lundi 19 septembre 2016

Esmeralda de Belgique : l'interview de ses 60 ans


12670558_10153213860707161_2895088050914567403_n

Née en septembre 1956, la princesse (Maria)-Esmeralda de Belgique est la fille cadette du roi Léopold III et de la princesse Lilian. Elle vit à Londres avec son époux le professeur Salvador Moncada et leurs deux enfants. Elle revient régulièrement en Belgique, et continue sa carrière de journaliste indépendante et engagée. La princesse a accepté de répondre par mail à mes questions :

"Madame, quand et pourquoi avez-vous voulu devenir journaliste?
- Etant adolescente, je voulais devenir comédienne. J'adorais le théâtre et le cinéma, et je pensais sérieusement entreprendre cette carrière. Puis, j'ai choisi d'étudier le droit aux facultés Saint-Louis de Bruxelles avec l'idée de devenir avocate. Après la deuxième candidature, j'ai décidé de faire une licence en communication sociale (journalisme) à Louvain-la-Neuve de 1977 à 1979. L'écriture et les voyages sont des passions que j'ai pu satisfaire dans la profession de reporter.

- Comment ont réagi vos parents, eux qui n'ont pas toujours été épargnés par les journalistes?
- Même si mes parents n'ont pas été épargnés par la presse, ils n'ont jamais essayé de me dissuader. Mon père m'a déclaré à l'époque :  "Si tu agis avec rigueur et honnêteté, le journalisme est l'un des plus beaux métiers du monde".

- Quels souvenirs gardez-vous de vos études de journaliste? Quels rapports aviez-vous avec les autres étudiants?
- Je garde de très bons souvenirs de mes études. Les autres étudiants étaient originaires de différents pays, notamment d'Amérique latine, et nous entretenions d'excellents rapports. J'ai effectué un stage d'un mois à "La Libre Belgique", durant lequel je suis passée par tous les services du journal, à l'exception de la politique intérieure. J'ai choisi d'écrire ma thèse de fin d'études sur le rôle de la presse dans l'affaire Empain, ce qui m'a passionné.

- Vos études de journalisme terminées, quelles étaient vos envies pour votre début de carrière?
- Mes études terminées, j'avais envie de devenir grand reporter et de parcourir le monde. Je n'envisageais pas de travailler dans l'audiovisuel ; je préférais la presse écrite.

- Quand et pourquoi êtes-vous partie travailler à Paris?
- Je suis partie à Paris en 1980 comme stagiaire au "Figaro Magazine", dirigé à l'époque par Louis Pauwels. Je souhaitais partir à l'étranger qui offrait, pour moi, une plus grande liberté d'action et la possibilité de travailler comme n'importe quelle autre journaliste.

- Comment s'est passé ce stage au "Figaro Magazine"?
- C'était passionnant pour moi de me trouver au sein d'un magazine d'un tel renom avec des journalistes de grande envergure. Je me souviens des réunions de rédaction durant lesquelles Louis Pauwels demandait à chacun de donner des idées de reportages. Chaque journaliste, y compris stagiaire, avait son temps de parole et il valait mieux présenter un bon projet devant le patron! Je suis restée un an et j'ai eu l'occasion de signer plusieurs articles dont une interview d'Axel Springer, le grand patron de presse allemand.

- Ce départ en 1980 représente aussi une plus grande liberté et indépendance par rapport à votre vie au domaine royal d'Argenteuil?
- Tout à fait. C'était la première fois que j'habitais seule dans un appartement et que je devais me débrouiller sans l'aide de personne. Mon père est venu habiter plusieurs jours dans mon appartement et ma mère venait souvent passer une journée à Paris et déjeuner avec moi. De toute façon, je revenais à Argenteuil pour de nombreux week-ends.

- Qu'avez-vous fait après ce stage au "Figaro Magazine"?
- Après le stage au "Figaro Magazine", je suis restée à Paris et j'ai collaboré, en free lance, à de nombreux magazines français, allemands, italiens et espagnols, réalisant des interviews du monde du spectacle, des arts, des sciences et des entrepreneurs. J'ai également réalisé des reportages de décoration. J'ai exercé mon métier de journaliste jusqu'en 1998, date à laquelle j'ai quitté Paris pour Londres où je me suis mariée.

- Parmi tous ces articles écrits entre 1980 et 1998, pouvez-vous nous en citer cinq qui vous tiennent particulièrement à coeur?
- J'ai eu la chance d'interviewer des hommes de sciences comme l'Américain Robert Gallo ou le chirurgien Michael Debakey, des stars tels qu'Anthony Quinn, John Cassavetes, Brigitte Bardot, des grands sportifs tels que Bjorn Borg, des chefs d'entreprise comme Enzo Ferrari ou Axel Springer, ...

- Sous quel nom avez-vous choisi d'écrire ces articles? Est-ce que votre titre de princesse vous a ouvert ou fermé des portes?
- J'ai écrit sous le nom "Esmeralda de Belgique" et aussi "Esmeralda de Réthy". Mon nom m'a ouvert quelques portes, bien entendu, mais parfois c'était un inconvénient et finalement, ce qui compte, c'est le professionalisme que l'on doit prouver sur le terrain.

- Quel regard portaient vos parents sur votre carrière de journaliste?
- Mes parents étaient fiers, je pense, que je sois indépendante et que j'exerce un métier que j'aime.

- Avez-vous eu envie de les interviewer?
- J'aurais aimé le faire mais ils n'auraient pas accepté.

- Que faisiez-vous durant vos temps libres à Paris, quels étaient vos endroits préférés?
- J'ai adoré la ville de Paris où j'ai habité 16 ans (car j'ai également résidé à Milan en Italie pendant plusieurs mois). A Paris, j'aimais flâner dans les rues ou sur les quais de la Seine, entrer dans les librairies de quartier, visiter et revisiter les musées comme, par exemple, celui consacré à Rodin, prendre un brunch le dimanche au café Flore sur le boulevard Saint-Germain, et surtout être en compagnie de mes amis.

- Avez-vous des modèles comme journalistes?
- Mon premier héros du journalisme était un grand écrivain :  Joseph Kessel. Grâce à Marcel Jullian qui fut son ami, j'ai la chance de posséder un exemplaire dédicacé de son livre sur l'aviateur Jean Mermoz. J'ai toujours admiré les grands reporters comme Oriana Fallaci ou Marie Colvin, assassinée il y a peu.

- Comment vous est venue l'idée d'écrire la biographie du couturier Christian Dior?
- J'avais préparé un article de presse sur les 50 ans de la Maison Dior en 1997 et, pour ce faire, interviewé de nombreuses personnes qui avaient connu Christian Dior et qui avaient travaillé avec lui. J'ai découvert tellement d'anecdotes et d'informations que j'ai pensé que cela valait la peine d'écrire un livre.

- Par rapport à votre mère et à votre frère, votre expérience de journaliste n'a-t-elle pas été aussi un avantage pour bien communiquer avec la presse et les médias à partir de 2001 lorsque vous êtes sortie de l'ombre pour la promotion de votre livre sur le roi Léopold III?
- Certainement.

- Quel regard portez-vous sur l'évolution de la presse écrite face à Internet et aux réseaux sociaux?
- Internet et les réseaux sociaux ont révolutionné l'information ces dernières années. Tout va beaucoup plus vite et tout est plus transparent. C'est un avantage qui rend la censure plus difficile et qui nous permet d'avoir accès à énormément de sources. Mais il faut également être très prudent car on trouve le meilleur et le pire sur Internet. Les journalistes ont plus que jamais un rôle d'intermédiaire à jouer pour donner de la crédibilité aux informations.

- Dans quels buts avez-vous créé votre compte Twitter en 2015?
- Professionnellement pour entrer en contact avec différentes ONG et associations de femmes, et rechercher des publications et des études pour l'ouvrage que je prépare en ce moment sur le thème des droits des femmes dans le monde. Personnellement, pour partager les thèmes qui me sont chers : la défense de l'environnement, le changement climatique, les droits des peuples indigènes, les droits des femmes, etc. Utiliser les réseaux sociaux pour faire de l'activisme.

- Votre futur ouvrage sera donc dans le prolongement de "Femmes Prix Nobel", où vous aviez mis à l'honneur le combat de certaines d'entre elles pour les droits des femmes?
- Oui mais ce seront des portraits et des témoignages humains de femmes sur le terrain.

- Est-ce pour ce livre que vous avez rencontré, en février à Bruxelles, Marguerite Barankitse qui avait créé la Maison Shalom pour des enfants orphelins au Burundi et qui bénéficiait d'ailleurs du soutien financier de la Fondation Grand-Duc et Grande-Duchesse de Luxembourg de votre neveu le grand-duc Henri? Comment s'est passée cette rencontre?
- Oui. Nous nous sommes rencontrées parce que nous figurons toutes les deux dans une série de portraits d'hommes et de femmes présentes sur Internet sur le site "We Shift" et qui démontre l'importance de l'engagement dans le monde. Marguerite Barankitse est une femme exceptionnelle de courage et d'optimisme.

- Peut-on avoir d'autres noms de femmes dont vous allez nous parler dans votre livre? Y aura-t-il des Belges? Ciblez-vous une région du monde en particulier?
- Il y aura des portraits de femmes de tous les continents, de différentes cultures, qui sont engagées pour un monde plus équitable, un développement durable et pour défendre les droits humains.

