lundi 11 mars 2019

Conférence sur le Fonds du Patrimoine

Le vendredi 29 mars 2019 à 14h30 au Musée Bellevue,  l'Association Royale Dynastie et Patrimoine Culturel organise une conférence intitulée "Des œuvres dans l'Histoire : la collection de la Fondation Roi Baudouin dévoilée"  par Dominique Allard, directeur à la Fondation Roi Baudouin. Prix :  5 euros (pour les membres de l'association) ou 7 euros (pour les non-membres). Inscription et paiement obligatoires avant le 22 mars 2019. Plus d'infos :   musdyn@skynet.be ou 02/ 511. 55. 78

Directeur à la Fondation Roi Baudouin (créée en 1976 lors des 25 ans de son règne), Dominique Allard assure notamment la responsabilité du Fonds du Patrimoine de la Fondation qui a été lancé en 1987. Quel est son objectif?  Se porter acquéreur d'œuvres d'art et documents historiques significatifs de notre patrimoine, et les montrer ensuite au grand public ou/et aux chercheurs. Depuis 1987, le Fonds du Patrimoine de la Fondation Roi Baudouin compte 21.560 œuvres d'art et 22 fonds d'archives (dont certains sont reçus en dons et legs). Toute la collection est mise en dépôt dans plus de quarante musées et institutions patrimoniales à travers le pays. C'est le prince Lorenz de Belgique qui est le président d'honneur de ce Fonds. Plus d'infos :   www.patrimoine-frb.be

Durant cette conférence,  Dominique Allard présentera des œuvres tirées de la collection du Fonds, et parlera de leurs objectifs et projets. Parmi ces œuvres et fonds d'archives, voici en quatre dont j'ai déjà parlé sur mes deux autres blogs :

- Un tableau de l'apôtre Mathieu par Van Dyck :   http://journalpetitbelge.blogspot.com/2019/01/lapotre-mathieu-par-van-dyck.html

- La carte Utopia d'Abraham Ortelius :   http://journalpetitbelge.blogspot.com/2019/01/lunique-carte-utopia-dabraham-ortelius.html

- Les livres de Stijn Streuvels :   http://ecrivainsbelges.blogspot.com/2018/01/les-livres-de-stijn-streuvels-anvers.html

- Les archives de l'auteur Hugo Claus :  http://ecrivainsbelges.blogspot.com/2015/04/sauvegarde-des-archives-de-lauteur.html

lundi 4 mars 2019

Activités royales en février 2019

                              

9 audiences pour le Roi :   le premier ministre Charles Michel (reçu 3 fois), le ministre de la Justice Koen Geens, la ministre de l'Environnement Marie-Christine Marghem, une délégation de la Fédération Nationale des Combattants de Belgique, la ministre francophone de l'Enseignement Marie-Martine Schyns, le président de l'Union des Associations Laïques Freddy Mortier, le ministre des Télécommunications Philippe De Backer

14 activités officielles pour le Roi :  visite de Health House à Heverlee, visite du centre de formation d'Audi Brussels, symposium "Quelle formation pour notre avenir? La formation en alternance et au-delà", dîner au château de Laeken avec des jeunes policiers, messe à Laeken à la mémoire des défunts de la dynastie, rencontre avec les élèves de rhéto de l'Institut Saint-Louis de Namur, visite du centre d'entreprenariat d'économie circulaire Greenbizz à Laeken, visite du projet d'habitat durable et participatif Tivoli GreenCity à Laeken, visite d'un atelier socio-artistique à Duffel, visite du béguinage de Lierre, rencontre avec les habitants d'Herentals, visite d'Impact House, 100ème anniversaire d'Essenscia, concert de printemps au palais royal.

30 activités officielles pour la Reine :  installation comme membre d'honneur de l'Académie Royale de Médecine de Belgique, dîner au château de Laeken avec des jeunes policiers, 50ème Foire du Livre de Bruxelles, visite du projet Musique-Récup à Wanfercée-Baulet, messe à Laeken à la mémoire des défunts de la dynastie, World Ressources Forum, visite d'un atelier socio-artistique à Duffel, visite du béguinage de Lierre, rencontre avec les habitants d'Herentals, visite de l'école Sint-Jozef Coloma, 20ème remise du Prix Womed Award, concert de printemps au palais royal
+ 18 activités officielles lors de son voyage au Mozambique (rencontre avec le ministre des Finances, rencontre avec la ministre de l'Enfance et des Affaires Sociales, visite à l'école communautaire Santo Antonio da Malhangalene, visite de l'association "Light for the World", dîner offert par la gouverneure de la province de Gaza, rencontre avec les habitants du village de Bilene, visite d'un projet de dessalement de l'eau, déjeuner de travail avec le représentant de l'Unicef et le directeur régional de la Banque Mondiale, découverte du programme UNWOMEN en faveur des femmes, visite à l'hôpital de Chokwé, échange avec des victimes de violence domestique et de mariages d'enfants, dîner offert par le coordinateur national a.i. des Nations Unies, rencontre avec le président du Mozambique, déjeuner de travail avec la Première Dame, discours à l'université de Maputo, visite d'un centre de santé à Marracuene, visite de l'Institut National de gestion des catastrophes du Mozambique, rencontre avec la communauté belge)

1 activité officielle pour le roi Albert II et la reine Paola :   messe à Laeken à la mémoire des défunts de la dynastie

0 activité officielle pour la princesse héritière Elisabeth, le prince Gabriel, le prince Emmanuel et la princesse Eléonore

30 activités officielles pour la princesse Astrid : concert de printemps au palais royal
+ 29 activités officielles lors de sa mission économique au Mexique (session d'information pour la délégation belge, rencontre avec le président de la République, forum sur les relations économiques belgo-mexicaines, activité sur les technologies belges innovantes dans le milieu sportif, séminaire sur la conduite responsable des affaires, rencontre avec le ministre des Transports, séminaire sur le développement portuaire, lancement des exportations des poires belges au Mexique, événement gastronomique "Sabores de Belgica", petit-déjeuner "Success Stories" de la FEB, activité de l'entreprise Barco, cocktaïl de clôture de l'Antwerp Diamond Power Session, inauguration des nouveaux bureaux d'UCB, séminaire sur les soins de santé, déjeuner d'affaires au Club des Industries, cérémonie de signature de contrats et de remise de décoration, session sur le développement durable des villes, rencontre avec la presse, concert "Belgian Jazz Manouche meets Mexican beats", réception officielle belge, visite de l'entreprise Televisa, visite du siège de Pétroleos Mexicanos, visite à l'hôtel de ville de Mexico, lunch de la FEB, rencontre avec le gouverneur de Nuevo Leon, inauguration d'un cyclotron de la société belge Ion Beam, présentation des projets du groupe Cockerill au Mexique, dîner offert par le gouverneur de Nuevo Leon, petit-déjeuner au siège du groupe Alfa).

