mercredi 29 février 2012

L'action de la Fondation Reine Paola en 2010

Etablissement d'utilité publique, la Fondation Princesse Paola (devenue ensuite Fondation Reine Paola) a été créée en décembre 1992 pour soutenir des projets concrets émanant d'organisations ou de personnes venant en aide à des jeunes particulièrement éprouvés par la vie, confrontés à des problèmes familiaux, de formation et de réinsertion. Conformément à la politique de la Fondation, les interventions sont toujours attribuées pour un projet déterminé, dans le cadre d'un budget présenté et éventuellement pluriannuel. Parfois, la Reine émet des suggestions suite à une visite.

Au fur et à mesure des ans, la liste des associations soutenues par la Fondation Reine Paola est de plus en plus longue : en 2010, 299.411 euros ont été répartis entre 56 associations, dont les Amis de l'Hôpital Universitaire des Enfants Reine Fabiola à Laeken, l'asbl De Tuimel à Berchem, l'asbl Escalpade à Louvain-la-Neuve, le Foyer des Jeunes des Marolles à Bruxelles, le Foyer Lilla Monod à Ixelles, l'asbl Génération Nouvelle à Soignies, la Maison des Enfants Reine Marie-Henriette à Bruxelles, l'asbl Les Petits Fours à Mons, la Maison des Enfants à Nivelles, l'asbl Les Petits Colibris à Tournai, SOS Villages d'Enfants-Belgique, l'asbl Pag-Asa à Bruxelles, l'asbl Phénix à Namur, l'asbl Educ'Action à Ciney, etc. Plus d'infos sur www.sk-fr-paola.be

Depuis 1996, la Fondation remet chaque année des Prix Reine Paola pour l'Enseignement qui récompensent des projets novateurs d'enseignants, alternativement du primaire et du secondaire. Le 1er prix s'élève à 6.500 euros, le 2ème prix à 4.000 euros et le 3ème prix à 2.500 euros. En 2010, 26.000 euros ont été distribués à des projets du secondaire. En communauté française, le premier prix a été attribué à un groupe d'accueil et d'accompagnement des professeurs entrants de l'Athénée Royal Gatti de Gamond à Bruxelles, tandis que le projet "Teacher Aid" de Bart Verswijvel à l'Immaculata Instituut à Malle pour réduire la fraction numérique entre professeurs et élèves, a obtenu le premier prix en communauté flamande. Plus d'infos sur www.prixpaola.be

La Fondation Reine Paola a lancé en 1999 le programme "Ecole de l'Espoir" pour soutenir des écoles travaillant dans des quartiers défavorisés. Soumis à un jury indépendant, les projets doivent avoir pour objectif d'augmenter les chances de réussite des élèves. Le soutien financier peut atteindre maximum 20.000 euros par an et peut être reconduit pendant un maximum de quatre ans sur base d'une évaluation annuelle. Afin de soutenir au mieux les lauréats, un accompagnement a été mis en place depuis l'année scolaire 2006-2007, et a été poursuivi en 2010. Il est assuré par le professeur Marc Demeuse de l'Université de Mons et le Dr Loes Vandenbroucke du HIVA à Leuven. En 2010, 14 projets ont été soutenus pour un montant total annuel de 163.698 euros et concernent des écoles situées à Anderlecht, Anvers, Borgerhout, Bruxelles, Couillet, Courtrai, Gand, Houthalen-Helchteren, Molenbeek-Saint-Jean, Saint-Josse-ten-Noode, Seraing et Sint-Niklaas. Plus d'infos sur www.ecoleespoir.be

Nouveauté en 2010 : "Terre d'Avenir" est une collaboration entre la Fondation Reine Paola et la Fondation Dirk Frimout qui organisait déjà depuis huit ans le Prix Focus Aarde en communauté flamande. Le Prix "Terre d'Avenir" va récompenser chaque année les meilleures réalisations présentées dans le cadre de la qualification professionnelle qui auront la terre ou l'espace comme sujet. Celles-ci peuvent être abordées d'un point de vue scientifique, technique, artistique, écologique. Plus d'infos sur www.terredavenir.be

Au total, la Fondation Reine Paola aura distribué 489.109 euros en 2010 à des écoles et associations s'occupant d'enfants et adolescents en difficulté. La Fondation Reine Paola est soutenue financièrement par la Loterie Nationale, la Fondation Roi Baudouin, l'asbl Les Oeuvres de la Reine, des représentants du monde de l'entreprise (D'Ieteren, Groupe Bruxelles-Lambert, Solvay, Mercedes-Benz, Total, BNP Paribas Fortis, p.ex.) et de généreux donateurs. Le baron van Gysel de Meise a mis son Hôtel Plaza à Bruxelles à disposition de la Fondation Reine Paola pour son concert de Noël 2010 qui permet aux donateurs et associations de se rencontrer.

(Les chiffres de 2011 n'ont pas encore été rendus publics).

lundi 20 février 2012

Le rôle politique du roi Albert II en 2003

Lors de la réception de Nouvel An 2003 au palais royal, le premier ministre se distance clairement de la proposition de son parti en rappelant le rôle fédérateur de la monarchie et en rendant hommage au "rôle constitutionnel exemplaire d'Albert II, un roi qui incarne le calme et la sécurité et qui témoigne de ses préoccupations pour le pays et ses habitants. Albert II peut servir d'exemple pour le fonctionnement d'une monarchie moderne dans un pays assurément plus complexe que le Danemark, les Pays-Bas ou la Grande-Bretagne". Guy Verhofstadt conclut en présentant le programme des festivités populaires organisées à Bruxelles pour le dixième anniversaire de l'accession au trône du roi Albert.

Le lendemain, le journal "Le Soir" dévoile les résultats d'un sondage de Dedicated Research sur la monarchie :
12 % des Belges sont pour l'augmentation des pouvoirs du Roi.
66 % des Belges sont pour le maintien des pouvoirs actuels du Roi.
14 % des Belges sont pour la diminution des pouvoirs du Roi.
7 % des Belges sont pour la suppression des pouvoirs du Roi.
1 % des Belges sont sans opinon sur le sujet.

Quant à Albert II, il consacre son allocution de Nouvel An à la violence :

"En octobre dernier, l'Organisation Mondiale de la Santé a présenté à Bruxelles son premier rapport mondial sur le thème : la violence et la santé. Ce document fait suite à une résolution de l'assembléée de l'OMS en 1996, déclarant que la violence constitue l'un des principaux problèmes de santé publique dans le monde. Pendant trois ans, plus de 160 experts du monde entier ont rassemblé des données dans 170 pays pour analyser toutes les formes de violence, depuis celles que les personnes pratiquent contre elles-mêmes, en passant par celles que des individus exercent les uns contre les autres, jusqu'aux formes de violence collective comme la guerre ou la révolution. Ce travail a été réalisé sous la direction d'un compatriote, le Dr. Krug, et notre pays a été un des premiers à offrir son soutien financier à cette étude.

Chaque année, plus de 1.600.000 personnes meurent dans le monde entier des suites d'actes de violence. Dans 50 % des cas, soit 815.000 pour l'année 2000, il s'agit de suicides. Remarquons que le nombre de tués dans des conflits armés, la même année, est deux fois et demie inférieur à ce chiffre. C'est en Europe centrale et de l'Est que les pourcentages de suicides sont les plus élevés. L'OMS estime que 520.000 personnes ont été assassinées au cours de l'année 2000. Parmi elles, 199.000 jeunes entre 10 et 29 ans, souvent victimes d'autres jeunes. L'abus d'alcool ou de drogue en est généralement la cause.

A côté des milliers de morts, la violence marque aussi des millions d'autres êtres humains qui subissent des traumatismes physiques ou psychologiques dont ils resteront à jamais meurtris. Comme l'exprime si bien Nelson Mandela dans son avant-propos de l'étude de l'OMS et je cite : "Ce qui est moins visible, mais bien plus répandu, c'est le fardeau des souffrances quotidiennes. C'est la douleur des enfants victimes de ceux qui devraient les protéger, des femmes blessées ou humiliées par un partenaire violent, des personnes âgées maltraitées par ceux qui s'occupent d'elles, des jeunes brutalisés par d'autres jeunes ou encore des gens de tous âges qui retournent la violence contre eux-mêmes". Fin de citation.

Le rapport de l'OMS me semble, tant sur le plan international que national, former une excellente base d'action pour tenter d'enrayer la violence. Il n'y a pas de réponse simple à ce problème. C'est par des approches différentes et surtout par la prévention dans les groupes à risques que des actions doivent être prises. Il va de soi que la violence touche également notre pays. Je ne vais pas traiter ici de phénomènes que j'ai déjà abordés à d'autres occasions, comme la maltraitance d'enfants ou la traite des êtres humains. Je voudrais aujourd'hui mettre en lumière trois problèmes graves qui touchent directement beaucoup de nos concitoyens mais dont l'ampleur est peut-être moins connue du grand public. Il s'agit du suicide, de la maltraitance de personnes âgées et de la violence contre les femmes par un partenaire.

J'ai été frappé, tout comme le premier ministre dans son discours à la conférence de l'OMS, par le fait que dans notre pays environ 2.000 personnes se suicident chaque année. Ce nombre est plus élevé que les 1.400 décès annuels dans le trafic routier. A juste titre, ce dernier chiffre a été jugé inacceptable par l'opinion et diverses mesures sont prises par les autorités pour le réduire. La même prise de conscience devrait avoir lieu en matière de suicide. D'autant plus que chez nous, le nombre de suicides est plus élevé que dans d'autres pays de l'Union Européenne. Ainsi, par 100.000 habitants, on compte plus de 21 suicides en Belgique, 11 aux Pays-Bas, 9 au Royaume-Uni et en Espagne, 5 au Portugal et 4 en Grèce.

