mercredi 23 décembre 2009

Le roi Albert Ier

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Albert Ier est le fils cadet du prince Philippe, comte de Flandre et frère du roi Léopold II, et de la princesse Marie de Hohenzollern, qui mènent une vie bourgeoise dans leur palais de la rue de la Régence à Bruxelles. A sa naissance le 8 avril 1875, rien ne laissait prévoir qu'il allait un jour monter sur le trône. Aussi son éducation dans sa petite enfance est négligée par rapport à celle de son frère aîné le prince Baudouin. Tout change à l'âge de douze ans lorsque ses parents le confient au capitaine Jungbluth qui lui ouvre l'esprit, développe son esprit critique et lui fait rencontrer des personnalités intéressantes et diversifiées. Après le décès du prince Baudouin, victime d'une pleuro-pneumonie en janvier 1891, Albert devient le nouvel héritier de la dynastie belge.

De nature réservée, le prince Albert entre à l'Ecole Royale Militaire, entreprend un long voyage aux Etats-Unis et au Congo, devient sénateur de droit, et s'intéresse beaucoup aux sciences et aux problèmes sociaux. En 1906, il fonde l'Institut Ibis, un foyer et une école destinés à aider les orphelins de pêcheurs.

Sur le plan privé, Albert épouse en octobre 1900 Elisabeth qu'il avait rencontrée trois ans plus tôt à Paris lors des funérailles de la duchesse d'Alençon. Elisabeth est la fille du duc Charles-Théodore en Bavière, ophtalmologue de renom, et de l'infante Marie-José du Portugal. Le couple aura trois enfants : le prince Léopold (né en 1901), le prince Charles (né en 1903) et la princesse Marie-José (née en 1906).

Suite au décès de Léopold II en 1909, Albert Ier monte sur le trône et est le premier roi des Belges à prêter serment en français et en néerlandais. Devant l'imminence d'une guerre européenne, il obtient en 1913 du Parlement l'instauration du service militaire pour tous les hommes âgés de 20 ans. La Belgique continue de rappeler sa neutralité : elle peut retarder les Allemands s'ils l'envahissent mais elle aura besoin de l'aide rapide des Anglais et des Français pour sauver son indépendance.

L'assassinat de l'archiduc François-Ferdinand d'Autriche à Sarajevo entraîne la guerre entre l'empire austro-hongrois et la Serbie, soutenue par les Russes. Alliée de l'Autriche, l'Allemagne déclare à son tour la guerre à la France et à la Russie. Le 2 août 1914, les Allemands remettent au roi Albert Ier et au gouvernement belge un ultimatum exigeant le passage de leurs troupes pour attaquer la France. La Belgique refuse et est envahie le 4 août 1914.

Notre vaillante armée repousse les premiers assauts et Liège ne tombe qu'après dix jours de siège. Sans cesser de se battre, nos soldats se replient sur Malines et Anvers qu'ils doivent abandonner devant des forces supérieures en nombre. Le Roi décide d'arrêter l'armée belge derrière l'Yser. Les écluses de Nieuport ayant été ouvertes, c'est derrière un immense lac que notre armée construit des tranchées et résiste pendant quatre ans aux Allemands. Le roi Albert et la reine Elisabeth restent avec eux sur ce dernier lambeau de territoire libre. Le reste de la Belgique est occupée par les envahisseurs qui réquisitionnent tout ce dont ils ont besoin. L'armistice du 11 novembre 1918 met fin à la première guerre mondiale, au cours de laquelle 41.000 Belges sont morts...

Le couple royal et leurs enfants effectuent ensuite leur Joyeuse Entrée dans les villes libérées où ils reçoivent un accueil triomphal. Albert Ier devient un héros et est surnommé "le roi chevalier". La monarchie belge n'a jamais été aussi vénérée et populaire qu'à cette époque.

De retour à Bruxelles, le Roi se rend au Parlement et annonce d'importantes réformes : l'introduction du suffrage universel pour les hommes de plus de 21 ans, l'égalité effective des deux langues nationales, la flamandisation de l'Université de Gand, et l'extension de la législation sociale (instauration de la journée de 8h et de la semaine de 48h, p.ex). Cet élargissement du corps électoral et le système de représentation proportionnelle ne permettent plus à un parti d'obtenir la majorité absolue. Désormais, la Belgique aura un gouvernement bipartite ou tripartite. En 1921, le suffrage universel est élargi aux femmes uniquement pour les élections communales.

