mardi 22 mai 2012

Le rôle politique du roi Albert II en 2006

Le président du SPA et ancien ministre Johan Van de Lanotte reçoit le titre honorifique de Ministre d'Etat en janvier.

Le discours royal de Nouvel An 2006 ne passe pas inaperçu et a été plutôt contre-productif :

"Les tensions entre régions se présentent dans de nombreux pays européens et nous non plus n'y échappons pas...comme vous le savez. Elles sont dans bien des cas accentuées par la diffusion de deux constatations. D'une part l'existence d'un écart de richesse et d'autre part la pratique de politiques différentes. Ces situations inégales, entraînant des transferts entre régions, sont communes à beaucoup de pays en Europe. La réponse à cet état de choses ne réside pas dans un repli sur soi de chaque région, non plus dans le développement de sous-nationalisme, ni dans un séparatisme explicite ou feutré. Les ruptures et les séparations sont en général coûteuses pour tous les acteurs, qu'ils soient du côté des moins prospères ou des plus riches. Et n'oublions surtout pas les coûts humains qu'on aurait grand tort de sous-estimer. Il ne faut pas se bercer d'illusions à ce sujet.

La réponse aux différences de prospérité et de politiques réside, tant au niveau européen que national ou régional, dans l'élaboration de stratégies de développement qui soient bénéfiques pour chacune de ces entités. Il est vrai qu'à tous ces niveaux, il y a des choses à faire. Des conservatismes, des résistances au changement sont à vaincre, des abus à éliminer (...)

Regardons les défis avec courage et valorisons au maximum les atouts que nous possédons. Je pense, par exemple, au rôle international de Bruxelles et de tout notre pays qui pourrait être compromis par un séparatisme néfaste et anachronique".

Ce discours suscite de nombreuses critiques au nord du pays, dont le ministre-président flamand Yves Leterme (CD&V/NVA) qui se sent visé par Albert II. Cette polémique pousse l'hebdomadaire francophone "Le Vif/L'Express" à consacrer sa couverture à la question "Le Roi est-il mal conseillé?". Dans son dossier, la journaliste Dorothée Klein s'interroge :   "Le roi Albert II et le prince Philippe sont-ils mal conseillés? Régulièrement critiqués pour leurs discours ou déclarations, devront-ils bientôt se contenter d'un rôle purement protocolaire? La faute à leur entourage d'un autre âge? Certes, au Palais, les dignitaires parlent de plus en plus flamand. Mais en coulisses, quelques-uns des hommes les plus influents de la haute finance et de l'industrie (Maurice Lippens, Etienne Davignon, Georges Jacobs et Daniel Janssen) perpétuent une certaine idée de la Belgique au parfum d'Ancien Régime (...) Le fait que les plus hauts dignitaires soient recrutés, depuis le XIXème siècle, majoritairement, dans la diplomatie, le top de la fonction publique et l'armée continue à donner une impression d'homogénéité sociologique, de vase clos, de monde à part".  La journaliste dénonce également la longévité de Jacques van Ypersele de Strihou à son poste de chef de cabinet du Roi.

Mais dans ce discours de Nouvel An 2006, Albert II évoque aussi les tensions entre certains groupes allochtones et la population d'origine autochtone suite aux émeutes dans la banlieue parisienne :

"Nous avons tous vu les images montrant les violences perpétrées dans un pays proche par des groupes de jeunes. Les tensions qui ont explosé là-bas existent à l'état plus ou moins latent dans d'autres pays européens. Elles sont d'ailleurs exploitées par des partis extrémistes. Que devons-nous faire vis-à-vis de telles situations? L'Observatoire européen des phénomènes racistes et xénophobes fait, me semble-t-il, un certain nombre de réflexions très adéquates. Il attribue une bonne partie de ces tensions au fait qu'un grand nombre de jeunes allochtones ne voient plus aucune perspective d'avenir dans nos sociétés.

Quelles sont dès lors les politiques que nous devons mener dans nos pays européens? Il me semble qu'une première priorité consiste à intensifier la formation des jeunes d'origine étrangère, spécialement dans nos grandes villes, et de stimuler l'obtention d'un emploi pour ces jeunes. L'enseignement et l'emploi sont souvent les clefs d'une bonne intégration. Un autre facteur non négligeable réside dans l'encouragement de la construction ou de la rénovation de logements favorisant réellement une vie décente et en contact avec le monde environnant. Par ailleurs, nous devons par l'enseignement convaincre les jeunes du respect nécessaire des valeurs de base de notre société, sans quoi la vie commune risque le désordre et l'injustice. Parmi ces valeurs, je pense spécialement à la démocratie, à la tolérance, au respect de la femme et à la sécurité de chacun.

Assurer la sécurité des citoyens est une obligation fondamentale de tout Etat. Si, malgré les efforts, les tensions deviennent aigües, c'est encore à la prévention qu'il faut recourir en premier lieu. A ce propos, je voudrais rendre hommage aux travailleurs sociaux de rue qui font chez nous un travail remarquable de proximité et d'écoute des jeunes en difficulté. Je me réjouis de la promesse qui leur a été faite, dans le cadre des contrats de sécurité des villes, de rendre leur statut plus stable.

Les efforts pour favoriser l'intégration et éviter la discorde peuvent se révéler impuissants à éviter le conflit. Alors il appartient aux forces de police de rétablir et de maintenir l'ordre et à la justice de juger les fautes commises. Quant à ceux qui, d'un bord ou d'un autre, s'emploient à exploiter ces difficultés pour répandre le racisme ou l'intégrisme, ils doivent savoir qu'eux aussi s'exposent à des poursuites judiciaires. On ne bâtit pas une société sur la haine et le mépris de l'autre".

