lundi 28 avril 2014

La Villa Fridhem des parents de la reine Astrid

                         Photo

Fridhem?  C'est le nom de la maison construite par le roi Baudouin et la reine Fabiola à Opgrimbie dans la province du Limbourg. Ce nom n'a pas été choisi au hasard :  c'est le nom de la résidence secondaire du prince Carl et de la princesse Ingeborg de Suède, où Joséphine-Charlotte, Baudouin et Albert ont passé plusieurs vacances durant leur enfance (voir photo ci-dessus).












Dans son livre "La reine Astrid : mon année à moi", Anna Sparre raconte un séjour à Fridhem en 1926 :   "La princesse Astrid et moi ne nous sommes pas rencontrées au cours de cet été plein d'événements. Nous nous donnions un petit coup de fil de temps en temps, limité à quelques propos secrets et réservés. Nous n'avions pas le temps : ni elle pour venir me voir, ni moi pour me rendre à Fridhem. Et puis, un jour d'août, elle m'invita. Ahlstedt me conduisit à Fridhem où je resterais quelques jours. La princesse Margaretha s'y trouvait avec ses fils et la princesse Martha. Rien n'avait changé : l'ambiance était gaie, joyeuse et amicale. Nous bavardions de toutes sortes de choses, cueillions les groseilles à maquereau, bâtissions avec les enfants des châteaux, creusions des souterrains dans le bac à sable et passions notre temps sur le banc près de la cabane. Quant les petits garçons allaient se coucher, nous les accompagnions à leur chambre et les écoutions réciter leur prière du soir. Nous restions longtemps à table après le dîner. La princesse Ingeborg nous préparait toujours du café dans une cruche en verre au-dessus d'un réchaud à alcool ; cela faisait partie des rituels de la maison. Elle mesurait soigneusement le café et l'eau, et remuait le mélange jusqu'au moment où le café n'adhérait plus à la cuiller d'argent : alors seulement, il était prêt à être servi. La petite flamme de l'alcool, l'odeur du café et des cigarettes mélangée au vague parfum de Molyneux Numéro 5, c'est ainsi que je me rappelle la salle à manger de Fridhem et de la Hovslagargata. Ainsi, lentement, venait le moment de nous retirer dans nos chambres".











Dans les années 20 et 30, le prince Carl et la princesse Ingeborg accueilleront leurs petits-enfants en vacances à Fridhem, comme le montre cette photo où on peut voir de gauche à droite la princesse Joséphine-Charlotte, le prince Baudouin, le comte Folke Bernadotte et les princesses Raghnild et Astrid de Norvège.                      











Ces retrouvailles familiales l'été à Fridhem seront interrompues par la deuxième guerre mondiale. Après le décès de la princesse Ingeborg, la Villa Fridhem est vendue et transformée en centre de convalescence, puis en hôtel.








Lors de leur voyage d'Etat en Suède en 1994, le roi Albert II et la reine Paola, accompagnés des souverains suédois, se sont rendus à la Villa Fridhem et ont posé devant un tableau représentant la reine Astrid (mère d'Albert II) avec ses sœurs Martha et Margaretha.
                                             






                                          

lundi 21 avril 2014

Les liens entre les dynasties belge, norvégienne et luxembourgeoise

                                             
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A l'heure où notre roi Philippe et notre reine Mathilde vont effectuer fin avril une visite officielle de courtoisie à Stockholm et Oslo, attardons-nous sur cette photo. Au centre de la photo se trouvent la princesse Ingeborg de Danemark et son époux le prince Carl de Suède. Ils sont aujourd'hui les ancêtres directs de trois souverains européens grâce à leurs filles Martha et Astrid (à l'arrière-plan) qu'on peut voir sur la photo. En effet, Carl et Ingeborg sont les grands-parents maternels du roi Harald de Norvège, et les arrières-grands-parents de notre roi Philippe et du grand-duc Henri de Luxembourg.

Les arrières-grands-parents du roi Philippe et du grand-duc Henri
Fille du roi Frédéric VIII de Danemark et de la princesse Louise de Suède, Ingeborg naît à Charlottenlund, la résidence du prince héritier de Danemark où elle passe son enfance et sa jeunesse. En 1897, elle épouse à Copenhague son cousin le prince Carl de Suède, duc de Vestrogothie, de vingt ans son aîné, officier de cavalerie, médecin et président de la Croix-Rouge suédoise. Ce mariage de raison s'avèrera cependant très heureux.

