Trois mois après la disparition de son époux, la princesse Léa a accordé cette semaine une interview à Nancy Ferroni pour le journal "La Dernière Heure/Les Sports" :
"Cette année, comme chaque année, se tiendra la soirée de gala du Fonds d'entraide Prince et Princesse Alexandre?
- En effet, la date retenue est celle du 19 mars. Et elle se déroulera à l'hôtel de ville de Gand, dans la salle du trône. Le prince et moi avions choisi d'aider les sans-abris. Nous avions déjà choisi ensemble tous les thèmes jusqu'en 2016! Des thèmes qui nous touchaient et nous semblaient proches. L'année prochaine, ce sera la maltraitance des femmes. Le prince a toujours été un homme discret, vous le savez, tandis que je me chargeais d'aller souvent seule aux soirées pour sensibiliser les donateurs. Depuis son décès, j'ai refusé deux bals, dont celui de l'Unicef. Cela aurait été inapproprié. Pour le gala de notre Fonds, je ferai un bref discours et on projettera la photo du prince, mais cela s'arrêtera là, je ne veux pas attrister les invités. Et comme je l'ai toujours suggéré lors des précédentes soirées, je propose un code couleur pour la tenue des dames : cette année, c'est une touche de jaune-vert.
- Vous refusez des soirées mais vous allez personnellement servir la soupe aux SDF!
- Quand nous choisissons un thème, nous nous engageons à fond. C'est vrai, chaque dernier lundi du mois, je vais concrètement servir les repas à l'association La Maraude à Bruxelles. Tout l'argent récolté cette année sera totalement reversé à plusieurs oeuvres, dont celle-ci. J'y veillerai.
- Vous êtes d'un naturel optimiste, mais comment arrivez-vous à trouver la force pour aujourd'hui poursuivre?
- C'est un combat de tous les jours. Même si je faisais beaucoup de choses seule avant, Alexandre me donnait sa force. Mon énergie venait de lui. Aujourd'hui, tout me demande un effort. Nous avions une complicité très forte ; mon mari m'a appris énormément en ces 23 années de vie commune. Il avait une telle abnégation pour lui mais il donnait tellement pour les autres. Dans notre maison de Lansrode, le silence me pèse chaque jour. Ma thérapie, après un long moment d'abattement, est de redoubler maintenant d'activité, comme avec les sans-abris, aller sur le terrain. Il aurait aimé cela, savoir que notre Fonds était devenu une fondation tout-terrain.
- On a vu le Roi très ému lors des funérailles. L'avez-vous revu depuis?
- Non, mais je l'ai entendu. Et toute la famille royale, sans exception, m'a soutenue et a pris de mes nouvelles.
- Ici, dans votre propriété, on voit énormément de choses qui rappellent Argenteuil, dont ces photos superbes de la harde de cerfs qui vivait dans le parc. Sur une étagère, votre mari avait aussi encadré un laissez-passer pour entrer dans la propriété, marqué du sceau "Service du roi Léopold". Le départ du château a dû le marquer profondément?
- Il en a été très bouleversé, véritablement malheureux. Une déchirure. Plus tard, alors que nous étions installés ici, il n'exprimait pas de souhait précis. Simplement que nous soyons protégés, il était inquiet par nature.
- Quel souvenir voudriez-vous que l'on garde du prince?
- L'image d'un grand homme, exceptionnel, trop modeste. Le vide qu'il est laisse est inversement proportionnel à la place qu'il occupait, vivant.
- Un homme qui avait horreur des surprises aussi?
- En effet, mais la vie lui avait aussi réservé de bien mauvaises surprises, comme lorsqu'il a dû être opéré du coeur en 1957 et qu'on lui a fait croire qu'il partait en vacances aux Etats-Unis pour une semaine.
- Où vous étiez-vous connus?
- A la mer du Nord, à Knokke, chez des amis communs. Rencontre banale, mais dès ce moment, ce fut une évidence, comme si nous nous connaissions depuis toujours.
- Il n'aimait pas la foule, les soirées, les galas?
- Non, ce restaurant où nous déjeunons était déjà trop à la mode pour lui. Il aimait les endroits discrets à l'ancienne, où le service était assuré, et la bonne gastronomie.
- Il était aussi tintinologue averti?
- En effet, il avait tous les albums de Tintin et se réjouissait d'ailleurs d'aller visiter le Musée Hergé. J'y suis allée seule après son décès avec la fille de Chang comme guide. Il lui aurait sûrement posé un tas de questions. Moi, pour ne pas avoir l'air idiote, j'ai relu "Le lotus bleu" pendant deux semaines!".
dimanche 28 février 2010
Interview de la princesse Léa de Belgique
dimanche 21 février 2010
Les bijoux des reines et princesses de Belgique
(Article actualisé en août 2024)
Licencié en histoire de l'art de l'Université Libre de Bruxelles, Christophe Vachaudez a rédigé en 2004 le premier ouvrage consacré aux bijoux des reines et princesses de Belgique. Très richement illustré, il est le fruit de longues recherches effectuées par l'auteur, car la famille royale n'a pas l'habitude de livrer des informations sur ses bijoux, sujet considéré comme privé et confidentiel.
Du milieu des années 70 jusqu'en 1993, les diadèmes étaient même bannis au palais royal, comme le déplore Christophe Vachaudez : "Pendant de trop longues années, ces bijoux furent relégués dans leur écrin. D'une tristesse affligeante, la vie de Cour était devenue tout simplement inexistante. Sans le charisme incontestable du roi Baudouin et de la reine Fabiola, on aurait presque oublié que la Belgique était une monarchie. Le port du bijou, si intimement lié à la fonction royale, n'est certes pas une obligation ou une priorité, mais il confère à l'institution un lustre inégalable. La Reine se doit donc de montrer l'exemple et un rapide survol de l'écrin de la reine Fabiola indique qu'elle possédait tous les atouts pour remplir ce rôle à la perfection".