Sur la scène internationale, le comportement du roi Albert durant la guerre lui vaut un grand prestige. Il est reçu avec tous les honneurs lors d'un long voyage officiel aux Etats-Unis et participe personnellement aux négociations du traité de Versailles : il y défend les intérêts de la Belgique, mais tente aussi en vain de s'opposer aux humiliations excessives de l'Allemagne, dangereuses pour l'avenir...

Passionné par les sciences, Albert Ier crée en 1928 le Fonds National de la Recherche Scientifique (F.N.R.S.). Le couple royal est l'ami de nombreux écrivains, musiciens, artistes et scientifiques. La reine Elisabeth assiste en 1922 à l'ouverture du tombeau de Toutankhamon et soutient la création de la Fondation Egyptologique Reine Elisabeth, de la Fondation Médicale Reine Elisabeth et du Fonds Reine Elisabeth pour l'assistance médicale aux indigènes du Congo belge. Elle convainc les responsables politiques de construire le palais des Beaux-Arts de Bruxelles, dû à l'architecte Victor Horta et inauguré en 1928.

Le centenaire de l'indépendance de la Belgique en 1930 est marqué par les expositions internationales de Liège et Anvers, et la naissance du prince Baudouin, deuxième dans l'ordre de succession au trône. En 1930, le Canal Albert est inauguré et permet la liaison entre Liège et Anvers à travers la Campine, sans passer par l'enclave néerlandaise de Maastricht.

Le 17 février 1934, le roi Albert Ier (59 ans) fait une chute mortelle lors d'une après-midi d'escalade à Marche-les-Dames. Son fils aîné Léopold lui succède.

mercredi 16 décembre 2009

Première réaction de la princesse Léa de Belgique

Voici la première (et unique, à ma connaissance) réaction de la princesse Léa depuis le décès de son époux le prince Alexandre. Elle a confié au journaliste Philippe Séguy pour le magazine français "Point de Vue" :

"Le roi Albert a été très affecté par cette nouvelle. Il est venu jeudi s'incliner devant la dépouille de son frère. J'ai reçu également la visite et le soutien de la reine Fabiola et de la princesse Astrid qui partait le lendemain même en Colombie. Le prince Laurent m'a téléphoné. Tout le monde est profondément ému. Quant à moi, je suis dans un état indescriptible. Rien n'annonçait ce malheur. Mon mari était un homme qui a, durant sa vie entière, choisi la discrétion, qui a veillé à ne jamais déranger, à prendre si peu de place. Ce qui me touche au-delà de tout, c'est que sa disparition a suscité une émotion immense, aussi nationale qu'internationale. La raison de ce paradoxe est simple : il n'y avait pas de meilleur homme sur terre. C'était un scientifique de formation, à la brillante intelligence, capable de passer d'un ouvrage de physique quantique à un recueil de poésie et qui allait toujours vers les plus humbles. Je n'ai fait que l'aimer. Avec toute la maladresse dont on est capable quand on aime. Par pudeur ou parce que la vie va trop vite, on oublie de dire je t'aime. C'est la seule chose à laquelle je pense sans cesse : je ne peux plus vivre sans lui. En ce moment, je reçois des témoignages, jour comme nuit, provenant des quatre coins du globe. On lui dit encore merci. On lui est reconnaissant de l'attention qu'il a apportée aux enfants, aux malades, aux personnes handicapées, aux toxicomanes, grâce à sa fondation le Fonds d'Entraide Prince et Princesse Alexandre de Belgique. Alexandre appartient à l'Histoire. Il faut écrire son nom dans les tableaux généalogiques qui sont parfois si incomplets. Plus que jamais, aujourd'hui, je veux qu'il reprenne sa place dans l'Histoire. Il ne faut pas l'oublier".

mardi 8 décembre 2009

Le décès du prince Alexandre de Belgique

                         
                   
Le dimanche 29 novembre 2009, alors qu'il faisait sa gymnastique comme tous les jours dans sa résidence de Rhode-Saint-Genèse, le prince Alexandre est terrassé par une embolie pulmonaire foudroyante. C'est son beau-fils Renaud qui l'a retrouvé, allongé au sol entre le vélo d'appartement et le tapis roulant. Ayant reçu une formation de secouriste, il lui pratique immédiatement un massage cardiaque. Les secours arrivent très rapidement, mais rien n'y fait. Le prince avait 67 ans.

Dès l'annonce du décès par le Palais, les hommages se multiplient. En voici quelques-uns que j'ai repris dans la presse écrite.