1 activité officielle pour le prince Lorenz :  concert de printemps au palais royal

8 activités officielles pour le prince Laurent :  BOKS Info Dag organisé par l'asbl BOKS pour les maladies métaboliques, remise des Prix Magritte du cinéma belge, Special Olympics Healthy Community Project à Genk, funérailles de la princesse Alix de Luxembourg à Beloeil, messe à Laeken à la mémoire des défunts de la dynastie, conférence sur l'Opus Dei à la Maison de la Laïcité de La Louvière, visite à Waterloo de l'exposition "90 ans d'archives : la famille royale fait la Une", ouverture du festival du film de la jeunesse à Anvers.

1 activité officielle pour la princesse Claire :  ouverture du festival du film de la jeunesse à Anvers

2 activités officielles pour la princesse Louise :   remise des Prix Magritte du cinéma belge, ouverture du festival du film de la jeunesse à Anvers

1 activité officielle pour les princes Nicolas et Aymeric :  ouverture du festival du film de la jeunesse à Anvers

Récapitulatif de janvier et février (source :   www.monarchie.be) :

Roi :   44 activités officielles  + 18 audiences

Reine :   53 activités officielles

Princesse Astrid :   33 activités officielles

Prince Laurent :   12 activités officielles

Princesse Louise :    4 activités officielles

Prince Lorenz :  3 activités officielles

Princesse Claire :   3 activités officielles

Princes Nicolas et Aymeric :   3 activités officielles

Roi Albert II et Reine Paola :   1 activité officielle

Princesse Elisabeth, Prince Gabriel, Prince Emmanuel et Princesse Eléonore :   0 activité officielle

lundi 25 février 2019

Les 10 ans du blog sur la famille royale belge

                                Afficher l’image source

Tout commence au départ par la création du Journal d'un petit Belge (http://journalpetitbelge.blogspot.com) en décembre 2006 suite au faux JT de la RTBF annonçant la fin de notre pays. Ce blog généraliste - qui existe toujours - a pour objectifs de défendre l'unité de la Belgique, de faire découvrir son histoire et les Belges qui se distinguent dans tous les domaines.

En février 2009, j'ai décidé de regrouper mes articles concernant notre famille royale sur un plus petit blog qui fête donc son 10ème anniversaire :   http://familleroyalebelge.blogspot.com .

S'il existe beaucoup de blogs et forums sur le Gotha, le mien ne concerne que la famille royale belge, et privilégie le texte aux images. J'essaie de donner des informations qu'on ne trouve pas ailleurs, et un rendez-vous s'impose dès 2009 :   le classement mensuel des activités officielles de la famille royale. J'ai la chance de bénéficier rapidement de la confiance de la princesse Esmeralda qui répond par mail à mes questions sur son père en 2009 et sur son frère en 2010, puis de la princesse Léa qui m'envoie ses réponses par courrier en 2011. A cette époque, je me suis aussi intéressé au rôle politique du roi Albert II à travers toute une série d'articles.

Je viens de regarder les chiffres de fréquentation depuis la création de ce blog, et deux articles se détachent clairement des autres avec chacun plus de 12.000 visites à l'heure actuelle :  mon texte sur les 60 ans de la princesse Léa de Belgique (en 2011) et mon article sur la grande-duchesse Joséphine-Charlotte, née princesse de Belgique (en 2012). Tous deux sont très bien référencés dans les moteurs de recherche.

En 2014, ce sont les historiens Damien Bilteryst et Christophe Vachaudez qui acceptent de répondre à mes questions. Puis, la princesse Esmeralda m'accorde une longue interview par courriel à l'occasion de ses 60 ans en 2016 :   http://familleroyalebelge.blogspot.com/2016/09/esmeralda-de-belgique-linterview-de-ses.html

En général, mes articles sont publiés le lundi, mais ce n'est pas le cas toutes les semaines par manque de temps. Régulièrement, certains anciens articles sont actualisés en fonction des dernières informations trouvées.

Malgré la modernisation de la communication du Palais ces dernières années via Facebook ou Twitter,  le contenu du site officiel du Palais n'est pas très fouillé. Les biographies des différents membres de la famille royale ne sont pas très détaillées. Impossible d'y avoir le programme complet des voyages d'Etat des souverains et des missions économiques de la princesse Astrid. On ne trouve pas non plus de liste complète et actualisée des Hauts Patronages et présidences d'honneur de la famille royale (alors qu'en Grande-Bretagne, c'est possible....jusqu'aux cousins Kent et Gloucester de la reine Elisabeth II !).  Il n'y a pas non plus un endroit sur le site officiel du Palais où on retrouve directement un récapitulatif des actions et discours sur les deux grands combats sociaux des souverains :  les jeunes pour le Roi ;  les Objectifs de Développement Durable pour la Reine.  Bref,  voilà tous des sujets sur lesquels je tente de chercher des informations avec le plus d'objectivité possible.

A l'occasion des 10 ans de ce blog, je tiens à remercier :

- Valentin Dupont (Royalement Blog) pour son aide régulière et efficace.

- Régine Salens (Noblesse et Royautés) pour ses liens vers ce blog.

- les princesses Esmeralda et Lea, les historiens Damien Bilteryst et Christophe Vachaudez pour avoir accepté de répondre à mes questions.

- le journaliste Pierre Nizet qui a cité plusieurs fois mon blog dans les quotidiens du groupe Sud Presse.

- et vous, chers lecteurs, pour vos visites et vos commentaires !

lundi 11 février 2019

Le rôle politique du roi Philippe

                                Afficher l’image source

1° Les élections fédérales de 2014

Le 25 mai 2014, les Belges sont appelés aux urnes pour élire leurs députés au Parlement Européen, à la Chambre et aux parlements régionaux. Comme le veut la coutume, les souverains régnants ne vont pas voter mais par contre, le roi Albert II et la reine Paola refont usage de leur droit de vote dans un bureau de Laeken. A la Chambre, la NVA est le parti le plus important mais si on regroupe par famille politique, ce sont les socialistes (PS + SPA) qui possèdent le plus de sièges. On note aussi une baisse importante du Vlaams Belang et d'Ecolo, ainsi que l'arrivée du PTB qui est le seul parti national et bilingue du Parlement. 

Le lendemain, le premier ministre Elio Di Rupo présente la démission de son gouvernement au Roi qui lui demande de gérer les affaires courantes. Il commence ensuite ses consultations politiques en rencontrant le président de la Chambre André Flahaut et la présidente du Sénat Sabine de Béthune. Puis, pendant deux jours, il reçoit en audience les présidents des partis politiques représentés à la Chambre. Comme son oncle et son père, il ne convie pas le parti d'extrême-droite Vlaams Belang qui est persona non grata au Palais depuis des années.