- A travers ce futur livre, quel message souhaitez-vous faire passer sur les droits des femmes? Selon vous, leurs droits s'améliorent-ils ou se dégradent?
- Si la situation s'est améliorée dans de nombreux pays, ces droits sont toujours fragiles et on assiste même en Europe à des retours en arrière inquiétants. La violence contre les femmes est en hausse au Royaume-Uni par exemple. En Pologne, il est question de revenir à l'interdiction totale de l'avortement et à la criminalisation des femmes. Sans parler de toutes les autres situations dramatiques dans le monde pour les femmes, tels que les mariages précoces, l'excision, les crimes d'honneur.

- Quelles solutions préconisez-vous pour améliorer les choses? Partagez-vous le point de vue de la reine Mathilde qui répète qu'il faut avant tout investir dans l'éducation des filles?
- L'éducation des filles est en effet primordiale. Mais il faut aussi lutter contre le patriarcat, les traditions, les préjugés qui privent les femmes de leur place égale dans la société.

- Quel est votre avis sur la récente polémique autour de l'interdiction du burkini sur des plages belges et françaises?
- L'interdiction du burkini et sa mise en application parfois brutale fut un épisode choquant d'atteinte à la liberté. Nous devons éviter tout rejet et amalgame.

- Pensez-vous que les religions ont un rôle à jouer dans ce combat pour les droits des femmes? Est-ce la raison de votre rencontre avec le pape François il y a quelques mois?
- Les religions ont bien sûr un rôle à jouer dans la défense des droits humains. Il faut cependant admettre que tout au long de l'Histoire, les religions n'ont jamais accepté que les femmes aient une place égale à celle des hommes dans la société. Souvent dépeintes comme inférieures, parfois perverses, elles devaient être soumises à leur père puis à leur époux. Les choses changent bien entendu mais très lentement...  Mon entretien avec le Pape portait sur l'environnement et les droits des peuples indigènes, une cause qui me tient très à cœur.

- Vous considérez-vous comme féministe?
- Oui, je me considère féministe. Les femmes représentent un peu plus de la moitié de la population mondiale et souffrent, dans de nombreux pays, de discrimination et de violence. Dans la plupart des pays, elles n'ont toujours pas de salaire égal. Etre féministe, c'est vouloir tout simplement les mêmes droits que les hommes.

- Est-ce le cas dans le journalisme?
- Il y a beaucoup de femmes journalistes mais là comme ailleurs, on trouve du sexisme, du paternalisme et de la discrimination, tout comme en politique.

- Passons à votre combat pour l'environnement. Depuis la sortie de votre livre "Terre! Agissons pour la planète. Il n'est pas trop tard", la situation et les mentalités ont-elles évolué?
- Oui, les mentalités évoluent. Les gens sont de plus en plus conscients du danger réel du réchauffement climatique, et de nombreuses initiatives au niveau des citoyens, des villes, des entreprises ont vu le jour. La Cop 21 a représenté une avancée positive et la ratification récente par les deux plus gros pollueurs, la Chine et les Etats-Unis, est certainement encourageante. Mais au-delà des discours et des promesses, nous avons besoin d'actions urgentes. Les événements climatiques extrêmes se multiplient : on l'a constaté dernièrement avec les inondations en Europe et aux USA d'un côté, et la sécheresse dramatique en Afrique.

- Pouvez-vous nous raconter votre voyage il y a quelques mois au Congo?
- Je suis allée au parc des Virunga pour un film réalisé par Nicolas Delvaulx avec lequel j'ai déjà collaboré pour un documentaire sur mon père et ensuite sur mes grands-parents. Ce film va raconter l'histoire du plus ancien parc national d'Afrique créé par le roi Albert Ier en 1925 et ses enjeux aujourd'hui. La région du Kivu est en effet instable depuis des années et le parc abrite quelques milliers de rebelles qui s'adonnent à toutes sortes de trafics, ivoire, charbon et à des kidnappings contre rançons. Plus de 150 rangers ont payé de leur vie en s'interposant. Pour sauver l'extraordinaire biodiversité des Virunga et notamment les fameux gorilles des montagnes, mais également pour assurer le développement économique des populations autour du parc, le directeur Emmanuel de Merode et son équipe ont lancé un ambitieux projet basé sur les énergies renouvelables, la pêche responsable, l'agro-industrie et le tourisme.

- Quelles sont les chances de sauver ces gorilles?
- Les gorilles sont sur la liste des animaux en voie d'extinction en raison du braconnage, de la déforestation qui les prive de leur habitat, et des maladies. Après la fin des guerres civiles dans la région du Kivu, la situation s'est améliorée. La conservation porte ses fruits et les rangers des parcs nationaux en Afrique Centrale effectuent un travail extraordinaire au péril de leur vie. Mais il faut continuer à investir. Et surtout améliorer le sort des populations qui n'ont souvent d'autres recours que chasser les animaux pour survivre.

- Quand pourra-t-on voir ce film de Nicolas Delvaulx?
- Le film devrait être diffusé sur la RTBF début décembre 2016.

- Etait-ce votre premier voyage au Congo?
- Oui, c'était mon premier voyage au Congo. Ce fut une expérience extraordinaire.

- Quel regard portez-vous sur la colonisation du Congo par le roi Léopold II et la Belgique?
- La colonisation est une période sombre dont les blessures et les conséquences se font toujours sentir aujourd'hui dans les pays en développement. La traite des esclaves, plus de 11 millions, est un autre crime dont les Européens se sont rendus coupables.

- Après le Congo, vous vous êtes rendue en juillet au Brésil. Pouvez-vous nous raconter votre voyage?
- J'ai été quatre jours à Brasilia pour inaugurer un buste de ma grand-mère, la reine Elisabeth, dans les jardins de l'ambassade de Belgique et inaugurer une exposition de photos de mon père au Mémorial des peuples indigènes, un bâtiment construit par le célèbre architecte Niemeyer pour célébrer la culture des peuples autochtones. J'y ai été accueillie par son directeur, le cacique Alvaro Tucano, un personnage charismatique qui a participé à l'élaboration du chapitre sur les droits des indigènes dans la constitution brésilienne. Etant personnellement très engagée dans la défense de leurs droits, j'ai pu me rendre dans l'Etat du Tocantins au sein de la tribu des Xerente. Ils m'ont baptisée avec le cérémonial et la peinture rituelle sur le visage et les bras. C'était très émouvant. La situation des Indiens est précaire car leurs terres sont convoitées : ils sont déplacés, menacés et souvent assassinés en raison des intérêts miniers, du trafic illégal du bois ou de l'agriculture.

- Que comptez-vous faire pour les aider?
- Je compte parler de leur cause, de leur combat et tenter par mon soutien de leur donner plus de visibilité. La presse et les réseaux sociaux sont des outils pour sensibiliser les gens au destin des peuples autochtones partout dans le monde. D'autant plus que le changement climatique et la perte de biodiversité les affectent tout particulièrement, eux qui vivent pourtant en harmonie avec la Nature depuis des siècles!

- Lors de vos voyages au Congo et au Brésil, avez-vous pensé à votre père le roi Léopold III? Quels souvenirs gardait-il de ces deux pays?
- Bien sûr, j'ai énormément pensé à mon père lors de ces deux voyages. Il a découvert le Brésil à l'âge de 19 ans avec ses parents, et ce fut le point de départ de sa passion pour l'exploration et la forêt vierge. Il est revenu de nombreuses fois en Amazonie et y a passé de longues semaines. Quant au Congo, il y est allé quatre fois. Ses carnets révèlent son amour pour l'Afrique et ses préoccupations à la fois pour l'environnement et pour les populations indigènes. Je poursuis ses engagements en quelque sorte.

- Notamment en rencontrant le pape François lors d'une audience au Vatican. Partage-t-il vos engagements?
- Le pape François est quelqu'un d'engagé socialement et de très chaleureux. Il pense sincèrement que la crise du climat est un problème crucial avec des conséquences dramatiques pour les hommes et les écosystèmes. La justice climatique est l'un de ses combats car ce sont les populations les plus pauvres qui souffrent le plus sans avoir contribué à la pollution. Lorsque le Pape s'exprime publiquement, des centaines de millions de personnes entendent son message.

- Que devient le Fonds Léopold III pour l'exploration de la nature que vous présidez?
- Le Fonds Léopold III est très actif. Nous participons chaque année au financement d'une quinzaine d'explorations scientifiques ou de missions de conservation sur tous les continents qui sont suivies par des publications scientifiques. L'année dernière, par exemple, les chercheurs que nous avons soutenus sont partis en République Démocratique du Congo, au Mexique, à Madagascar, en Bolivie, à Bornéo, etc.

- Et la Fondation Cardiologique Princesse Lilian?
- Après la mort de ma mère, la Fondation Cardiologique a trouvé une nouvelle orientation. Elle subventionne la visite en Belgique d'un scientifique étranger de renommée internationale qui, pendant une semaine, se rend dans les différentes universités du pays pour discuter avec les jeunes chercheurs dans les laboratoires. Ce sont des échanges concrets d'information et de savoir très bénéfiques.

- Comment avez-vous trouvé la biographie de votre mère par l'historien Olivier Defrance?
- Je trouve qu'Olivier Defrance a écrit une biographie objective et nuancée. La personnalité de ma mère y apparaît avec ses qualités et ses défauts, et je pense que l'on découvre une femme passionnée et sincère. Il a consulté énormément d'archives inédites et interrogé beaucoup de personnes :  j'ai appris des choses, notamment sur la jeunesse de ma mère.

- Lors du référendum britannique, vous aviez confié que votre époux allait voter pour le maintien de la Grande-Bretagne dans l'Union Européenne. Qu'est-ce que votre mari et vous pensez du résultat?
- Nous sommes très tristes, bien sûr, comme la plupart des expatriés de Londres. Inquiets également des conséquences au niveau social, économique et scientifique. Et très préoccupés par la montée du racisme et de la xénophobie à certains endroits.