Quand on devine la douleur qui se cache derrière chaque suicide, il me paraît indispensable de se mobiliser pour réduire cette impressionnante somme de tragédies. Dans cet esprit, par exemple, la Vlaamse gezondheidsconferentie a traité, en décembre dernier, de la prévention du suicide. Dans ses recommandations, elle préconise entre autres que les hôpitaux ayant soigné une personne à la suite d'une tentative de suicide en informent le médecin de famille car son rôle est crucial dans le suivi du patient. Par ailleurs, il me semble important que les associations qui se soucient spécifiquement de la prévention du suicide et celles qui sont à l'écoute de toutes les personnes en détresse, comme Télé-Accueil, soient plus activement soutenues. Le travail des volontaires, qui souvent à titre bénévole y consacrent une bonne partie de leur temps libre, mérite notre admiration.

Une autre forme de violence commence à éveiller l'attention, bien que l'opinion en soit encore relativement peu consciente : c'est la maltraitance de personnes âgées par des membres de leur famille ou des personnes qu'elles connaissent. Une étude réalisée chez nous auprès de 523 personnes âgées vivant à la maison, montre qu'une personne âgée sur huit a été confrontée à ce type de problème. Une enquête auprès du personnel de homes pour personnes âgées a révélé que dans un tiers de ces institutions, différentes formes de violence existaient et que dans la plupart des cas la direction n'était pas au courant de ces actes. Le rapport de l'OMS souligne que l'information et la sensibilisation du public sont des éléments importants dans la prévention de cette maltraitance ou négligence. L'objectif est donc d'alerter le grand public au sujet des différents types de mauvais traitement, de lui apprendre à en reconnaître les signes et de lui expliquer vers qui se tourner pour obtenir de l'aide.

Pour terminer, j'aimerais encore évoquer une forme courante de violence : ce sont les sévices infligés aux femmes par un partenaire ou ex-partenaire. Ces faits ont hélàs lieu dans tous les pays et dans tous les groupes sociaux. Ils se produisent aussi chez nous. Une étude parue récemment fait état de 5.806 cas verbalisés et enregistrés en 1999. L'autorité publique veut s'y attaquer, notamment par le plan national d'action contre la violence à l'égard des femmes. Ce fut également le thème de la Journée des Femmes le 11 novembre dernier. Il importe de renforcer la prévention dans ce domaine et de faire savoir que ce type de violence ne peut rester impuni.

Voilà, Mesdames et Messieurs, les faits et quelques réflexions que je souhaitais partager avec vous à la suite de cet important rapport de l'OMS. Le but n'est pas de regretter ces phénomènes mais au contraire, de prendre conscience de ces réalités et de s'armer pour mieux les affronter. Cette lutte doit évidemment se mener sur le plan judiciaire, mais ce n'est pas le seul. Il faut savoir que tout comme pour d'autres problèmes de santé publique, ces situations peuvent faire l'objet d'une prévention efficace. Il ne s'agit pas d'un fait social inévitable ou lié de façon inéluctable à la condition humaine. La violence est le produit de facteurs complexes, mais qui peuvent être modifiés. C'est cette entreprise de prévention de la violence que j'invite tous les responsables de notre pays et de l'Union Européenne à s'atteler. Evitons notamment de banaliser la violence en la présentant quotidiennement sous toutes ses formes. Développons plutôt une culture de respect mutuel, de dialogue et de paix".

Autre souci du couple royal : le racisme. Plusieurs visites sont organisées autour de ce thème en 2003. En janvier, Paola est la première reine belge à rencontrer la communauté orthodoxe de notre pays. Le mois suivant, son mari visite le Commissariat général aux réfugiés et aux apatrides, et l'entreprise de nettoyage ISS à Vilvorde. Cette dernière, qui emploie 40 % de non-Belges au sein de ses 11.500 employés, est à l'origine d'une charte contre le racisme. Albert II inaugure en mai le Mémorial de Breendonk, restauré selon les règles de la muséologie moderne. Il met en valeur les leçons de mobilisation démocratique à tirer au XXIème siècle de l'horreur vécue dans le seul camp de concentration belge soixante ans plus tôt. En septembre, les souverains se rendent dans les quartiers immigrés de Molenbeek-Saint-Jean, comme ils l'avaient fait un an plus tôt à Schaerbeek et Saint-Josse.

Sur le plan politique, le 30 avril, la ministre des Transports Isabelle Durant suspend les nouveaux tracés nocturnes des avions au départ et à destination de l'aéroport de Bruxelles-National. Deux jours plus tard, le premier ministre ordonne aux services publics de ne pas tenir compte de la circulaire d'Isabelle Durant et d'appliquer les décisions de janvier 2003 du gouvernement fédéral. De plus, il prie la ministre de ne plus prendre aucune décision à ce sujet, lui rappelant que le gouvernement était en affaires courantes. Vu la gravité de la situation, Guy Verhofstadt se rend le samedi après-midi au château du Belvédère afin de tenir informé le Roi.

Lors du conseil des ministres du 4 mai, le gouvernement ne parvient pas à trouver un compromis et les cinq autres partis de la majorité soutiennent la position de Guy Verhofstadt. Aussi la ministre des Transports Isabelle Durant et le secrétaire d'Etat à l'Energie Olivier Deleuze annoncent leur démission et le départ d'Ecolo du gouvernement fédéral, à deux semaines des élections législatives. Le lendemain, le premier ministre est à nouveau reçu par Albert II qui accepte les deux démissions. Le Roi nomme ensuite Alain Zenner secrétaire d'Etat à l'Energie et donne le titre de ministre à Yvan Ylieff qui était depuis 1999 commissaire fédéral de la recherche scientifique. Quant aux compétences d'Isabelle Durant, elles sont transmises à la vice-première ministre et ministre de l'Emploi Laurette Onkelinx. Depuis le début du règne d'Albert II, c'était la première fois qu'un parti politique quittait le gouvernement fédéral.

Le 18 mai, les Belges se rendent aux urnes pour élire leurs sénateurs et députés fédéraux. Lors de ce scrutin, les familles socialistes et libérales augmentent leurs scores de 1999 pour être désormais au coude-à-coude, les sociaux-chrétiens diminuent légèrement, l'extrême-droite continue son ascension et les partis écologistes enregistrent une chute spectaculaire. A la Chambre, Ecolo perd sept sièges et Agalev n'a désormais plus aucun député. Quelques semaines plus tard, Ecolo a reconnu que sa prise de position en faveur d'une république était une des causes de son échec électoral.

Comme le veut la tradition, Guy Verhofstadt présente la démission de son gouvernement au Roi qui reçoit ensuite les présidents de la Chambre, du Sénat et des différentes formations politiques (à l'exception de l'extrême-droite). Le 21 mai, il nomme informateur Elio Di Rupo le président du PS et bourgmestre de Mons. Ce dernier rencontre 150 représentants du monde politique, économique, social, syndical et religieux. A la demande expresse du souverain, il y ajoute la hiérarchie militaire belge. Au terme de sa mission une semaine plus tard, Elio Di Rupo privilégie la mise en place d'une coalition libérale et socialiste.

Albert II confie ensuite au premier ministre sortant le rôle de formateur du futur gouvernement. Après de longues négociations, Guy Verhofstadt vient le 8 juillet lui détailler l'accord intervenu entre le VLD, le MR, le PS et SPA/Spirit.

La prestation de serment du gouvernement Verhofstadt II a lieu le 12 juillet dans la rotonde du château de Laeken. Pour la première fois dans l'histoire de la Belgique, un tiers du gouvernement fédéral est constitué par des femmes. Autre nouveauté : une photo de famille a lieu sur les marches du château de Laeken avec Albert II. Une manière symbolique de montrer que cela reste constitutionnellement le gouvernement du Roi. Par ailleurs, le président du Sénat Armand De Decker et le président de la Chambre Herman De Croo conservent leur poste respectif qu'ils occupaient depuis 1999. Tous deux sont des proches du Palais et n'hésitent pas à défendre farouchement et publiquement la monarchie.

Albert II rend hommage à son frère dans son discours télévisé du 21 juillet 2003 :
"Dans quelques jours, il y aura 10 ans que le roi Baudouin nous a brusquement quittés. J'aimerais rappeler, en ce jour de fête nationale, quelques valeurs qu'il incarnait si bien et certains thèmes qui lui tenaient tellement à coeur. C'est une belle occasion d'honorer sa mémoire, de remercier la reine Fabiola qui fut à ses côtés pendant plus de 30 ans, et de souhaiter que l'action de mon frère continue à nous inspirer tous.

Il était profondément attaché aux valeurs de base de notre condition humaine. Il les proclamait souvent mais, surtout, il les vivait dans le quotidien, dans ses nombreux contacts avec tellement de personnes différentes, qu'il s'agisse de hauts responsables ou de simples citoyens, d'enfants du juge, de victimes de la traite des êtres humains ou de tant d'hommes et de femmes blessés par la vie. C'est cette même préoccupation qui fut à l'origine de la création de la Fondation Roi Baudouin, dont le but principal est de soutenir toutes initiatives tendant à améliorer les conditions de vie de notre population.

Lors de sa visite d'Etat aux Pays-Bas en mai 1993, quelques mois avant sa disparition, il soulignait et je cite : "Il est indispensable que, dans nos foyers, dans la vie associative, dans nos sociétés, soient réapprises les valeurs de base de notre civilisation, notamment le respect de la famille, la dignité de chacun, la solidarité, la justice et la tolérance. Chaque fois que la société s'en écarte, elle en souffre et en fait souffrir d'autres". Fin de citation.