Comte Michel Didisheim : "Je ne l'ai pas beaucoup connu lorsque je travaillais au palais. Chacun sait qu'il y avait à l'époque un froid entre Laeken et Argenteuil. Dès cet instant, on n'a plus vu les enfants de la princesse Lilian dans l'entourage du Roi. Jusqu'à la mort de Léopold III. Après, çà s'est un peu arrangé. Mais d'une manière générale, le prince Alexandre gardait de meilleurs rapports avec Albert et Paola qu'avec Baudouin. Mais, pour le peu que je l'ai connu, c'était un homme très raffiné, vraiment intelligent, gentil, très discret, quasiment effacé".

Anne Quevrin : "Il n'habitait pas très loin de chez moi. Il se promenait souvent avec son fidèle teckel dans la forêt de Soignes toute proche. Je peux vous dire qu'il suivait l'actualité belge de très près. Il était très discret et très soucieux de l'avenir de la Belgique. Il ne voulait pas faire d'ombrage à la famille royale. Il menait une vie toute simple dans sa propriété assez discrète. C'était quelqu'un de très humain".

Le baron Jean-Louis van den Branden : "Je le voyais assez souvent. C'était un homme sympathique, intelligent, profondément humain et d'une formidable culture générale. Le prince n'était pas un homme qui sortait beaucoup au théâtre ou à l'opéra. Il était plutôt confiné dans son intérieur : un homme de bibliothèque. La chose politique l'intéressait certainement, mais il était surtout très au courant de ce qui se passait dans le monde. Dans sa jeunesse, il a entrepris des études de médecine qu'il n'a pas terminées. C'est qu'il ne terminait jamais ce qu'il commençait. Plus tard, on lui a confié certaines missions. Ce n'était pas non plus sa tasse de thé. Au fond, il n'avait qu'une envie : qu'on lui fiche la paix. Et çà, ce n'était pas forcément quelque chose qui était lié à sa position. Le prince Charles avait déjà ce même trait de caractère. Et je crois qu'on n'aurait jamais entendu parler du prince Alexandre s'il n'avait pas épousé Léa Wolman en 1991. Elle a fait énormément pour le sortir de sa réserve et lui permettre de mener une vie ouverte".

Stéphane Bern : "Sans faire de la psychologie à la petite semaine, je pense qu'il a eu une enfance assez difficile. Il vouait une admiration profonde à ses parents, il souffrait des critiques adressées à son père, puis à sa mère. La princesse de Réthy était assez dure avec lui, elle voulait régenter la vie de ses enfants. Par exemple, elle ne voulait pas qu'il ait de chien. Il n'était pas misanthrope, mais il sortait peu, était très discret. J'ai une image de lui dans son chalet à Crans Montana, avec son petit teckel à poil dur. Pour ne rien vous cacher, j'ai le même. Et je pense qu'il m'a considéré pour çà et pas pour le métier que je fais, par exemple. Il aimait les gens pour eux-mêmes. C'est un homme qui n'a jamais prêté le flanc au scandale, même quand il était attaqué. Il prenait les flèches empoisonnées comme autant de morsures. Parfois, je l'observais et je me disais : "Quelle meurtrissure...". Je sais aussi qu'il était très affecté par tout ce qui peut se dire et qui met en péril l'unité de la Belgique. Sur les colliers de ses chiens, il y a des drapeaux belges! C'était quelqu'un d'un autre temps. L'an dernier, lors de la présentation du livre de son épouse, il était en retrait, très touché par les compliments que l'on faisait à la princesse Léa. Il était loyal, touchant. C'était un gentilhomme d'une autre époque".

A côté de toutes ces louanges, il faut noter la réaction de l'écrivain belge Pierre Mertens contre lequel la princesse Lilian et son fils le prince Alexandre avaient intenté un procès en 1995 pour son livre "Une paix royale" : "Alexandre me faisait plutôt l'effet d'un figurant, méfiant, et plus en retrait qu'effacé. C'est ainsi que je le ressentais. Pour moi, c'était un figurant mais à la figuration intelligente face à la tragédie de son enfance qui est là, en filigrane. Je crois que tant lui que Lilian étaient à l'époque mal entourés et mal conseillés. Je ne retranche rien à mes propos. D'ailleurs, les passages le concernant n'étaient que des passages de transition, des chevilles en termes littéraires. Si vous saviez ce que j'ai entendu sur lui, au sein même des plus hautes autorités de l'UCL. On tente de le présenter aujourd'hui comme un bienfaiteur à la tête de fondations. Ce n'est pas le moment de flétrir la réputation du défunt dont il faut se souvenir de la part d'enfance, cruciale, de sa naissance à la prise de conscience. Je crois qu'avec ce procès, il s'est infligé une peine inutile car mes intentions visaient à faire comprendre sa vie et celle de son père, par ailleurs très bon ethnologue et explorateur, pas à leur nuire".