Pourquoi? Contrairement à d'autres monarchies, il n'existe pas en Belgique de bijoux de la Couronne appartenant à l'Etat et prêtés à la Reine. L'écrin de nos quatre premières reines a été démembré à chaque règne suite à des successions difficiles, des ventes publiques et même des vols! Dans son testament, la reine Marie-Henriette avait pourtant exprimé le souhait qu'une partie de ses parures soit destinée aux futures souveraines, mais le roi Léopold II ne respecta pas sa volonté... Il est aussi surprenant que la princesse Lilian de Réthy disposait de certains bijoux de la reine Astrid, alors que Joséphine-Charlotte, fille de la défunte, n'a reçu qu'une paire de boucles d'oreilles...
Quant à l'avenir, il est également incertain, comme le fait remarquer l'auteur : "Que deviendront les bijoux de la reine Fabiola ? Prendront-ils le chemin de l'Espagne ou resteront-ils en Belgique ? S'ils quittent le sol national, la triste tradition de la Cour belge sera respectée, puisqu'aucun écrin n'est parvenu intact à la génération suivante et ce, depuis la reine Louise-Marie !".
Licencié en histoire de l'art de l'Université Libre de Bruxelles, Christophe Vachaudez a rédigé en 2004 le premier ouvrage consacré aux bijoux des reines et princesses de Belgique. Très richement illustré, il est le fruit de longues recherches effectuées par l'auteur, car la famille royale n'a pas l'habitude de livrer des informations sur ses bijoux, sujet considéré comme privé et confidentiel.
Du milieu des années 70 jusqu'en 1993, les diadèmes étaient même bannis au palais royal, comme le déplore Christophe Vachaudez : "Pendant de trop longues années, ces bijoux furent relégués dans leur écrin. D'une tristesse affligeante, la vie de Cour était devenue tout simplement inexistante. Sans le charisme incontestable du roi Baudouin et de la reine Fabiola, on aurait presque oublié que la Belgique était une monarchie. Le port du bijou, si intimement lié à la fonction royale, n'est certes pas une obligation ou une priorité, mais il confère à l'institution un lustre inégalable. La Reine se doit donc de montrer l'exemple et un rapide survol de l'écrin de la reine Fabiola indique qu'elle possédait tous les atouts pour remplir ce rôle à la perfection".
Le port du diadème a été restauré par la reine Paola lors des dîners de gala en l'honneur des chefs d'Etat étrangers. Au sein des Cours européennes, elle fait cependant figure de parent pauvre et n'a hérité que de deux diadèmes de diamants des souveraines qui l'ont précédée sur le trône de Belgique. Tous les nombreux autres bijoux des reines Louise-Marie, Marie-Henriette, Elisabeth et Astrid n'appartiennent plus à la famille royale belge...
Pourquoi? Contrairement à d'autres monarchies, il n'existe pas en Belgique de bijoux de la Couronne appartenant à l'Etat et prêtés à la Reine. L'écrin de nos quatre premières reines a été démembré à chaque règne suite à des successions difficiles, des ventes publiques et même des vols! Dans son testament, la reine Marie-Henriette avait pourtant exprimé le souhait qu'une partie de ses parures soit destinée aux futures souveraines, mais le roi Léopold II ne respecta pas sa volonté... Il est aussi surprenant que la princesse Lilian de Réthy disposait de certains bijoux de la reine Astrid, alors que Joséphine-Charlotte, fille de la défunte, n'a reçu qu'une paire de boucles d'oreilles...
Quant à l'avenir, il est également incertain, comme le fait remarquer l'auteur : "Que deviendront les bijoux de la reine Fabiola ? Prendront-ils le chemin de l'Espagne ou resteront-ils en Belgique ? S'ils quittent le sol national, la triste tradition de la Cour belge sera respectée, puisqu'aucun écrin n'est parvenu intact à la génération suivante et ce, depuis la reine Louise-Marie !".
Félicitations à Christophe Vachaudez pour cet important travail de recherche qui n'avait jamais été réalisé depuis 1831.
Plus d'infos : "Bijoux des reines et princesses de Belgique" de Christophe Vachaudez, éditions Racine, 2004
Et vingt ans plus tard, où en est l'écrin de la famille royale belge en 2024 ?
Contrairement à d'autres monarchies, il n'y a toujours pas de fondation pour gérer les bijoux de la Couronne et ne plus diviser l'écrin à chaque génération. Les reines et princesses sont libres de faire ce qu'elles veulent de leurs bijoux. Le Palais ne communique d'ailleurs pas à ce sujet, considérant que cela fait partie de la vie privée. On a remarqué que la reine Fabiola avait partagé ses bijoux entre sa famille espagnole, la reine Mathilde et la princesse Margaretha de Luxembourg, mais il existe encore beaucoup d'inconnues. Qu'est devenu son plus beau diadème offert par Franco lors de son mariage ? Certains autres bijoux de la famille royale sont réapparus lors de ventes publiques.
La reine Mathilde possède trois diadèmes : le diadème reçu lors de son mariage, le diadème des neuf provinces, et le diadème Wolfers de la reine Fabiola. Cette dernière lui a aussi légué une bracelet en rubis, plusieurs paires de boucles d'oreilles, une broche à papilles. Le couple royal a fait quelques achats de broches anciennes lors de ventes publiques. La Maison Leysen (fournisseur breveté de la Cour) fait également parfois des prêts à Mathilde à certaines occasions.