C'est le vécu concret de ces valeurs qui a tant ému l'ensemble de la population lors de son décès. Car ces valeurs sont universelles, comme le rappelait le père Guy Gilbert lors du mariage de Laurent et Claire. Elles sont basées sur l'amour et le respect de l'autre qui doivent nous inspirer tous, quelles que soient nos convictions ou la culture à laquelle nous appartenons.

Par ailleurs, le roi Baudouin était le symbole, mais aussi un avocat vigoureux de l'unité et de la cohésion du pays, dans le respect de sa diversité. Il considérait le caractère multiculturel de la Belgique comme un merveilleux atout et une richesse, comme une chance unique d'être plus ouverts aux autres, plus aptes à comprendre et à accepter la différence. C'est pourquoi il insistait sur la tolérance, sur l'effort à faire pour mieux comprendre ce qui se vit dans nos diverses régions et communautés mais aussi chez les immigrés. Cette unité dans la diversité, soutenue par la toute grande majorité de nos concitoyens, doit continuer à nous inspirer. L'enthousiasme de tout le pays à l'occasion des succès de Justine et de Kim témoigne lui aussi de cette unité.

Mon frère était également convaincu, et c'est un autre thème qui lui tenait à coeur, que si notre modèle fédéral était bien vécu, il devrait stimuler la construction européenne. Il jugeait cette dernière indispensable pour notre prospérité et pour la promotion des valeurs de paix, de justice et de solidarité dans le monde. Récemment, la guerre en Irak et ses suites n'ont fait que confirmer cette impérieuse nécessité. Poursuivons ce grand dessein qui implique l'élargissement de l'Union mais aussi une politique internationale et de défense commune.

Il était fort choqué de voir que le fossé entre les pays riches et les pays pauvres ne faisait qu'augmenter. Aujourd'hui encore, nous sommes scandalisés de constater que moins de 20 % de la population de notre planète bénéficient de plus de 80 % du revenu mondial. Il est grand temps de mondialiser la solidarité. C'est ce que contribue à faire l'organisation pour le commerce équitable qui vient de recevoir, il y a quelques semaines, le Prix International Roi Baudouin pour le Développement.

Par la création de ce prix, mon frère s'est efforcé d'encourager la solidarité entre pays industrialisés et pays en voie de développement. Il aimait soutenir tous ceux qui dans des organismes publics ou dans des ONG s'efforcent d'éliminer ces injustices. Il était particulièrement sensible aux grandes détresses de l'Afrique et à la condition souvent inéquitable de la femme dans le tiers monde. Poursuivons donc et encourageons les initiatives en faveur de la paix, du développement et de la reconstruction en Afrique centrale, ainsi que les efforts entrepris dans certains pays pour y améliorer la condition de la femme".

Le Roi profite de cette fête nationale 2003 pour anoblir Hilde Kieboom, la fondatrice et présidente de la communauté religieuse Sant' Egidio en Belgique, à laquelle notre souveraine porte beaucoup d'intérêt. En avril 1995, elle se rend au restaurant pour sans abris "De Kamiano" à Anvers, géré par Sant' Egidio. Lors d'une journée passée à Anvers en 2001, elle y déjeune avec la communauté. Pendant le voyage d'Etat en Italie, la Reine visite à Rome un centre pour enfants défavorisés de la communauté Sant'Egidio. La baronne Hilde Kieboom fait partie du conseil d'administration de la Fondation Reine Paola.

Nommé d'après un très vieux monastère romain, ce groupe est fondé peu après mai 1968 par Andrea Riccardi, l'héritier d'une riche famille de banquiers. A ses débuts, il était surtout actif dans la capitale italienne. Aujourd'hui, la communauté Sant'Egidio compte environ 30.000 membres dans une trentaine de pays. Ses dirigeants oeuvrent en faveur de la paix notamment au Mozambique, en Algérie, au Burundi, et ont également contribué à la signature d'un accord au Guatemala.

A l'initiative du gouvernement fédéral, de nombreuses festivités populaires sont organisées les 20 et 21 juillet 2003 à Bruxelles pour marquer le dixième anniversaire de l'accession au trône d'Albert II : concert de l'orchestre Prima La Musica, parades à vélo, en roller et à moto, spectacles de cirque, feu d'artifice, bal populaire dans les Marolles, concert de l'Orchestre National de Belgique, Te Deum, défilé militaire, etc. De leur côté, Albert et Paola offrent une garden-party à 2.000 personnes (dont 880 simples citoyens belges) dans le domaine de Laeken comme ils l'avaient fait en 1999 pour les fiançailles du prince héritier. Cette réception est un des nombreux signes d'ouverture et de modernisation de la monarchie sous le règne d'Albert II.

Parmi toutes les activités de ces deux journées, le moment le plus intense est la montée sur le podium de la place Poelaert du couple royal, acclamés par les artistes belges présents et par 45.000 spectateurs. Tous entonnent un "Happy birthday" de circonstance, suivi par la Brabançonne interprétée par Toots Thielemans à l'harmonica. Très ému, soutenu par la reine Paola au bord des larmes, le Roi improvise un petit discours bilingue afin de remercier le gouvernement fédéral, les organisateurs, les artistes et le public "pour sa gentillesse et son affection". Ce concert marquait de manière évidente la différence de style entre le roi Baudouin et son successeur.

Certains responsables politiques acceptent de parler d'Albert II à la presse à l'occasion de cet anniversaire :

Guy Verhofstadt, premier ministre : "Aujourd'hui, il n'existe aucun point de discussion, de friction entre la monarchie d'une part et le monde politique d'autre part. Au contraire. Je crois vraiment que tout ce qu'on a vécu ces dernières années démontre très clairement que la monarchie s'est adaptée. C'est une monarchie tout à fait moderne qu'on a en Belgique".

Laurette Onkelinx, vice-première ministre et ministre de la Justice : "Rencontrer le Roi, c'est dialoguer avec un homme qui pose les bonnes questions et connaît parfaitement les dossiers. Albert II ne donne jamais d'avis de manière tranchée. Il écoute. L'emploi le passionne. Le Roi est également très soucieux de la bonne intégration des populations d'origine étrangère et des discriminations à l'embauche. J'ai été également ministre de l'Egalité des chances entre hommes et femmes, et ce thème est pour lui un souci de tous les instants. Je suis socialiste et il est vrai que notre parti a eu pas mal d'interrogations sur la monarchie. Mais aujourd'hui, elle me paraît être le meilleur compromis démocratique. Nous sommes un pays fédéral avec trois régions et le risque constant de tensions demeure. Bénéficier de la présence d'un homme qui n'appartient à aucune de ces régions, qui, de par son statut, est au-delà même de ces périls me paraît indispensable. D'autre part, les pouvoirs de notre souverain sont moins importants que ceux du président de la République en France. La monarchie est donc parfaitement bien ressentie tant que le Roi demeure dans son rôle. Il évident que je ne souhaite absolument pas l'instauration d'une république. Il suffit d'avoir vu la liesse populaire lors de notre fête nationale. Ces manifestations de joie ont montré le profond attachement de la population belge à son roi".

Herman De Croo, président de la Chambre et ministre d'Etat : "Albert a été mieux préparé que son frère à monter sur le trône. En somme et par la force des choses, sans le vouloir, sans le savoir, il a pris son temps. N'oublions jamais l'immense travail accompli par lui pour notre commerce extérieur. Il a ainsi attiré des centaines d'entreprises dans le pays. Si la présence industrielle américaine est si forte (1.600 entreprises), c'est grâce à lui. Son caractère ouvert et chaleureux l'aide à séduire nos compatriotes. Mais attention! C'est quelqu'un qui sait parfaitement ce qu'il veut. Il veille scrupuleusement à l'image de la Belgique, des Belges et de sa propre famille. Après l'austérité et le professionnalisme excessif de Baudouin qui portait la couronne un peu comme une croix, un pli nouveau a été pris. Ce n'est pas le Roi qui tient la Belgique, c'est la Belgique qui tient au Roi".

Romano Prodi, président de la Commission Européenne : "Dès ma prise de fonction, j'ai eu le privilège et le plaisir de rencontrer Sa Majesté le roi Albert II à diverses reprises. Lors de nos entretiens toujours empreints d'une grande chaleur humaine, j'ai été frappé par ses profondes convictions européennes et par l'intérêt qu'il porte personnellement au rôle de la Belgique dans le développement de la construction européenne et aux spécificités de Bruxelles comme capitale de l'Europe. Les travaux de la Convention européenne ont opportunément rappelé la contribution de la Belgique dans toutes les étapes de la construction européenne ainsi que le rôle que les pays fondateurs sont appelés à jouer dans les étapes qui nous attendent. La sensibilité de Sa Majesté le roi Albert II à la place de Bruxelles en tant que capitale de l'Europe est bien connue. J'ai personnellement beaucoup apprécié le fait que son souci était notamment la proximité du citoyen et le respect de l'environnement et de l'habitat".

Deux mois et demi après l'entrée en fonction du gouvernement Verhofstadt II, la secrétaire d'Etat au bien-être du travail Anissa Temsamani présente sa démission au Roi. La presse flamande avait découvert qu'elle n'avait jamais été graduée ou licenciée en sciences commerciales, ce qu'elle signalait sur ses CV. Elle préfère se retirer pour ne pas entâcher l'image du nouveau gouvernement. Mme Temsamani reste comme la première femme belge d'origine maghrébine à avoir siégé dans un exécutif en Belgique. Le 29 septembre, la socialiste flamande Kathleen Van Brempt prête serment devant Albert II en tant que nouvelle secrétaire d'Etat.