- Allez-vous suivre la prochaine campagne présidentielle américaine? Avez-vous une préférence parmi les deux candidats?
- On ne peut pas y échapper! Les médias en parlent constamment. J'étais aux Etats-Unis au mois d'août et les chaînes de télévision diffusaient presque en continu des informations sur les candidats qui d'après les sondages sont les moins populaires de toute l'histoire des USA! Alors mon choix?  Je vous répondrais que l'élection éventuelle de Donald Trump, qui tient des propos racistes, xénophobes, machistes et qui est un climato-sceptique serait, selon moi, un résultat très dangereux...

- Pouvez-vous nous parler de l'association Delphus dont vous êtes la présidente d'honneur?
- Delphus est une association qui offre, chaque année, à des enfants autistes une semaine de thérapie assistée avec des dauphins en Espagne. Les parents remplissent un questionnaire, les soignants font une évaluation avant et après le séjour, et les résultats sont encourageants tant au niveau de la concentration que du comportement des enfants. De plus, les familles profitent de ce moment presque de détente. Les parents apprécient de pouvoir parler avec d'autres qui vivent le même quotidien difficile, qui ont les mêmes angoisses.

- Participerez-vous au 2ème Salon de l'Histoire en novembre à Bruxelles? Avez-vous un "public type" parmi vos lecteurs?
- Oui, je suis la marraine de cette excellente initiative qui permet au public de rencontrer des auteurs et de découvrir l'Histoire. Je ne sais pas si j'ai un public type! Assez varié j'espère. Comme j'ai écrit plusieurs ouvrages sur ma famille, je pense que j'ai des lecteurs qui s'intéressent à la famille royale, bien sûr. Cependant, mon ouvrage sur les femmes prix Nobel de la Paix s'est bien vendu et lors des conférences que j'ai eu l'occasion de donner, des jeunes sont souvent venus poser des questions, intéressés par la défense de la démocratie et des droits humains. Et puis il y a également les gens qui se préoccupent de l'environnement et du changement climatique.

- Quel regard portez-vous sur les trois premières années de règne de votre neveu le roi Philippe?
- C'est un bilan positif, je pense. Le couple royal remplit parfaitement sa fonction avec professionnalisme et dévouement.

- Avez-vous des projets de voyages pour les prochains mois?
- Je dois terminer les interviews et les rencontres pour mon livre sur les femmes. Je me rendrai sans doute en Afrique et en Amérique latine avant la fin de l'année.

- Pouvez-vous nous parler un peu de vos enfants : que font-ils comme études? Quels sont leurs centres d'intérêt?
- Ma fille a fêté ses 18 ans en août. Elle a passé son baccalauréat international et commence ce mois-ci sa première année de biologie marine à l'université de Southampton dans le sud-ouest de l'Angleterre. Elle s'intéresse aux sciences et à l'environnement, une tradition familiale!  Mon fils, 15 ans, a encore trois années d'études secondaires. Il est plutôt artiste, aime le dessin, l'art dramatique et la mode. C'est aussi un excellent débatteur avec des opinions tranchées!

- Vous allez prochainement fêter vos soixante ans. Est-ce un cap facile ou difficile à passer? Que peut-on vous souhaiter comme cadeau d'anniversaire?
- J'ai envie de vous répondre :  mais qu'est-ce qui s'est passé? Comment est-ce arrivé ?!!  Ce n'est jamais très agréable à partir d'un certain moment de la vie de changer de dizaine... Mais je préfère ne pas y penser : après tout, ce n'est qu'un chiffre. J'ai aussi la chance d'avoir beaucoup d'activités et de projets, et des enfants jeunes qui me stimulent pour conserver énergie et enthousiasme. Mon plus beau cadeau :  que mes enfants trouvent leur voie, une passion. Ils ont la possibilité de faire des études universitaires, de nombreuses opportunités s'ouvrent à eux. J'espère qu'ils en feront bon usage et qu'ils contribueront, d'une manière ou d'une autre, à construire un monde meilleur et plus équitable.

- Joyeux anniversaire Madame, et merci d'avoir répondu à mes questions".


Retrouvez les deux autres précédentes interviews que m'a accordées la princesse :

- sur son père le roi Léopold III :   http://familleroyalebelge.blogspot.be/2009/09/la-princesse-marie-esmeralda-nous-parle.html

- sur son frère le prince Alexandre :   http://familleroyalebelge.blogspot.be/2010/07/marie-esmeralda-nous-parle-de-son-frere.html

lundi 12 septembre 2016

Activités royales en août 2016

                               13907111_1716811088582524_3170501762321926848_n

12 activités officielles pour le Roi :  cérémonie d'ouverture des jeux olympiques de Rio, réception offerte par le président du Brésil Michel Temer, visite du Village Olympique avec le Team Belgium, rencontre avec les responsables des associations AMAR et KIYO, rencontre avec le président du CIO Thomas Bach, épreuves de judo, épreuves d'haltérophilie, rencontre avec Greg Van Avermaert et l'équipe cycliste belge, premier match de tennis de David Goffin, match de hockey Belgique/Brésil, visite au Grand Hôpital de Charleroi suite à l'agression contre deux policières, visite à l'hôtel de ville de Charleroi suite à l'agression contre deux policières.

7 activités officielles pour la Reine :  cérémonie d'ouverture des jeux olympiques de Rio, réception offerte par le président du Brésil Michel Temer, visite du Village Olympique, rencontre avec les responsables des associations AMAR et KIYO, épreuves de judo, visite au Grand Hôpital de Charleroi suite à l'agression contre deux policières, visite à l'hôtel de ville de Charleroi suite à l'agression contre deux policières.

0 activité officielle pour le roi Albert II, la reine Paola et la princesse Elisabeth.

4 activités officielles pour la princesse Astrid :  dans le cadre du 60ème anniversaire de la catastrophe de Marcinelle, réception par le président de la région des Abruzzes, cérémonie commémorative, inauguration de l'exposition et concert à Pescara.

2 activités officielles pour le prince Lorenz :  service religieux en la mémoire de la reine Anne de Roumanie à Bucarest, funérailles de la reine Anne de Roumanie.

3 activités officielles pour le prince Laurent :   funérailles du musicien Toots Thielemans à La Hulpe, European Dog Show 2016 à Brussels Expo, Grand Prix de l'Azelhof Jumping à Lierre.

2 activités officielles pour la princesse Claire :   European Dog Show 2016 à Brussels Expo, Grand Prix de l'Azelhof Jumping à Lierre.

Récapitulatif des activités officielles de janvier à août 2016 (source :  www.monarchie.be) :

Roi :  136 activités officielles + 101 audiences

Reine :  155 activités officielles

Princesse Astrid :  65 activités officielles

Prince Laurent :  42 activités officielles

Prince Lorenz :  17 activités officielles

Princesse Claire :  14 activités officielles

Reine Paola :  7 activités officielles

Princesse Elisabeth :  6 activités officielles

Roi Albert II :   5 activités officielles

lundi 5 septembre 2016

La communication autour du 1er septembre

      

Ce 1er septembre 2016, le Palais avait décidé d'ouvrir son compte Instagram avec ces deux jolies photos des enfants princiers prises le matin même à Laeken. Puis, les photographes ont pu prendre d'autres photos à leur arrivée au collège Sint-Jan Berchmans à Bruxelles et à l'école Eureka à Kessel-Lo. Mais ce qui devait être un beau coup de pub fut cependant balayé par une polémique :  dans l'après-midi, le Palais a demandé à la presse de ne pas diffuser une photo de l'agence Belga montrant le prince Emmanuel dans les bras du Roi. Ils ont accepté, mais les pressions royales ont été rendues publiques.

Le débat est :  jusqu'où doit aller la communication du Palais, en particulier autour des quatre enfants des souverains?  Le couple royal veut-il délibérément donner l'image d'une "famille parfaite" sans défauts, sans problèmes, sans soucis, par contraste avec le roi Albert II et la reine Paola qui ne les cachaient pas et voulaient plus apparaître comme des "gens normaux"?  La volonté des souverains de tout contrôler se retourne-t-il contre eux?

Le groupe Sud Presse a consacré deux pages à cette polémique, et a donné son point de vue.

Pierre Nizet, journaliste spécialiste de la monarchie :   "Il n'est pas facile d'être roi. Il n'est pas facile d'être journaliste. Avant l'intronisation de Philippe comme septième roi des Belges, nous avons connu son père le roi Albert II. On n'a pas le souvenir d'avoir un jour reçu un appel du Palais parce qu'une photo parue dans nos éditions posait problème. Et pourtant, il y en a eu, des photos :  d'Albert sur son yacht dans les îles Eoliennes, de Delphine quand le "scandale" a été révélé en octobre 1999... et bien d'autres encore. Le contraste avec Philippe est saisissant. Il a beau être entré dans l'époque de l'information qui circule à la vitesse VVprime, il ne comprend pas qu'une photo prise de lui en Italie se retrouve le jour même sur les sites d'information belges. Cela a été le cas récemment avec ce cliché paru dans la "Stampa" où on le voit randonner dans le nord de l'Italie. Le lendemain, des médias belges ont reçu un mail de protestation pour avoir relayé cette photo parce que le Roi n'avait pas donné son accord. Début août, le magazine flamand "TV Familie" avait consacré quatre pages aux vacances royales sur l'île d'Yeu. Ils avaient pris le soin de flouter les photos des enfants, pour ne pas s'attirer les foudres du Palais. Cela ne l'avait pourtant pas calmé avec une plainte déposée illico presto au siège de la rédaction d'un magazine appartenant au même groupe que le journal "Het Laatste Nieuws". En septembre 2014, nous avions subi la même réaction quand nous avions consacré un reportage au prince Gabriel. Il était venu disputer un match de hockey à Huy avec son équipe du White Star. La rencontre s'était pourtant déroulée devant un vrai public. Le Roi et la Reine tiennent à préserver la vie de leurs enfants. Un souhait qu'on peut comprendre mais comment faire son travail si on active comme un bouclier, chaque fois et pour chaque occasion, le respect de la protection de la vie privée et des mineurs?  Au XXIème siècle, on ne peut plus se contenter des images d'Epinal qu'on retrouve sur les belles boîtes de biscuits....".