Le couple princier aura quatre enfants :  la princesse Margaretha en 1899, la princesse Martha en 1901, la princesse Astrid en 1905 et le prince Carl en 1911. Ils mènent une vie bourgeoise et discrète entre leur demeure du centre de Stockholm et le château de Fridhem. Cependant, victimes du krach d'une banque danoise en 1923, le prince Carl et la princesse Ingeborg doivent restreindre leur train de vie :  ils vendent leur demeure de Stockholm à l'Etat suédois (elle deviendra ensuite le siège du ministère des Affaires étrangères) au profit d'un grand appartement dans la Hooslagaregatan, une artère importante de la capitale.

Leurs trois filles font de beaux mariages :   la princesse Margaretha avec son cousin le prince Axel de Danemark, la princesse Martha avec le prince héritier Olav de Norvège et la princesse Astrid avec le prince héritier Léopold de Belgique. Ils ont ensuite la joie d'être grands-parents. En 1934, leur fille Astrid devient la quatrième reine des Belges mais un an plus tard, elle décède dans un accident de voiture à Küssnacht en Suisse. L'été, ils accueillent désormais leurs trois petits-enfants orphelins à Fridhem. En 1937, leur fils cadet Carl renonce à son titre de prince de Suède et à ses droits au trône pour épouser la comtesse Elsa von Rosen. Il devient le comte Carl Bernadotte, mais son beau-frère le roi Léopold III le titre prince.

Si la deuxième guerre mondiale épargne la Suède, le prince Carl et la princesse Ingeborg sont inquiets pour leurs descendants. Leur fille Martha doit quitter la Norvège avec ses enfants ; c'est à ce moment que la princesse Ingeborg lui donne sa parure d'émeraudes (diadème, collier et boucles d'oreilles) et lui dit de la vendre si elle a des difficultés financières durant son exil. Les trois enfants de la reine Astrid sont surveillés par les Allemands en Belgique de 1940 à 1944, puis déportés à la forteresse d'Hirschtein. Après la guerre, la princesse Ingeborg sortira de sa réserve pour défendre son beau-fils le roi Léopold III, accusé de trahir la mémoire de la reine Astrid en se remariant avec Lilian Baels.

Le prince Carl décède en 1951 à l'âge de 90 ans et la princesse Ingeborg en 1958 à l'âge de 80 ans. Ils reposent au cimetière royal de Haga en Suède. S'ils appartenaient à une branche cadette et n'étaient pas destinés à monter sur le trône, ils comptent cinq chefs d'Etat parmi leurs descendants :  leurs petits-fils le roi Harald de Norvège, les rois Baudouin et Albert II des Belges, ainsi que leurs arrières-petit-fils le grand-duc Henri de Luxembourg et le roi Philippe des Belges. Le souvenir de la princesse Ingeborg de Danemark est régulièrement rappelé grâce à ses bijoux, portés aujourd'hui par deux souveraines :  sa parure d'émeraudes par la reine Sonja de Norvège et sa broche avec une perle par la grande-duchesse Maria-Teresa de Luxembourg.

Les liens entre les dynasties belge et norvégienne
Après la famille grand-ducale luxembourgeoise (Philippe et Henri sont cousins germains), la famille royale norvégienne est donc la plus proche de la nôtre. Olav et Martha de Norvège avaient choisi Astrid comme marraine de leur fille la princesse Astrid et Léopold III comme parrain de leur fils l'actuel roi Harald.

Mais les deux dynasties sont-elles intimes pour autant?  Non. Le roi Olav de Norvège était certes le seul chef d'Etat, avec le grand-duc Jean de Luxembourg, présent aux funérailles de son beau-frère le roi Léopold III en 1983 et au  mariage de sa petite-nièce la princesse Astrid en 1984, mais les contacts entre les deux familles ont toujours lieu lors d'occasions officielles. Ainsi, Baudouin et Joséphine-Charlotte étaient présents aux 40 ans de leur cousin Harald en 1977 (photos :http://royalementblog.blogspot.be/2013/08/evenement-du-gotha-les-40-ans-du-prince.html).