En novembre, le Roi participe, pour la première fois, à l'anniversaire d'une des composantes de l'Etat fédéral. A Eupen, il assiste à la séance académique organisée pour les 30 ans de la communauté germanophone qui a choisi le 15 novembre (jour de la fête du Roi) comme fête annuelle.

Pour son discours de Noël 2003, Albert II choisit deux thèmes qu'il n'avait pas encore évoqué publiquement depuis son accession au trône :

"En cette Année Européenne des personnes handicapées, la Reine et moi pensons spécialement à toutes celles qui vivent parmi nous, et nous leur adressons ainsi qu'à leur famille et à ceux qui les aident dans leur vie quotidienne, nos voeux les plus chaleureux. Pendant cette année, des milliers d'événements ont été organisés à travers l'Union Européenne pour promouvoir les droits de plus de 37 millions de personnes handicapées, et pour sensibiliser l'ensemble de la population aux obstacles qu'elles doivent surmonter chaque jour.

Dans notre pays, on évalue entre 10 et 12 le pourcentage des personnes qui souffrent d'un handicap. C'est une réalité quotidienne qui n'est pas facile à porter. Et pourtant, la Reine et moi sommes souvent frappés par le courage, l'optimisme et même la joie intérieure qui émane de ces personnes. Récemment encore, nous avons pu nous en rendre compte lors d'une réception organisée pour elles à Laeken, et tout dernièrement aussi à l'occasion de notre visite à Geel. Les efforts consentis cette année, dans notre pays et en Europe, pour stimuler une meilleure intégration des personnes handicapées dasn notre société, doivent être poursuivis avec leur participation effective. Sachons mieux comprendre et accepter les différences. Bref, faisons preuve de solidarité et de respect pour l'autre.

Je voudrais maintenant évoquer un deuxième thème qui me tient également fort à coeur. Il s'agit du retour à la paix en Afrique centrale, une région à laquelle la Belgique reste fort attachée. Les populations du Congo, du Rwanda et du Burundi ont vécu, ces dernières années, de terribles tragédies. La guerre civile, les maladies, les atrocités ont causé d'immenses souffrances.

Depuis quelques mois, des progrès réels ont été réalisés. Un gouvernement de coalition a été formé à Kinshasa avec les représentants des différentes tendances dans le pays. Nous appelons de tout coeur cette paix, si désirée et attendue tant par la population congolaise que la communauté internationale. Au Rwanda et au Burundi également, notre pays soutient toute initiative favorisant la paix. Le retour à la démocratie devrait stimuler les organismes internationaux à soutenir fermement la reconstruction de ces pays. Le gouvernement belge a déjà décidé d'augmenter son aide et il s'efforce d'encourager les autres donateurs à en faire de même.

Je me réjouis qu'à différents niveaux, des liens se resserrent entre notre pays et l'Afrique centrale, et je tiens à féliciter tous nos compatriotes qui continuent à oeuvrer dans cette région : nos diplomates, nos missionnaires, les agents de la coopération, les collaborateurs des diverses ONG et les responsables économiques. En renouant ces liens, il ne s'agit pas de faire du néocolonialisme mais bien de développer un nouveau partenariat avec la participation active de la communauté internationale. Par ailleurs, le Congo, le Rwanda et le Burundi ont tout à gagner en coopérant entre eux dans le respect des principes de l'Etat de droit, de leur intégrité territoriale et de l'indispensable sécurité aux frontières".

lundi 13 février 2012

Le rôle politique du roi Albert II en 2002

En janvier, le Roi nomme 10 nouveaux ministres d'Etat : Elio Di Rupo, Freddy Willockx, Raymond Langendries, Miet Smet, Patrick Dewael, Roger Lallemand, Jos Geysels, Karel De Gucht, Daniel Ducarme et Jacky Morael. Quelques jours plus tard, il dresse le bilan de la présidence belge de l'Union Européenne dans son discours de Nouvel An aux autorités du pays, et en profite pour rappeler :

"A Laeken, les dirigeants européens ont affirmé l'importance d'unir nos forces. Ce message vaut aussi pour notre pays. Si la Belgique, pendant six mois, a pu inspirer l'Europe, l'Europe peut, elle aussi, nous stimuler dans notre propre effort vers plus d'unité et de solidarité. Nous devons être logiques avec nous-mêmes et agir dans la même perspective aussi bien sur le plan national qu'international. Soyons des artisans de paix et d'union à l'intérieur comme à l'extérieur de nos frontières".

Deux ans après sa première visite, le Roi se rend une seconde fois à Namur en avril 2002 pour participer avec le gouvernement wallon et des représentants du monde socio-économique à une réunion de travail sur le Cawa, la version actualisée du Contrat d'Avenir pour la Wallonie. Le ministre-président Jean-Claude Van Cauwenberghe qualifie la visite royale de "moment extrêmement important sur le plan symbolique". Albert II rencontre ensuite des députés, des syndicalistes et des patrons de la région.

Contrairement aux premières années de règne du roi Albert, la législature 1999-2003 est marquée par une diminution des problèmes communautaires et une meilleure collaboration entre les composantes de l'Etat fédéral. Avec l'aide de la famille royale, le monde politique avait fait taire les divisions pour redorer l'image du pays à l'étranger après les scandales Agusta, Dutroux et dioxine. Les occasions ne manquèrent pas : l'Euro 2000, le mariage des princes Philippe et Laurent, Bruxelles capitale culturelle européenne en 2000, la présidence belge de l'Union Européenne en 2001, le 500ème anniversaire de la naissance de Charles-Quint, p.ex. C'est pour cette raison que le Roi évoqua moins la cohésion du pays dans ses discours.

En 2002, Albert II signe la loi dépénalisant l'euthanasie, douze ans après le refus de son frère sur l'avortement. A-t-il hésité? Oui. Dès 1994-1995, le Palais tente de trouver une solution juridique aux futurs cas de conscience du souverain, mais cela n'a pas abouti.

Premier ministre à cette époque, Jean-Luc Dehaene confia plus tard aux journalistes Martin Buxant et Steven Samyn pour leur livre "Belgique, un roi sans pays" : "Au début de son règne, Albert était véritablement obsédé par l'exemple de son frère. Il y avait à cette époque quelques propositions de lois, entre autres sur l'euthanasie, en cours de discussion. On pouvait facilement supposer que ces propositions allaient tôt ou tard arriver sur la table. Le Roi a exprimé ses préoccupations par rapport à cela. Sans que je puisse dire à quel moment, il a aussi dit qu'il ne signerait pas, si on le lui permettait. Et il a demandé s'il était possible de trouver des solutions alternatives. Il n'y avait aucune opposition du Palais pour revoir à la baisse le rôle du Roi, et le laisser évoluer en direction du modèle de la monarchie suédoise. C'est quelque chose que le Roi a demandé lui-même afin d'éviter d'avoir à se retrouver dans la même position que son frère durant la crise de l'avortement".

Les partis sociaux-chrétiens dans l'opposition, le gouvernement Verhofstadt veut faire voter une loi sur l'euthanasie, et fait clairement savoir au Roi qu'il ne le couvrirait pas s'il refusait de signer. Aussi il accepte et n'aurait aucun regret à ce sujet. Il a ensuite également signé la loi sur le mariage homosexuel.

Le roi Albert et le président de la république fédérale allemande Johannes Rau assistent le 7 juin 2002 à Spich à une cérémonie marquant symboliquement la fin de plus d'un demi-siècle de présence militaire belge en Allemagne. En mai 2000, notre gouvernement avait décidé de rapatrier les derniers éléments des Forces Belges en Allemagne, qui comptaient encore alors dans la région de Cologne 2.100 militaires et 5.000 civils. Notre souverain déclara notamment : "Une page importante de l'histoire de mon pays et de ses forces armées est tournée aujourd'hui. En effet, cette cérémonie marque la fin de plus d'un demi-siècle de présence militaire belge en Allemagne. Ce départ ne signifie pas la fin du travail en commun de nos forces armées. Nos pays sont maintenant engagés dans la construction nécessaire d'une véritable défense européenne".

Lors de la fête nationale, Albert consacre l'intégralité de son allocution télévisée à la montée de l'extrême-droite et se prononce, une nouvelle fois, contre le racisme :

"Depuis quelques temps, nous voyons ressurgir en Europe certaines formes d'extrémisme. Et pourtant, après avoir subi les conséquences désastreuses de l'intolérance croissante des années 30, nous avions pensé être définitivement libérés de ce fléau. Quelle doit être notre réaction face à cette situation? Je ne prétends pas donner ici une réponse exhaustive à cette question, mais j'aimerais esquisser trois pistes : la nécessité d'une politique de proximité, l'importance de la sécurité dans ses multiples aspects et la lutte contre la peur de l'autre.

Premièrement : la politique de proximité.

L'action publique se doit aujourd'hui d'être très attentive à cette dimension. En effet, nous vivons dans un monde qui évolue rapidement dans tous les domaines. Les situations peuvent se renverser très vite et provoquer à court terme la marginalisation ou l'exclusion. Par ailleurs, notre société individualiste fait souvent naître un sentiment de solitude d'autant plus pénible que le climat général est propice à l'indifférence et au repli sur soi.

Enfin, certains craignent que leurs problèmes quotidiens soient négligés : qu'il s'agisse de leur emploi, de la sécurité de leur famille, de la propreté de leur quartier ou de la qualité de l'école.