A la télévision, les émissions "Place Royale" (RTL-TVI) et "C'est du belge" (RTBF) lui rendent un long hommage. Un an auparavant, le prince Alexandre avait exceptionnellement accepté de répondre à quelques questions d'Anne Quevrin pour "Place Royale", à l'occasion des 25 ans du décès du roi Léopold III pour lequel il avait une grande admiration. Au printemps 2009, il avait autorisé une équipe de "C'est du belge" à le suivre lors de sa visite de la villa "Le Reposoir" au bord du lac Léman en Suisse, où la famille royale vécut en exil de 1945 à 1950. Le prince confia qu'il gardait de cette période le souvenir des difficultés sur le plan politique d'une part, et d'une vie familiale très heureuse loin du protocole de la Cour d'autre part.

Le roi Albert, les reines Paola et Fabiola, les princesses Astrid et Marie-Esméralda, entre autres, se rendent à Rhode-Saint-Genèse pour présenter leurs condoléances à la princesse Léa. La famille royale ne prend pas officiellement le deuil, mais le Roi annule toutes ses audiences jusqu'à l'enterrement de son demi-frère. Un registre de condoléances est ouvert à la maison communale de Rhode-Saint-Genèse. Triste coïncidence : la princesse Léa fête son anniversaire le mercredi 2 décembre et reçoit un bouquet de fleurs posthume commandé la semaine précédente par son époux...

Les funérailles du prince Alexandre ont lieu le vendredi 4 décembre 2009 en l'église Notre-Dame de Laeken. Son cerceuil est recouvert du drapeau belge. La princesse Léa est entourée de ses deux enfants Renaud et Laetitia, de la princesse Marie-Esméralda (accompagnée de son époux le professeur Salvador Moncada et de leurs deux enfants), du Roi, des reines Paola et Fabiola, du grand-duc Henri de Luxembourg, de Philippe et Mathilde, de Laurent et Claire, de la princesse Marie-Gabrielle de Savoie, des princesses Margaretha et Marie-Astrid de Luxembourg, du prince Michel et de la princesse Eléonore de Ligne, des archiducs Carl-Christian et Rodolphe d'Autriche, de l'archiduchesse Yolande d'Autriche (née princesse de Ligne), etc. Plusieurs responsables politiques ont également fait le déplacement : le ministre de la Défense Pieter De Crem qui représentait le gouvernement belge, le président du Sénat Armand De Decker, le député-bourgmestre de Brakel Herman De Croo, les ministres d'Etat Jos Chabert et François-Xavier de Donnéa, le bourgmestre de Knokke-Heist Léopold Lippens et la députée régionale bruxelloise Jacqueline Rousseaux-De Decker. Des représentants de la Ligue Royale des Vétérans du roi Léopold III, de la Fondation Cardiologique Princesse Lilian et du Cercle Léopold III étaient également présents, ainsi que le Prix Nobel Christian de Duve, l'homme d'affaires Aldo Vastapane et l'avocat Xavier Magnée.

La messe a été concélébrée par le chanoine Herman Cosijns, le père Bernard Lorent et l'abbé Philippe Degand. Très émus, Renaud et Laetitia ont tenu à rendre hommage au prince qui les considérait comme ses propres enfants. Renaud a confié : "Le prince Alexandre aimait cette citation de Blaise Pascal : "Car enfin, qu'est-ce qu'un homme dans la nature? Un néant à l'égard de l'infini, un tout à l'égard du néant". Ne soyons pas tristes aujourd'hui de l'avoir perdu, soyons heureux de l'avoir connu. Merci Alexandre pour tout ce que tu as été". La cérémonie s'est clôturée par la Brabançonne. L'inhumation eut lieu en privé dans la crypte royale. Un déjeuner était ensuite offert par le couple royal au château de Laeken.