Lors du changement de règne de 2013, la reine Paola a transmis le diadème des neuf provinces à sa belle-fille, mais a gardé l'entièreté de son écrin qu'elle avait lorsqu'elle était princesse. Pour les dîners de gala, la princesse Astrid puise dans l'écrin de la famille de son époux l'archiduc Lorenz d'Autriche-Este. Cela fait plusieurs années que la princesse Claire n'a plus porté aucun bijou d'importance.
Après le décès de la grande-duchesse Joséphine-Charlotte de Luxembourg en 2005, Valentin Dupont (Royalement Blog) a retrouvé la trace d'une paire de boucles d'oreilles et d'un bracelet/collier avec une émeraude de la reine Astrid qui appartiennent aujourd'hui à la famille grand-ducale luxembourgeoise : https://royalementblog.blogspot.com/2013/08/lecrin-grand-ducal-les-bijoux-de-la.html
Les deux diadèmes historiques de la famille royale belge
C'est très peu par rapport aux autres monarchies, mais seuls deux diadèmes passent au fil des générations depuis un siècle :
- le diadème de style Art Déco de la reine Elisabeth a été porté ensuite par la reine Astrid, la princesse Lilian, la reine Paola, la princesse Mathilde, l'archiduchesse Elisabetta et la princesse Astrid : http://www.noblesseetroyautes.com/diademe-de-diamants-de-generation-generation-a-cour-de-belgique/
- le diadème des neuf provinces offert à la reine Astrid a été ensuite porté par la princesse Lilian, la reine Fabiola, la reine Paola et la reine Mathilde (on considère que ce bijou est mis à la disposition de la Première Dame) : http://www.noblesseetroyautes.com/le-diademe-des-provinces-apanage-des-reines-des-belges/
Rappelons que le diadème Cartier de la reine Elisabeth a été racheté en 1987 par la Maison Cartier qui le prête régulièrement pour des expositions.
Un nouveau diadème
A l'occasion des 18 ans de leur fille la princesse Elisabeth, le roi Philippe et la reine Mathilde ont acheté un diadème des années 1920 ayant appartenu à lady Vestey. La princesse héritière l'a porté pour la première fois en 2022 lors des 18 ans de la princesse Ingrid Alexandra de Norvège. Plus d'infos sur ce diadème : https://histoiresroyales.fr/princesse-elisabeth-de-belgique-diademe-deuxieme-fois-mariage-prince-heritier-hussein-robe-bleue-armani/
Bijoux vendus :
- un diadème de perles et diamants de la comtesse de Flandre, hérité par sa petite-fille la reine Marie-José d'Italie, a été vendu en 2007 et acheté par un musée allemand : http://www.noblesseetroyautes.com/le-diademe-de-perles-et-diamants-de-la-grande-duchesse-stephanie-de-bade/
- un collier de perles de la princesse Henriette de Belgique a été vendu par ses descendants en 2013 : https://familleroyalebelge.blogspot.com/2013/12/vente-dun-collier-de-la-princesse.html
- une paire de boucles d'oreilles de la princesse Joséphine de Belgique a été vendue en 2015 : http://www.noblesseetroyautes.com/boucles-doreilles-de-josephine-de-belgique-vendues/
- un collier de diamants, perles et saphirs de la reine Fabiola a été vendu en 2023 : http://www.noblesseetroyautes.com/un-collier-porte-par-la-reine-fabiola-vendu-aux-encheres/
- une parure de la reine Fabiola offerte par le roi Hassan du Maroc a été vendue en 2023 : https://www.h24info.ma/un-precieux-collier-offert-par-feu-hassan-ii-a-la-reine-fabiola-mis-aux-encheres/
lundi 15 février 2010
Le prince héritier Philippe
Premier enfant d'Albert et Paola, le prince Philippe, Léopold, Louis, Marie de Belgique est né au château du Belvédère le 15 avril 1960. Sa marraine est sa grand-mère maternelle Luisa Ruffo di Calabria. Son parrain est son grand-père paternel le roi Léopold III avec qui il aura très peu de contact. Le baptême est célébré un mois plus tard en l'église Saint-Jacques sur Coudenberg à Bruxelles. Le petit prince est deuxième dans l'ordre de succession au trône et le reste jusqu'en 1993.
Contrairement à la génération précédente, Philippe fréquente des établissements publics et n'a pas de professeurs particuliers à domicile. Il effectue en français ses études primaires et ses trois premières années secondaires au Collège Saint-Michel d'Etterbeek. De 1967 à 1971, le prince participe aux activités d'une meute de louveteaux flamands dans le domaine de Laeken.
A partir de septembre 1975, il est interne pendant ses trois dernières années secondaires en néerlandais à l'abbaye de Zevenkerken à Bruges Saint-André. C'est là qu'il rencontre son premier grand amour : Barbara Maselis, une jeune Flamande de Roulers et de deux ans sa cadette. De 1978 à 1981, Philippe suit les cours à l'Ecole Royale Militaire de Bruxelles avec la 118ème Promotion Toutes Armes.
Nommé sous-lieutenant en 1980, le prince reçoit ses ailes de pilote de chasse des mains du roi Baudouin le 9 juillet 1982. Après la force aérienne, il rejoint la force terrestre au sein du régiment paracommando. Au terme d'un stage au Centre d'entraînement de Schaffen, il obtient le brevet A de parachutisme, totalisant 47 sauts, dont 22 en chute libre. Le 17 décembre 1982, à l'issue d'un raid à travers les Pyrénées, le Roi lui remet le brevet A de commando qu'il avait réussi un mois plus tôt. Du 3 janvier au 30 mars 1983, Philippe, caserné à Tielen, est chef de peloton au 3ème Bataillon et a en charge l'instruction de base des jeunes recrues. Le 25 mars, le prince est promu capitaine.