L'avenir donna malheureusement raison au souverain. Le 11 mai 2006, un jeune homme de 18 ans, neveu d'une parlementaire du Vlaams Belang, achète une arme pour tuer des étrangers. Il tire sur trois personnes rencontrées dans les rues d'Anvers avant d'être arrêté par les forces de police. Quelques heures après ce crime raciste qui bouleverse le pays, le Palais fait savoir qu'une lettre du Roi allait être remise aux familles et des fleurs envoyées aux funérailles. Le Palais rappelle que le Roi a condamné, à plusieurs reprises, la violence et le racisme.

La Belgique est à nouveau choquée par la disparition dans la nuit du 9 au 10 juin de Nathalie Mahy (10 ans) et Stacy Lemmens (7 ans) dans le quartier Saint-Léonard à Liège. La police, la justice et Child Focus mettent aussitôt d'énormes moyens pour les retrouver. Le 23 juin, en visite officielle à Liège avec la reine Béatrix des Pays-Bas, le couple royal y rencontre Catherine Didier, mère de Nathalie et belle-mère de Stacy.

Malheureusement, les deux fillettes sont retrouvées mortes une semaine plus tard à Liège. Le couple royal fait part de sa tristesse dans un communiqué, envoie une gerbe de fleurs blanches et un aide de camp pour les représenter aux funérailles. Le 18 juillet, Albert et Paola reçoivent les parents de Nathalie et Stacy au château de Laeken, afin de leur présenter personnellement leurs condoléances.

Dans son discours de la fête nationale 2006, le Roi encourage l'apprentissage des langues :

"J'ai été frappé de voir que bien des offres d'emploi ne trouvaient pas de candidats adéquats, faute de connaissance des langues. Nous vivons dans une société de plus en plus globale et cela implique naturellement une bonne pratique de plusieurs langues. L'apprentissage précoce d'autres langues a parfois été freiné par la crainte de nuire à la langue maternelle. C'est pourquoi j'ai été particulièrement intéressé, lors de ma visite à la VUB, par les résultats d'une recherche interdisciplinaire menée par des linguistes et des neurologues de la VUB et de l'ULB. Ils montrent que pour l'exécution d'une même tâche, l'effort cérébral des enfants bilingues est inférieur à celui des enfants unilingues. Ces recherches qui se poursuivent, procurent une base scientifique au plaidoyer pour le multilinguisme. Une des formes intéressantes de cet apprentissage est l'enseignement par immersion qui est pratiqué à plus ou moins grande échelle dans la plupart des pays européens".

Le reste du discours est consacré aux sciences qui ont toujours intéressé les hommes de la famille royale (notamment Albert Ier, Baudouin, Albert II et Philippe) :

"J'aimerais vous parler d'un enjeu essentiel pour nos sociétés européennes : il s'agit de créer des emplois durables par l'innovation. Les progrès scientifiques, notamment dans les technologies de l'information et de la communication, ainsi que dans le domaine de l'énergie et de la biotechnologie, connaissent une accélération extraordinaire. Ces progrès sont source d'innovation dans toute l'activité économique, y compris dans les secteurs dits traditionnels. L'Europe se doit de participer pleinement à cette révolution car elle conditionnera l'emploi de demain. C'est dans ce but que l'Union Européenne a lancé en l'an 2000 la stratégie de Lisbonne. Cette stratégie a pour objectif de faire de notre continent d'ici à 2010 l'économie de la connaissance la plus forte du monde.

La recherche constitue aujourd'hui, avec l'innovation, la base du développement des entreprises et des emplois de demain. L'Union Européenne a fixé comme objectif à ses membres de consacrer 3% de leur produit intérieur brut à la recherche et à l'innovation. Notre pays, avec environ 2%, a encore un effort important à fournir. Néanmoins, les régions, les communautés, le gouvernement fédéral et le secteur privé ont déjà pris d'importantes initiatives.

Sur le plan fédéral, par exemple, des mesures fiscales sont prévues en faveur des chercheurs et un plan d'action est mis en oeuvre pour renforcer les établissements scientifiques fédéraux. De leur côté, les régions et les communautés ont accru les moyens budgétaires consacrés à la recherche et à l'innovation et ont fixé des priorités. Ces derniers mois, je me suis rendu dans plusieurs centres d'excellence où se réalise une recherche de pointe sur le plan international. Je pense notamment au Centre universitaire de microélectronique IMEC à Leuven et au Centre de nanotechnologie de la KUL. Je songe aussi au biopôle de l'ULB à Charleroi, au Centre d'étude de l'énergie nucléaire à Mol ou encore à l'Institut de pathologie cellulaire Christian de Duve à l'UCL.

Les activités de recherche de haut niveau méritent un soutien toujours plus intense. Lors de mes nombreux contacts avec les chercheurs, avec les responsables du Fonds National de la Recherche Scientifique et de la Fondation Francqui, ceux-ci ont attiré mon attention sur une évolution importante : il s'agit de la stagnation et dans certains cas de la diminution préoccupante du nombre d'étudiants se destinant à une profession scientifique ou à celle d'ingénieur, alors que ces diplômes sont de plus en plus demandés. J'encourage donc tous les jeunes qui ont des dispositions dans ces matières à s'engager dans des études scientifiques.