Voici le témoignage de Valentin Dupont, un jeune Belge qui a assisté aux funérailles du prince : "Après que la famille royale soit entrée au sein de l'église, les barrières ont été ouvertes et un certain nombre de personnes ont pu rentrer ; ensuite, les portes ont été refermées. Je n'ai pu avoir une place assise, mais j'étais tout de même bien placé, sur le côté droit de l'église. D'où j'étais, distance limite imposée par la sécurité, je voyais très bien la cérémonie (j'étais presque à côté du prince et de la princesse Michel de Ligne). Ensuite, lors de l'offrande, toute l'assistance a été invitée à s'avancer dans l'allée centrale, embrasser ou toucher le Christ (cela se faisait à quelques centimètres du Roi, de la Reine et de la reine Fabiola) et ensuite quelqu'un donnait un petit faire-part. J'ai trouvé extrêmement bien que tout un chacun puisse participer presque de la même manière aux funérailles qui étaient à l'image du prince Alexandre. Après la sortie des invités, j'ai eu la chance de trouver un petit livret de la cérémonie sur une chaise, j'ai également eu le temps de regarder les couronnes à l'intérieur et à l'extérieur de l'église : il y en avait une du grand-duc, de Marie-Esméralda et de sa famille, de Marie-Christine, des Vétérans du roi Léopold III, de la Police Fédérale, du Sénat, de la Fondation du domaine d'Argenteuil, une aussi de l'ancien service de la maison d'Argenteuil".

Vous pouvez retrouvez des photos de la cérémonie sur Noblesse et Royautés, l'excellent site créé il y a un an et demi par notre compatriote Régine Salens :
www.noblesseetroyautes.com/nr01/?p=24462
www.noblesseetroyautes.com/nr01/?p=24499
www.noblesseetroyautes.com/nr01/?p=24477

A lire également : mon compte-rendu du livre "Le prince Alexandre de Belgique" (http://familleroyalebelge.blogspot.com/2009/11/le-prince-alexandre-de-belgique-lea-de.html).

P.S. Un grand merci à Valentin Dupont pour son aide, et à Régine Salens pour avoir mis des liens vers plusieurs articles de ce blog.

mardi 1 décembre 2009

Activités royales en novembre 2009

18 audiences pour le Roi : le premier ministre Herman Van Rompuy (reçu cinq fois), le président du comité militaire de l'UE Hakan Syvén, la ministre de l'Agriculture Sabine Laruelle, le lauréat du Prix des Lettres Néerlandaises 2009 Cees Noteboom, le haut représentant de l'UE pour la politique étrangère Javier Solana, la présidente du CD&V Marianne Thyssen, la présidente du CDH Joëlle Milquet, le président du PS Elio Di Rupo, le président du VLD Guy Verhofstadt, le président du MR Didier Reynders, le ministre d'Etat Wilfried Martens (reçu deux fois), le ministre d'Etat Jean-Luc Dehaene et le président de l'Equateur Rafael Correa Delgado.

7 activités officielles pour le Roi : hommage à la dépouille mortelle du ministre d'Etat Pierre Harmel, remise de décorations au château de Laeken, cérémonie de l'Armistice, remise du Prix des Lettres Néerlandaises 2009, prestation de serment du nouveau gouvernement, réunion de travail pour les 100 ans de l'Union Royale des Armateurs Belges et inauguration de l'exposition sur le roi Albert Ier au Musée Bellevue.

5 activités officielles pour la reine Paola : 10ème anniversaire du programme "L'Ecole de l'Espoir" de la Fondation Reine Paola, 20 ans de la Convention des Droits de l'Enfant à Stockholm, remise du Prix des Lettres Néerlandaises 2009, audience avec Cees Noteboom, remise de décorations au château de Laeken.

2 activités officielles pour la reine Fabiola : Te Deum de la fête du Roi et messe d'actions de grâce à la mémoire du ministre d'Etat Pierre Harmel.

5 activités officielles pour le prince Philippe : visite du centre neurologique et de réadaptation fonctionnelle de Tinlot, visite de l'entreprise Balteau à Sprimont, visite de la carrière de pierre bleue de Sprimont, Te Deum de la fête du Roi, réception au Parlement pour la fête du Roi + mission économique au Maroc.

9 activités officielles pour la princesse Mathilde : visite du centre neurologique et de réadaptation fonctionnelle de Tinlot, visite de l'entreprise Balteau à Sprimont, visite de la carrière de pierre bleue de Sprimont, Te Deum de la fête du Roi, réception au Parlement pour la fête du Roi, bal du livre au palais des Beaux-Arts de Bruxelles, présentation au Parlement d'un rapport sur les droits de l'enfant, visite de l'exposition d'Isabelle de Borchgrave au Cinquantenaire et fête sur les droits de l'enfant à Laeken + mission économique au Maroc.