Toutes ces situations peuvent inciter à chercher refuge dans les slogans trompeurs de l'extrémisme. La proximité permet de saisir ces difficultés à leur naissance et de barrer ainsi la route à des sentiments de découragement et d'impuissance. Il est donc essentiel de stimuler à nouveau le dialogue direct avec le citoyen. Notre démocratie communale, par exemple, devrait nous permettre d'être très proches des habitants et plus attentifs encore à leurs inquiétudes comme à leurs aspirations concrètes.

Deuxièmement : la sécurité.

En soulevant le problème de la sécurité des personnes et des biens, il ne s'agit évidemment pas de contribuer à la psychose d'insécurité que les extrémistes cherchent à répandre. Mais il ne faut pas cacher non plus les problèmes réels que l'on rencontre dans beaucoup de grandes villes européennes. Je comprends le désarroi de ceux et de celles qui ont subi une agression et qui en gardent longtemps des séquelles.

Comme j'ai déjà eu l'occasion de le dire en juillet 1994, un des premiers droits du citoyen est de pouvoir vivre en sécurité. Chacun doit pouvoir circuler sans crainte dans nos rues ou nos métros. Je me réjouis de ce que des actions aient déjà été entreprises pour combattre l'insécurité. La sécurité est donc un élément majeur de la qualité de vie de chaque citoyen.

Assurer plus de sécurité passe d'abord par la prévention. En développant les idéaux de solidarité et de tolérance, la famille et l'école ont une mission fondamentale pour éviter la montée de la violence. Par ailleurs, la présence plus visible et plus intensive des forces de l'ordre dans nos rues, sur nos places publiques et dans les transports publics découragera indiscutablement la délinquance.

Mais si la prévention échoue, la justice doit être en mesure d'agir efficacement et rapidement. Lorsque des jeunes sont en cause, il faut appliquer des mesures éducatives et répressives appropriées. Enfin, les victimes de la violence, qui se sentent trop souvent abandonnées, ont droit à plus d'attention et de soutien.

Troisièmement : la peur de l'autre.

La peur de l'autre est un sentiment qui engendre le racisme. Les extrémistes cultivent volontiers cette peur en répandant quantité d'amalgames mensongers. Ces derniers mois, nous avons vécu chez nous les tristes effets de ce phénomène. Un couple marocain en a été la victime et a perdu la vie. D'autres communautés ne furent pas épargnées non plus, comme en témoignent les attentats contre des synagogues. Il est inadmissible de chercher à importer chez nous les antagonismes qui existent au Moyen-Orient.

Comment lutter contre de telles pratiques? Ici, de nouveau, la famille et l'école sont d'une importance capitale, car c'est là, en premier lieu, que se pratiquent le dialogue et la compréhension mutuelle. La promotion des échanges entre cultures différentes nous fera également mieux apprécier les extraordinaires richesses que recèle la diversité. Enfin, la justice, elle aussi, se doit de faire son travail efficacement en réprimant toutes les formes de racisme. Elles n'ont pas leur place dans notre société.

Les valeurs démocratiques, je voudrais le signaler encore, même si elles sont fortement ancrées dans notre pays, ne doivent jamais être considérées comme établies une fois pour toutes. Je souhaite, pour conclure, que chez nous, une culture de fraternité, de tolérance et de compréhension de l'autre puisse se développer harmonieusement".

A leur retour de vacances, le Roi et la Reine passent des paroles aux actes en se rendant début septembre une journée dans les quartiers immigrés de Schaerbeek et Saint-Josse. Même accueil triomphal un an plus tard à Molenbeek-Saint-Jean. Au cours de l'année 2002, Albert reçoit en audience Johan Leman, directeur du Centre pour l'égalité des chances et la lutte contre le racisme, et Stephen Schewebach, directeur général de l'Office des Etrangers. Par contre, aucun élu d'extrême-droite n'est jamais invité au palais royal.

A partir de novembre 2002, le couple royal décide de soutenir le commerce équitable. A leur demande, le café servi quotidiennement au palais royal est désormais frappé du label Max Havelaar. C'est la société Rombouts (fournisseur officiel de la Cour) qui toréfie ce café répondant à tous les critères internationaux du commerce équitable : prix couvrant au minimum les coûts de production, cahier de charges en matière environnementale, respect des droits des travailleurs, etc. Le Roi se rend personnellement, en janvier 2003, à Aartselaar pour découvrir la société Rombouts et assister à une réunion de travail sur le commerce équitable.

Depuis le début de son règne, Albert II n'avait pas connu de fièvres républicaines, excepté l'extrême-droite. Mais en novembre 2002, le VLD (1er parti politique en Flandre) et Ecolo (3ème parti politique en Wallonie) proposent en congrès de diminuer, voire supprimer les pouvoirs du souverain au cours de la législature 2003-2007. Vu les très nombreuses critiques, ces deux partis tentent ensuite de faire marche arrière en assurant que ce n'était pas un dossier prioritaire.

lundi 6 février 2012

"Les plus belles anecdotes sur la famille royale" (Valérie de Montfort)

En 2006, Valérie de Montfort a réuni 200 pages d'anecdotes sur notre dynastie, classées par couple royal. Elles concernent aussi bien la vie privée que publique. C'est donc un ouvrage agréable à lire, mais destiné au grand public. Les passionnés d'histoire n'apprendront rien et resteront sur leur faim, car ce livre ne fait découvrir aucun fait nouveau.

On notera juste ici et là quelques réflexions assez justes :

Sur la formation des princes : "Albert Ier décida de donner à son fils les professeurs les plus prestigieux dans chacune des branches. Il entendait par là donner à son fils un enseignement qu'il n'avait pas eu. Cette bonne volonté eut l'effet inverse. Ces sommités intellectuelles pétrifièrent le jeune homme. Léopold adorait les mathématiques et les sciences mais ne maîtrisait pas aussi bien les autres matières. Il sombra dans un sentiment d'infériorité, incapable de suivre et comprendre un enseignement d'un tel niveau. Pour compenser son inadaptation, il prit l'habitude de s'arc-bouter sur les seuls concepts qu'il maîtrisait, refusant de demander conseil pour ne pas paraître idiot. Avec le recul, on peut remarquer que l'éducation scolaire de Philippe et Laurent pêcha de la même manière. Laurent ne put entamer les études vétérinaires dont il rêvait et Philippe éprouve toujours d'énormes difficultés à l'heure actuelle à être un prince communicateur. Qualités aussi indispensables aujourd'hui à l'heure du "village mondial global" que ne l'était la formation militaire à l'époque de Léopold II".

Sur la princesse Lilian : "La princesse de Réthy était une femme de caractère. Grande sportive (elle était une golfeuse de haut niveau), intelligente, manipulatrice diront certains observateurs, dynamique et volontaire. Elle n'était pas aussi diabolique que certains le disent, ni aussi angélique que certains hagiographes l'ont décrite. C'était une femme à la personnalité complexe, issue d'une famille conservatrice, que son destin inachevé a conduit pendant la dernière partie de sa vie à un total repliement. Dure avec elle-même, elle l'était avec les autres. La seconde épouse de Léopold III concentrera sur sa personnalité toutes les haines politiques et sociales qui trouvèrent en elle un parfait exutoire. Lilian de Réthy n'a en aucun cas usurpé la place de la reine Astrid qui était morte depuis cinq ans quand elle rencontra Léopold. Qu'elle ne veuille pas être maîtresse de roi mais épouse légitime n'était pas une anomalie. L'Histoire oublia rapidement que cette jeune femme éleva avec amour les trois jeunes enfants d'Astrid. Ses beaux-enfants qui l'adoraient dans leur enfance devaient l'effacer de leur vie après le mariage de Baudouin en 1960".

Sur le roi Baudouin : "Baudouin sera le premier roi des Belges à se réclamer ouvertement de l'Eglise catholique et à faire passer sa foi avant sa fonction royale. Jamais ses ancêtres n'agirent comme lui. Le livre "Baudouin, une vie qui nous parle" du cardinal Suenens, publié avec l'aval de la reine Fabiola car il reprend des textes intimes de Baudouin, a sans doute fait plus de tort que de bien. En effet, il dévoile une personnalité que certains jugeront infantile et embrigadée dans un système de pensée et de prises de décisions totalement religieux".

Sur la reine Paola : "Contrairement aux images d'Epinal montrant des Italiens et Italiennes débonnaires, Paola est une personnalité timide et réservée qui n'aborde pas des inconnus avec facilité. Ceci à l'inverse de son époux Albert II, dont le sens du contact et la bonhomie font merveille dans ses relations avec ses interlocuteurs. Cette timidité ne dissimule pas, selon ses amis, une attitude hautaine mais bien un sens de la réserve qui semble s'estomper avec le temps".

Sur le prince Philippe : "Le prince donne souvent à ses détracteurs la corde pour se pendre : peu communicatif, stressé devant les caméras, lent dans son expression, il n'arrive pas à trouver sa place au sein d'un dispositif royal qui se doit d'être plus communicant, même si ses collaborateurs s'attachent à le décrire comme travailleur et exigeant avec lui-même, ce qu'il est certainement".

mercredi 1 février 2012

Activités royales en janvier 2012

10 audiences pour le Roi : le premier ministre Elio Di Rupo (reçu 3 fois), le président du comité militaire de l'Otan Knud Bartels, la présidente du Sénat Sabine de Bethune, le vice-premier ministre Steven Vanackere, le vice-premier ministre Johan Vande Lanotte, le président du Conseil Européen Herman Van Rompuy, le vice-premier ministre Didier Reynders et le vice-premier ministre Vincent Van Quickenborne.