Il me semble d'ailleurs qu'il faut exprimer plus clairement aux jeunes les opportunités passionnantes qui se présentent à eux dans ces domaines et les contributions positives qu'ils peuvent ainsi apporter à l'ensemble de la société. D'heureuses initiatives ont déjà été prises dans ce sens. Je me réjouis, par exemple, que le prix Descartes de la Commission Européenne ait été attribué en 2005 au programme "Over Leven" de la chaîne Canvas de la VRT. Ce prix, destiné à populariser les sciences, incite les scientifiques à communiquer de manière efficace avec le grand public et stimule les jeunes à poursuivre une carrière scientifique.

C'est également dans cet esprit que se tient cet été au palais royal de Bruxelles une exposition que j'ai inaugurée hier. Elle est mise sur pied par les institutions scientifiques fédérales et Technopolis pour familiariser un large public avec les sciences. C'est dans ce but également que la Fondation Reine Paola a créé un prix pour les enseignants qui, dans ce domaine aussi, s'efforcent de concevoir un enseignement dynamique et attrayant".

Lors de la fête nationale 2006, le Roi accorde le titre de vicomte au Ministre d'Etat Willy De Clercq (né à Gand en 1927) qui a été, entre autres, vice-premier ministre, député européen, ministre fédéral du commerce extérieur et président du parti libéral flamand. Le 7 août, Albert II se recueille devant la dépouille mortelle du Ministre d'Etat Hugo Schiltz (1927-2006), ancien vice-premier ministre, président de la Volksunie et ministre du budget. Il était une figure de proue du mouvement flamand.

Profitant du traditionnel mouvement diplomatique de chaque été, le Palais réorganise en 2006 ses services dans une volonté de cohérence, d'efficacité et de modernité. Le plus grand changement est la suppression du poste de Grand Maréchal de la Cour, jugé désuet au XXIème siècle. Sous le règne d'Albert II, quatre hommes ont occupé cette fonction :   Gérard Jacques (de 1993 à 1994), Lucien Buysse (de 1994 à 1997), Jan Willems (de 1997 à 2001) et Frank De Coninck (de 2002 à 2006).

Auparavant, la Maison du Roi était scindée en quatre départements :  le Grand Maréchal de la Cour, le Cabinet du Roi, la Maison Militaire et la Liste Civile. Désormais, à partir de l'été 2006, il y aura un comité de direction du Palais composé de sept départements.

Le diplomate flamand Marc Mullie dirigera le département économique, social et culturel, et sera le secrétaire du nouveau comité de direction.

Jacques van Ypersele de Strihou occupe depuis 1983 le poste de chef de cabinet des rois Baudouin et Albert II. C'est le collaborateur le plus important du souverain. Il l'informe de l'actualité politique, prépare les audiences, étudie les projets de lois, rédige certains discours du Roi, et est régulièrement en contact avec le gouvernement fédéral.

Le nouveau département des relations extérieures sera géré par le diplomate flamand Ghislain D'Hoop, qui était depuis 1997 conseiller d'Albert II et du prince Philippe, ainsi que chef de cabinet adjoint.

La Maison Militaire informe le souverain de l'état des forces armées belges, des projets du ministre de la Défense, des décisions prises à l'Otan et prépare les activités du Roi dans le domaine militaire. Les aides de camp et officier d'ordonnance font aussi partie de la Maison Militaire qui est dirigée depuis 2005 par Joseph (Jef) Van den put. Né en 1950 à Anvers, il était auparavant aide de camp du Roi et commandant de l'Institut Royal Supérieur de Défense.

Le département du protocole aura en charge l'organisation des réceptions et voyages d'Etat à l'étranger. Si le nom a changé, les tâches seront identiques pour l'amiral de division Pierre Warnauts qui était le Maître des Cérémonies de la Cour, une appelation jugée obsolète en 2006.

Seule femme parmi six hommes, Chantal Cooreman - qui travaille au Palais depuis 1997 - va s'occuper du département des requêtes qui englobe également le Secrétariat Social de la Reine.

Depuis 1992, le général-major Vincent Pardoen est l'intendant de la Liste Civile. Il gère les budgets de fonctionnement du Palais, signe les contrats avec les fournisseurs brevetés de la Cour et siège au conseil d'administration de la Donation Royale. En 2001, c'est lui qui a attaqué en justice les auteurs du livre "Dossier pédophilie : le scandale de l'affaire Dutroux", qui contenait des allégations graves non fondées contre le Roi.

Que doit-on tirer comme enseignements de cette série de changements? Cette réorganisation et ce rajeunissement de l'équipe apportent un souffle de modernité bienvenue à la monarchie qui a subi de nombreuses critiques début 2006. Les collaborateurs du souverain continuent de venir principalement de la diplomatie et de l'armée. La noblesse belge, par contre, est de moins en moins présente à la Cour. L'égalité entre hommes et femmes et la diversité multiculturelle, prônées dans certains discours royaux, n'y sont pas encore d'actualité. Enfin, contrairement à ses prédécesseurs, Albert II a une majorité de Flamands parmi ses proches conseillers.

Quelques jours après les élections communales et provinciales du 8 octobre, le Roi félicite personnellement le bourgmestre socialiste sortant d'Anvers Patrick Janssens qui a réussi l'exploit inattendu de détrôner le Vlaams Belang de la place de premier parti de la plus grande ville de Flandre. Cette audience symbolique s'inscrivait dans le cadre du combat mené par le souverain contre l'extrême-droite.