7 activités officielles pour la princesse Astrid : Te Deum de la fête du Roi, réception au Parlement pour la fête du Roi, conférence de presse contre la malaria, fête sur les droits de l'enfant à Laeken, remise des prix scientifiques de la Fondation Roi Baudouin, 50ème anniversaire de la Politique Scientifique Fédérale, 50ème anniversaire de l'Association Nationale d'Aide aux Handicapés Mentaux.

2 activités officielles pour le prince Lorenz : Te Deum de la fête du Roi et réception au Parlement pour la fête du Roi.

7 activités officielles pour le prince Laurent : vernissage de l'exposition "Le Tobet : chien mystique du Kazakhstan", visite du futur parc paysager de Deurne, Te Deum de la fête du Roi, réception au Parlement pour la fête du Roi, 20ème anniversaire de l'IBGE, visite du dispensaire d'Anvers de la Fondation Prince Laurent et lancement officiel d'Agribex 2009 à l'hôtel de ville de Bruxelles.

1 activité officielle pour la princesse Claire : fête sur les droits de l'enfant à Laeken.

Résumé des activités officielles depuis le mois de janvier (source : www.monarchie.be) :

Roi : 60 activités officielles + 134 audiences + voyage d'Etat en Roumanie

Prince Philippe : 80 activités officielles + missions économiques au Mexique, au Panama, en Corée du Sud, en Arabie Saoudite, aux Emirats Arabes Unis et au Maroc + voyage au Kazakhstan pour le départ de Frank De Winne dans l'espace

Princesse Mathilde : 81 activités officielles + missions économiques au Mexique, aux Emirats Arabes Unis et au Maroc

Reine Paola : 58 activités officielles + voyage d'Etat en Roumanie

Princesse Astrid : 58 activités officielles + mission contre la malaria aux Emirats Arabes Unis, au Qatar et en Arabie Saoudite

Prince Laurent : 27 activités officielles

Princesse Claire : 27 activités officielles

Prince Lorenz : 20 activités officielles

Reine Fabiola : 15 activités officielles

mercredi 25 novembre 2009

"Le prince Alexandre de Belgique" (Léa de Belgique)

A l'occasion du 65ème anniversaire de son époux, la princesse Léa de Belgique a réalisé un très bel album-photos consacré au prince Alexandre, le demi-frère discret et méconnu du roi Albert II. Il est intéressant car de nombreuses photos sont inédites et il n'existait aucun ouvrage à son sujet.

Né en 1942 à Laeken, Alexandre de Belgique est le fils du roi Léopold III et de la princesse Lilian, dont le mariage quelques mois plus tôt avait suscité la polémique. En juin 1944, la famille royale est déportée par les Allemands dans la forteresse d'Hirschtein, puis à Strobl en Autriche, où ils sont libérés en 1945 par les soldats américains. Suite à la Question Royale, Léopold III et ses enfants vivent durant cinq ans en Suisse.

De 1950 à 1960, le prince Alexandre habite et étudie au château de Laeken. Il participe à de nombreuses manifestations officielles aux côtés de ses parents. Les photos de cette décennie montrent l'amour qui régnait au sein de cette "famille recomposée", un terme peu utilisé à cette époque, et la complicité qui unissait Alexandre à ses demi-frères Baudouin et Albert. En 1957, le prince est opéré à Boston d'une coarctation de l'aorte, ce qui incite sa mère à créer la Fondation Cardiologique Princesse Lilian.

Pour des raisons que la princesse Léa n'évoque pas dans son livre (notamment la volonté du gouvernement belge d'éloigner le roi Léopold III de son successeur), Alexandre quitte en 1960 Laeken pour le domaine royal d'Argenteuil. Le prince étudie à l'Ecole Royale Militaire et à l'Université Catholique de Louvain, où il réussit ses trois premières candidatures de médecine. La princesse Léa donne ensuite peu d'informations et de photos sur les années 70 et 80. Alexandre revient sur le devant de la scène en 1998 lorsqu'il rend public son mariage avec la sympathique et élégante Léa Wolman, qui lui a apporté le bonheur et la sérénité. Le couple a créé en 2006 le Fonds d'Entraide Prince et Princesse Alexandre qui soutient des projets sociaux sur un thème différent chaque année (p.ex. le cancer en 2006, les personnes handicapées en 2007).

La princesse Léa a atteint son objectif de rendre hommage à son époux sans faire de polémiques (elle n'évoque pas la Question Royale, la rupture avec le roi Baudouin et la vente du domaine royal d'Argenteuil). Fidèle à sa diplomatie et à sa courtoisie, Léa a eu la délicatesse de mettre dans son livre une photo actuelle de sa belle-soeur la princesse Marie-Christine qu'elle n'a jamais rencontrée et qui critique souvent le prince Alexandre dans la presse.