Le roi Albert II et la reine Paola se sont rendus en voyage d'Etat en Norvège en 1997, et le roi Harald et la reine Sonja en voyage d'Etat en Belgique en 2003. En dehors de ces événements officiels, on n'a aucune trace de moments passés ensemble en privé.

dimanche 13 avril 2014

Bon anniversaire au Roi qui fête ses 54 ans!


    Pièces

Il y a un an, je vous avais fait un compte-rendu de sa vie à l'occasion de ses 53 ans :  http://familleroyalebelge.blogspot.be/2013/04/les-53-ans-du-prince-heritier-philippe.html . Sa vie a bien changé suite à l'abdication de son père et à son accession au trône le 21 juillet 2013. Depuis le début de notre dynastie, il est le roi ayant le plus d'origines belges, notamment grâce à son arrière-grand-mère Laure Mosselman du Chenoy (plus d'infos à ce sujet :  http://familleroyalebelge.blogspot.be/2013/07/les-origines-belges-du-nouveau-roi.html ).

Ses premiers mois de règne ont été plutôt sereins :

- Sa prestation de serment s'est passée sans aucun incident (ce qui n'était pas le cas de ses deux prédécesseurs) et dans une bonne ambiance populaire. L'organisation de ce 21 juillet 2013 fut une réussite.

- Pour le choix de son entourage, le Roi a repris certains conseillers de son père et introduit de nouvelles personnes au Palais, en particulier son chef de cabinet Frans Van Daele et la première conseillère d'origine étrangère Rafike Yilmaz. Le départ de Jacques van Ypersele de Strihou (chef de cabinet pendant 30 ans) marque un grand changement pour le Palais.

- Les premiers contacts avec le monde politique semblent s'être bien passés, y compris avec le président de la NVA Bart De Wever qui n'a jusqu'à présent rien à lui reprocher. Leur rencontre lors de la Joyeuse Entrée à Anvers fut froide mais correcte.

- La communication du Palais s'est modernisée grâce à la réforme des dotations royales obligeant plus de transparence, l'ouverture en septembre d'un compte Twitter (261 tweets et environ 10.300 followers jusqu'à présent) et le premier chat entre Pierre-Emmanuel De Bauw (service médias et communication du Palais) et les lecteurs d'un quotidien pour les 6 mois de règne en janvier. Il reste encore cependant des choses à améliorer, et le Palais avait annoncé la préparation d'un nouveau site Internet et d'une page Facebook. Affaire à suivre...

- Le roi Philippe s'adapte à la nouvelle Belgique fédérale :  il a prononcé son discours de Noël entièrement en allemand pour la communauté germanophone, il a déjà reçu 2 fois en audience les ministres-présidents des régions et communautés (ce que ne faisait pas Albert II) et il a organisé deux réunions de travails avec les ministres communautaires de l'Enseignement et les ministres communautaires de la Culture.

- Ses trois premiers discours (prestation de serment, Noël et Nouvel An) n'ont suscité aucune polémique, mais le Roi doit encore s'améliorer pour paraître plus à l'aise lors de l'enregistrement d'un discours pour la télévision. Pas nostalgique, il s'inscrit clairement dans l'avenir :  "La nouvelle réforme de l'Etat réalise un transfert de compétences important aux entités fédérées. Cela rapprochera les citoyens de la prise de décisions. Cela permettra de mieux rencontrer les défis de l'avenir".

- Suite au reproche des partis flamands sur quelques grâces royales accordées depuis le 21 juillet 2013 sur proposition du ministère de la Justice, la ministre de la Justice Annemie Turtelboom a annoncé fin 2013 qu'elle ne proposerait plus de grâce royale à signer au Roi d'ici les élections de mai 2014. Cette tradition va-t-elle être abandonnée? Affaire à suivre...

- Bien que croyant et pratiquant, le roi Philippe garde ses convictions religieuses pour le domaine privé comme le faisait le roi Albert II. Le 21 juillet 2013, le primat de Belgique Mgr Léonard et le nonce apostolique n'étaient plus, pour la première fois, près de la famille royale au Parlement, mais relégués beaucoup plus loin dans les tribunes. Le Roi a signé la loi sur l'euthanasie des mineurs alors que certains redoutaient qu'il refuse et crée ainsi une crise constitutionnelle. On remarque aussi que lors de leur voyage officiel de courtoisie à Rome, le couple royal ne s'est pas rendu au Vatican.