Le 16 octobre, Albert II reçoit Rudy Aernoudt, l'auteur du livre "Vlaanderen/Wallonie : je t'aime, moi non plus". Secrétaire général dans l'administration flamande, ancien chef de cabinet de plusieurs ministres de l'économie, il dénonce les clichés véhiculés par les séparatistes du nord du pays et leurs conclusions simplistes. Dans son livre, il cite une série d'arguments économiques contre le séparatisme et les thèses défendues par des patrons flamands dans le manifeste du groupe de réflexion "In de Warande".

La RTBF provoque une importante polémique en décembre 2006 en annonçant, dans une fausse émission spéciale, le vote de l'indépendance de la Flandre par les députés du nord du pays et le départ du couple royal à l'étranger. Suite à la panique de nombreux Belges, la RTBF annonce trente minutes plus tard que c'est une fiction... Cette initiative est désapprouvée par le monde politique (excepté le parti extrémiste Vlaams Belang) et par le Palais qui avait cependant été averti par la chaîne publique. Dans un communiqué exceptionnel, il indique que "ce n'est pas le rôle du Palais de commenter ou de condamner des programmes TV ou des initiatives de presse. Le Palais n'a pas d'état d'âme particulier ni sur le fond, ni sur la forme. Nous constatons simplement qu'aux yeux de nombreux télespectateurs, ce programme avait toutes les caractéristiques d'un canular de mauvais goût".

Albert II évoque avec humour cette polémique par une phrase glissée dans son discours télévisé de Noël 2006 :  "Il est évident que notre pays, dans ses actions en faveur de la paix, partout dans le monde, ne sera vraiment crédible que si, à l'intérieur même de nos propres frontières, le respect mutuel, l'entente et la cohésion seront la réalité...et pas la fiction!".

Mais la majeure partie de ce discours est consacrée à notre politique étrangère :

"Le temps de Noël et de Nouvel An est une période qui nous prédispose à une réflexion sur la paix. Que faisons-nous, que pouvons-nous faire pour être des artisans de paix dans notre famille, dans notre pays et même au-delà? Nous savons fort bien que l'absence de conflit ne signifie pas nécessairement la paix.

La paix implique bien plus. Elle demande surtout que chacun cultive une attitude de respect et de bienveillance vis-à-vis de l'autre, quelle que puisse être sa différence. Dans notre monde, les grands comme les petits foyers de violence sont malheureusement très nombreux. Des antagonismes raciaux, ethniques ou religieux sont souvent exacerbés. Notre pays n'est pas indifférent à ces situations douloureuses. En effet, il joue un rôle actif en faveur de la paix et s'y emploie de différentes manières.

Tout d'abord par le dynamisme et la créativité de notre diplomatie. Cette année, par exemple, la Belgique a assumé la présidence de l'Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe. Cette organisation est active notamment en Europe de l'Est et dans le Caucase. Au-delà de son mandat de base, l'Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe joue un rôle important dans le domaine des droits de l'homme, dans la protection des minorités, dans la liberté de la presse, dans l'observation d'élections libres et, plus généralement, dans le développement de la démocratie.

J'ai eu l'occasion de rendre visite à cette organisation et à ses dirigeants en septembre à Vienne. J'ai été frappé d'entendre ses responsables me dire combien la Belgique multiculturelle donnait à notre diplomatie une aptitude toute spéciale à rapprocher les points de vue, à trouver des terrains d'entente et à promouvoir la paix. Ce sont ces mêmes qualités qui ont contribué au fait que 180 pays ont choisi la Belgique pour devenir, à partir du 1er janvier prochain, et pendant deux années, membre du conseil de sécurité des Nations Unies. C'est un beau défi pour nous.

La diplomatie, hélàs, n'est pas toujours en mesure de prévenir ou de résoudre des conflits. Il arrive même souvent qu'une force militaire soit nécessaire pour maintenir une paix fragile ou pour la rétablir.

Aujourd'hui, plus de 1.100 de nos soldats sont déployés à travers le monde, principalement dans les Balkans, au Liban, au Congo et en Afghanistan. L'objectif de leur mission varie. Au Kosovo et en Bosnie, notre présence consiste à prévenir une nouvelle guerre civile dans les Balkans. Au Liban, nous participons au rétablissement de la paix. Au Congo, nous contribuons à protéger la démocratie. Nous sommes présents en Afghanistan pour éviter le retour des talibans.

Fin septembre, j'ai rencontré à la base de Beauvechain des unités en partance pour le Liban et le Kosovo. J'ai été frappé par la motivation, l'engagement et la bonne préparation des hommes et des femmes qui en faisaient partie. Je saisis cette occasion pour dire à tous ceux qui participent à ces opérations que nous sommes fiers du travail qu'ils accomplissent et qu'en cette période de fin d'année, le pays tout entier pense spécialement à eux et à leurs familles.

Il est encore un troisième moyen par lequel la Belgique contribue à la paix : il s'agit de la coopération au développement. La grande pauvreté, les privations et les maladies qui sévissent dans beaucoup de parties du tiers-monde constituent une injustice sociale majeure et il est vrai que sans justice, il n'y aura pas de véritable paix. Le développement ne serait-il pas alors une définition moderne de la paix? Notre pays contribue activement à des projets de développement dans 18 pays partenaires. De nombreux coopérants belges y travaillent et je veux aujourd'hui leur rendre un hommage particulier.