Au terme de ces consultations, le Roi confie une mission d'information à Bart De Wever, le président de la NVA, le parti possédant le plus de sièges à la Chambre. Celui-ci souhaite former un gouvernement fédéral de centre droit, mais le 24 juin, le CDH rejette la note de l'informateur et fait comprendre qu'il ne souhaite pas gouverner avec les nationalistes flamands. Le 27 juin, le souverain confie une mission d'information au président du MR Charles Michel afin d'explorer d'autres formules. On s'oriente alors vers une coalition dite "suédoise" totalement inédite avec trois partis flamands (NVA, CD&V, VLD) et un parti francophone (MR).

Dans son discours de la fête nationale, Philippe déclare :    "Le 25 mai dernier, vous avez élu des hommes et des femmes appelés à vous représenter pendant les cinq prochaines années. Avec vous, je forme le vœu que les gouvernements de l'Etat fédéral et des entités fédérées soient tous à pied d'œuvre sans tarder. Ces gouvernements seront appelés à coopérer dans un esprit de loyauté et de reconnaissance mutuelle. Cela sera nécessaire pour la mise en œuvre de la réforme de l'Etat qui vient d'entrer en vigueur, mais aussi pour continuer à relever les défis économiques et sociaux. Pour créer de la valeur (économique, sociale et avant tout humaine), la coopération et la confiance sont indispensables. Poursuivons ensemble nos efforts pour construire une société dans laquelle l'un et l'autre se renforcent mutuellement".

Le 22 juillet, le Roi nomme Charles Michel (président du MR) et Kris Peeters (ministre-président flamand) co-formateurs. Les négociations de l'accord entre les quatre partis commencent. Le gouvernement prête serment le 11 octobre 2014 dans la Grande Galerie du palais royal de Bruxelles. Deux changements pour la forme par rapport au règne d'Albert II :  elle n'a plus lieu au château de Laeken d'une part, et ce sont les ministres qui s'avancent désormais vers le souverain (et plus l'inverse) d'autre part.

2° La crise politique de 2018

En décembre 2018, la NVA quitte le gouvernement fédéral suite à la volonté du premier ministre Charles Michel de se rendre à Marrakech pour souscrire au Pacte mondial sur les migrations. Les compétences des trois ministres (Jan Jambon, Johan Van Overtveldt et Sander Loones) et des deux secrétaires d'Etat (Theo Francken et Zuhal Demir) de la NVA sont redistribuées entre les membres du gouvernement des trois autres formations politiques. Certains reprocheront que ce remaniement ministériel se soit fait sans se rendre au palais royal, mais Charles Michel assurera qu'il avait été en contact permanent avec le souverain durant cette crise politique.

Quelques jours plus tard, sous la menace d'une motion de méfiance déposée à la Chambre par l'opposition, Charles Michel annonce sa démission au Roi qui la garde en suspens et rencontre les présidents de partis.

Le 21 décembre, le Palais diffuse ce communiqué :    "Sa Majesté le Roi a reçu en audience le président de la Chambre des Représentants et le premier ministre, après avoir consulté les présidents de partis. Le Roi a accepté la démission du gouvernement et l'a chargé de l'expédition des affaires courantes. Il constate une volonté politique de garantir la bonne gestion du pays jusqu'aux prochaines élections. Le Roi demande aux responsables politiques et aux institutions, en qui il réitère sa confiance, d'apporter une réponse appropriée aux défis économiques, budgétaires et internationaux, et aux attentes de la population, notamment sur le plan social et environnemental. Le Roi a convenu avec le président de la Chambre des Représentants et avec le premier ministre qu'ils l'informeront respectivement, à intervalles réguliers, de l'état d'avancement des travaux dans le cadre des affaires courantes".

Dans son discours télévisé de Noël, le souverain déclare :   "Notre pays traverse une période mouvementée. Des sujets importants préoccupent à juste titre nos concitoyens. Aujourd'hui, nous sommes confrontés à de vives tensions politiques. Je fais confiance au sens des responsabilités de nos dirigeants pour agir dans l'intérêt du pays et de la population. Les inégalités, la pauvreté, l'intolérance, le changement climatique, sont des questions qui demandent des réponses exhaustives. Ces problèmes cruciaux de notre société demandent de notre part à tous écoute et ouverture, courage et esprit d'initiative. La démocratie exige cette écoute et ce dialogue. Préparons-nous aux élections fédérales, régionales et européennes en tenant des débats ouverts et vrais, où l'on se respecte. Car le moment du vote doit être le résultat d'une mûre réflexion". 

Nouvelle allusion à la fin de son discours de Nouvel An aux autorités du pays :   "Je vous invite à réfléchir et à travailler ensemble à ce nouvel élan, un projet pour la Belgique, au cœur de l'Europe. Un projet qui permettra à tous de voir plus que jamais l'avenir avec confiance. Les institutions dont vous avez la charge sont le ciment de notre société démocratique. Ce sont des lieux où sont créés des liens, des lieux qui rassemblent. Elles sont à même, aussi, de faire obstacle aux informations fallacieuses et aux simplifications néfastes. Au cours des prochains mois, dans la perspective de la nouvelle législature européenne, fédérale et régionale, votre tâche sera lourde et délicate. Le pays compte sur vous". 

A lire aussi :  mon article sur Philippe, roi d'une Belgique fédérale (http://familleroyalebelge.blogspot.com/2019/01/philippe-roi-dune-belgique-federale.html)

lundi 4 février 2019

Activités royales en janvier 2019

                                

9 audiences pour le Roi :  le premier ministre Charles Michel (reçu 3 fois), le président du Comité Militaire de l'Union Européenne Claudio Graziano, le secrétaire général de l'Otan Jens Stoltenberg, le président de la Chambre Siegfried Bracke, ainsi que les ambassadeurs de Sierra Leone, Costa Rica et Tchéquie.

30 activités officielles pour le Roi :   rencontre avec les lauréats du Deloitte Technology Fast 50 Competition, réception de Nouvel An pour les autorités européennes, réception de Nouvel An pour les ambassadeurs étrangers, visite du centre de jour de l'asbl L'Ilôt à Saint-Gilles, visite de l'atelier de l'artiste Michaël Borremans à Gand, réception de Nouvel An pour les autorités de l'Otan et du Shape, séance académique à Eupen pour le centenaire de l'appartenance de l'actuelle communauté germanophone à la Belgique, table ronde avec les agences régionales pour l'emploi, visite du T2 Campus à Genk, réception de Nouvel pour les autorités du pays, réception au château de Laeken pour les ambassadeurs belges et les consuls généraux
   + 20 activités officielles au forum mondial de Davos (session "Rethinking Global Financial Risk", session "Shaping a New Skills Architecture", session "Shaping Globalization 4.O", rencontre avec le managing director de Hanwha Group, rencontre avec Olivier et Nicole Schwab, rencontre avec le vice-président de la Commission Européenne en charge de l'emploi et de la croissance, rencontre avec le chancelier de l'Université de Californie et du vice-chancelier de l'Université Nationale Australienne, rencontre avec le président d'Alibaba Group Jack Ma, rencontre avec l'ancien vice-président américain Al Gore, dîner officiel au Marosoni Hotel, rencontre avec l'ancien secrétaire d'Etat américain John Kerry, rencontre avec le président du conglomérat Siemens, session "Making Digital Globalization Inclusive", session "Shaping the Future of Democraty", session "Taking Action for Ocean", Belgian Power Reception, rencontre avec le chairman de The Boston Consulting Group, rencontre avec le premier ministre d'Arménie Nikol Pashinyan, rencontre avec l'auteure Hilary Cottam, session "A Jobs Creation Strategy for the Fourth Industrial Revolution").