Demetrio Scagliola, rédacteur en chef adjoint :   "C'est une photo toute simple, touchante et émouvante. Un papa qui prend son fils dans ses bras, pour sécher les larmes qui coulent lors de la rentrée des classes. Et ce papa, ce n'est pas n'importe qui. C'est Philippe, le roi des Belges, qui tente, comme des milliers de parents hier matin, de consoler son fils dans la cour de l'école. Cette photo, vous ne la verrez pas. Car le Palais, suivant les ordres du souverain, a demandé à ce qu'elle ne soit pas diffusée par les médias. Motif : respect de la vie privée d'un mineur et choix des parents. Cette démarche du Palais, nous la respectons, et c'est pour cette raison que nous ne publierons pas l'image. Mais nous ne la comprenons pas. Est-ce si grave de voir les larmes d'un enfant, fût-il prince, le jour de la rentrée des classes? Et de voir un papa humain, affectueux et aimant prendre son fils dans ses bras? Pour nous, c'est non, deux fois non. Au contraire, il s'agit d'une occasion manquée. Car cette "belle" photo aurait donné une autre image de notre souverain, qui apparaît souvent comme distant, emprunté et peu à l'aise avec son rôle public. Bien sûr, le Palais croit bien faire en protégeant ses enfants et en restant au second plan. Mais il n'est pas certain que cette stratégie de la discrétion, qui confine parfois à la censure, serve à calmer les pulsions républicaines de certains partis flamands. Selon nous, le pays a davantage besoin d'une famille royale misant avec mesure sur son capital sympathie. Bien plus que d'une monarchie qui a peur de son ombre....et de ses larmes".

lundi 29 août 2016

Le Roi et le terrorisme

13690878_1709156069348026_3883477722189516227_n                       
Critiqué pour son manque de réaction suite aux attentats de Paris du 13 novembre 2015 et pour son week-end en thalasso en Bretagne du 20 au 22 novembre (alors que la menace terroriste force le gouvernement à relever le niveau de sécurité à Bruxelles, devenue une ville morte pendant plusieurs jours),  le Roi se rend fin novembre au centre de crise du gouvernement pour une réunion de travail sur le rôle du centre depuis les attentats du 13 novembre et la proclamation du niveau de menace 3 sur l'entièreté du territoire national et de menace 4 dans l'agglomération bruxelloise. On sait aussi qu'il a téléphoné au roi Mohammed VI du Maroc pour faciliter la collaboration entre les services de sécurité belges et marocains.

D'autres activités du souverain ont lieu sur le même sujet les semaines suivantes :  audiences avec le procureur fédéral Frédéric Van Leeuw, le coordinateur de l'Union Européenne pour la lutte contre le terrorisme Gilles de Kerchove, les ministres de la Justice Koen Geens et de l'Intérieur Jan Jambon, tables rondes au palais royal sur l'antiterrorisme et la prévention de la radicalisation, rencontre avec les familles des victimes belges des attentats de Paris et Bamako.

Philippe en fait le thème central de son discours télévisé de Noël 2015 :

"En cette fin d'année, nous restons malheureusement marqués par les dramatiques attentats perpétrés à Paris et conscients des menaces qui continuent à peser sur nous. Au-delà de l'horreur qui se multiplie en divers endroits, en Europe et ailleurs, nos démocraties sont confrontées à un triple défi :  se défendre, prévenir, construire. J'ai pleine confiance en notre capacité de mener à bien cette tâche.

Face à la menace terroriste, nos autorités ont réagi avec calme, rapidité et détermination. Je tiens à rendre hommage à tous ceux et celles qui se sont engagés et le restent plus que jamais pour assurer notre sécurité, poursuivre les coupables et prévenir de nouveaux attentats. Les événements récents ont prouvé combien il est important d'investir dans la justice, la police, l'armée et les services de renseignements. Je tiens à vous remercier tous, et en particulier les habitants de Bruxelles, pour votre comportement digne et responsable pendant cette période difficile.

Pour défendre notre société, il est aussi primordial de ne pas nous laisser intimider et de ne pas nous diviser. C'est ce que recherchent nos agresseurs. J'ai confiance dans le fait que nous resterons unis, citoyens d'un pays ouvert, où la grande majorité des compatriotes d'origine étrangère ont saisi les chances qui leur étaient offertes et partagent les valeurs de notre pays. Ils sont les fils et les filles de ce pays. Ne confondons pas ceux qui dévoient leur religion avec ceux qui la pratiquent dans le respect des valeurs universelles de l'humanité.

Ensuite, il me paraît important de revenir à ce qui fait le socle de notre société, ce à quoi nous tenons absolument : nos valeurs et nos règles de vie commune. Cela implique que nous éduquions nos enfants au respect des diverses religions et convictions philosophiques. Elles ont en commun la volonté de donner sens à la vie, de respecter autrui, de s'ouvrir aux autres. Le respect de ces règles communes, c'est la tolérance zéro par rapport aux discours de haine. C'est combattre jour après jour toute forme de stigmatisation et de ségrégation. C'est aussi aider les personnes tentées par des endoctrinements fanatiques à y résister.

Enfin, je suis confiant dans notre capacité à construire une société plus harmonieuse. Je voudrais pour cela m'adresser spécialement à vous, les jeunes, vous qui avez un désir profond de croire dans la vie, de croire en l'autre. Cultivez cet idéal et investissez votre énergie et vos talents dans tout ce qui rassemble. L'harmonie d'une famille, d'un quartier, d'une commune, d'une région, d'un pays dépend en premier lieu de notre façon de créer des liens les uns avec les autres. Là, se trouve le sens de la vie, dans des projets qui reconnaissent une place à l'autre et qui lui permettent de donner le meilleur de lui-même. Ce sont les fanatiques qui refusent à l'autre le droit de penser et de vivre autrement. Tout projet qui donne sens à la vie se construit dans le temps. Pour bâtir l'avenir, cultivez les liens avec les générations qui vous précèdent. C'est dans l'histoire que nous enracinons nos valeurs. Les fanatiques, eux, veulent effacer toute trace de l'histoire.

Finalement, je vous encourage à dialoguer et à débattre sur les questions essentielles. Le dialogue et le débat sont au cœur de la rencontre de l'autre, tout comme de la connaissance de soi. Allez à la découverte de l'autre dans sa culture et ses convictions philosophiques et religieuses. Au contraire du fanatisme qui, lui, refuse tout débat.

Je sais que nous sommes capables de surmonter les épreuves auxquelles nous sommes confrontés aujourd'hui. L'histoire a prouvé que notre modèle est plus fort que tous les fanatismes et tous les totalitarismes. Mais il nous faut continuer à construire ensemble cette société, plus humaine et plus juste".

En février 2016, le Roi reçoit en audience le nouveau et l'ancien directeurs de l'Organe de Coordination pour l'Analyse de la Menace. Il effectue une visite symbolique à Molenbeek-Saint-Jean (où habitaient des terroristes ayant participé aux attentats de Paris) : il se rend au centre de formation de Lidl et à la Maison des Cultures. Une réunion de travail sur le thème de l'intégration est également organisée en mars au palais royal.

Le 16 mars, le Roi se rend à la Cellule Terrorisme de la Police Judiciaire Fédérale suite à l'opération antiterrorisme à Forest. Il y rencontre les agents impliqués dans l'opération et est informé de la poursuite de l'enquête. Deux jours plus tard, suite à l'arrestation de Salah Abdeslam, le Palais réagit sur Twitter et sur Facebook :  "Félicitations aux services de sécurité et aux agents qui ont participé aux opérations à Molenbeek aujourd'hui".

Un double attentat est perpétré le 22 mars dans notre capitale, causant la mort d'une trentaine de personnes. Le Palais diffuse ce communiqué :   "Le Roi et la Reine sont bouleversés par les attentats à l'aéroport de Bruxelles National et dans le métro bruxellois. Ces actes sont odieux et lâches. Les pensées émues du Roi et de la Reine vont en premier lieu aux victimes, à leurs familles et aux services de secours qui mettent tout en oeuvre pour porter assistance aux victimes".

Les rois Willem-Alexander des Pays-Bas, Felipe VI d'Espagne, Mohammed VI du Maroc et Abdallah II de Jordanie téléphonent personnellement au souverain pour lui présenter leurs condoléances. D'autres chefs d'Etat lui adressent un télégramme. Durant les trois jours de deuil national, toutes les activités officielles prévues de Philippe et Mathilde sont annulées et le drapeau belge est mis en berne sur le toit du palais royal.

A 19h,  le Roi prononce une courte allocution télévisée :  "Mesdames et Messieurs, aujourd'hui, notre pays est en deuil. Pour chacun de nous, ce 22 mars ne sera plus jamais une journée comme les autres. Les vies brisées, les blessures profondes, ces souffrances sont celles de tout notre pays. Mathilde et moi partageons votre peine, vous qui avez perdu un proche ou qui avez été blessés par les attentats lâches et odieux d'aujourd'hui. Nous exprimons tout notre soutien à l'égard des membres des services de secours et de sécurité et notre reconnaissance à tous ceux qui spontanément offrent leur aide. Face à la menace, nous continuerons à répondre ensemble avec fermeté, avec calme et dignité. Gardons confiance en nous-mêmes. Cette confiance est notre force".