J'espère aussi très vivement qu'un nouveau partenariat puisse se développer avec le Congo, où les populations ont tellement souffert ces dernières années, mais où des perspectives nouvelles s'ouvrent à présent".

mardi 15 mai 2012

Le combat de la princesse Mathilde contre le cancer

(Article actualisé en octobre 2016)

1° Princesse de Belgique (de 1999 à 2013)

A quelques jours de la soirée de clôture du Télévie 2000, la princesse Mathilde se rend à l'Institut Bordet pour apporter son soutien à la lutte contre la leucémie. Elle s'informe notamment sur l'unité de greffe de moelle et sur la banque de sang de cordon ombilical. Le professeur Dominique Bron, responsable du service d'hématologie clinique, raconte à la presse :  "Elle était vraiment intéressée. On voit qu'elle a une base médicale. Elle comprend la finalité des recherches. Elle est restée au moins un quart d'heure avec chaque patient. Pour eux, c'était comme une bouffée d'oxygène. Il y avait notamment un malade hospitalisé depuis six mois. Ca lui a fait un bien fou d'avoir la visite de Mathilde".

Le professeur Arsène Burny confie :  "Pour un institut comme Bordet, c'est important qu'une personne qui a l'aura de Mathilde puisse témoigner du travail que l'on fait. Ce témoignage est d'autant plus important que nous sommes un hôpital public, c'est-à-dire l'hôpital de Monsieur Tout le Monde. Je pense, en tous cas, que c'est un grand plus pour nous d'avoir une princesse comme elle. C'est quelqu'un qui semble bien connaître les aspects humains de la vie dans un hôpital. Elle n'est vraiment pas déconnectée de la réalité. C'est une personne qui ne fait pas semblant".

Le 30 juin 2000, la princesse remet le Prix Interbrew Baillet-Latour pour la promotion de la santé 2000 aux docteurs Jacques Van Snick et Jean-Christophe Renauld. Ces deux chercheurs belges travaillent à l'Institut Ludwig pour la recherche contre le cancer à l'UCL.

La perte chez les enfants de 6 à 14 ans est le thème du Prix Princesse Mathilde 2002, remis au palais royal en présence du premier ministre Guy Verhofstadt, du président de la Chambre Herman De Croo, du président du Sénat Armand De Decker et du ministre des Affaires étrangères Louis Michel. L'asbl Cancer et Psychologie est désignée lauréate pour son projet Espace-Ateliers : ce sont des groupes d'accompagnement pour des enfants ayant perdu une personne proche, animés par des psychologues et des bénévoles formés au soutien lors de deuils. Ce projet reçoit une aide financière de 9.000 euros.

En 2003, la princesse organise une table ronde sur le cancer du sein au palais royal. Après les maladies cardiovasculaires, le cancer du sein constitue la principale cause de mortalité féminine en Belgique (près de 2.500 décès chaque année). Pour sa première activité officielle après la naissance de son fils Gabriel, Mathilde assiste, le 19 octobre 2003 à Watermael-Boitsfort, à une représentation du cirque "Il Florilegio" au profit du Fonds Michaël Van Waeyenberghe, qui s'occupe du soutien physique et psychologique des patients atteints de leucémie et de leur famille, et soutient la recherche scientifique dans ce domaine.

Un an plus tard, elle prononce le discours suivant :

"Quand Europa Donna Belgium m'a invitée à prendre la parole ce soir, je n'ai pas hésité un moment. C'est pour moi un grand plaisir d'être parmi vous pour la première remise des Europa Donna Awards dans le domaine de la lutte contre le cancer du sein. Je suis plus que jamais consciente du fait que le cancer du sein est un problème auquel la société ne peut pas rester indifférente. En effet, personne n'est à l'abri de cette maladie qui atteint sans discrimination des femmes - et parfois des hommes - de tous les milieux, partout dans le monde, et à tout âge.

Comme jeune femme, cela me touche énormément. Je me sens très proche des milliers de femmes en Belgique qui vivent d'une rémission d'un cancer du sein ou qui sont en cours de traitement. J'ai eu l'occasion de m'entretenir à plusieurs reprises avec elles. Et ce qui me frappe chaque fois, c'est leur courage, leur message d'espoir et d'affection à l'intention de toutes ces femmes qui combattent ce cancer. J'insiste sur ce message positif.

Chaque jour, plusieurs femmes sont confrontées au diagnostic d'un cancer du sein et entament leur long et éprouvant combat en vue de la guérison. Elles doivent savoir que cette guérison est possible et qu'elle est facilitée par un bon diagnostic et un traitement correct. Le cancer du sein est une maladie qui peut être vaincue. En effet, les progrès réalisés dans la recherche médicale, ainsi que les nombreux efforts (dont plusieurs sont couronnés de succès) dans le domaine de la prévention nous permettent quand même d'être optimistes. Je voudrais souligner l'importance d'une prévention adéquate qui est à mes yeux cruciale. Mieux vaut agir que réagir. Je lance ici même un appel à toutes les femmes, jeunes et moins jeunes, pour subir régulièrement un contrôle gynécologique et une mammographie. Même si cette technique a ses limites, elle est reconnue comme le meilleur moyen de dépister de façon précoce le cancer du sein.

