activités officielles au forum économique mondial de Davos (séance plénière d'ouverture, session "Ask About Vaccines", rencontre avec le directeur exécutif du Programme Alimentaire Mondial, session "Creating a Shared Future in a Fractured World", discours du premier ministre canadien, session "Fastering Inclusivity", session "From Fragile Cities to Renewal", session "A sprint to 2020", session "Fake News versus Real Politics", discours du président français, rencontre avec la première ministre norvégienne, réunion avec des entrepreneurs sociaux, Belgian Power Reception, session "Mapping Eastern Europe : the Long View", rencontre avec la directrice générale de la Banque Mondiale, rencontre avec Malala Yousafzai).

2 activités officielles pour le roi Albert II et la reine Paola :   conférence "Grandeur et misère du journalisme d'aujourd'hui" aux Grandes Conférences Catholiques, opéra "Carmen" à Liège.

0 activité officielle pour la princesse Elisabeth, le prince Gabriel, le prince Emmanuel et la princesse Eléonore

4 activités officielles pour la princesse Astrid :   réception de Nouvel An au palais royal pour les autorités belges, réception de Nouvel An de l'Agence pour le Commerce Extérieur, remise du Trophée National du Mérite Sportif 2017, visite de la maison d'accueil pour défavorisés Nativitas à Bruxelles.

1 activité officielle pour le prince Lorenz :   réception de Nouvel An au palais royal pour les autorités belges

6 activités officielles pour le prince Laurent :   réception du Stomaclub Boechout, inauguration de la plate-forme "We are Mobility" de la FEBIAC, visite du salon cycliste du Benelux à Courtrai, visite de la Foire des Antiquaires de Bruxelles, visite de l'exposition "American Dreams Cars and Bikes", visite du salon de l'Auto à Bruxelles.

3 activités officielles pour la princesse Claire :   visite de la Foire des Antiquaires de Bruxelles, opéra "Carmen" à Liège, visite du salon de l'Auto à Bruxelles

1 activité officielle pour la princesse Louise, les princes Nicolas et Aymeric :   visite du salon de l'Auto à Bruxelles

Récapitulatif des activités officielles de janvier :

Roi :   25 activités officielles   +  7 audiences

Reine :   19 activités officielles

Prince Laurent :   6 activités officielles

Princesse Astrid :   4 activités officielles

Princesse Claire :   3 activités officielles

Roi Albert II et Reine Paola :    2 activités officielles

Prince Lorenz :   1 activité officielle

Princesse Louise, princes Nicolas et Aymeric :   1 activité officielle

Princesse Elisabeth, prince Gabriel, prince Emmanuel et princesse Eléonore :   0 activité officielle