Quatre différences sont à noter par rapport à ses traditionnels discours de Noël et de la fête nationale. Le Roi était assis à son bureau, et non debout. Il a utilisé l'expression  "Mathilde et moi" au lieu de l'habituel "La Reine et moi". Le drapeau belge était mis clairement en évidence derrière lui. Il n'y a pas eu de Brabançonne au début et à la fin du discours.

Dans les jours qui suivent, le couple royal se rend sur les lieux des deux attentats, participe à la cérémonie d'hommage des autorités belges devant le Parlement et à la minute de silence à la Commission Européenne (en présence du président Jean-Claude Juncker et du premier ministre français Manuel Valls), remercie le personnel des centres d'appel d'urgence 112 de Louvain et Bruxelles qui ont joué un rôle crucial dans la réaction rapide et efficace des services de secours. Nos souverains se rendent au chevet des blessés dans neuf hôpitaux du pays :  Hôpital militaire de Neder-Over-Heembeek, Hôpital Erasme, Hôpital Universitaire de Louvain, Hôpital Universitaire Saint-Pierre à Bruxelles, Hôpital Universitaire de Bruxelles sur le campus de Jette, Hôpital Jan Portaels à Vilvorde, Hôpital de Loverval à Charleroi, Hôpital Stuyvenbergh à Anvers, Hôpital Saint-Michel à Bruxelles. De passage en Europe, le secrétaire d'Etat américain John Kerry s'arrête à Bruxelles pour rencontrer le Roi et lui apporter le soutien des Etats-Unis.

Parmi les autres membres de la famille royale, la princesse Léa met un message de soutien sur son site Internet. Et le prince Laurent confie à VTM :   "Parce que les dirigeants ont mal géré les affaires du monde, ce sont les gens ordinaires qui doivent souffrir. Aucune bombe n'explose au palais royal ou à l'Elysée, mais dans le métro où il y a forcément beaucoup plus de gens, ce que je ne peux pas supporter. C'est horrible et scandaleux. C'est parce que les politiciens au plus haut niveau ne se comprennent pas et ne comprennent pas ce que le peuple endure. Le problème ne se situe pas au niveau de la justice ou à celui de la police, mais bien à celui de la politique européenne et mondiale".

Suite à de nouvelles arrestations le 8 avril à Anderlecht, le Palais réagit sur Twitter :   "Félicitations et merci à tous ceux qui ont permis d'interpeler deux présumés terroristes".

Un sondage paru à la mi-avril montre que 77% des Belges estiment que le couple royal a bien réagi suite aux attentats du 22 mars à Bruxelles.

Fin avril, le Roi se rend en métro de la Gare Centrale à la station Maelbeek qui venait d'être réouverte au public. Il reçoit aussi en audience le ministre de l'Intérieur Jan Jambon et le président de l'Exécutif des Musulmans de Belgique Salah Echallaoui.

Lors de la remise du Prix Reine Mathilde 2016, la souveraine déclare dans son discours :  "Les événements tragiques qui ont récemment secoué notre pays nous ont rappelé d'une manière particulièrement pénible que nous devons accorder davantage d'attention à la place des jeunes dans la société. Nous savons que les jeunes sont souvent vulnérables et incertains quant à leur avenir. Ils sont très réceptifs à des messages à sens unique et à certaines influences négatives émanant de leur entourage et, de ce fait, ne font pas toujours les bons choix. De nombreux jeunes se fixent un but et sont prêts à s'investir afin de l'atteindre. Ils sont en permanence à la recherche d'expériences, de nouveaux défis, de nouvelles chances. Nous pouvons faire en sorte qu'ils mettent cette énergie positive à profit pour devenir des citoyens responsables".

La Reine passe des paroles aux actes en se rendant à l'Athénée Royal Serge Creuz à Molenbeek-Saint-Jean pour y découvrir le projet "Une étoile, un destin", une initiative de l'Organisation pour la Réussite et le Développement afin d'encourager les jeunes à réaliser leurs rêves. Le choix de Molenbeek-Saint-Jean n'est évidemment pas un hasard dans l'agenda de Mathilde.

Les 12 et 13 mai, le couple royal reçoit des membres des familles des victimes des attentats de Bruxelles au château de Laeken, à l'abri des caméras. Quelques jours plus tard, ils ont rencontré le personnel de l'aéroport d'Ostende qui avait dû gérer la déviation du trafic aérien vers cet aéroport régional suite à l'attentat de Bruxelles-National.

Lors du dîner de gala offert au couple royal jordanien lors de son voyage d'Etat en Belgique en mai, le roi Philippe déclare dans son discours :

"Votre visite vient à un moment où la Belgique ressent avec douleur les conséquences de l'instabilité au Moyen Orient. Les attentats du 22 mars dernier, revendiqués par le soi-disant Etat islamique, ont, après ceux de Paris, rendu très concrète et très proche la barbarie et l'ignominie. Des hommes et des femmes, citoyens innocents et pacifiques, en porteront à vie les lourdes séquelles. Le pays tout entier en est encore marqué.

Mais cette émotion collective ne nourrit ni peur, ni haine. Elle ne nous divisera pas. Au contraire, elle renforcera simplement notre détermination à combattre ces terroristes où qu'ils se trouvent. En Belgique, nos services de sécurité, qui ont déjà fait un travail merveilleux, poursuivront sans relâche leurs efforts pour détecter et démanteler les cellules terroristes. Au Moyen Orient, l'armée belge s'est engagée aux côtés de la Jordanie au sein de la coalition internationale contre Daesh. Dès le mois prochain, nos F16 devraient à nouveau être en action dans votre région. Votre visite aujourd'hui nous permet de réaffirmer avec force que nos deux pays sont partenaires dans cette lutte contre le terrorisme et la barbarie.

Dans votre message à l'occasion de l'anniversaire de la naissance du prophète Mahomet et de Noël en décembre dernier, vous avez souligné l'harmonie qui règne en Jordanie entre les religions chrétiennes et musulmanes et les valeurs communes qui sont les leurs. Cette cohabitation dans la région d'origine des trois grandes religions du Livre est d'autant plus précieuse aujourd'hui qu'elle est directement menacée par les discours de haine des extrémistes et des idéologues de la violence. Que ce soit au Moyen Orient ou en Europe, le radicalisme nihiliste se nourrit abusivement de références religieuses.

Les extrémistes sont en réalité en rupture avec les sociétés dans lesquelles ils vivent. Notre principal défi - et il est de taille - est de faire triompher les valeurs d'ouverture, de dialogue et de respect entre hommes et femmes d'origines diverses, d'appartenances ethniques ou culturelles différentes. Ces valeurs sont ancrées dans nos sociétés à travers des convictions religieuses et philosophiques séculaires. C'est cette richesse que nous avons en commun qui est aujourd'hui menacée. Pour la préserver, nous devons construire et reconstruire les ponts entre tous ceux que nos pays hébergent. Plus que jamais, nos deux pays doivent unir leurs forces pour soutenir les dynamiques positives qui ont animé leurs populations par le passé et qui peuvent façonner un avenir fait de compréhension, d'harmonie et de paix".

Le 22 mai, deux mois jour pour jour après les attentats de Bruxelles, un hommage aux victimes est organisé dans la salle du Trône du palais royal, en présence de la famille royale, du gouvernement fédéral, des représentants des services de secours, des familles de victimes, etc. La cérémonie a débuté par la chanson "Imagine" de John Lennon reprise par le chanteur belge Getch Gaëtano.

Le Roi a prononcé le discours suivant lors de cet hommage :

"Il y a deux mois, 32 personnes, belges et étrangers, vivant ou travaillant ici, ont perdu la vie parce qu'elles se trouvaient tragiquement au mauvais moment au mauvais endroit. Leurs noms, leurs visages, leurs témoignages de vie nous ont tous profondément touchés. Ils resteront à jamais des parents, des frères et des sœurs, des amis, unis à nous, proches de nous.

Certains d'entre vous ont été blessés, marqués dans votre corps et dans votre esprit, par les crimes perpétrés ce 22 mars. Et vous, membres des services d'intervention, de sécurité et de santé, vous les bénévoles, vous qui avez donné sans compter pour sauver et aider. Vous aussi êtes marqués par ce que vous avez vécu. La Reine et moi avons déjà pu rencontrer beaucoup d'entre vous tous ici présents. Nous avons été émus par vos témoignages et par les récits de vos actions. Si nous sommes ici au palais, c'est pour vous exprimer le soutien et la reconnaissance de tout le peuple belge.

Guidés par le mal, les terroristes qui nous ont frappés ont voulu tuer, mutiler et faire souffrir. Par la souffrance directe qu'ils infligent, les terroristes cherchent en outre à faire peur et à diviser. Ils cherchent à détruire notre société, en la touchant en plein cœur, dans ce qui nous relie les uns aux autres.

En me rendant à la station de Maelbeek le mois passé, j'ai été impressionné par les messages laissés par des voyageurs et des passants sur les tableaux commémoratifs. On peut notamment y lire ceci :  "Je n'ai plus de mots mais il me reste des pensées : je crois en nous pour un monde meilleur".  Ou encore :  "Ce matin, j'ai vécu l'horreur, l'innommable. J'ai aussi vécu et vu la solidarité, la vie dans les regards des personnes les plus touchées. J'ai été témoin de fraternité".  Et puis ces trois phrases toutes simples mais tellement fortes :  "Le cœur de l'humanité bat ici", "Tous ensemble pour que la vie continue" et  "L'amour est plus fort que tout".