23 activités officielles pour la Reine :   visite de l'exposition Fernand Khnopff à Paris,  réception de Nouvel An pour les autorités européennes, réception de Nouvel An pour les ambassadeurs étrangers, réception de Nouvel An pour les autorités de l'Otan et du Shape, rencontre avec le CEO de la Confiserie Leonidas, soirée musicale en l'honneur du baron Arie Van Lysebeth, réception de Nouvel An pour les autorités du pays, réception au château de Laeken pour les ambassadeurs belges et les consuls généraux, visite de l'athénée royal d'Esneux, rencontre avec le professeur de neuropsychologie Bernard Dan
  + 13 activités officielles au forum mondial de Davos (session "Shaping Globalization 4.0", rencontre avec la Première Dame du Paraguay Silvana Abdo, réunion à la Schwab Foundation for Social Entrepreneurship dont elle est membre d'honneur, rencontre avec le directeur général de l'Organisation Mondiale de la Santé Tedros Adhanom Ghebreyesus, dîner officiel au Marosoni Hotel, session "Making Education Inclusive", session "Closing the Financing Gap", rencontre avec le Prix Nobel de la Paix 2018 Dr Denis Mukwege, réunion avec des spécialistes de la santé et de la santé mentale, Belgian Power Reception, rencontre avec le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés Filippo Grandi, conférence du secrétaire général des Nations Unies Antonio Guterres, rencontre avec le président d'un camp de réfugiés au Kenya Mohammed Hassan Mohamud)

0 activité officielle pour le roi Albert II et la reine Paola

0 activité officielle pour la princesse héritière Elisabeth, le prince Gabriel, le prince Emmanuel et la princesse Eléonore

3 activités officielles pour la princesse Astrid :  déjeuner au palais d'Egmont pour les Journées Diplomatiques, cérémonie à l'Académie Royale de Médecine en l'honneur du professeur Charpentier, réception de Nouvel An pour les autorités du pays

2 activités officielles pour le prince Lorenz :  dîner de gala du Fonds du Patrimoine de la Fondation Roi Baudouin à la Brafa, réception de Nouvel An pour les autorités du pays

4 activités officielles pour le prince Laurent :   inauguration du 97ème Salon de l'Auto à Brussels Expo, visite du musée des Beaux-Arts de Gand, visite du Salon de l'Auto avec ses enfants, réception de Nouvel An de la Fondation Prince Laurent

2 activités officielles pour la princesse Claire :  visite du musée des Beaux-Arts de Gand, réception de Nouvel An de la Fondation Prince Laurent

2 activités officielles pour la princesse Louise, les princes Nicolas et Aymeric :  visite du musée des Beaux-Arts de Gand, visite du Salon de l'Auto à Brussels Expo

Récapitulatif des activités officielles de janvier (source : www.monarchie.be) :

Roi :   30 activités officielles   +  9 audiences

Reine :   23 activités officielles

Prince Laurent :    4 activités officielles

Princesse Astrid :   3 activités officielles

Prince Lorenz :   2 activités officielles

Princesse Claire :   2 activités officielles

Princesse Louise, Princes Nicolas et Aymeric :   2 activités officielles

Roi Albert II et Reine Paola :   0 activité officielle

Princesse Elisabeth, Prince Gabriel, Prince Emmanuel et Princesse Eléonore :   0 activité officielle

lundi 21 janvier 2019

Philippe, roi d'une Belgique fédérale

                             Résultat d’images pour photos du roi philippe

Contrairement à leurs cinq prédécesseurs, Albert II et son fils règnent sur une Belgique fédérale. Pas nostalgique (du moins publiquement) de l'évolution de notre pays,  le roi Philippe s'inscrit clairement dans l'avenir lors de sa prestation de serment :   "La nouvelle réforme de l'Etat réalise un transfert de compétences important aux entités fédérées. Cela rapprochera les citoyens de la prise de décisions. Cela permettra de mieux rencontrer les défis de l'avenir".


Dans les premiers mois de son règne, le nouveau souverain tente des nouvelles initiatives. Ainsi, en novembre, il reçoit en audience commune les ministres francophone Fadila Laanan et néerlandophone Joke Schauvliege de la Culture. Il décide d'enregistrer une version allemande de son discours télévisé de Noël à l'intention de la communauté germanophone (le roi Albert II se contentant de deux phrases en allemand à la fin de son discours en français). En janvier, il organise une réunion de travail avec les trois ministres communautaires de l'Enseignement.

Dans son discours de Nouvel An 2014 aux autorités du pays, le Roi déclare :   "La réforme de l'Etat qui vient d'être adoptée permettra à l'Etat fédéral et à nos communautés et régions de rencontrer plus efficacement les défis de l'avenir. Elle crée aussi un nouvel espace pour la coopération. Au cœur de l'Europe, la Belgique continuera à faire la preuve qu'en capitalisant sur les différences de langue et de culture, nous arrivons à intégrer la vision d'autrui et donc à trouver des solutions plus globales".

Notre souverain continue de soutenir le Fonds Prince Philippe qu'il a créé en 1998. Chaque année, il remet, au palais royal, les prix du concours Belgodyssée pour jeunes journalistes du nord et du sud du pays. En 2014, il participe aux 10 ans du programme Erasmus Belgica du Fonds Prince Philippe. Ce programme facilite les échanges entre des établissements d'enseignement supérieur des trois communautés de notre pays. L'échange peut durer de trois mois à une année académique. Les étudiants reçoivent une bourse unique de 100 euros pour y participer. S'ils louent un kot, ils peuvent obtenir un bonus supplémentaire de maximum 100 euros par mois, après avoir présenté une copie du contrat de location.

Surprise lors du premier voyage d'Etat de son règne en 2015 :   le couple royal est accompagné des ministres-présidents des régions et communautés, en plus du ministre fédéral des Affaires étrangères. Cela ne fut jamais le cas sous le règne précédent. Philippe souhaite montrer symboliquement à l'étranger que la Belgique est un Etat fédéral, et entretenir de bonnes relations avec les régions et communautés.  Dans le cadre de son soutien à la formation en alternance, il a emmené les ministres fédéraux et régionaux concernés en voyage de travail de deux jours en Allemagne en 2015, puis en Suisse en 2017.

En 2016, le Roi assiste au 25ème anniversaire de l'échange linguistique entre des écoles de Minderhout et Neufchâteau, et rencontre avec des élèves de Visé et Poelkapelle ayant participé à un Relais Sacré en vélo.