6 activités officielles pour le Roi : réception de Nouvel An pour les ambassadeurs étrangers, réception de Nouvel An pour les responsables de l'Otan et du Shape, réception de Nouvel An pour les responsables de la Commission Européenne et du Parlement Européen, réception de Nouvel An pour les autorités belges, déjeuner avec le nouveau gouvernement belge, championnat du monde de cyclo-cross à Coxyde.

7 activités officielles pour la reine Paola : réception de Nouvel An pour les ambassadeurs étrangers, réception de Nouvel An pour les responsables de l'Otan et du Shape, réception de Nouvel An pour les responsables de la Commission Européenne et du Parlement Européen, réception de Nouvel An pour les autorités belges, déjeuner avec le nouveau gouvernement belge, concert de gala de la Chapelle Musicale Reine Elisabeth, visite de l'asbl Au Four et au Moulin à Mons.

0 activité officielle pour la reine Fabiola.

8 activités officielles pour le prince Philippe : inauguration du Salon de l'Auto, réception de Nouvel An pour les ambassadeurs étrangers, réception de Nouvel An pour les responsables de l'Otan et du Shape, réception de Nouvel An pour les responsables de la Commission Européenne et du Parlement Européen, réception de Nouvel An pour les autorités belges, déjeuner avec le nouveau gouvernement belge, concert de jazz pour la présidence danoise de l'UE, déjeuner dans le cadre des Journées de Contact Diplomatiques.

9 activités officielles pour la princesse Mathilde : réception de Nouvel An pour les ambassadeurs étrangers, réception de Nouvel An pour les responsables de l'Otan et du Shape, réception de Nouvel An pour les autorités belges, déjeuner avec le nouveau gouvernement belge, découverte du projet de médiation de quartier par des bénévoles à Louvain, remise du Prix Européen Bien Vivre avec Alzheimer dans sa ville et son environnement, concert de gala de la Chapelle Musicale Reine Elisabeth, concert de jazz pour la présidence danoise de l'UE, déjeuner dans le cadre des Journées de Contact Diplomatiques.

4 activités officielles pour la princesse Astrid : inauguration de la Foire des Antiquaires de Bruxelles, colloque "Combattre la pauvreté par l'inclusion sociale", déjeuner avec le nouveau gouvernement belge, réception de Nouvel An pour les autorités belges.

2 activités officielles pour le prince Lorenz : déjeuner avec le nouveau gouvernement belge, réception de Nouvel An pour les autorités belges.

3 activités officielles pour le prince Laurent : déjeuner avec le nouveau gouvernement belge, réception de Nouvel An pour les autorités belges, avant-première du film "Il était une fois une fois".

4 activités officielles pour la princesse Claire : réunion de travail sur la campagne ImmoSolidarity organisée par la Fondation Pro Renovassistance (dont elle est présidente d'honneur), déjeuner avec le nouveau gouvernement belge, réception de Nouvel An pour les autorités belges, avant-première du film "Il était une fois une fois".

Résumé des activités officielles de janvier (source : http://www.monarchie.be/) :

Roi : 6 activités officielles + 10 audiences

Princesse Mathilde : 9 activités officielles

Prince Philippe : 8 activités officielles

Reine Paola : 7 activités officielles

Princesse Astrid : 4 activités officielles

Princesse Claire : 4 activités officielles

Prince Laurent : 3 activités officielles

Prince Lorenz : 2 activités officielles

Reine Fabiola : 0 activité officielle

lundi 23 janvier 2012

Les 39 ans de la princesse Mathilde de Belgique

Mathilde est née à Uccle le 20 janvier 1973. Son papa, Patrick d'Udekem d'Acoz, est originaire de Poperinge en Flandre occidentale et ses deux oncles ont fait de la politique au sein du CVP (tous trois seront titrés comtes par le Roi en 1999). Grâce à sa maman Anna Komororski, elle est liée à toute la noblesse polonaise. Mathilde passe une enfance paisible au château de Losange (province de Luxembourg) en compagnie de ses trois soeurs et de son frère. Après des études primaires à l'Ecole Notre-Dame de Bastogne, elle fréquente l'Institut de la Vierge Fidèle à Bruxelles. En 1991, Mathilde choisit d'étudier la logopédie à l'Institut Marie Haps (Bruxelles), où elle obtient trois ans plus tard son diplôme avec grande distinction. Tout en poursuivant des études de psychologie à l'Université Catholique de Louvain-la-Neuve, elle ouvre un cabinet de logopédie dans la capitale belge. Comme toute sa famille, Mathilde est marquée en 1997 par le décès de sa grand-mère maternelle et de sa soeur Marie-Alix (23 ans) dans un accident de voiture. Le prince Philippe de Belgique est présent aux funérailles.

Le 10 septembre 1999, le Palais confirme la rumeur de mariage du prince héritier (39 ans) et de Mathilde d'Udekem d'Acoz (26 ans) parue le matin dans la presse. Trois jours plus tard, la fiancée de Philippe est présentée dans les jardins du château de Laeken, et suscite l'enthousiasme et la sympathie.

Le mariage a lieu le 4 décembre 1999. Mathilde porte une robe fourreau du couturier Edouard Vermeulen, le voile en dentelles de la famille Ruffo di Calabria et un diadème ayant appartenu aux reines Elisabeth et Astrid. La cérémonie civile se déroule en l'hôtel de ville de Bruxelles et est présidée par le chevalier François-Xavier de Donnéa, bourgmestre de la capitale. Le mariage religieux est célébré par le cardinal Godfried Danneels dans la cathédrale Saints-Michel-et-Gudule en présence du Gotha, de plusieurs présidents de la République, des présidents de la Commission Européenne et du Parlement Européen. L'Association de la Noblesse du Royaume de Belgique lui offre un diadème feuillagé composé de 631 diamants et réalisé en 1912 par le joaillier londonien Hennell and Sons pour une certaine Mrs Helen May White.

Après leur voyage de noces en Inde, le couple s'installe au château de Laeken, que la reine Fabiola avait quitté un an auparavant. Ils auront quatre enfants : la princesse Elisabeth (2001), le prince Gabriel (2003), le prince Emmanuel (2005) et la princesse Eléonore (2008). Leur vie privée loin de la jet-set n'a jamais donné lieu à aucun scandale.

Après le Roi et le prince Philippe, la princesse Mathilde est la troisième membre de la famille royale la plus active (166 activités officielles en 2011). Elle participe aux grands événements de la Cour et à certaines missions économiques à l'étranger de son mari. C'est surtout dans le domaine social qu'elle s'investit (la culture l'attire moins) : les droits de l'enfant, la protection des femmes, le micro-crédit, l'alphabétisation, la maladie d'Alzheimer, le sida, le cancer, la pauvreté infantile, la coopération au développement, etc. En 2000, elle crée le Fonds Princesse Mathilde qui soutient chaque année financièrement des projets en Belgique susceptibles d'améliorer la situation des personnes vulnérables (plus d'infos sur le Fonds : http://familleroyalebelge.blogspot.com/2009/06/le-fonds-princesse-mathilde.html).

Depuis plusieurs années, la princesse collabore étroitement avec les Nations Unies. En 2002, elle emmène la délégation belge à la Conférence des Nations Unies sur les Droits de l'Enfant (comme l'avaient fait le roi Baudouin et la reine Fabiola en 1990). Les Nations Unies lui demandent en 2005 d'être émissaire pour la promotion du micro-crédit au cours de l'Année Internationale du Micro-Crédit (plus d'infos sur son combat pour le micro-crédit : http://familleroyalebelge.blogspot.com/2011/11/le-combat-de-la-princesse-mathilde-en.html). Et elle est également depuis quelques années représentante spéciale d'Unicef et d'Onusida pour les enfants affectés par ce virus (interview de la princesse suite à son voyage au Liberia : http://familleroyalebelge.blogspot.com/2010/10/interview-de-la-princesse-mathilde-au.html).

Depuis 2007, la princesse Mathilde fait partie des Young Global Leaders et a participé, en mars 2011, pendant dix jours à leur forum à l'Université d'Harvard aux Etats-Unis (plus d'infos à ce sujet : http://familleroyalebelge.blogspot.com/2011/04/la-princesse-mathilde-harvard-mars-2011.html).

Présidente d'honneur d'Unicef-Belgique, la princesse accorde son Haut Patronage à Handicap International Belgique, SOS Villages d'Enfants-Belgique, l'Association de parents pour l'épanouissement des enfants autistes, l'ONG Plan Belgique, la Ligue Alzheimer, l'Association Françoise Dolto, la Ligue Belge de la Surdité, le centre pour enfants Les Glaïeuls, ainsi que l'asbl Les Amis du Théâtre Royal de la Monnaie.

En 2010, Mathilde est adoubée dame de grande-croix de l'Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem, dont son défunt père, le Roi, la Reine et le prince Philippe étaient déjà membres. La princesse est aussi la marraine de la princesse Alexia des Pays-Bas et de la princesse Isabella de Danemark.

La princesse fait rarement des confidences aux journalistes. En 2009, elle confie à l'occasion de ses 10 ans de mariage : "Je me souviens du jour du mariage comme si c'était hier. J'ai rencontré des Belges merveilleux. Comme tout au long de ces dix années où j'ai vu des gens porter des projets très intéressants. Nous essayons de former un cocon chaleureux et structurant pour nos quatre enfants dynamiques qu'on adore énormément. Ces dix années ont également été marquées par la mort de mon père en 2008. Ce fut un moment très difficile mais j'ai pu compter sur ton soutien. Ce que j'apprécie le plus chez Philippe, c'est sa profondeur, son sens de l'engagement. Il est très engagé dans la famille. C'est un père de famille extrêmement présent, mais aussi très engagé dans sa fonction".