Ce que démontrent ces messages, tout comme ceux exprimés avec un infini courage par nombre d'entre vous, c'est une grande dignité dans l'épreuve. Ils ne s'arrêtent pas à la haine et à la vengeance. Ni à un appel à vivre de façon effrénée et égoïste sans penser au lendemain. Au contraire, ces messages sont l'expression du désir d'un monde meilleur, d'une foi en l'homme malgré l'horreur, d'une unité possible, et parfois même d'une promesse : nous construirons un monde meilleur. Pour eux (les victimes et leurs familles). Pour nous tous.

Nous avons montré que notre société était forte. Forte de votre courage, de vos valeurs, de votre dignité. Forte de ses liens qui se sont raffermis autour de vous en ces jours noirs. Vous n'avez pas cédé, pas plus que l'ensemble de notre société. Au contraire, la réponse de vos cœurs meurtris est pleine d'amour et de générosité. Et la réponse de notre société indignée a été responsable et solidaire. Elle est fondée sur un socle solide. Plutôt que de se laisser désarçonner, nous avons répondu par un appel à l'unité :  "Tous ensemble", proclame le tableau de Maelbeek. Votre réaction et votre attitude, et celles de toute la population, montrent que notre pays peut compter sur des ressources inestimables. C'est sur elles que nous pouvons construire l'avenir.

Les événements nous demandent de prendre du recul. Dans des moments dramatiques comme ceux que nous avons vécus, le côté humain de la gestion de crise est cruciale. Ayons à cet égard une attention toute particulière pour l'accompagnement des familles touchées. Par ailleurs, même si la sécurité absolue n'existe pas, poursuivons nos efforts pour diminuer au maximum les risques. Continuons aussi à jeter de nouveaux ponts entre nous et à construire une société solidaire et ouverte. Il y a évidemment bien d'autres chantiers. Abordons-les lucidement et sereinement sans céder à l'autocritique stérile ni à la morosité.

Mais une autre façon de répondre à ce qui s'est passé, n'est-ce pas, pour nous tous, de se tourner vers notre cœur profond, chacun d'entre nous, et de nous demander :  en quoi cela me concerne-t-il? Que puis-je faire, moi, pour rendre notre monde plus sûr, plus ouvert, plus humain? La réponse est claire :  oui, j'ai une responsabilité dans notre vivre ensemble ; oui, je peux adopter un regard et une attitude valorisante ; oui, je peux agir pour raffermir les liens dans mon entourage. L'héroïsme discret et authentique que beaucoup d'entre vous ont démontré en ces circonstances exceptionnelles, en est un exemple. L'épreuve qui nous a touchée doit nous faire réagir. Prenons conscience de nos forces, corrigeons nos faiblesses et engageons-nous, chacun selon ses responsabilités, et tous ensemble, pour un monde meilleur".

Trois jours plus tard, la princesse Léa visite l'Amicale des Corps de Sauvetage de La Hulpe en compagnie de la marraine de cette asbl, la baronne Jacques Solvay de La Hulpe. L'ACS de La Hulpe a été rappelée en renfort lors des attentats de Bruxelles.

En juin, le Roi téléphone au roi Abdallah de Jordanie lorsque cinq agents de renseignement jordaniens sont tués dans une attaque. Le Palais réagit via Twitter aux attentats d'Istanbul en juin ("Force et courage au peuple turc, aux victimes et à leurs proches suite aux cruels attentats d'Istanbul") et de Nice en juillet ("Profondément choqués par le cruel attentat de Nice, les Belges sont solidaires de la France. Toutes nos pensées vont vers les victimes et leurs proches"). Début juillet, le Roi préside une réunion de travail sur la sécurité avec le procureur fédéral et des responsables de la Défense, de la Sûreté de l'Etat, de l'Organe de Coordination pour l'Analyse de la Menace, de la Police Fédérale et du centre de crise.

Pour la traditionnelle photo de famille estivale avec leurs enfants, le couple royal choisit le Musée de la Bande Dessinée et le Musée des Instruments de Musique à Bruxelles comme lieux des prises de vue. Une manière de soutenir le secteur touristique de la capitale qui connaît une forte baisse de fréquentation depuis les attentats.

Dans son discours de la fête nationale 2016, Philippe déclare :   "Le courage auquel je pense est bien plus que de la témérité. Il surmonte les épreuves en s'appuyant sur ce qui est beau et grand. Il exprime une force intérieure qui rejette le confort du défaitisme. La Reine et moi avons, récemment encore, été témoins de ce courage, après les attentats terroristes du 22 mars. Vous, les blessés et les membres des familles touchées, avez réagi à cette épreuve avec une infinie dignité. Vous les membres des services de sécurité et d'intervention, vous avez agi avec un dévouement extraordinaire. Ce courage nous est donné en exemple. Il permet de garder confiance - en nous-mêmes, dans les autres et dans nos institutions - quand les crises se succèdent et ébranlent nos certitudes".

lundi 22 août 2016

Mathilde et les Objectifs de développement durable de l'ONU

13417639_1696269607303339_223235790478860675_n
                        
En janvier 2016, le secrétaire-général des Nations Unies invite la reine Mathilde à faire partie, pour une durée de trois ans (2016-2018), du Groupe des défenseurs des Objectifs de développement durable des Nations Unies. Ce groupe d'une quinzaine de personnalités (dont fait également partie la princesse héritière Viktoria de Suède) est chargé d'aider l'ONU à mobiliser les énergies et l'action de la communauté internationale en vue de réaliser les Objectifs de Développement Durable d'ici 2030 (ces objectifs ont été adoptés par les Etats membres de l'ONU en septembre 2015).

La Reine a commencé par rencontrer en janvier le secrétaire-général des Nations Unies Ban Ki-Moon et le créateur du micro-crédit Mohammad Yunus lors du forum économique de Davos, et par recevoir en février au palais royal de Bruxelles le président de la 70ème session de l'assemblée général des Nations Unies et le ministre belge de la Coopération au Développement Alexander De Croo. Lors de sa visite du campus Diepenbeek de l'Université d'Hasselt, elle met l'accent sur les 17 Objectifs de Développement Durable (ODD) au cours de sa discussion avec les étudiants. Et le 7 avril, elle se rend au palais d'Egmont à Bruxelles pour prononcer le discours d'ouverture du forum 2016 de coopération pour le développement des Nations Unies.

En juin, Mathilde assiste aux 10èmes Journées Européennes de Développement organisées par la Commission Européenne à Bruxelles sur le thème "Le rôle de la femme dans le développement est au cœur des Objectifs de Développement Durable", participe à un déjeuner de travail avec des représentants des institutions européennes afin d'être informée sur la réalisation des ODD au sein de l'Union Européenne,  et reçoit au palais royal le secrétaire général des Nations Unies et le président de la Banque Mondiale.

Dans son discours aux Journées Européennes de Développement, elle déclare :   "Les Objectifs de Développement Durable nous rappellent que le développement nous concerne tous, collectivement et individuellement. D'une façon, ne sommes-nous pas tous des pays en développement? Les maîtres-mots qui distinguent les nouveaux objectifs de leurs prédécesseurs sont "inclusivité" et "universalité". Le développement ne concerne pas uniquement une relation nord-sud ou sud-sud. C'est à chacun des pays à tous les niveaux de développement, aux nombreuses dynamiques à l'intérieur de nos sociétés, à chacun de nous tous qu'il incombe de s'approprier les ambitions définies dans les objectifs. Les responsabilités sont dès lors partagées. Nous avons des engagements précis à prendre et à respecter. Il s'agit d'un véritable partenariat, où personne ne peut être laissé pour compte".

La Reine se rend deux jours en juillet au siège de l'ONU à New York avec le ministre belge des Affaires étrangères Didier Reynders. Ils y enchaînent les réunions de travail sur la protection des enfants dans les conflits armés, les droits de l'homme, la problématique des maladies mentales ou la violence contre les enfants. Ils rencontrent également le secrétaire-général des Nations Unies et le directeur général de l'Unicef.

Dans un de ses discours prononcés lors de sa visite à l'ONU, Mathilde déclare :
"Dix mois après l'adoption des Objectifs de Développement Durable, cette assemblée générale est engagée dans une réflexion particulièrement bienvenue et opportune sur l'impact des droits humains sur les objectifs de développement, et inversement. En souscrivant à ces engagements, la communauté internationale a formulé une vision partagée d'un monde juste, pacifique et stable : un monde où le rôle central d'institutions efficaces et inclusives se trouve reconnu, et où sont promus l'état de droit, l'accès à la justice et les droits de l'homme. Le lien intrinsèque entre la poursuite des objectifs de développement durable et la promotion des droits humains se trouve donc clairement articulé. Mais le chemin vers cette paix durable, vers cette justice, vers ce bien-être est encore long et sera ardu.

C'est pourquoi le dialogue d'aujourd'hui et des jours à venir aurait tout son sens s'il parvenait à expliciter et à étayer encore davantage ce constat et cette ambition. Deux dynamiques (développement et droit humain) se légitiment et se renforcent mutuellement. Toutes deux sont nécessaires, l'une facilitant la réalisation de l'autre. J'ose espérer que les efforts seront poursuivis pour aboutir à une intégration harmonieuse de tous les leviers de développement, que ce soient les outils et instruments institutionnels, économiques ou juridiques, actionnés par nombre de stakeholders tels les autorités, la société civile, les entreprises, le monde académique et culturel.