Ensuite, il séjourne deux mois au Trinity College de l'Université d'Oxford et poursuit sa formation à partir de septembre 1983 à la Graduate School de l'Université de Stanford en Californie. Le 16 juin 1985, en présence du prince Albert et de la princesse Paola, il y obtient le diplôme de Master of Arts en sciences politiques et devient le premier membre de la famille royale à détenir un diplôme universitaire. De son propre aveu, ces deux années incognito de l'autre côté de l'Atlantique constituent l'expérience la plus déterminante de sa jeunesse.
Sa formation militaire et universitaire terminée, Philippe commence, à 25 ans, sa vie publique de prince de Belgique et honore de sa présence de nombreux événements officiels. Dans le domaine social, il participe bénévolement aux activités de Médecins Sans Frontières pendant trois semaines dans un camp de réfugiés en Ethiopie. Au début des années 90, le prince apparaît de plus en plus souvent aux côtés du roi Baudouin et de la reine Fabiola, et est présenté par les médias comme le futur souverain. A partir de 1992, le gouvernement belge lui octroie une dotation pour se constituer une équipe de collaborateurs personnels et ainsi acquérir une certaine autonomie vis-à-vis de son père et de son oncle.
Suite au décès du roi Baudouin le 31 juillet 1993, Philippe devient officiellement prince héritier et reçoit le titre de duc de Brabant. Il succède à son père à la présidence d'honneur de l'Office Belge du Commerce Extérieur. Chaque année, il préside plusieurs missions économiques de plusieurs jours à l'étranger. La présence du fils du Roi à la tête d'une délégation permet de rencontrer les plus hautes autorités, facilite la signature de contrats et donne une couverture médiatique plus importante pour les entreprises belges.
D'octobre 1993 à mai 1997, le prince Philippe assume la présidence du Conseil National du Développement Durable, qui avait vu le jour suite à la conférence de Rio. Lorsqu'en 1997, cette institution s'est transformée en Conseil Fédéral du Développement Durable, il en accepte la présidence d'honneur. En septembre 2002, il préside avec le premier ministre Guy Verhofstadt la délégation belge au Sommet des Nations Unies sur le Développement Durable à Johannesburg en Afrique du Sud.
Comme le veut la tradition, le prince héritier prête serment le 21 juin 1994 comme sénateur de droit et y est rejoint quelques années plus tard par sa soeur Astrid et son frère Laurent.
Le 29 mai 1998, il lance le Fonds Prince Philippe, qui a pour mission de contribuer à entretenir un dialogue permanent entre les trois communautés de notre pays. Il vise à favoriser des échanges, des rencontres et un dialogue entre des groupes de citoyens (principalement des écoles) afin de stimuler, au-delà des frontières linguistiques, une plus grande reconnaissance mutuelle dans le respect de la spécificité et de la culture de chacun.
Le duc de Brabant est également docteur honoris causa de la Katholieke Universiteit van Leuven et président d'honneur de la Fondation Polaire Internationale.
Le prince épouse en 1999 Mathilde d'Udekem d'Acoz, une jeune femme issue de l'aristocratie belge. Son papa, Patrick d'Udekem d'Acoz, est originaire de Poperinge en Flandre occidentale et ses deux oncles ont fait de la politique au sein du CVP. Mathilde grandit au château de Losange en province de Luxembourg. Après ses études primaires à l'Ecole Notre-Dame de Bastogne, elle fréquente l'Institut de la Vierge Fidèle à Bruxelles. En 1991, Mathilde choisit d'étudier la logopédie à l'Institut Marie Haps, où elle obtient son diplôme trois ans plus tard avec grande distinction. Tout en poursuivant des études de psychologie à l'Université Catholique de Louvain-la-Neuve, elle ouvre un cabinet de logopédie dans la capitale belge jusqu'à ses fiançailles.
Le couple princier a quatre enfants : la princesse Elisabeth (née en 2001), le prince Gabriel (né en 2003), le prince Emmanuel (né en 2005) et la princesse Eléonore (née en 2008). Ils habitent au château de Laeken.
Contrairement à la génération précédente, Philippe fréquente des établissements publics et n'a pas de professeurs particuliers à domicile. Il effectue en français ses études primaires et ses trois premières années secondaires au Collège Saint-Michel d'Etterbeek. De 1967 à 1971, le prince participe aux activités d'une meute de louveteaux flamands dans le domaine de Laeken.
A partir de septembre 1975, il est interne pendant ses trois dernières années secondaires en néerlandais à l'abbaye de Zevenkerken à Bruges Saint-André. C'est là qu'il rencontre son premier grand amour : Barbara Maselis, une jeune Flamande de Roulers et de deux ans sa cadette. De 1978 à 1981, Philippe suit les cours à l'Ecole Royale Militaire de Bruxelles avec la 118ème Promotion Toutes Armes.
Nommé sous-lieutenant en 1980, le prince reçoit ses ailes de pilote de chasse des mains du roi Baudouin le 9 juillet 1982. Après la force aérienne, il rejoint la force terrestre au sein du régiment paracommando. Au terme d'un stage au Centre d'entraînement de Schaffen, il obtient le brevet A de parachutisme, totalisant 47 sauts, dont 22 en chute libre. Le 17 décembre 1982, à l'issue d'un raid à travers les Pyrénées, le Roi lui remet le brevet A de commando qu'il avait réussi un mois plus tôt. Du 3 janvier au 30 mars 1983, Philippe, caserné à Tielen, est chef de peloton au 3ème Bataillon et a en charge l'instruction de base des jeunes recrues. Le 25 mars, le prince est promu capitaine.
Ensuite, il séjourne deux mois au Trinity College de l'Université d'Oxford et poursuit sa formation à partir de septembre 1983 à la Graduate School de l'Université de Stanford en Californie. Le 16 juin 1985, en présence du prince Albert et de la princesse Paola, il y obtient le diplôme de Master of Arts en sciences politiques et devient le premier membre de la famille royale à détenir un diplôme universitaire. De son propre aveu, ces deux années incognito de l'autre côté de l'Atlantique constituent l'expérience la plus déterminante de sa jeunesse.