En avril 2016, un déjeuner de travail est organisé au château de Laeken sur le thème "La culture comme levier de dialogue entre les communautés du pays". Autour du couple royal, on trouve Serge Rangoni (directeur du Théâtre de Liège), Dirk Snauwaert (directeur du Wiels), Sophie Karthäuser (soprano), David Van Reybrouck (auteur), Philippe Geluck (dessinateur), Jan Goossens (directeur du KVS), Michaël Borremans (peintre), Laurent Busine (directeur du MAC's), Anne-Teresa De Keersmaeker (chorégraphe) et Jaco Van Dormael (cinéaste).

Un nouveau déjeuner culturel a lieu un an plus tard, avec quatre mêmes invités (Laurent Busine, David Van Reybrouck, Serge Rangoni et Jaco Van Dormael). Ils sont accompagnés de six autres personnalités du milieu culturel :   Sidi Larbi Cherkaoui (directeur du Koninklijk Ballet van Vlaanderen), Chris Dercon (intendant de la Volkesbühne Berlin), An Veronica Janssens (artiste), François Schuiten (dessinateur), Jan Raes (directeur du Koninklijk Concertgebouw Amsterdam) et Ivo Van Hove (directeur du Toneelgroep Amsterdam).

Le Roi visite les parlements de la communauté germanophone en 2013, de la Wallonie en 2015, de la Fédération Wallonie/Bruxelles en 2016, de la Flandre en 2017.

En novembre 2017, il rencontre au palais royal deux classes de 6ème secondaire d'Oostmalle et Libramont participant à un échange linguistique du Fonds Prince Philippe. En mai 2018, il découvre le projet Tandem à Jette qui forme des instituteurs bilingues français/néerlandais de l'enseignement primaire, grâce au soutien de la Commission Communautaire flamande, de la Ville de Bruxelles et du Fonds Prince Philippe.

Contrairement à son père qui incitait régulièrement dans ses discours les Belges à apprendre la langue des autres communautés,  Philippe n'en parle pas. Il faudra attendre mars 2018 pour qu'il évoque ce sujet lors de l'allocution prononcée à l'Université d'Ottawa pendant le voyage d'Etat au Canada :

"Nos deux pays jouissent de l'indéniable richesse de compter plusieurs communautés, avec chacune sa langue. Contrairement à nos voisins unilingues, nos deux pays ont assurément la chance d'apprendre la langue de l'autre sans difficultés. Le Canada et la Belgique offrent un potentiel énorme pour l'apprentissage d'une seconde langue :  nous avons des native speakers à deux pas de chez nous ; nos élèves peuvent récolter immédiatement les fruits de cet apprentissage dans leur vie quotidienne. Nous avons ainsi développé une expérience et une connaissance scientifique de premier plan sur le multilinguisme et les bénéfices qui en découlent.

Apprendre une langue, c'est se construire. C'est entrer dans l'univers culturel qui nous précède et nous façonne. C'est avant tout se donner la chance de mieux se connaître soi-même. S'il est fondamental d'approfondir et de bien maîtriser sa propre langue, en apprenant une langue étrangère, on ajoute chaque fois un étage à son édification personnelle. Non seulement, comme le disait Goethe :  "Qui ne connaît pas de langue étrangère, ne sait rien de la sienne". Mais s'initier à une langue étrangère, c'est apprendre à voir le monde avec d'autres yeux que les siens. Cela complète notre vision du monde.

S'éveiller à une autre langue permet d'infiniment mieux rencontrer et connaître ceux dont c'est la langue naturelle. Quand on est amené à travailler ou à vivre avec une personne issue d'un autre environnement linguistique, pouvoir s'adresser à elle dans sa propre langue, permet d'augmenter la qualité de nos relations. Cette rencontre nous ouvre à des valeurs que nous ignorions et peut être source de nouvelle créativité. L'apprentissage des langues devient ainsi une promesse de paix, ce vecteur pour un avenir meilleur".

En janvier 2019, le Roi se rend à Eupen pour la séance académique marquant le centenaire de l'appartenance de l'actuelle communauté germanophone à la Belgique, quelques mois après la fin de la première guerre mondiale.

lundi 7 janvier 2019

L'année 2018 du prince Laurent

                                    

Avec le prince Laurent, on ne s'ennuie jamais et rares sont les années où il ne fait pas l'actualité. 2018 n'y a pas échappé. Petit récapitulatif...

1° Sa dotation

En janvier, lors de sa visite au Salon de l'Auto, le prince réagit, pour la première fois, à la proposition du gouvernement belge de lui retirer 15% de sa dotation en 2018 :   "Je ne comprends pas pourquoi nous n'avons pas été entendus et pourquoi une partie de la dotation a été retirée. Mais je ne suis pas assez intelligent pour comprendre".  On lui reproche de ne pas avoir demandé l'autorisation du ministre des Affaires étrangères pour avoir assisté, en uniforme de l'armée belge, à une réception organisée à Bruxelles pour le 90ème anniversaire de l'armée chinoise. 

Il décide d'écrire une lettre au Parlement en mars : 

"Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs les Ministres et Secrétaires d'Etat, 
Mesdames et Messieurs les Députés,

Comme vous le savez, je n'ai pas été convié à m'exprimer devant votre assemblée, lorsqu'elle va prendre en considération ce jour la proposition de retenue sur la dotation allouée à un membre de la famille royale du conseil des ministres du 14 décembre 2017. Dès lors, je n'ai d'autre choix, compte tenu également du calendrier extrêmement serré que vous avez décidé, que de me limiter à vous adresser ce court message. Pour la deuxième fois, je ne serai pas en mesure d'être défendu devant l'institution compétente pour co-décider d'une retenue sur dotation, en vertu de l'article 11 de la loi du 27 novembre 2013 (loi concernant les dotations et les indemnités octroyées à des membres de la famille royale).

Et pour la deuxième fois, l'institution va décider sur base d'une note ou d'un rapport contenant des faits et arguments nouveaux, auxquels l'on ne me permet pas d'apporter une contradiction. Quand bien même vous penseriez pouvoir vous affranchir de cette exigence fondamentale du procès équitable, au motif que des recours judiciaires me seraient ouverts, j'attire votre attention sur la dimension symbolique sans équivalent de la décision qui sera la vôtre. Elle est susceptible de me causer un préjudice grave, et difficilement réparable.

Le gouvernement vous demande de me sanctionner pour un fait, mais la légèreté de ce grief n'échappe à personne. C'est de mon existence même que l'on fait le procès, et ce procès a commencé il y a bien longtemps. Il est sans cesse mené dans les médias, et sans doute dans vos esprits comme dans ceux de certains compatriotes. Une liste de maladresses, d'erreurs, de fautes, sans cesse plus longue au fil des années, sans cesse plus accablante, car uniquement à charge, jamais à décharge. Mais je vous le demande :  lequel d'entre vous résisterait à un tel résumé de sa vie, à un tel jugement dernier? Je n'ai pas demandé ce déploiement de procédures, j'ai même essayé de l'éviter.