J'ai reçu il y a quelques semaines un dessin d'une petite fille qu'elle m'avait adressé à l'occasion des Journées Européennes du Développement. Sur ce dessin, quelques mots éloquents pleins de sens, et je cite : "Pas de futur sans culture". La culture est, en effet, un levier de développement. Il n'est certes pas le seul, mais l'importance de ce levier culturel est prépondérante.

Sans tenter d'épuiser tous les aspects et conséquences de la complémentarité des actions à mener en faveur du développement et des droits de l'homme, je voudrais souligner trois principes, qui ne manqueront pas de nous inspirer.

Tout d'abord, la lutte contre la discrimination et contre les inégalités doit se poursuivre. Hier, j'ai participé à un débat sur la réhabilitation et la réintégration des enfants affectés par les conflits armés. Une fois de plus, on y a clairement condamné toute pratique discriminatoire. Par ailleurs, nous devons poursuivre les efforts pour garantir aux filles et aux femmes leur droit à la formation et à l'éducation. Je salue les propositions que le président du Conseil des Droits de l'Homme a formulées récemment à cet effet. Elles répondent au souci largement partagé de veiller à ce que personne ne soit laissé pour compte, that nobody should be left behind.

Ensuite, la stricte observance des droits de l'homme et des libertés fondamentales présuppose, tout comme les autres objectifs de développement, un fonctionnement correct des institutions et une bonne gouvernance.

Enfin, tous ces objectifs seront d'autant plus réalistes et réalisables qu'ils seront poursuivis en symbiose entre les nombreux acteurs concernés. De nombreuses dynamiques éclosent, au sein des gouvernements bien sûr, mais également dans la société civile, les milieux académiques, les organisations non gouvernementales, les médias, le monde culturel. C'est très encourageant. Il faut y ajouter le secteur privé, moteur de la croissance économique, mais aussi responsable de la protection des droits de l'homme. Un climat propice aux investissements, soutenu par un état de droit crédible, constitue un stimulant important du développement. Les initiatives doivent se multiplier visant l'incorporation, dans la gestion des entreprises, des objectifs de développement durable et d'une véritable culture de respect et de promotion des droits de l'homme.

Nous vivons en ce moment une dynamique importante. Notre monde est confronté à des turbulences mais il connaît également des développements positifs. La prise de conscience grandissante du changement climatique, de la dimension inclusive de notre développement et de la dignité de toute personne humaine génère des engagements nouveaux ainsi que des marques de confiance dans notre avenir. Je suis persuadée que les Nations Unies, fortes de 70 ans d'expérience et d'une ambition juvénile, relèveront ces grands défis avec une détermination renouvelée".

A New York, la Reine confie aux journalistes belges qui l'accompagnent :   "Je suis ici pour quelques heures seulement mais c'était très important d'être ici pour rencontrer des personnes importantes dont Ban Ki-Moon et le féliciter pour son engagement depuis huit ans dans la lutte contre la pauvreté et pour donner un monde meilleur, et qui se termine avec ces Objectifs de Développement Durable (ODD) que je suis enthousiaste de soutenir pour les prochaines années. Soutenir ces ODD, c'est la prolongation d'un travail que j'ai commencé avant mon mariage, car l'enfance et les personnes vulnérables étaient déjà au centre de mes préoccupations. J'avais à cœur de donner une voie aux plus vulnérables et d'investir dans l'éducation, car j'y crois profondément.

Je parle beaucoup à mes enfants. Je leur explique que c'est un luxe d'avoir accès à la culture, notamment musicale, et que des millions d'enfants n'ont pas la chance d'aller à un concert par exemple. Je leur ai expliqué l'histoire de ce petit garçon sous-alimenté enfant, et que cela impactera toute sa vie future. Que certaines filles ne peuvent pas aller à l'école. C'est un monde plein de défis où il y a certaines turbulences. En tant que mère, il faut y croire et vouloir donner un monde meilleur pour les générations futures. Et je pense que cela passe par l'éducation : il y a encore beaucoup trop d'enfants qui quittent l'école à 10-12 ans et qui ne savent pas lire".

lundi 15 août 2016

Les liens entre la dynastie belge et le Brésil

                    
                                 13615275_1055849917816209_5647786190978425741_n

Juillet 2016 :  voyage de la princesse Maria-Esmeralda au Brésil
Du 3 au 7 juillet, la princesse Maria-Esmeralda s'est rendue au Brésil sur les traces de son père et de ses grands-parents. Au programme de son voyage :   inauguration d'un buste de la reine Elisabeth dans les jardins de l'ambassade de Belgique à Brasilia, visite du village de Porteira afin de rencontrer le peuple indigène des Xerente (le roi Léopold III avait déjà rencontré cette communauté lors d'une expédition au Brésil dans les années 60), rencontre avec le vice-gouverneur et le gouverneur de l'Etat du Tocantins, visite du projet social "Kritzelei" à Sao Sebastiao (dans lequel la chanteuse belge Dorka Hepp est impliquée en faveur de filles et adolescentes de 9 à 18 ans), inauguration au Mémorial des Peuples Indigènes de Brasilia de l'exposition des photos prises par Léopold III lors de son voyage au Brésil en 1964

Août 2016 : le roi Philippe et la reine Mathilde aux Jeux Olympiques de Rio
Le couple royal s'est rendu au Brésil pour les premières journées des Jeux Olympiques 2016 de Rio : cérémonie d'ouverture, visite du Village Olympique, réception offerte aux chefs d'Etat et de gouvernement présents par le président intérimaire du Brésil Michel Temer, rencontre avec les responsables d'un projet social de l'ONG belge Kiyo, rencontre avec le président du Comité International Olympique Thomas Bach, réception du Comité Olympiques et Interfédéral Belge, ainsi que diverses épreuves sportives auxquelles participaient des Belges (judo, hockey, tennis, haltérophilie, p.ex.).

C'est le deuxième voyage de nos souverains au Brésil depuis le début de leur règne. En effet, ils s'y étaient rendus un week-end en 2014 pour assister à un match des Diables Rouges dans le cadre de la Coupe du Monde de football. Ils en avaient profité pour dévoiler la nouvelle plaque de l'avenue dédiée à la reine Elisabeth et déposer des fleurs devant le buste du roi Albert Ier (ces deux hommages du Brésil aux souverains belges rappellent leur voyage dans ce pays en 1920).

Avant 2014 et 2016, il y a eu d'autres visites de notre famille royale au Brésil, mais celle qui est restée dans les mémoires, c'est celle du roi Albert Ier et de la reine Elisabeth (voir ci-dessous).

Le voyage du roi Albert Ier et de la reine Elisabeth au Brésil en 1920
En voici le compte-rendu que j'ai trouvé dans le livre "Elisabeth de Belgique : les défis d'une reine" de l'historien Georges-Henri Dumont :


"Pour de multiples raisons, les souverains belges avaient accepté l'invitation officielle que leur avait faite le président brésilien Epitacao Pessoa. Le Brésil était entré dans la guerre aux côtés des Alliés en 1917. Assez modestement sur le plan militaire (il s'était contenté d'envoyé une petite flotille dans les mers septentrionales), mais c'est en grandes quantités qu'il avait expédié des médicaments et des vivres. La Belgique ne l'avait pas oublié. Et puis Elisabeth n'était-elle pas une Bragance par sa mère, une "fille des enfants de lumière", selon les mots de Camoëns?  République depuis 1889, le Brésil se souvenait néanmoins du roi Joao VI et surtout de don Pedro qui avait proclamé l'indépendance en 1822 et pris le titre d'empereur. Les Brésiliens considéraient Elisabeth presque comme des leurs. Enfin, les souverains belges, qui avaient l'intention de se rendre bientôt au Congo, étaient heureux de l'occasion qui leur était offerte de parcourir une région tropicale. La Reine avait d'ailleurs demandé au docteur Nolf de l'accompagner afin d'enquêter sur place sur le diagnostic et le traitement des maladies tropicales.


L'embarquement eut lieu le mercredi 1er septembre 1920 au port de Zeebrugge, où avait accosté le cuirassé brésilien "Sao Paulo". Avant de franchir la passerelle et de faire ses adieux à ses trois enfants, la Reine s'entretint pendant quelques instants avec les orphelins de marins et de pêcheurs, élèves de l'école Ibis, venus lui offrir des fleurs. Puis ce furent la montée à bord, les traditionnelles acclamations de la foule massée sur le môle ou les toits des hangars, les hymnes nationaux, les ancres levées, les amarres lâchées.


La traversée fut presque sans histoire. La Reine qui aimait la chaleur et en éprouvait le besoin physique se dorait volontiers au soleil, un livre à la main. L'équipage était surpris par sa jovialité et son apparente simplicité. Elle se mêlait aux habituels jeux de bord qu'elle connaissait bien depuis son voyage aux Etats-Unis. Et le soir, elle prenait souvent sa place parmi les violonistes de l'orchestre. Comme c'était la première fois qu'elle franchissait la ligne de l'équateur, il lui fallut subir l'épreuve du baptême par le roi Neptune. En souvenir de quoi les marins lui offrirent un poudrier en cristal et bronze.


Escorté de dix torpilleurs, le "Sao Paulo" pénétra majestueusement dans la baie de Rio au début de l'après-midi du dimanche 19 septembre 1920. Pendant que, sous un soleil éclatant, les forteresses de Santa Cruz, Sao Joao et Imbuhy saluaient le cuirassé de leurs canons, soixante-quatre rameurs conduisaient vers le Roi et la Reine une galiote toute blanc et or. C'était l'historique "Dom Joao VI", construite en 1808, venue du Portugal lorsque l'arrière-grand-père maternel d'Elisabeth, fuyant l'occupation napoléonienne, s'était exilé en terre brésilienne.