En outre, je voudrais insister sur l'importance d'intégrer la psycho-oncologie dans le traitement. Lors de mes contacts avec les femmes atteintes du cancer du sein, j'ai pu constater qu'une grande solitude règne souvent dans leur vie. Même si la famille, les amis, les voisins sont activement présents, c'est la femme et elle seule qui doit combattre la maladie. Les conséquences psychologiques sont loin d'être négligeables : dépression, anxiété, angoisse, fatigue parfois non reconnue par l'entourage déterminent le processus de guérison. Un accompagnement psychosocial de qualité qui fait partie intégrante des soins oncologiques me semble indispensable. La femme est aujourd'hui mieux informée et redevient maîtresse de son corps ; ainsi peut-elle faire des choix éclairés. De bons rapports entre les patientes d'un côté et leur médecin et soignants de l'autre s'inscrivent dans une approche globale et pluridisciplinaire. La dimension relationnelle des soins devrait faire aujourd'hui l'objet d'une prise en charge plus professionnelle.

Avec l'aide de la famille, mais aussi des organisations qui travaillent souvent avec des bénévoles, les femmes atteintes d'un cancer du sein peuvent faire face aux défis quotidiens de cette maladie. Je salue toutes les personnes, organisations, chercheurs, médecins, soignants, travailleurs sociaux et décideurs qui, avec détermination, prennent le temps d'écouter ces femmes et s'engagent à trouver des moyens qui les aideront à traverser une période difficile de leur vie. Les projets qui recevront un prix ce soir répondent à cette vocation humaine. J'aimerais terminer en témoignant mon respect et mon admiration pour celles et ceux qui oeuvrent chaque jour sans cesse pour combattre cette maladie. Soyez assurés que votre combat est aussi le mien et que la sensibilisation à cette maladie me tient particulièrement à coeur. D'où ma présence ici ce soir. Je vous souhaite une agréable soirée pleine d'espoir pour l'avenir".

En 2005, elle est présente à une conférence à Bruxelles sur la psycho-oncologie organisée par la Ligue Flamande contre le Cancer. Deux ans plus tard, elle leur apporte à nouveau son soutien en participant au show de lancement de "Kom op tegen Kanker" sur la chaîne de télévision Een afin de médiatiser la campagne de prévention contre le cancer du sein de la Ligue Flamande contre le Cancer.

Le 27 septembre 2007, Mathilde assiste à la session d'ouverture de la conférence "Fight against cervical cancer : challenges and opportunities for women's right to health". Cette rencontre sur la prévention du cancer du col de l'utérus est organisée par la Commission Européenne, le Fonds de Développement des Nations-Unies pour les femmes et le gouvernement belge. La princesse prend la parole :

"Chaque année, le cancer du col de l'utérus touche mondialement 500.000 femmes. La moitié d'entre elles succombe aux suites de cette affection. Il s'agit pourtant d'une maladie qui peut être prévenue et qui, quand elle est dépistée à temps, peut être guérie. Le fait qu'un vaccin soit maintenant disponible a donné lieu à cette conférence. Nous pouvons dès à présent protéger de jeunes filles contre le virus qui cause la plupart de ces cancers. Je ne suis pas peu fière que des scientifiques ont développé ce vaccin en Belgique. C'était un travail innovateur, puisque c'est la première fois qu'un vaccin contre le cancer a vu le jour.

En Belgique, nous avons un système de sécurité sociale très performant qui rend les soins médicaux accessibles à tous par un système de remboursement. Récemment, les autorités ont décidé de rembourser presque complètement le vaccin-HPV. Ceci constitue un pas important pour de nombreuses femmes. Maintenant, le défi est de veiller à ce que, partout dans le monde, les femmes aient accès à ce vaccin. Un vaccin est un moyen technique excellent, mais il faut plus pour faire réussir la lutte contre le cancer du col de l'utérus. Une condition importante est que toutes et tous soient conscients des dangers de cette maladie, que chacun sache clairement comment elle se développe, comment on peut la prévenir et la guérir. La nécessité du dépistage doit également être soulignée.

Cette sensibilisation cadre idéalement dans une éducation plus générale portant sur la santé et la maladie. En fait, l'éducation est également un vaccin, un vaccin social, comme j'aime l'appeler en paraphrasant le docteur Peter Piot, directeur exécutif d'Onusida. Une conscientisation à un mode de vie sain, à une alimentation équilibrée, à l'exercice, à l'hygiène corporelle et mentale est probablement le cadeau le plus précieux que des parents peuvent donner à leurs enfants. Ils peuvent aborder cette question en collaboration avec les écoles et les autorités. Il est également important que les parents parlent de ce genre de questions sensibles avec leurs enfants et qu'ils leur apprennent ce qu'est la résistance morale.

Dans le cadre de cette sensibilisation, une attention particulière doit être portée aux personnes les plus vulnérables. Elles ne sont pas toujours faciles à atteindre et risquent de passer entre les mailles du filet. Veillons à garantir l'accès au vaccin et au dépistage pour chaque jeune femme de par le monde, afin de contrer la maladie et de prévenir tant de décès. Je suis convaincue que cette conférence y contribuera de manière substantielle.

Et puis-je terminer par un voeu : que nous puissions disposer à court terme de vaccins contre d'autres maladies et que ceux-ci puissent être diffusés dans le monde entier. Je pense plus particulièrement au VIH/SIDA, une problématique que je suis de près, comme vous le savez, en tant que représentante spéciale de l'Unicef et d'Onusida pour les enfants et le sida".

Un mois plus tard, la princesse visite le centre de sénologie et le centre pilote de prévention du cancer du sein IRIS-ULB à Bruxelles. Après avoir pris connaissance des services de prise en charge et des progrès dans les techniques de prévention, elle préside ensuite une table ronde avec des femmes qui ont un risque élevé de développer ce type de cancer et quelques experts. En 2008, elle organise au palais royal une table ronde sur le cancer du sein chez les femmes allochtones.