Sa formation militaire et universitaire terminée, Philippe commence, à 25 ans, sa vie publique de prince de Belgique et honore de sa présence de nombreux événements officiels. Dans le domaine social, il participe bénévolement aux activités de Médecins Sans Frontières pendant trois semaines dans un camp de réfugiés en Ethiopie. Au début des années 90, le prince apparaît de plus en plus souvent aux côtés du roi Baudouin et de la reine Fabiola, et est présenté par les médias comme le futur souverain. A partir de 1992, le gouvernement belge lui octroie une dotation pour se constituer une équipe de collaborateurs personnels et ainsi acquérir une certaine autonomie vis-à-vis de son père et de son oncle.
Suite au décès du roi Baudouin le 31 juillet 1993, Philippe devient officiellement prince héritier et reçoit le titre de duc de Brabant. Il succède à son père à la présidence d'honneur de l'Office Belge du Commerce Extérieur. Chaque année, il préside plusieurs missions économiques de plusieurs jours à l'étranger. La présence du fils du Roi à la tête d'une délégation permet de rencontrer les plus hautes autorités, facilite la signature de contrats et donne une couverture médiatique plus importante pour les entreprises belges.
D'octobre 1993 à mai 1997, le prince Philippe assume la présidence du Conseil National du Développement Durable, qui avait vu le jour suite à la conférence de Rio. Lorsqu'en 1997, cette institution s'est transformée en Conseil Fédéral du Développement Durable, il en accepte la présidence d'honneur. En septembre 2002, il préside avec le premier ministre Guy Verhofstadt la délégation belge au Sommet des Nations Unies sur le Développement Durable à Johannesburg en Afrique du Sud.
Comme le veut la tradition, le prince héritier prête serment le 21 juin 1994 comme sénateur de droit et y est rejoint quelques années plus tard par sa soeur Astrid et son frère Laurent.
Le 29 mai 1998, il lance le Fonds Prince Philippe, qui a pour mission de contribuer à entretenir un dialogue permanent entre les trois communautés de notre pays. Il vise à favoriser des échanges, des rencontres et un dialogue entre des groupes de citoyens (principalement des écoles) afin de stimuler, au-delà des frontières linguistiques, une plus grande reconnaissance mutuelle dans le respect de la spécificité et de la culture de chacun.
Le duc de Brabant est également docteur honoris causa de la Katholieke Universiteit van Leuven et président d'honneur de la Fondation Polaire Internationale.
Le prince épouse en 1999 Mathilde d'Udekem d'Acoz, une jeune femme issue de l'aristocratie belge. Son papa, Patrick d'Udekem d'Acoz, est originaire de Poperinge en Flandre occidentale et ses deux oncles ont fait de la politique au sein du CVP. Mathilde grandit au château de Losange en province de Luxembourg. Après ses études primaires à l'Ecole Notre-Dame de Bastogne, elle fréquente l'Institut de la Vierge Fidèle à Bruxelles. En 1991, Mathilde choisit d'étudier la logopédie à l'Institut Marie Haps, où elle obtient son diplôme trois ans plus tard avec grande distinction. Tout en poursuivant des études de psychologie à l'Université Catholique de Louvain-la-Neuve, elle ouvre un cabinet de logopédie dans la capitale belge jusqu'à ses fiançailles.
Le couple princier a quatre enfants : la princesse Elisabeth (née en 2001), le prince Gabriel (né en 2003), le prince Emmanuel (né en 2005) et la princesse Eléonore (née en 2008). Ils habitent au château de Laeken.
mardi 9 février 2010
"Les 70 ans de la reine Paola" (Vincent Leroy)
1° Après "Chroniques du règne d'Albert II", "Le poète belge Emile Verhaeren" et "Le prince Charles de Belgique", voici le quatrième ouvrage de Vincent Leroy, un passionné de l'histoire belge contemporaine (plus d'infos sur son site personnel : www.vincentleroy.be).
2° Issue de l'aristocratie italienne, Paola Ruffo di Calabria naît en 1937 à Forte dei Marmi. Son enfance est marquée par la deuxième guerre mondiale et le décès de son père. En 1958, le destin de Paola bascule : elle rencontre le prince Albert de Belgique à Rome. C'est le coup de foudre. Un an plus tard, ils se marient à Bruxelles et auront trois enfants (le prince Philippe, la princesse Astrid et le prince Laurent). Ils connaissent ensuite une longue crise conjugale. Suite au décès du roi Baudouin en 1993, Albert II monte sur le trône et Paola devient la sixième reine des Belges. L'auteur nous explique toutes les initiatives de la souveraine dans les domaines socio-culturels : l'art contemporain, la Fondation Reine Paola, Child Focus, etc. Il dresse ensuite le portrait de son époux le roi Albert, de leurs enfants et petits-enfants.
3° Vous pouvez commander ce livre directement auprès d'Imprimages : www.imprimages.be/catalogue-des-livres/Catalogue/11/livres/biographie.html
4° Voici deux critiques de ce livre :
www.noblesseetroyautes.com/nr01/?p=3982 (sur le blog Noblesse et Royautés de R. Salens)
http://editionsdelermitage.skynetblogs.be/archive/2010/08/06/un-portrait-royal.html (sur le blog de la journaliste Appoline Elter)
mercredi 3 février 2010
Activités royales en janvier 2010
8 audiences pour le Roi : le premier ministre Yves Leterme (reçu 3 fois), le ministre des Affaires étrangères Steve Vanackere, l'ambassadeur de Jordanie, le président du VLD Alexander De Croo, le président de l'Union Wallone des Entreprises Jean-Pierre Delwart et la ministre de l'Intérieur Annemie Turtelboom.