Albert et Elisabeth, accueillis par le président Epitacao Pessoa, sa femme et sa fille, descendirent dans la galiote qui les mena au débarcadère. Discours, cortège triomphal jusqu'au palais de Guanabara, apparitions au balcon : la visite officielle commençait. Trop, beaucoup trop officielle au gré de la Reine. Les autorités brésiliennes avaient cru bien faire en montrant à leurs hôtes combien leur pays était européanisé. Réception au parlement, soirées de gala au théâtre, parades militaires, garden-parties, concours hippique, match de football : rien ne leur fut épargné alors qu'ils souhaitaient essentiellement rencontrer ceux qui luttaient difficilement pour le développement, les dirigeants d'établissements industriels, les responsables de l'urbanisme aux prises avec l'extension des favellas, etc.


Le mardi 27 septembre, après une semaine de cérémonies aussi lassantes que brillantes, la Reine, accompagnée du docteur Nolf et de la comtesse de Caraman-Chimay, put enfin visiter l'Institut de Médecine Tropicale Oswaldo-Cruz situé dans un faubourg de Rio. Elle s'y fit notamment expliquer comment, en quelques années, le docteur Oswaldo-Cruz, un élève de Pasteur, avait réussi à éradiquer la fièvre jaune apportée en 1849 par des navires venant d'Amérique centrale. Nommé directeur de la Santé publique par le président Rodriguez Alvoz, il avait constitué une brigade de 1.500 hommes qui procédèrent systématiquement à l'assèchement ou à la pétrolisation des marais, au nettoyage régulier des petites rivières et à l'examen quotidien des égouts de la capitale. Les résultats ne s'étaient guère fait attendre :   dès 1903, la mortalité due à la fièvre jaune était tombée à 584 décès. En 1908, on n'en enregistrait plus que 4 et l'année suivante, plus du tout. Le docteur Chagaz, successeur de Cruz, étendit le domaine des recherches de l'Institut de Médecine Tropicale aux épidémies qui décimaient le bétail. Après avoir entendu les paroles élogieuses de la Reine, Chagaz et ses collaborateurs signalèrent à celle-ci qu'ils connaissaient et appréciaient les travaux de plusieurs médecins belges, notamment le docteur Jules Bordet.


La flore brésilienne fascinait la Reine. Aussi voulut-elle passer de longues heures au jardin botanique où on lui fit admirer le premier palmier que son arrière-grand-père, le roi Joao du Portugal, planta en 1808. Albert Ier, qui semblait soucieux depuis qu'il savait son gouvernement menacé par les démissions successives du ministre de la Défense Nationale et du ministre des Colonies, planta, lui aussi, un arbre pour commémorer sa visite :  un metrodora. Pour compenser les effets débilitants de la chaleur humide de Rio de Janeiro, les souverains furent conviés à passer un jour et une nuit dans une plantation de café établie dans la montagne. La Reine en profita pour chevaucher dans la région, tantôt au trot, tantôt au galop. A un moment donné, elle piqua des deux à la poursuite d'un immense papillon bleu. Epuisés par son rythme, transpirant, la plupart des membres de sa suite abandonnèrent, l'un après l'autre, la randonnée. Elle, elle continuait, joyeuse et fougueuse comme aux beaux jours de Possenhofen.


Le périple brésilien conduisit Albert et Elisabeth à la ville résidentielle de Petrópolis, à Theresopolis peuplée de colons allemands et suisses, à Belo Horizonte, la nouvelle capitale de l'Etat de Minas Gerais, construite de toutes pièces en quelques années sur l'emplacement d'un village perdu, à Sao Paulo où le prince Léopold vint rejoindre ses parents. A nouveau, trop de cérémonies officielles, mais aussi un enthousiasme populaire délirant, ponctué à chaque gare de salves de fusil et de coups de revolver. Le roi Albert prononça une nouvelle série de discours de remerciement dans le style banal qui convenait. Toutefois, lors de la réception à la Cour de Justice de Belo Horizonte, il glissa une petite phrase qui ne passa pas inaperçue :  "Plus un pays avance dans la civilisation, plus le pouvoir judiciaire y occupe une situation indépendante et respectée".

Quant à la Reine, elle visita à Sao Paulo le couvent de l'ordre belge de Saint-Vincent dont l'école était fréquentée par les enfants de la classe ouvrière. Et pour ne pas faire de discrimination, elle s'arrêta aussi chez les sœurs de Saint-Augustin, un autre ordre belge, qui réservaient leur enseignement aux enfants de ce qu'on appelait la "bonne société".


Le vendredi 8 octobre, le Roi, la Reine et le prince Léopold partirent pour la plaine de Campinas, le plus ancien centre de plantations de café de la région. A cheval, ils montèrent jusqu'à l'important institut zootechnique. Puis ce fut la visite des différents centres agricoles de la Fazenda de Guatapara, suivies de celle du port de Santos aux entrepôts bourrés de sacs de café.


Le voyage se termina comme il avait commencé : à bord du "Sao Paulo". A l'escale de Lisbonne, Elisabeth retrouva le souvenir de ses ancêtres : pour elle, les Portugais tirèrent les carrosses royaux exposés au musée près de la tour de Belem".


(extrait de "Elisabeth de Belgique : les défis d'une reine" de Georges-Henri Dumont)   

lundi 8 août 2016

Les voyages d'Etat

                                   Queen-Rania1-z    

En règle générale, les voyages d'Etat n'ont lieu qu'une seule fois par règne ou mandat présidentiel, et par pays (le roi Baudouin s'est cependant rendu deux fois en France et aux Pays-Bas, et le roi Albert II deux fois en Allemagne). Ceux-ci sont des événements politiques importants suite aux échanges que le Roi, son ministre des Affaires étrangères et leur délégation ont à leur niveau respectif d'une part, et aux discours prononcés par les deux chefs d'Etat lors du traditionnel dîner de gala d'autre part. Le protocole est très présent lors des voyages d'Etat avec passage des troupes en revue, échanges de décorations et cadeaux, p.ex. Des visites sociales, économiques et culturelles sont également au programme, ainsi qu'une rencontre avec la communauté belge d'un pays visité. La durée d'un voyage d'Etat peut varier de deux jours à une semaine.

Sous le règne d'Albert II (1993-2013)
En 20 ans de règne, le roi Albert et la reine Paola ont effectué 29 voyages d'Etat :  Luxembourg, Suède et Espagne en 1994, Danemark et Allemagne en 1995, Finlande et Japon en 1996, Norvège et Autriche en 1997, Russie et Italie en 1998, Pologne et Portugal en 1999, Pays-Bas, Tchéquie et Suisse en 2000, Grèce en 2001, Hongrie en 2002, Bulgarie et France en 2003, Maroc en 2004, Chine en 2005, Lituanie en 2006, Lettonie et Irlande en 2007, Estonie et Irlande en 2008, Roumanie en 2009, avant d'effectuer un second voyage d'Etat en Allemagne avec un protocole cependant plus allégé par rapport au premier.

Le couple royal a reçu 15 chefs d'Etat en voyage d'Etat en Belgique au cours de leur règne :  l'empereur Akihito du Japon en 1993, le président allemand Roman Herzog en 1998, le grand-duc Jean de Luxembourg en 1999, le roi Juan-Carlos d'Espagne en 2000, le roi Carl-Gustav de Suède en 2001, la reine Marghrete de Danemark et le président italien Ciampi en 2002, le roi Harald de Norvège en 2003, la présidente finlandaise Tarja Halonen et le président polonais Aleksander Kwasniewski en 2004, le président grec Constantinos Stephanopoulos et le président portugais Jorge Sampaio en 2005, la reine Béatrix des Pays-Bas en 2006, le grand-duc Henri de Luxembourg en 2007, le président hongrois Laslzo Solyom en 2008. Depuis 1998, le dîner de gala a désormais lieu au château de Laeken, et plus au palais royal comme c'était le cas sous le règne du roi Baudouin.

Sous le règne de Philippe Ier (depuis 2013)
En 2015, le roi Philippe et la reine Mathilde ont effectué un voyage d'Etat en Chine et en Pologne, et y ont été accompagnés par les ministres-présidents de nos trois régions (Flandre, Wallonie et Bruxelles-Capitale) en plus du ministre fédéral des Affaires étrangères. Ce ne fut jamais le cas sous le règne précédent. Cette tendance va-t-elle se poursuivre?  Leur présence est annoncée lors du troisième voyage d'Etat de nos souverains qui aura lieu du 9 au 15 octobre 2016 au Japon (à Tokyo, Nagoya et Osaka précisément) dans le cadre des 150 ans des relations diplomatiques entre nos deux pays. Les deux familles royales sont très liées depuis le règne du roi Baudouin. Par ailleurs, on parle ensuite d'un futur voyage d'Etat aux Pays-Bas. Affaire à suivre...

Depuis leur accession au trône, notre nouveau couple royal a reçu 4 chefs d'Etat en voyage d'Etat en Belgique :   le président chinois Xi Jinping en 2014, le président turc Recep Tayyip Erdogan en 2015, le président allemand Joachim Gauck et le roi Abdallah de Jordanie en 2016.

On constate donc que le roi Philippe a voulu effectuer le premier voyage d'Etat de son règne en Chine, et a choisi le président chinois comme le premier de son règne à être reçu en voyage d'Etat en Belgique. Cela montre l'importance qu'il accorde à ce pays dans lequel il s'est souvent rendu en mission économique.