En 2009, Mathilde rencontre des enfants touchés par un cancer à l'Hôpital Universitaire de Gand, assiste avec la Reine à un concert de José Van Dam organisé à l'occasion de la conférence internationale sur le cancer du sein qui se tient à Bruxelles, et est présente au lancement du Partenariat Européen de lutte contre le cancer pour la période 2009-2013.

Ce combat continue de mobiliser la princesse en 2010 :  concert de Toots Thielemans pour la deuxième conférence internationale sur le cancer du sein, symposium "Maman souffre d'un cancer...et maintenant?" organisé par la Fondation contre le Cancer, table ronde à la Clinique du Sein du CHU Saint-Pierre, et visite de l'exposition de photos "Par les yeux d'une amazone" de Marie Mandy, photographe et cinéaste, ayant elle-même souffert d'un cancer du sein.

Durant l'été 2011, la princesse se rend à Deinze au camp annuel des enfants de la Ligue Flamande contre le Cancer. En 2012, elle participe au dîner de gala du Breast International Group, et visite le service d'oncologie gynécologique à l'UZ Leuven. Une table ronde sur le cancer du sein est organisée à sa demande en mars 2013.

2° Reine des Belges (depuis 2013)

Devenue reine, Mathilde poursuit son combat contre le cancer :    25ème anniversaire de "Kom op tegen Kanker" en 2014 à Landen,  remise des Grants 2014 de la Fondation contre le Cancer pour un montant total de 17 millions d'euros,  symposium "Cancer, grossesse et fécondité" en 2015, réunion de travail avec la Fondation Registre du Cancer et 20ème anniversaire du Breast International Group (dont elle est présidente d'honneur) en 2016.

lundi 7 mai 2012

Activités royales en avril 2012

4 audiences pour le Roi :  le premier ministre Elio Di Rupo, le jazzman Toots Thielemans, le secrétaire d'Etat Melchior Wathelet et le secrétaire d'Etat Servais Verherstraeten.

1 activité officielle pour le Roi :  visite au Parlement Européen à Bruxelles.

1 audience pour la reine Paola : le jazzman Toots Thielemans.

2 activités officielles pour la reine Fabiola :  concert pour les 75 ans du Concours Musical International Reine Elisabeth et hommage au professeur Janos Frühling à l'Académie Royale de Médecine.

8 activités officielles pour le prince Philippe :  dîner à Val Duchesse en l'honneur du secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-Moon, audience pour Mme Liu Yandong (Conseil d'Etat de Chine), concert à Alost du Schola Cantorum Cantate Domino, 20ème anniversaire des programmes de formation universitaire multilingue, première Masterclass du Fonds Prince Philippe, visite du centre didactique drogues de la Police Fédérale à Ranst, dîner de gala pour le 10ème European Business Summit, sommet entre la FEB et Businesseurope.

7 activités officielles pour la princesse Mathilde :  dîner à Laeken pour l'épouse du secrétaire général des Nations Unies, visite du projet Unicef-Classe du Monde à l'école communale de Wezemaal, remise du Prix Inbev-Baillet Latour de la Santé 2012, concert à Alost du Schola Cantorum Cantate Domino, remise du Prix Princesse Mathilde 2012, 20ème anniversaire de l'institut de microfinance Microfin, dîner de gala pour le 10ème European Business Summit.

17 activités officielles pour la princesse Astrid :  inauguration du centre de neurosciences de la VUB, inauguration d'un monument à Houthalen-Helchteren pour la campagne des dix jours de 1831, journée mondiale contre la malaria à New York, réception au siège des Nations Unies en l'honneur du combat de la princesse contre la malaria + 13 activités officielles lors de son voyage à Singapour et en Indonésie (visite du centre de médecine translationnelle de l'Université Nationale de Singapour, lunch d'ouverture des Greater Good Series de l'Université de Singapour en faveur de la lutte contre la malaria, visite de l'Institut pour les maladies tropicales à Singapour, rencontre avec des responsables gouvernementaux de Singapour, lancement du programme national indonésien Roll Back Malaria à Jakarta, rencontre avec la Première Dame d'Indonésie au palais présidentiel, rencontre avec le ministre des Affaires étrangères d'Indonésie, rencontre avec le ministre de la Santé d'Indonésie, visite du secrétariat de l'ASEAN à Jakarta, conférence de presse avec l'ambassadeur belge et Roll Back Malaria, dîner avec des femmes d'entreprise d'Indonésie, visite de terrain dans la province de Sud-Lampung, fête traditionnelle en l'honneur de la princesse).

0 activité officielle pour le prince Lorenz

2 activités officielles pour le prince Laurent :  journée portes ouvertes à l'Athénée Royal Alfred Verwée, visite de l'exposition "Olympische helden" au Musée de Zoologie de Gand.

3 activités officielles pour la princesse Claire :  réunion de travail avec l'asbl Domus (soins palliatifs), inauguration de l'exposition d'amaryllis au château de Beloeil, inauguration à Liège du salon pour les personnes à mobilité réduite.