- Le Roi s'est rendu aux quatre coins du pays depuis son accession au trône :  Bruxelles, Boom, Malines, Louvain, Wavre, Mons, Hasselt, Anvers, Namur, Liège, Gand, Arlon, Eupen, Bruges, Forest, Zeebrugge, Vilvorde, Seraing, Neder-Over-Heembeek, Waregem et Cambron-Casteau. On notera aussi sa présence à Temploux le soir de l'accident d'avion ayant coûté la vie à plusieurs parachutistes.

- Au cours de ces premiers mois de règne, on a remarqué le retour du chef d'Etat belge sur la scène internationale (en effet, le roi Albert II n'avait plus invité personne en voyage d'Etat en Belgique depuis 2008, et ne se déplaçait plus beaucoup en voyage officiel à l'étranger). Depuis son accession au trône, le roi Philippe a effectué six voyages officiels de courtoisie d'une journée (Luxembourg, Amsterdam, Berlin, Paris, Rome et Londres) et trois autres sont annoncés (Stockholm, Oslo et Madrid), il s'est rendu au forum économique de Davos et à l'hommage international à Nelson Mandela en Afrique du Sud, il a reçu le président chinois et son épouse en voyage d'Etat en Belgique, et il a rencontré plusieurs chefs d'Etat de passage à Bruxelles (le roi Abdallah de Jordanie, les présidents américain, haïtien et indien, p.ex.), ainsi que le secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-Moon.

- Malgré cette reprise des voyages officiels, le roi Philippe utilise moins les avions militaires que son prédécesseur (ce dernier faisant aussi parfois livrer son courrier par avion militaire lorsqu'il était dans sa résidence du sud de la France). Interrogé au Parlement, le ministre de la Défense Pieter De Crem a révélé les montants :   219.419 euros en 2012 et 137.661 euros en 2013. La réforme des dotations royales qui entrera pleinement en application en 2014 implique une plus grande transparence des comptes du Palais, ce qui était réclamé depuis plusieurs années.

- Comme son oncle et son père, Philippe s'est montré un Européen convaincu lors de sa prestation de serment ("Plus que jamais, le projet européen doit nous donner espoir et confiance. L'Europe que nous souhaitons doit apporter croissance et solidarité. Nous sommes fiers que notre capitale soit aussi la capitale de l'Europe et qu'à chaque moment de son histoire, des dirigeants belges ont été au cœur de ce grand projet") et lors de son discours de Nouvel An aux autorités du pays ("Depuis plus de 60 ans, la Belgique est au cœur de l'Union Européenne. A travers elle, nous avons pu élargir nos horizons et multiplier nos forces. L'Europe est un projet positif, tourné vers l'avenir. L'Europe nous appartient, en héritage et en projet. Continuons à nous y engager"). Le président de la Commission Européenne José Manuel Barroso était d'ailleurs la seule personnalité étrangère présente le 21 juillet 2013.

Son combat social :  l'emploi et la formation des jeunes
Si c'est surtout la reine Mathilde qui s'occupe du domaine social, le Roi a clairement indiqué sa priorité dans son discours de Noël :   "Dans notre pays, un jeune sur quatre ne trouve pas de travail et une personne sur sept vit dans la pauvreté. Des fermetures et restructurations d'entreprises nous ont très durement touchés. Trop de gens vivent dans l'isolement. Dans un contexte socio-économique difficile, le gouvernement fédéral et les gouvernements régionaux ont pris des mesures encourageantes visant à consolider nos finances publiques, protéger notre pouvoir d'achat et notre compétitivité, soutenir nos entreprises et préserver notre modèle social. Je suis confiant que cet effort sera poursuivi. Ces derniers mois et ces dernières années, mon épouse et moi avons rencontré quantité de jeunes Belges débordant de créativité et d'énergie. Nous avons aussi rencontré des personnes dont les talents n'ont pas pu se manifester ou être reconnus. Faire s'épanouir les qualités de chacun est notre responsabilité à tous. L'enseignement et la formation sont pour cela des leviers essentiels. Ils transmettent le savoir, préparent à l'emploi, à l'insertion dans la société et à l'exercice de la citoyenneté. En développant l'esprit critique et le travail en équipe, ils donnent aux jeunes la possibilité de devenir des hommes et des femmes engagés et responsables. En tant que parents, mon épouse et moi saluons avec vous le travail admirable des enseignants et des éducateurs. Nous savons que leur tâche est difficile. Il est tout aussi important de tisser des liens entre toutes les composantes de notre société. Les liens entre l'école et le monde du travail parce que chaque fois que l'enseignement et les entreprises s'ouvrent l'un à l'autre, de nouvelles opportunités d'emploi voient le jour".