J'ai proposé d'accepter une sanction, même injuste, si le gouvernement acceptait de clarifier une loi rédigé trop hâtivement, qui permet un arbitraire dont les juges que vous êtes aujourd'hui, sont partie. Le refus de cette seule solution véritable ne me laisse pas d'autre choix que de contester jusqu'au bout le terrible précédent que constituerait cette sanction, car elle ferait planer une menace permanente sur moi-même, et surtout sur ma femme et nos enfants. Dois-je vous rappeler que ni moi-même, ni ma famille ne bénéficions de la protection sociale (soins de santé, invalidité, pension) qui constitue heureusement le socle de l'existence des autres citoyens de ce pays?  La plupart ne le savent pas, beaucoup font mine de l'oublier :  depuis ma plus tendre enfance, mon existence a été mise au service de mon frère, de ma famille et de l'Etat.

Je n'ai pas pu travailler comme je l'entendais, ni lancer des projets qui eussent permis mon indépendance. Je devais même obtenir l'autorisation pour me marier, et aujourd'hui encore on me fait payer pour avoir choisi une femme que j'aime, sans titre ni fortune. Cette dotation, que l'on parle de réduire ou supprimer au gré des vents politiques ou médiatiques, est le prix d'une vie, le prix de ma vie, qui est largement derrière moi aujourd'hui. Dois-je en outre vous rappeler que les trois quarts de cette dotation constituent des frais de fonctionnement, soumis à un contrôle strict de la Cour des Comptes? Ce n'est pas une faveur, quoi qu'en pensent ceux qui croient que l'argent peut acheter tous les droits, ou permet d'exiger une totale soumission.

Je ne suis pas exempt de fautes, et je suis le premier conscient que des personnes bien plus démunies que moi subissent un sort pire encore. Mais je ne pense pas qu'un autre citoyen de ce pays ait été, sa vie durant, instrumentalisé avec un tel acharnement, et les projets constamment entravés par sa famille et par des "manquements graves" de certains responsables politiques, comme la Cour de Cassation vient encore de le confirmer. Or, je tiens à le dire, j'ai toujours poursuivi, en âme et conscience, les missions que l'on m'a confiées, ainsi que les projets que j'ai moi-même initié ou tenté d'initier.

C'est avec passion, et avec succès je ne crains pas de l'affirmer, que je me suis lancé avec l'aide de personnes précieuses que je remercie ici, dans la gestion durable de l'environnement au sens le plus large, et dans la protection animale, singulièrement pour les démunis. Rappelez-vous comme certains souriaient de ces initiatives, les mêmes parfois qui aujourd'hui trouvent ma présence encombrante dans ces matières devenues d'une brûlante actualité. Je ne sais pas si vous pourrez entendre ce message. Mais je me dois d'espérer que vous n'allez pas faire injure à l'idée de justice et donc que vous envisagerez plutôt de compléter, de façon juste et respectueuse des droits fondamentaux, le travail législatif que vous avez laissé inachevé".

Il ne sera pas entendu :  la Chambre vote (93 voix pour et 23 voix contre) la diminution de 15% de sa dotation pour l'année 2018, ce qui correspond à 46.000 euros en moins.

La veille de la fête nationale, Maître Arnauts, l'avocat du prince, annonce que ce dernier a décidé d'attaquer l'Etat belge devant le Conseil d'Etat. Son recours se fonde notamment sur la violation des droits de la défense.

En décembre, le journaliste Pierre De Vuyst du "Soir Mag" demande à Laurent :

"Parfois, n'avez-vous pas l'impression d'être mal compris?
- Je ne fais pas tout ça pour être compris. Ce serait arrogant de ma part, je veux juste expliquer aux gens vers quoi je tends.

- C'est quand même mieux d'être compris, non?
- La presse comme le politique n'aime pas parler de choses dont elle a une conception bien définie. Un prince en Belgique, pour la politique et la presse, ne peut pas penser. Il est un sujet, il doit à la limite être un automate qui obéit. Mais les choses ne sont pas aussi faciles que cela. On est un être avec ses convictions et ses sentiments. Et quand on n'entre pas dans le jeu ni du politique, ni du journaliste, on se prend une pluie de critiques, parce qu'on n'est pas politiquement correct.

- Mais c'est important pour un prince d'observer une certaine neutralité dans notre pays?
- Ca veut dire quoi être neutre?  En général, ceux qui fixent les règles pour les autres sont les premiers à ne pas les appliquer. Moi, je ne sais pas ce que c'est qu'être neutre. Par rapport à quoi? Par rapport à qui?  Souvent, quand on place des barrières, c'est pour faire taire de manière soi-disant démocratique quelqu'un avec lequel on ne veut pas être confronté. Les politiques font ça : ils dressent des barrières et exigent de quelqu'un qu'il reste neutre. Le sont-ils, eux, en exigeant de quelqu'un d'autre qu'il soit neutre?  Non!

- A 55 ans, quel bilan tirez-vous de votre action?
- Ce fut très dur. La leçon que j'ai apprise :  vous voulez être un pionnier, vous le payez très cher. Vous voulez votre indépendance, vous la payez très chère. Vous voulez sortir des sentiers battus, vous le payez très cher. Je suis juste fatigué de l'avoir payé si cher. Et ça continue!".

2° Son soutien à la lutte contre le cancer

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Au printemps 2018, le prince Laurent, la princesse Claire et leurs trois enfants apportent leur soutien à l'opération Télévie lors de leur visite à RTL House :  chaque photo publiée sur les réseaux sociaux de la chaîne avec ces marques rouges et le hashtag Tribu Télévie rapporte 1 euro à la recherche contre la leucémie.

Au nord du pays, le prince a rendu visite au service de jour en oncologie de l'hôpital AZ Vesalius à Tongres avec l'asbl Actie Lienemientje à qui il accorde son Haut Patronage depuis plusieurs années.

3° Son retrait des sociétés REC Arlon 67 et Cerbux Invest

Ces deux sociétés sont propriétaires de la Maison des Energies Renouvelables, créée à l'initiative du prince Laurent aux numéros 63, 65 et 67 de la rue d'Arlon dans le quartier européen. L'achat de ces immeubles avait été financé uniquement par emprunt, mais faute de locataires (les loyers étant assez élevés), les revenus de la location ne couvraient plus les emprunts consentis. En avril 2018, la Maison des Energies Renouvelables est mise en vente et estimée à cinq millions d'euros.

Puis, la presse révèle que les quatre administrateurs (dont la princesse Claire) ont démissionné des deux sociétés le 30 juin 2018, et qu'elles appartiennent désormais à la famille d'Aldo Vastapane. Ce dernier a souvent été présenté comme l'un des amants de la princesse Paola mais cette rumeur n'a jamais été prouvée. Par ailleurs, le comte Etienne Davignon qui avait été appelé il y a dix ans par le Palais pour conseiller financièrement le prince Laurent dans ses projets immobiliers de la rue d'Arlon, a logiquement mis fin à ce rôle en 2018.