Résumé des activités officielles de janvier à avril 2012 :

Princesse Mathilde :  75 activités officielles

Prince Philippe :  67 activités officielles

Roi :  16 activités officielles + 42 audiences

Princesse Astrid :  26 activités officielles

Reine Paola :  22 activités officielles

Princesse Claire :  11 activités officielles

Prince Laurent :  10 activités officielles

Prince Lorenz :  5 activités officielles

Reine Fabiola :  3 activités officielles

jeudi 3 mai 2012

"Louise-Marie d'Orléans : la reine oubliée" (Mia Kerckvoorde)

                                             
                                                     Résultat d’images pour mia kerckvoorde

Fille du duc Louis-Philippe d'Orléans et de la princesse Marie-Amélie de Bourbon-Deux-Siciles, Louise-Marie naît en 1812 à Palerme en Sicile où ses parents vivent en exil. Elle grandit au sein d'une famille unie et heureuse de 10 enfants. En 1830, son père monte sur le trône de France.

Son destin bascule lorsque ses parents acceptent la demande en mariage de Léopold Ier, roi des Belges, de 22 ans son aîné. Le mariage a lieu en 1832 au château de Compiègne. La séparation avec sa famille sera très difficile pour la reine Louise-Marie qui écrira tous les jours à sa mère. Cette abondante correspondance permettra à l'auteur de cette biographie de suivre la jeune reine dans sa vie publique et privée. Ces extraits de lettres sont le point fort de cet ouvrage.

En juillet 1833, Louise-Marie donne naissance au prince Louis-Philippe (Babochon) mais celui-ci décède un an plus tard suite aux divergences de vues entre nourrice, gouvernante et médecins. L'autopsie révèle une maladie du foie. La Reine doit aussi faire face à l'hostilité des orangistes et à sa nostalgie de la France et de sa famille. Elle a peu de loisirs et n'aime pas la musique, sauf les valses de Strauss. Elle consacre ses journées à sa correspondance, à son époux souvent absent et à leurs trois enfants Léopold, Philippe et Charlotte. Très catholique, c'est l'église Saint-Jacques-sur-Coudenberg qu'elle fréquente le plus souvent. Louise-Marie fonde une école catholique tenue par des religieuses pour 400 jeunes filles de familles ouvrières pauvres.

La Reine ne joue pas de réel rôle en Belgique, mais à travers sa correspondance, elle remplit le rôle de diplomate entre les Cours de France, Belgique et Angleterre où elle est proche de la reine Victoria. Elle tente en vain de convaincre son mari et son père contre la peine de mort :  "Quelque grand que soit le crime, je ne puis admettre qu'il appartienne aux hommes à anticiper sur les jugements de Dieu et de disposer de la vie de leurs semblables".

Lors de la mort de l'ancien roi Charles X en 1836, elle écrit :  "Mon premier mouvement eut été de porter le deuil. Car enfin cette révolution que nous n'avons ni voulue, ni faite ne change rien à la parenté. Mais en y pensant, je trouve que de porter le deuil d'un homme dont on a accepté la place, dont on occupe le train et le lit, aurait l'air d'une hypocrisie, je dirais même d'une sorte de dérision".

Lors des tensions au Moyen-Orient en 1840, Louise-Marie trouve que son père manque de fermeté et écrit à sa mère :  "Ce n'est pas certes en disant que l'on veut la paix, quand même, toujours et en toute circonstance, en laissant tout faire et en cédant successivement sur tout que l'on maintiendra la paix. D'abandon en abandon et de concession en concession, on en arrivera à un tel degré d'abaissement qu'il faudra faire la guerre pour une bêtise, pour se réhabiliter. En attendant, le pays aura pu croire que le Père n'a pas eu souci de son honneur et que nous sommes une opprobe pour lui, croyance plus dangereuse que la guerre. Je ne prétends pas par là dire qu'il faille faire la guerre. Je souhaite au contraire la paix et je crois que le pauvre Père agit dans l'intérêt du pays en voulant la maintenir. Je ne blâme que les moyens dangereux et inefficaces employés à cette fin".

En 1843, Louise-Marie prépare en coulisses la visite de Victoria et Albert auprès de Louis-Philippe et Marie-Amélie au château d'Eu. Avec Léopold Ier, elle accompagne aussi le couple royal anglais en Allemagne dans la région de Cobourg. En 1846, le mariage de son frère Antoine d'Orléans et de l'infante Louise d'Espagne ne plaît guère à la reine Victoria et refroidit les relations franco-britanniques. A travers ses lettres, Louise-Marie tente d'éviter une rupture définitive entre les deux pays. Cependant, suite à la révolution française de 1848, Louis-Philippe et Marie-Amélie pourront s'exiler en Angleterre et vivre à Claremont House, une demeure appartenant à Léopold Ier.

La Reine souffre de solitude et de mélancolie, et sa santé décline. Les épreuves ne lui sont pas épargnées :  décès de sa soeur Marie en 1839 et de son frère Ferdinand-Philippe en 1842, infidélités et absences de Léopold Ier, révolution française de 1848, décès de son père en 1850. Louise-Marie, première reine des Belges, s'éteint en octobre 1850 à Ostende. Elle avait 38 ans.

Plus d'infos sur la vie de la reine Louise-Marie :   http://royalementblog.blogspot.be/2012/04/bicentenaire-de-la-naissance-de-la.html

Plus d'infos sur les timbres à l'effigie de la reine Louise-Marie :   http://royalementblog.blogspot.be/2012/04/la-reine-louise-marie-en-philatelie.html

Plus d'infos sur son fils le prince Louis-Philippe (mort à l'âge d'un an) :   http://royalementblog.blogspot.com/2012/01/le-prince-louis-philippe-de-belgique.html