6 activités officielles pour le Roi : visite du groupe Sud Presse, 3 réceptions de Nouvel An au palais royal, visite sur les lieux de l'explosion de Liège et réunion de travail à la Fondation Roi Baudouin.
6 activités officielles pour la reine Paola : concert de gala de la Chapelle Musicale Reine Elisabeth, visite d'une exposition sur la médecine traditionnelle chinoise, 3 réceptions de Nouvel An au palais royal et visite de l'exposition sur la Route de la Soie.
0 activité officielle pour la reine Fabiola.
6 activités officielles pour le prince Philippe : Journées de Contact Diplomatiques, inauguration du Salon de l'Auto, 3 réceptions de Nouvel An au palais royal et remise du Trophée National du Mérite Sportif.
5 activités officielles pour la princesse Mathilde : Journées de Contact Diplomatiques, 25 ans de l'asbl Jeunesse et Danse à Anvers, 3 réceptions de Nouvel An au palais royal.
1 activité officielle pour la princesse Astrid : concert de gala de la Chapelle Musicale Reine Elisabeth.
1 activité officielle pour le prince Lorenz, le prince Laurent et la princesse Claire : réception de Nouvel pour les autorités politiques belges.
Résumé des activités officielles de janvier 2010 (source : www.monarchie.be) :
Roi : 6 activités officielles + 8 audiences
Reine Paola : 6 activités officielles
Prince Philippe : 6 activités officielles
Princesse Mathilde : 5 activités officielles
Princesse Astrid : 1 activité officielle
Prince Lorenz : 1 activité officielle
Prince Laurent : 1 activité officielle
Princesse Claire : 1 activité officielle
Reine Fabiola : 0 activité officielle
6 activités officielles pour le Roi : visite du groupe Sud Presse, 3 réceptions de Nouvel An au palais royal, visite sur les lieux de l'explosion de Liège et réunion de travail à la Fondation Roi Baudouin.
6 activités officielles pour la reine Paola : concert de gala de la Chapelle Musicale Reine Elisabeth, visite d'une exposition sur la médecine traditionnelle chinoise, 3 réceptions de Nouvel An au palais royal et visite de l'exposition sur la Route de la Soie.
0 activité officielle pour la reine Fabiola.
6 activités officielles pour le prince Philippe : Journées de Contact Diplomatiques, inauguration du Salon de l'Auto, 3 réceptions de Nouvel An au palais royal et remise du Trophée National du Mérite Sportif.
5 activités officielles pour la princesse Mathilde : Journées de Contact Diplomatiques, 25 ans de l'asbl Jeunesse et Danse à Anvers, 3 réceptions de Nouvel An au palais royal.
1 activité officielle pour la princesse Astrid : concert de gala de la Chapelle Musicale Reine Elisabeth.
1 activité officielle pour le prince Lorenz, le prince Laurent et la princesse Claire : réception de Nouvel pour les autorités politiques belges.
Résumé des activités officielles de janvier 2010 (source : www.monarchie.be) :
Roi : 6 activités officielles + 8 audiences
Reine Paola : 6 activités officielles
Prince Philippe : 6 activités officielles
Princesse Mathilde : 5 activités officielles
Princesse Astrid : 1 activité officielle
Prince Lorenz : 1 activité officielle
Prince Laurent : 1 activité officielle
Princesse Claire : 1 activité officielle
Reine Fabiola : 0 activité officielle
mardi 26 janvier 2010
Le roi Baudouin (1930-1993)
Baudouin, Albert, Charles, Léopold, Axel, Marie, Gustave de Saxe-Cobourg-Gotha, prince de Belgique, comte de Hainaut (de 1930 à 1934), duc de Brabant (de 1934 à 1951), naît le 7 septembre 1930 au château du Stuyvenbergh. Suite au décès du roi Albert Ier en 1934, son fils Léopold monte sur le trône et Baudouin devient le nouveau prince héritier.
L'enfance de Baudouin est marquée par le décès de sa maman la reine Astrid dans un accident de voiture à Küssnacht en Suisse, et par la deuxième guerre mondiale. Lors de l'invasion de la Belgique par les Allemands en 1940, Joséphine-Charlotte, Baudouin et Albert sont emmenés en France et en Espagne, avant de revenir quelques mois plus tard au château de Ciergnon où ils poursuivent leurs études avec des professeurs particuliers. En juin 1944, la famille royale belge est déportée à la forteresse d'Hirschtein en Allemagne, puis en Autriche où ils sont libérés par les armées alliées. La Question Royale les oblige ensuite à vivre en Suisse de 1945 à 1950.
En août 1950, le roi Léopold III cède ses prérogatives constitutionnelles à Baudouin, qui n'a que vingt ans et aucune formation militaire et politique approfondie. Il est nommé prince royal et lieutenant général du royaume. Un an plus tard, Léopold III abdique et Baudouin devient le cinquième roi des Belges. Durant la première décennie de son règne, il montre clairement que prendre la place de son père est un réel sacrifice et il ne manque pas de lui rendre hommage dans ses discours. On le surnomme "le roi triste" car il ne sourit pas lors de ses apparitions publiques, excepté lors de son voyage triomphal au Congo en 1955. L'Exposition Universelle de Bruxelles en 1958 est une réussite et montre le prestige de la Belgique sur la scène internationale.
Au cours de l'année 1960, le Congo devient indépendant et le roi Baudouin fait un mariage d'amour avec Fabiola de Mora y Aragon, une aristocrate espagnole. Le couple n'aura pas d'enfants. Leurs qualités humaines les incitent à diminuer les fastes de la Cour et à s'intéresser aux plus vulnérables de la société. Fabiola crée le Secrétariat Social de la Reine et la Fondation Nationale Reine Fabiola pour la Santé Mentale.