En 2010, elle parle des langues au magazine "Onze Taal" : "Petite, j'entendais ma mère parler polonais et parfois mon père néerlandais. Cela m'a donné le goût des langues. Philippe et moi voulons transmettre ce même goût à nos enfants. C'est un atout pour l'avenir et une ouverture vers une richesse culturelle. J'ai commencé à apprendre le néerlandais à 12 ans. Un peu tard peut-être, car c'est lorsqu'on est enfant qu'il faut apprendre une autre langue, et de manière ludique. Les trois dernières années de mes secondaires, nous avions un professeur fantastique. Il ne s'attardait pas uniquement sur l'aspect linguistique, mais apportait un côté culturel qui rendait ses cours captivants. Ce qui est plus difficile, ce sont les constructions de phrases, la prononciation de certains sons qui n'existent pas en français, les accents toniques qui ont beaucoup plus d'importance qu'en français. A la maison, le travail pour l'école se fait en néerlandais, sinon nous parlons le français. Entre eux, les enfants parlent les deux langues, parfois même en les mélangeant. En tant que parents, nous devons être attentifs à tout cela".

lundi 16 janvier 2012

Le rôle politique du roi Albert II en 2001

Le Roi se rend en janvier 2001 à l'hôpital Onze Lieve Vrouw d'Alost pour rendre hommage à la dépouille mortelle de Paul Van den Boeynants (81 ans) et présenter ses condoléances à sa famille. Cet administrateur de sociétés fut notamment député, président du PS, ministre de la Défense Nationale et premier ministre. Le roi Baudouin lui avait octroyé le titre de Ministre d'Etat. Paul Van den Boeynants était aussi entré dans l'Histoire pour son médiatique enlèvement par la bande Haemers en 1989.

Le 23 janvier, après une nuit de négociations, les représentants des différents gouvernements du pays aboutissent à un accord (dit de la St. Polycarpe) sur une nouvelle réforme de l'Etat. Grâce au soutien du PSC dans l'opposition, il recueille 2/3 des voix au parlement. Les Flamands obtiennent la régionalisation de l'agriculture, du commerce extérieur, de la loi communale et provinciale, de certains impôts (droits d'enregistrement, de donation de biens immobiliers, taxes de circulation, etc.). Les francophones décrochent l'adaptation du financement des communautés à l'évolution de la prospérité économique et sauvent ainsi la communauté française de la faillite annoncée depuis plusieurs années.

Bien entendu, le Roi était peu favorable à cette nouvelle étape dans le fédéralisme. D'après le livre "Roi et vice-roi" de Guy Polspoel et Pol Van den Driessche, un incident se serait produit à ce sujet en avril 2001 entre le premier ministre et le chef de cabinet du Roi Jacques van Ypersele de Strihou. Le souverain devait signer des documents sur la réforme de l'Etat pour qu'ils puissent être introduits au parlement dans les temps. Le gouvernement aurait appris avec surprise qu'il avait déjà quitté Bruxelles et qu'il devait embarquer peu après dans un avion militaire pour ses vacances de Pâques dans le sud de la France. Voulant à tout prix que les papiers soient signés à temps, Guy Verhofstadt aurait ordonné que l'appareil reste sur le tarmac. Il aurait accusé le chef de cabinet du Roi d'avoir usé d'une "manoeuvre de retardement".

En régionalisant la loi communale, les accords de la St. Polycarpe suppriment un des pouvoirs du souverain : la signature de l'acte de nomination des gouverneurs de nos 10 provinces et des bourgmestres de nos 589 communes. Ce rôle est rempli depuis 2002 par le ministre régional des Affaires intérieures. Malgré la suppression de l'Office Belge du Commerce Extérieur, Albert II réussit à obtenir la création d'une Agence Fédérale du Commerce Extérieur, qui aurait pour but d'organiser les missions économiques du prince héritier Philippe. Ce souhait du Roi rejoignait celui des hommes d'affaires belges, bien conscients que la présence du prince à la tête d'une délégation permettait d'ouvrir beaucoup plus de portes à l'étranger et d'avoir une couverture médiatique plus importante (d'autant que désormais, la populaire et glamour princesse Mathilde participait à certains voyages).

Entretemps, suite à la publication du manifeste "Le corps n'est pas une marchandise", le Roi consacre l'intégralité de son discours de Nouvel An 2001 à la traite des êtres humains :

"A propos de notre pays, le manifeste des parlementaires précise et je cite : "La Belgique reste, malgré les efforts de ces dernières années et une législation pilote en cette matière, une plaque tournante de la traite des femmes. Le constat est donc effrayant et laisse trop de gens indifférents. Nous le disons avec force et conviction : ce laisser-faire couvre une entreprise dégradante, un trafic déshonorant, un monde de violence et de cruauté". Fin de citation.

Quant aux raisons de ce phénomène, un rapport récent du parlement européen souligne que la prostitution, en règle générale, ne découle pas d'un choix de vie. Il s'agit en l'occurence d'un phénomène étroitement lié à des conditions de vie très défavorables.

Que peuvent faire la communauté internationale, l'Europe et la Belgique face à ce drame dont l'ampleur ne cesse d'augmenter? Il me paraît que seule une action concertée internationalement puisse faire régresser ce trafic. Cette action doit se porter d'une part sur les pays d'origine des victimes, d'autre part sur les pays occidentaux où ces personnes sont traitées comme des esclaves, et enfin sur les réseaux mafieux.

Il va de soi que dans les pays d'origine des victimes, les circonstances qui provoquent l'émigration méritent un traitement prioritaire. Ces circonstances sont variées : guerres, pauvreté extrême, perspectives d'avenir inexistantes. Ces pays, en accord avec la communauté internationale, doivent orienter les programmes de coopération en faveur des personnes les plus vulnérables. Ainsi la Fondation Roi Baudouin soutient dans différents pays des Balkans des projets destinés à aider et à procurer une formation aux enfants des rues. Par ailleurs, des campagnes d'information sont indispensables. Les candidats migrants doivent connaître les risques d'exploitation attachés à la migration illégale. L'Organisation Mondiale des Migrations s'y emploie utilement.

Dans les pays occidentaux, il y a lieu, comme le soulignent les auteurs du manifeste, de mettre en place un système préventif qui informe le client de sa complicité. Il est indispensable aussi d'aider les associations de terrain qui viennent en aide aux victimes. Dans notre pays, il s'agit notamment de Payoke, Pag-Asa, Sürya ou du Nid. D'autre part, le centre pour l'égalité des chances fait une utile évaluation annuelle de la traite des êtres humains en Belgique.

La lutte contre toutes les formes de traite doit devenir une priorité pour nous tous. Les conclusions du conseil européen de Tampere contiennent un mandat clair à ce sujet. Je me réjouis que la présidence suédoise de l'Union Européenne ait déjà proposé un programme d'action en cinq points à ce propos. Notre gouvernement aussi a décidé d'organiser pendant la présidence belge de l'Union Européenne une réunion spéciale consacrée aux problèmes de l'immigration. La traite des êtres humains y sera également à l'ordre du jour.

Mettons tout en oeuvre pour réinsérer ces victimes et pour leur proposer des alternatives concrètes. Luttons efficacement contre les mafias criminelles qui organisent ces trafics d'êtres humains, de drogue, d'armes et de blanchiment d'argent. Chez nous, il s'agit notamment de mafias albanaises qui, selon la commission du Sénat, se montrent particulièrement brutales et cruelles.

Le parlement européen demande aux Etats membres et aux pays candidats : d'établir une autorité centrale chargée de la lutte contre le commerce des êtres humains, de mettre en place ou de renforcer des unités de police spécialisées dans ces questions, d'améliorer la coopération entre pays d'origine, de transit, de destination, Europol et Interpol.

La Commission Européenne, enfin, devrait présenter des propositions concrètes visant à harmoniser les législations et méthodes nationales de détection et de poursuite. Elle a déjà actuellement développé le programme STOP, qui a pour but de former des responsables de la lutte contre la traite des êtres humains.

Je voudrais terminer par une réflexion plus personnelle. Il y a une dizaine d'années, un journaliste belge avait écrit une série d'articles sur le même sujet. Ils avaient fort ému mon frère le roi Baudouin qui, peu après, visita le centre Payoke à Anvers. A la même époque, une commission parlementaire avait été à la base d'une législation nouvelle, entrée en vigueur dans notre pays en avril 1995 et qui fut considérée alors comme une législation pilote.

Plus de cinq ans après, force nous est de constater que chez nous et en Europe, le problème s'est fortement aggravé. Par contre, nous sommes bien placés pour reprendre l'initiative et combattre résolument les esclavagistes des temps modernes. C'est un combat pour la dignité de la personne humaine. Pour ma part, je le fais par conviction personnelle et par fidélité à la mémoire de mon frère".

Selon l'ouvrage "Métier de Roi" de Pierre-Yves Monette (conseiller honoraire des rois Baudouin et Albert II), le Roi aurait insisté auprès de Guy Verhofstadt pour que la traite des êtres humains soit reprise parmi les 16 priorités du gouvernement belge lors de la présidence de l'Union Européenne du 1er juillet au 31 décembre 2001. Ce qui fut fait.

Début juillet, le Roi, la Reine, le président de la Commission Européenne Romano Prodi et le premier ministre Guy Verhofstadt assistent à un spectacle de danse de la troupe belge Rosas au Théâtre Royal de la Monnaie, organisé pour le début de la présidence belge de l'Union Européenne. Albert II consacre l'intégralité de son discours de la fête nationale 2001 à la construction européenne et aux objectifs européens de notre gouvernement fédéral pour les six prochains mois.