Mon seul petit reproche est que les textes de cet album-photos auraient pu être plus longs et plus détaillés. Deux exemples : la princesse Léa ne dit pas le nom du parrain et de la marraine de son mari, et elle ne raconte pas où, quand et comment elle a rencontré le prince Alexandre.

samedi 21 novembre 2009

Le rôle politique du Roi en 2008

Fin mars 2008, le gouvernement Leterme Ier (CD&V/NVA, VLD, PS, MR et CDH) prête serment devant le Roi au château de Laeken. En avril, Albert II remet personnellement au château du Belvédère les insignes de Grand Cordon de l'Ordre de Léopold, la plus haute décoration belge, à son ancien premier ministre Guy Verhofstadt, qui prend une année sabatique pour voyager et rédiger un livre sur l'Europe. Les deux hommes s'apprécient beaucoup et ont pris plaisir à travailler ensemble de 1999 à 2008.

Après la démission d'Yves Leterme dans la nuit du 14 au 15 juillet 2008, le Roi entame trois jours de consultations politiques avec de très nombreuses personnes (ministres-présidents des régions et communautés, vice-premiers ministres, présidents des partis démocratiques, syndicats, président de la FEB). Il décide ensuite de refuser la démission du gouvernement fédéral et demande au trio François-Xavier de Donnéa (MR) - Raymond Langendries (CDH) - Karl-Heinz Lambertz (PS) "d'examiner de quelle manière des garanties peuvent être offertes pour entamer d'une manière crédible un dialogue institutionnel", selon les termes du communiqué diffusé par le Palais.

Quelques jours plus tard, Albert II se montre très prudent dans son discours de la fête nationale 2008 en évoquant brièvement les tensions communautaires : "Notre pays traverse, vous le savez, de sérieuses difficultés politiques, mais j'aimerais rappeler que les difficultés et les crises sont aussi des occasions de rebondir et de se ressaisir. La division dans les esprits n'est pas une fatalité. C'est l'union et la tolérance dans le respect de l'identité de chaque entité fédérée qui représentent la seule voie possible dans notre société démocratique. Nous devons inventer de nouvelles formes de vivre ensemble dans notre pays".

Fin septembre 2008, la NVA retire sa confiance à la majorité et le premier ministre Yves Leterme privilégie la survie du gouvernement fédéral au détriment de la fin du cartel CD&V/NVA.

Accusé d'avoir fait pression sur la justice dans le sauvetage de la banque Fortis à l'automne 2008, Yves Leterme présente la démission de son gouvernement le 19 décembre 2008. Le Roi entame immédiatement ses consultations politiques, mais les partenaires de la majorité sortante ne parviennent pas à se mettre d'accord sur la suite des événements. Le 22, Albert II charge le ministre d'Etat Wilfried Martens (CD&V) de trouver une solution à la crise qu'il évoque dans son discours télévisé de Noël :

"Notre pays est secoué par une nouvelle crise politique qui trouve son origine dans la crise financière internationale et ses répercussions en Belgique dans le domaine judiciaire. J'espère vivement que le sens des responsabilités de chacun conduira rapidement à la formation d'un nouveau gouvernement, en mesure de continuer à affronter efficacement les défis économiques, sociaux et financiers urgents de notre pays, et d'avancer dans la nécessaire réforme de l'Etat".

Le Roi a été entendu : en une semaine, Wilfried Martens parvient à convaincre les cinq partis du gouvernement sortant (CD&V, VLD, PS, MR et CDH) de travailler ensemble jusqu'à la fin de la législature en 2011 sous la conduite d'Herman Van Rompuy (CD&V), nommé formateur par Albert II le 28 décembre. Deux jours plus tard, le gouvernement Van Rompuy Ier prête serment au château de Laeken devant le Roi qui aura connu trois premiers ministres différents en 2008!

A lire également : le rôle politique du Roi en 2007 (http://familleroyalebelge.blogspot.com/2009/10/le-role-politique-du-roi-en-2007.html)

mardi 17 novembre 2009

"La spectaculaire histoire des rois des Belges" (Patrick Roegiers)

"La spectaculaire histoire des rois des Belges" n'a pas été rédigée par un historien, mais par l'écrivain Patrick Roegiers, auteur de plusieurs romans et essais. Il a divisé son livre en sept chapitres intitulés "L'avènement de Léopold Ier : l'édification" , "Le règne de Léopold II : la glorification" , "L'épopée d'Albert Ier : l'héroïsation" , "L'ère de Léopold III : l'abdication" , "L'intermède de Charles : la transition" , "La pérennité de Baudouin : la mortification" , "Le temps d'Albert II : la continuation". Patrick Roegiers présente son ouvrage comme un roman-feuilleton, dans lequel il dresse avec finesse et objectivité le portrait de nos six rois et de notre régent Charles. C'est un bon résumé de l'histoire de la dynastie belge destiné au grand public et la longue bibliographie permettra aux personnes intéressées d'avoir des informations plus précises sur chaque membre de la famille royale. Il faut souligner que Patrick Roegiers ne cite presque aucun nom d'homme ou de femme politique belge.