Depuis la fin de la Question Royale, les tensions communautaires se multiplient : fixations de la frontière linguistique et de l'emploi des langues dans l'enseignement et l'administration qui confirment l'unilinguisme des régions (1962-1963), expulsion des francophones de l'Université de Louvain (1968), scission des partis traditionnels, etc. Les nationalistes flamands veulent limiter toute nouvelle expansion de la culture française en territoire flamand. Le déclin économique de la Wallonie contraste avec l'essor démographique et industriel de la Flandre. Au début des années 70, le monde politique reconnaît officiellement l'existence en Belgique de trois communautés culturelles (flamande, française et germanophone) et de trois régions économiques (Bruxelles, la Flandre et la Wallonie).
Soucieux de l'unité du pays, le roi Baudouin prononce un discours important en 1976 : "Lorsque les fondateurs de la Belgique indépendante choisirent notre devise, ils étaient tout à fait conscients de notre diversité et de la nécessité de notre cohésion. Ils avaient estimé que les régions, avec leur autonomie légitime, constituaient des éléments complémentaires dans un ensemble, et ne devaient pas se présenter comme des adversaires envieux. Ils savaient que fédérer, c'est unir dans la différence acceptée, et non pas dissocier dans l'affrontement".
A l'occasion de ses 25 ans de règne en 1976, le roi Baudouin refuse tout cadeau personnel et lance la Fondation Roi Baudouin qui a pour objectif l'amélioration des conditions de vie de la population et intervient dans de nombreux domaines (pauvreté, santé, traite des êtres humains, racisme, patrimoine, environnement, alphabétisation, etc).
Plus d'infos sur la Fondation Roi Baudouin : http://familleroyalebelge.blogspot.be/2012/07/hausse-des-dons-en-2011-pour-la.html
Plus d'infos sur le Prix International Roi Baudouin pour le Développement en Afrique : http://familleroyalebelge.blogspot.be/2017/06/prix-international-roi-baudouin-pour-le.html
La fédéralisation de la Belgique se poursuit. En 1980, des institutions régionales sont mises en place pour la Flandre et la Wallonie. Une nouvelle réforme de l'Etat en 1988-1989 élargit les compétences des régions et communautés, et donne à Bruxelles ses propres institutions. Les accords de la Saint-Michel en 1992 transforment la Belgique en un Etat fédéral et scindent la province du Brabant en deux.
Européen convaincu, le roi Baudouin se réjouit du choix de Bruxelles comme siège de la Commission Européenne et du Parlement Européen. En 1990, il refuse de signer la loi dépénalisant l'avortement. De nombreuses festivités populaires marquent son 60ème anniversaire et ses 30 ans de mariage en 1990, puis les 40 ans de son règne en 1991. La loi salique est abolie en 1991 dans l'ordre de succession au trône. A la fin de sa vie, le Roi s'implique dans la lutte contre la traite des êtres humains.
En vacances dans sa villa de Motril en Espagne, le roi Baudouin décède le 31 juillet 1993 d'une crise cardiaque. Il avait 63 ans. Les Belges lui rendent un vibrant hommage. Ses funérailles rassemblent de très nombreux chefs d'Etat et de gouvernement, dont la reine Elisabeth II d'Angleterre et l'empereur Akihito du Japon qui ne s'étaient jamais déplacés à l'étranger pour un enterrement. La cérémonie est marquée par le témoignage d'une prostituée rencontrée par le Roi quelques mois avant sa mort.
mardi 19 janvier 2010
"Les traumatisés du trône" (Mario Danneels)
En 1999, le jeune journaliste flamand Mario Danneels avait écrit une biographie de la reine Paola, dans laquelle il avait révélé en une seule ligne l'existence de la fille illégitime d'Albert II. Dans l'avant-propos de "Les traumatisés du trône", l'auteur explique avec franchise ses intentions :
"Le ton y est plus caustique que dans la biographie de la Reine, qui était un portrait objectif. Par la force des choses, cet ouvrage-ci est beaucoup plus subjectif et se base de temps à autre sur des suppositions. Mais nulle part il n'est fait violence avec préméditation à la vérité. L'usage d'une langue plus piquante est aussi un choix personnel et conscient : beaucoup trop de gens approchent la famille royale d'une manière tellement pâteuse, et parfois écoeurante, que cela ne fait que contribuer à l'aliénation de ses membres. Et c'est certainement la dernière chose dont la monarchie belge a besoin".
Mario Danneels n'épargne aucun membre de la famille royale ("la tribu la plus grotesque de Belgique" selon ses propres mots). Seules la reine Paola et la princesse Astrid ont droit à la bienveillance de l'auteur. Il accuse le roi Baudouin et la reine Fabiola d'avoir joué un rôle néfaste dans la vie de Paola durant les années 60 et 70, et reproche à Albert II de ne pas avoir assez soutenu son épouse à cette époque et de ne pas reconnaître aujourd'hui sa fille illégitime Delphine Boël. Mario Danneels se moque du "travail d'historien" de la princesse Marie-Esméralda et se demande pourquoi la princesse Claire a quitté son métier de géomètre.
Sur la reine Fabiola : "Si Fabiola devait, elle aussi, receler un mystère, celui-ci serait en tout cas moins difficile à percer : c'est, en effet, un miracle que quelqu'un pourvu d'une dévotion manifestement aussi extrême et qui multipliait les interventions dans les affaires non conformes à ses inclinations vaticanes soit parvenu à vivre à ce point en contradiction avec les valeurs chrétiennes, en diabolisant, en stigmatisant et en montant autant de gens les uns contre les autres. Si Laeken avait été une filiale de la basilique Saint-Pierre, alors la Reine n'aurait pas hésité à excommunier à vie Lilian et ses enfants, le prince Charles, Paola et Laurent".