Le retrait du couple princier de ces deux sociétés en déficit qui ont fait couler beaucoup d'encre, ne peut être qu'une bonne chose pour l'image de la monarchie. Mais c'est un échec personnel pour le prince Laurent qui tenait beaucoup à cette Maison des Energies Renouvelables.

4° La création de l'asbl Environment Network

En juin 2018, le couple princier et leur ami Etienne Vrebos créent une nouvelle asbl Environment Network. Elle reprend les activités et l'actif net de l'asbl Global Sustainable Development Trust, en liquidation et en procès afin de récupérer les millions d'euros que l'Etat libyen doit à cette association. En effet, dix ans plus tôt, Global Sustainable Development Trust avait signé un contrat de 70 millions d'euros avec le ministère libyen de la Politique agricole, afin de reboiser des milliers d'hectares désertiques sur la côte. Suite à la rupture unilatérale du contrat, un procès est lancé contre l'Etat libyen. Après plusieurs années de procédure, un arrêt de la Cour d'Appel de Bruxelles oblige la Libye à verser des dommages et intérêts, assortis des intérêts et des frais de justice, aux liquidateurs de Global Sustainable Development Trust pour un montant d'environ 50 millions d'euros.

Avec cet argent, la nouvelle asbl a pour buts la création, le développement ou/et la gestion de projets environnementaux ou écologiques, aux niveaux national et international.

"Le Soir Mag" a demandé au prince Laurent s'il avait un projet concret pour utiliser cette somme :

"Oui, tout à fait. Je voudrais créer une Ambulance Verte. J'ai eu dans ma vie la chance ou la malchance de côtoyer des gens très différents, les plus pauvres comme les plus riches, des politiques, des chefs d'Etat. Cela m' horripile au plus haut point quand un chef d'Etat décrète qu'un autre pays doit subir des punitions sous forme de sanctions économiques. Pourquoi? Parce que ce n'est pas le chef d'Etat du pays puni qui souffre. C'est sa population!  De quel droit décider cela? C'est juste pathétique. Ce que je voudrais, c'est créer une Ambulance Verte qui viendrait en aide aux populations sous des régimes de sanction et en guerre. Une équipe de techniciens qui viendrait en aide aux personnes sinistrées, dans des conflits, et suggérerait au gouvernement local de développer un projet avec l'aide d'institutions internationales :  développer l'agriculture locale servant aux besoins des populations. C'est une forme de reconnaissance de ces populations locales. Et en agissant sur place, cela pourrait limiter les migrations. On créerait des pôles de compétences locaux dans le secteur de l'agriculture, de l'élevage et de la foresterie, qui sont intimement liés. Ainsi, comment arrêter les dunes et en même temps fabriquer de la nourriture pour les animaux et les humains, et en même temps créer des forêts, tout en contenant l'eau dans le sol et en créant une bien utile diversification des plantations? C'est ce que je voudrais faire, tout en mettant en place des systèmes d'énergie renouvelable pour fournir de l'énergie à ces populations".

5° La Fondation Prince Laurent

Les quatre dispensaires de la Fondation Prince Laurent (à Bruxelles, Gand, Seraing et Hornu) continuent de proposer des soins vétérinaires gratuits pour les animaux de personnes précarisées. Le dispensaire d'Anvers a été fermé en 2018, faute d'accord avec la Ville d'Anvers pour restaurer le bâtiment. Par contre, celui de Gand - qui existe depuis 2012 - a déménagé dans un endroit plus grand, grâce à une bonne collaboration entre la Fondation Prince Laurent, l'Université de Gand, la Ville de Gand et la Faculté de médecine vétérinaire (qui y envoie des étudiants en stage). 

Le prince explique au "Soir Mag" :   "Nos dispensaires réalisent ce que le secteur public ne fait pas. Pour notre travail, nous sommes reconnus dans toutes les villes où nous exerçons, sauf à Anvers où nous avons eu un blocage. Nous le regrettons car ceux qui nous bloquaient le faisaient pour les mauvaises raisons. Les autres ont compris notre utilité. Les villes de Gand et de Liège ont compris que leurs étudiants en médecine vétérinaire avaient un manque cruel d'expérience pratique. Nous leur offrons cette expérience à travers des stages de formation en alternance. Cela les a séduites, au point d'investir chacune 100.000 euros dans la création d'un nouveau dispensaire. A Liège, le dispensaire va être installé sur le site de l'abbaye Saint-Laurent aux côtés de treize autres services sociaux, parmi lesquels des abris pour SDF ou personnes en difficultés momentanées. Qu'Anvers ne comprenne pas notre utilité de la même manière, cela m'échappe..."

En décembre, le couple princier et leurs trois enfants lancent la 8ème édition du Plan Froid de la Fondation Prince Laurent, en collaboration avec le Foyer Georges Motte de l'Armée du Salut à Bruxelles. Ce centre d'accueil héberge des hommes seuls en difficulté et accomplit avec eux tout un travail de réinsertion. La Fondation Prince Laurent complète ce service en mettant à disposition du foyer des modules de logement temporaire, des abris en containers chauffés qui peuvent accueillir 18 personnes accompagnées de leur chien ou chat toutes les nuits de 20h à 9h du matin. En sept ans, ce sont plus d'une centaine de sans-abris qui ont pu en bénéficier.

"Le Soir Mag" a demandé au prince pourquoi il mène ce combat. Il a répondu :   "Tout simplement parce qu'il y a un manque à la base. Les pouvoirs publics ne proposent pas ce type d'accueil. Les animaux ne sont pas les bienvenus dans les infrastructures existantes ou alors ils se retrouvent en cage. C'est dommage que les structures publiques n'acceptent pas que des animaux puissent être logés au côté de leur compagnon humain. Selon notre expérience, ces animaux ne se battent pas, sont très propres et sentent qu'il existe avec les sans-abris une forme de collégialité. L'homme et l'animal forment comme une meute. L'animal est un être magnifique, à la fois un gardien, un guide et un compagnon. Tout ce que l'empathie offre.

La Fondation a un triple rôle à jouer. Un rôle scientifique : comprendre. Un rôle social : héberger ces gens qui sont à la rue suscite moins de problèmes de leur part ou envers eux. Car, curieusement, les sans-abris sont des cibles souvent attaquées le soir. Notre dernier rôle est social : nous essayons de réinsérer ces humains dans la société. Aucun journaliste n'a jamais écrit que nous jouions aussi ce rôle-là! Jusqu'à l'an dernier, on en a sorti six d'entre eux de la rue.