Voici un extrait consacré au souverain actuel : "Albert II n'a pas le prestige moral de son frère, mais c'est un formidable et redoutable stratège. Il se sert de sa bonhomie et de sa bonne mine comme d'un bouclier infaillible. Ce n'est pas vraiment un moine, un apôtre apostolique comme son frère, un père modèle ou un mari parfait. Mais il a plus d'un tour dans son sac à malice et met les Belges dans sa poche sans qu'ils s'en rendent compte. Féru de géopolitique et amateur de hors-bord, mordu de géographie et d'histoire, il se sait assis sur une poudrière qui peut exploser à chaque seconde. Et à la frénésie éruptive du quotidien, il répond par une jovialité d'apparat et une bonhomie permanente".

J'ai relevé une quinzaine d'erreurs minimes dans ce livre de 450 pages :

page 41 : Patrick Roegiers explique que le prince Louis-Philippe (1833-1834) repose toujours actuellement dans le caveau des ducs de Brabant, et non en la crypte royale de Laeken. Faux, il y a été transféré en 1993 (voir "La république du Roi", écrit par Jacques Noterman, spécialiste des cimetières bruxellois).

page 134 : "Ses trois filles, désavouées, déshéritées, le traînent en justice". C'est vrai pour Louise et Stéphanie, mais pas pour Clémentine, princesse Napoléon.

page 150 : Lorsqu'il évoque l'accession au trône d'Albert Ier en 1909, l'auteur écrit : "Albert voit ses enfants, le duc de Brabant et le comte de Flandre, futur roi et futur régent". Charles ne portait pas encore le titre de comte de Flandre en 1909.

page 282 : La fille du prince Charles ne s'appelle pas Evelyne Wybo, mais Isabelle Wybo.

page 290 : "Il (Charles) déménage au domaine d'Argenteuil, près de Waterloo". Cette propriété a certes été attribuée à l'ancien régent, mais il ne s'y est jamais installé. Fin 1950-début 1951, Charles se partage entre l'Hôtel Métropole, Raversijde et la maison du peintre Alfred Bastien.

page 298 : La princesse Lilian ne s'est pas inclinée devant la dépouille du prince Charles. Dans ses mémoires, le colonel Guy Weber raconte qu'il a accompagné Léopold III au palais royal et que la princesse Lilian lui avait recommandé de bien veiller sur son époux.

page 353 : Fridhem n'est pas le nom de la résidence estivale de Fabiola, jeune fille, mais le nom de la résidence secondaire des parents de la reine Astrid en Suède.

page 384 : Albert II n'a pas été opéré d'une hernie discale en 1999, mais en 2000.

page 388 : Patrick Roegiers écrit qu' "Albert II devient pilote d'hélicoptère et d'avion de chasse", mais je n'ai jamais lu qu'il avait suivi une formation à la force aérienne. A vérifier.

page 403 : La première sortie royale de Paola en tant que reine n'est pas l'ouverture d'Europalia Mexique, mais le voyage d'Etat du couple impérial japonais en Belgique début septembre 1993. Albert et Paola les ont accompagnés à Bruxelles, Mons et Anvers.

page 405 : La reine Paola n'était pas aux côtés du Roi lors de son discours télévisé de Noël 1999 dans lequel il a évoqué leur crise conjugale. Elle était présente aux discours de Noël 1993 (année de leur accession au trône) et 1997 (à l'occasion des 60 ans de la souveraine).

page 408 : Les 175 ans de la monarchie et de la prestation de serment de Léopold Ier n'ont pas eu lieu en 2005, mais en 2006. En 2005, on a fêté les 175 ans de l'indépendance de la Belgique.

page 409 : "Le président du parlement flamand déclare que les Belges n'ont plus en commun que l'équipe de football, le Roi et certaines bières". A l'époque de cette déclaration, Yves Leterme n'était pas président du parlement flamand, mais ministre-président de la région flamande.