Le 11 septembre, plusieurs avions sont détournés aux Etats-Unis par des terroristes et foncent dans les tours jumelles du World Trade Center à New York, ainsi qu'au Ministère de la Défense (le Pentagone) à Washington. Ces attentats causent la mort de plusieurs milliers de personnes et choquent le monde entier. Quelques heures plus tard, le Palais annonce : "Le Roi exprime son horreur, son profond chagrin et adresse sa sympathie aux familles des victimes". Le porte-parole ajoute que le souverain avait envoyé un télégramme au président George W. Bush, et que le prince Laurent, en mission aux USA avec le ministre-président de la région bruxelloise François-Xavier de Donnéa, était hors de danger à Boston.

Le lendemain, la famille royale fait un triple hommage aux victimes. Le roi Albert et la reine Paola reçoivent en audience l'ambassadeur des Etats-Unis Stephen Bauer et son épouse. En mission économique au Maroc, le prince héritier exprime sa compassion et sa tristesse lors d'une conférence de presse. Le prince Laurent assiste à une cérémonie religieuse à la cathédrale de Boston. Le 15 septembre, le prince Philippe et la princesse Mathilde sont présents à la messe d'hommage à la cathédrale Saints-Michel-et-Gudule à Bruxelles.

Afin d'apporter sa contribution personnelle au civisme fédéral qu'il prône dans ses discours, le Roi décide en 2001 de supprimer l'attribution de titres dynastiques (comte du Hainaut, prince de Liège et comte de Flandre) à des membres de la famille royale. Si on avait respecté la tradition, la princesse Elisabeth (premier enfant successible du prince héritier) aurait dû être comtesse de Hainaut. Il n'en fut rien. En accord avec le gouvernement, Albert II estimait qu'Elisabeth était la princesse de tous les Belges, et pas uniquement d'une province. Cela ne correspondait plus à la volonté de la famille royale d'être au-dessus des communautés linguistiques et de maintenir la cohésion de la Belgique fédérale. Par contre, le prince Philippe reste duc de Brabant, car il y a un Brabant flamand et un Brabant wallon...

Le 7 novembre, le Tribunal de Commerce de Bruxelles déclare la faillite de notre compagnie aérienne, la Sabena, qui emploie 10.000 personnes. Aussitôt Maurice Lippens et Etienne Davignon décident de lui trouver un successeur, avec le soutien du Roi et du premier ministre Guy Verhofstadt. Grâce à leur imposant carnet d'adresses, ils partent à la recherche de capitaux pour une mission presque impossible. Probablement que Jacques van Ypersele de Strihou donne également de nombreux coups de téléphone. Certains journalistes évoquent une "mission royale", mais les deux compères répondent que le devoir patriotique est leur seule motivation.

Dans son discours de Noël 2001, Albert II évoque la faillite de la Sabena : "Je songe avec émotion aux milliers de personnes qui ont perdu récemment leur emploi, éprouvant désarroi et tristesse. Puissent-elles, en cette trêve de Noël, retrouver force et courage. Je tiens par ailleurs à féliciter chaleureusement tous ceux qui dans un esprit de solidarité s'efforcent de créer des emplois nouveaux ou de préserver des emplois menacés, notamment dans le transport aérien".

Maurice Lippens et Etienne Davignon réussissent à lancer début 2002 une nouvelle compagnie aux ambitions plus restreintes : la SN Brussels Airlines. En remerciement, Etienne Davignon reçoit en 2004 le titre honorifique de Ministre d'Etat.

Entretemps, vu que les partis sociaux-chrétiens sont désormais dans l'opposition, le gouvernement Verhofstadt Ier décide de marquer la séparation entre l'Eglise et l'Etat lors de la fête du Roi 2001.

Premier changement : le Te Deum perd son caractère officiel. Ce n'est plus le ministre de l'Intérieur, mais les autorités religieuses qui invitent à la célébration. Des détachements militaires ne sont plus présents à la cathédrale Saints-Michel-et-Gudule. Les enfants du Roi y assistent en civil et plus en uniforme militaire.

Seconde modification : en fin d'après-midi, une réception est organisée pour 600 personnes (la famille royale, les autorités politiques, religieuses, judiciaires et militaires du pays, ainsi que des citoyens choisis par les gouverneurs de province), au cours de laquelle le premier ministre, les présidents de la Chambre et du Sénat prononcent un discours.

Contrairement aux baptêmes de Philippe, Astrid et Laurent dans les années 60, celui de la princesse Elisabeth est considéré comme un événement privé et non officiel. La cérémonie se déroule dans l'intimité de la petite chapelle du domaine de Ciergnon, restaurée à l'initiative de la reine Paola. La famille royale, les comtes d'Udekem d'Acoz, le grand-duc Jean et la grande-duchesse Joséphine-Charlotte de Luxembourg assistent au baptême célébré par le cardinal Danneels. A la demande de la presse, un caméraman et un photographe ont pu immortaliser quelques instants de la messe. Tous les petits-enfants du couple royal ont eu droit à un baptême privé, contrairement aux autres monarchies européennes où l'événement est dignement fêté.

En 2001, les journalistes flamands Guy Polspoel et Pol Van den Driessche sortent leur livre "Roi et vice-roi : l'influence de la Cour et le pouvoir de Jacques van Ypersele de Strihou". Sans nier les qualités du chef de cabinet des rois Baudouin et Albert II et les grands services qu'il a rendus à la monarchie, les auteurs souhaitaient convaincre les lecteurs (et le monde politique...) que Jacques van Ypersele de Strihou était depuis trop longtemps le bras droit du chef de l'Etat. Ils étaient confortés par une déclaration du vice-premier ministre Johan Van de Lanotte ("Aucune fonction ne peut durer éternellement, pas même celle de chef de cabinet du Roi") et la réaction embarrassée du premier ministre ("Ce qu'il dit me paraît tout à fait évident, mais je ne veux rien ajouter à ce sujet"). Le gouvernement fédéral n'intervient, en effet, pas dans la nomination des collaborateurs du souverain et Guy Verhofstadt ne souhaitait pas changer cette pratique. Dans leur ouvrage, les deux auteurs suggéraient même une proposition de date pour la retraite de Jacques van Ypersele de Strihou : le 5 décembre 2001, jour de son 65ème anniversaire.

Le Roi ne s'est pas laissé influencer par les deux journalistes et son chef de cabinet a pu fêter en 2003 ses vingt années de service au Palais... Remarquons que cette longévité n'est pas respectée pour le Grand Maréchal de la Cour : Gérard Jacques (de 1993 à 1994), Lucien Buysse (de 1994 à 1997), Jan Willems (de 1997 à 2001) et Frank De Coninck (de 2002 à 2006) se sont succédés à ce poste.

Pour le sommet clôturant la présidence belge de l'Union Européenne en décembre 2001, le Roi met le château et les serres de Laeken à la disposition du gouvernement Verhofstadt Ier. C'est dans ce cadre prestigieux que se tiennent les réunions des chefs d'Etat et de gouvernement des quinze pays. Albert II les reçoit à déjeuner le premier jour du sommet et a ensuite plusieurs entretiens bilatéraux.

Dans son discours de Noël, il évoque la situation internationale : "Je ne puis m'empêcher de penser aux victimes des attentats du 11 septembre et à leurs familles si cruellement éprouvées. Comme j'ai pu le dire à ce moment à l'ambassadeur des Etats-Unis, de tels actes barbares, tuant plusieurs milliers d'innocents, constituent des attaques contre la démocratie et nous partageons la douleur de l'Amérique devant un crime que rien ne peut justifier.

A la suite de cette tragédie, une large coalition internationale s'est forgée contre le terrorisme. Nous souhaitons qu'une telle solidarité puisse se maintenir pour lutter plus efficacement encore contre d'autres menaces et injustices dans le monde. Je pense en particulier à la situation démocratique au Moyen-Orient. Elle forme comme une espèce de terreau, où la haine et la violence peuvent se développer en abondance. Je pense aussi aux souffrances des populations en Afrique centrale, touchées par la guerre civile et le cortège de privations et de maladies qu'elle entraîne avec elle. Je pense également au milliard de personnes qui souffrent de la faim dans le monde et à tous ceux qui en meurent. Je pense encore à cette nouvelle forme d'esclavage qu'est la traite des êtres humains.

Pour faire face à ces situations inacceptables, de vastes coalitions internationales sont indispensables. Pendant la présidence belge de l'Union Européenne, notre pays s'est courageusement efforcé avec ses partenaires de lutter contre ces différentes sources d'injustice, réagissant ainsi à l'égoïsme, au matérialisme et à la peur de l'autre. Je me réjouis aussi qu'au sommet de Laeken, des progrès aient été réalisés pour mieux définir l'image de notre future Union Européenne".

Et il termine ce discours de Noël en désignant son combat le plus important en tant que roi des Belges : "Pour conclure, je voudrais en cette période si propice demander à chacun d'être attentif en permanence à la préoccupation suivante : comment puis-je mieux encore être utile aux autres? Quant à moi, c'est avec cet objectif de service au pays que je poursuivrai ma tâche, dont la priorité est d'encourager son indispensable cohésion. Cette union dans le respect de la diversité est d'ailleurs clairement souhaitée par la très grande majorité des Belges".

Le 30 décembre 2001, une cérémonie marquant le futur passage à l'euro et le changement de pays président de l'Union Européenne a lieu au palais royal de Bruxelles en présence du roi Albert, du prince héritier Philippe, du roi Juan Carlos d'Espagne, du président de la Commission Européenne Romano Prodi, du premier ministre espagnol José Maria Aznar et du gouvernement belge.