L'idée de la fondation m'est venue quand j'avais cinq ans. Je me promenais avec ma mère le long des étangs Mellaerts. J'ai vu un vieillard qui se trouvait à la rue. Je me suis dit :  "Un jour, je ferai quelque chose pour lui". Au fait, ce "lui" s'est multiplié par 300.000!  C'est l'estimation du nombre de gens que nous avons aidés depuis 1996, grâce en particulier à nos dispensaires. Ces gens, nous les avons recueillis, aidés, mais nous les avons aussi écoutés. Ceux-là, ils rayonnent. C'est ce que nous avons accompli. Je n'ai jamais aimé la pression que quelqu'un de fort peut exercer sur quelqu'un de moins fort. J'ai toujours eu pour cela un rejet total. Ca ne m'a toujours pas quitté!". 

Il rappelle aussi son souhait d'inscrire les droits des animaux dans la Constitution belge :   "C'était important pour moi en 2017 de signer cette pétition de Gaia, d'abord parce qu'il n'y a pas que moi ou ma fondation qui faisons quelque chose. D'autres également, et il faut honorer leur travail. Ensuite, je suis, comme le célèbre biologiste Konrad Lorenz, très impressionné par le monde animal qui maîtrise davantage que nous le concept d'empathie. Vous savez, des gens sont morts pour avoir dit que la Terre était ronde. Aujourd'hui, plus on évolue, moins on connaît le monde qui nous entoure, en particulier le règne animal, dont nous faisons partie. Nous sommes des animaux avec beaucoup de défauts. Quel est l'animal qui thésaurise outre mesure, sinon l'homme? C'est juste pathétique. L'écureuil thésaurise ce dont il a besoin, l'humain thésaurise ce dont il n'a pas besoin. A outrance, ce qui n'est pas durable. Le monde animal obéit à des règles de durabilité. L'humain est le seul à faire des choses qui l'entraînent dans la non-durabilité". 

"Le Soir Mag" lui demande ensuite son avis sur le véganisme qui défend les droits des animaux et leur non-exploitation (ne plus porter de chaussure en cuir, p.ex.) :   "Vous avez tout de même des animaux qui meurent naturellement. Cela ne me dérange pas qu'on puisse utiliser le cuir de ces animaux, qui ne sont quand même plus là. Cela vaut aussi pour les boutons en corne, etc. De là à faire des élevages intensifs pour la fourrure ou autre...alors qu'on fait aujourd'hui des tissus magnifiques à base de produits naturels. Ce qui est à base de plastique, comme le cuir synthéthique par exemple, j'essaie de l'utiliser le moins possible. Je m'alimente très mal : je l'avoue, mon régime n'est pas très équilibré. J'aime bien les pâtes et je n'ai jamais été un carnivore. Je mange parfois du poisson, comme une bonne sole meunière ou sauce mousseline. C'est évidemment sain de manger du poisson, mais il ne faut pas pour cela pratiquer la pêche intensive et faire des hécatombes d'animaux. Pour ma part, je tends un peu vers le végétarisme, mais mon épouse veut que les enfants mangent de tout, des protéines, des légumes. Suivre une tendance ne m'intéresse pas beaucoup. Si ceux qui pratiquent le véganisme sont contents avec cela, je suis ravi pour eux. Et ça ne fait pas de tort à la nature". 

6° Son soutien aux associations en faveur des personnes défavorisées

En dehors de ses dispensaires et du Plan Froid de sa Fondation,  le prince Laurent a soutenu en 2018 l'opération Viva for Life, l'Armée du Salut et le centre d'accueil pour sans abris La Fontaine, tandis que son épouse continue de parrainer la Maison Reine Marie-Henriette pour enfants en difficulté et la Fondation Pro Renovassistance qui restaure des immeubles pour les mettre ensuite en location à des familles défavorisées. 

Le couple princier emmène régulièrement leurs trois enfants lors de ces activités sociales, comme l'explique le prince au "Soir Mag"  :    "Quand vous sortez et que vous voyez des choses, cela forge votre mental. Nos trois enfants ont une fibre sociale. Ils n'aiment pas quand des êtres, des humains ou des animaux, sont maltraités. Le fait de les emmener avec nous accomplir des visites sociales ne peut qu'être bénéfique pour eux. Si je ne m'étais pas promené avec ma mère quand j'étais petit, je n'aurais jamais vu cette personne en difficulté dont je vous parlais. Rester à la maison n'est pas très utile. Nous essayons de leur donner le goût de la découverte d'autrui. Ils feront plus tard ce qu'ils veulent, ils ne m'appartiennent pas. Ces enfants nous ont été "donnés". Nous avons à les élever, à leur offrir l'environnement propice pour qu'ils puissent faire leur choix de vie. S'ils devaient évoluer dans l'égoïsme, ils seraient égoïstes. J'aimerais bien cependant qu'ils puissent devenir des êtres doués d'empathie. C'est-à-dire qu'ils comprennent les sentiments d'autrui, mais pas seulement. Qu'ils regardent, qu'ils observent, c'est le contraire du bourru.

- Vous ne l'êtes pas, vous, bourru?
- Je ne suis pas bourru, j'ai très mauvais caractère!  Mais je déteste la bêtise et l'hypocrisie. Je ne pense pas être bourru. Bourru, c'est quelqu'un qui n'est pas raffiné. Vous ne le savez pas, mais moi, j'ai dû me battre dans la vie. Sinon, je n'aurais pas été où je suis aujourd'hui". 

7° Ses activités officielles

Avec 52 activités officielles en 2018, le prince Laurent a été moins actif que les années précédentes depuis le changement de règne (30 en 2009,  40 en 2010,  31 en 2011,  35 en 2012,  61 en 2013,  59 en 2014,  72 en 2015,  87 en 2016,  56 en 2017,  52 en 2018). Parmi ces activités, on retiendra sa présence dans la foule, sans aucun protocole, aux funérailles des deux policières tuées dans l'attentat de Liège.

Il a participé aux côtés de sa famille à plusieurs activités durant le deuxième semestre :  défilé militaire de la fête nationale, messe pour les 25 ans du décès du roi Baudouin, dîner de gala en l'honneur du président français Emmanuel Macron, Te Deum de la fête du Roi, séance académique sur la traite des êtres humains en souvenir du combat du roi Baudouin. Une image n'est pas passée inaperçue :  le 15 novembre, le prince Laurent ignore complètement son père avec qui les relations semblent toujours très difficiles.

En 2018, malgré le différend avec le gouvernement fédéral sur sa dotation, le roi Philippe a gardé sa confiance en son turbulent frère cadet :   il l'a invité à tous les événements importants de la Cour, il lui a demandé de présider avec la princesse Claire une des finales du Concours Musical International Reine Elisabeth, et de le représenter à Mons pour la commémoration de l'Armistice.

Et pour terminer, signalons qu'en 2018, le couple princier a fêté ses 15 ans de mariage. Leurs trois enfants ont l'air bien épanouis lors de chacune de leurs apparitions publiques. Cette vie de famille est sans doute l'une des plus belles réussites du prince Laurent, qui n'a pas connu une enfance aussi heureuse. Quant à la princesse Claire, c'est une femme charmante qui apporte de la sérénité à son époux et qui donne une bonne image de notre monarchie.