Même si je n'ai trouvé aucune erreur, "Les traumatisés du trône" ne sera pas un ouvrage historique de référence (l'auteur reconnaît lui-même sa subjectivité). Mario Danneels insiste sur les défauts, les faiblesses et les failles des membres de la famille royale, sans évoquer leurs qualités et leurs actions au service de notre pays. Ce livre est cependant intéressant car il montre comment la monarchie est présentée par les médias flamands en 2007. Quand on lit le chapitre consacré au prince héritier Philippe (décrit comme un homme incapable et orgueilleux), on comprend pourquoi il n'est pas populaire au nord du pays... Mario Danneels vante cependant les qualités de la princesse Astrid et regrette que ce ne soit pas elle qui succède au sympathique Albert II.
Enfin, dans la postface intitulée "Un regard flamand sur la famille royale", l'auteur écrit : "Non seulement la famille royale est d'origine francophone, mais en plus, au cours de cette dernière décennie, elle a donné le sentiment d'avoir choisi, presque ouvertement, le camp des francophones et de se tenir sur ses gardes face à la communauté flamande. Par la force des choses, la Flandre se sent étrangère à sa famille royale. Elle lui tourne le dos parce qu'elle perçoit intuitivement que c'est ce que certains de ses membres ont fait à son égard".
Mario Danneels "oublie" d'écrire que pour la première fois dans l'histoire de la dynastie, le couple royal, ses enfants, beaux-enfants et petits-enfants parlent le néerlandais, et que le roi Albert II a une majorité de Flamands parmi ses proches collaborateurs. La jeune génération est scolarisée au collège Sint-Jan Berchmans (les enfants de la princesse Astrid n'ont même pas fréquenté un établissement francophone!). Quant à la princesse Mathilde, elle vient d'une famille originaire de Flandre occidentale et ses deux oncles ont fait de la politique au sein du CVP, le parti d'Yves Leterme...
"Le ton y est plus caustique que dans la biographie de la Reine, qui était un portrait objectif. Par la force des choses, cet ouvrage-ci est beaucoup plus subjectif et se base de temps à autre sur des suppositions. Mais nulle part il n'est fait violence avec préméditation à la vérité. L'usage d'une langue plus piquante est aussi un choix personnel et conscient : beaucoup trop de gens approchent la famille royale d'une manière tellement pâteuse, et parfois écoeurante, que cela ne fait que contribuer à l'aliénation de ses membres. Et c'est certainement la dernière chose dont la monarchie belge a besoin".
Mario Danneels n'épargne aucun membre de la famille royale ("la tribu la plus grotesque de Belgique" selon ses propres mots). Seules la reine Paola et la princesse Astrid ont droit à la bienveillance de l'auteur. Il accuse le roi Baudouin et la reine Fabiola d'avoir joué un rôle néfaste dans la vie de Paola durant les années 60 et 70, et reproche à Albert II de ne pas avoir assez soutenu son épouse à cette époque et de ne pas reconnaître aujourd'hui sa fille illégitime Delphine Boël. Mario Danneels se moque du "travail d'historien" de la princesse Marie-Esméralda et se demande pourquoi la princesse Claire a quitté son métier de géomètre.
Sur la reine Fabiola : "Si Fabiola devait, elle aussi, receler un mystère, celui-ci serait en tout cas moins difficile à percer : c'est, en effet, un miracle que quelqu'un pourvu d'une dévotion manifestement aussi extrême et qui multipliait les interventions dans les affaires non conformes à ses inclinations vaticanes soit parvenu à vivre à ce point en contradiction avec les valeurs chrétiennes, en diabolisant, en stigmatisant et en montant autant de gens les uns contre les autres. Si Laeken avait été une filiale de la basilique Saint-Pierre, alors la Reine n'aurait pas hésité à excommunier à vie Lilian et ses enfants, le prince Charles, Paola et Laurent".
Même si je n'ai trouvé aucune erreur, "Les traumatisés du trône" ne sera pas un ouvrage historique de référence (l'auteur reconnaît lui-même sa subjectivité). Mario Danneels insiste sur les défauts, les faiblesses et les failles des membres de la famille royale, sans évoquer leurs qualités et leurs actions au service de notre pays. Ce livre est cependant intéressant car il montre comment la monarchie est présentée par les médias flamands en 2007. Quand on lit le chapitre consacré au prince héritier Philippe (décrit comme un homme incapable et orgueilleux), on comprend pourquoi il n'est pas populaire au nord du pays... Mario Danneels vante cependant les qualités de la princesse Astrid et regrette que ce ne soit pas elle qui succède au sympathique Albert II.
Enfin, dans la postface intitulée "Un regard flamand sur la famille royale", l'auteur écrit : "Non seulement la famille royale est d'origine francophone, mais en plus, au cours de cette dernière décennie, elle a donné le sentiment d'avoir choisi, presque ouvertement, le camp des francophones et de se tenir sur ses gardes face à la communauté flamande. Par la force des choses, la Flandre se sent étrangère à sa famille royale. Elle lui tourne le dos parce qu'elle perçoit intuitivement que c'est ce que certains de ses membres ont fait à son égard".
Mario Danneels "oublie" d'écrire que pour la première fois dans l'histoire de la dynastie, le couple royal, ses enfants, beaux-enfants et petits-enfants parlent le néerlandais, et que le roi Albert II a une majorité de Flamands parmi ses proches collaborateurs. La jeune génération est scolarisée au collège Sint-Jan Berchmans (les enfants de la princesse Astrid n'ont même pas fréquenté un établissement francophone!). Quant à la princesse Mathilde, elle vient d'une famille originaire de Flandre occidentale et ses deux oncles ont fait de la politique au sein du CVP, le parti d'Yves Leterme...
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