Passant du discours aux actes, le Roi a organisé au palais quatre réunions de travail sur l'emploi et la formation des jeunes :   la première avec des responsables du Forem et du VDAB, la deuxième avec des représentants de la FEB, Unizo, Union des Classes Moyennes et Boerenbond, la troisième avec les trois ministres communautaires de l'Enseignement, et la quatrième avec des responsables de la FGTB, ABVV, ACV et ACLVB. Suite à ces réunions de travail, Philippe s'est rendu sur le terrain (une visite par région, équilibre linguistique oblige!) :  au centre de compétence maritime du VDAB à Zeebrugge, au centre de compétence Technifutur du Forem à Seraing, et au centre construction de Bruxelles-Formation à Neder-Over-Heembeek.

D'autres visites sociales ont été effectuées par le souverain :  visite du resto social "Parnassus" à Gand, rencontre avec les travailleurs du dépôt de Bruxelles-Propreté à Forest, visite de l'unité de soins palliatifs pour adultes de l'UCL, visite de la cellule de reconversion pour les travailleurs d'Arcelor Mittal, p.ex.

Première polémique du règne : le licenciement de Vincent Pardoen
Pendant les 20 ans de règne d'Albert II, Vincent Pardoen a été Intendant de la Liste Civile du Roi, et donc l'un des deux "hommes forts" du Palais avec Jacques van Ypersele de Strihou (l'un gérait tout ce qui était politique et l'autre tous les comptes). Le roi Albert et Vincent Pardoen ont sympathisé et sont devenus amis : ils ont passé des vacances ensemble, et ils ont acheté chacun un appartement dans le même complexe à Ostende. L'influence de l'Intendant de la Liste Civile avait déjà été dénoncée il y a quelques années dans le livre "De tuinman van de koning", où l'ancien régisseur des serres royales de Laeken lui reprochait de ne pas savoir refuser les caprices financiers des souverains.

Après l'abdication du roi Albert II, Vincent Pardoen laisse le poste d'Intendant de la Liste Civile à Noël De Bruyne, mais devient le principal conseiller du roi Albert et de la reine Paola (un poste beaucoup moins important, vu qu'ils ne sont plus sur le trône). A l'automne 2013, plusieurs responsables politiques confient à la presse qu'ils ont été contactés par Vincent Pardoen pour augmenter la dotation de l'ancien roi. Le Palais n'était pas au courant de ces démarches secrètes. Interrogé au Parlement, le premier ministre Elio Di Rupo s'en tient aux montants décidés en début de règne. C'est la première erreur de Vincent Pardoen.

L'absence du roi Albert et de la reine Paola au chevet du prince Laurent, hospitalisé aux Cliniques Universitaires Saint-Luc, suscite beaucoup de critiques dans les médias et sur les réseaux sociaux. On ne sait toujours pas pourquoi ils sont restés aussi longtemps en France. De retour en Belgique, après avoir été voir leur fils cadet, la reine Paola souhaite faire publier un communiqué. Le service communication du Palais refuse. Vincent Pardoen brave l'interdit et envoie le communiqué à l'agence Belga. C'est sa deuxième erreur, même s'il a sans doute sincèrement voulu faire plaisir à la reine Paola sans se rendre compte des conséquences. Enfin, troisième erreur :  Vincent Pardoen se confie aux quotidiens du groupe Sud Presse, alors qu'il sait très bien que les conseillers de la famille royale n'ont jamais eu le droit de donner des interviews sans l'aval du Palais. La sanction ne se fait pas attendre :  après en avoir discuté avec son père, le roi Philippe décharge Vincent Pardoen de ses fonctions.

Conclusion
Si ces premiers mois de règne sont plutôt réussis, il est évidemment trop tôt pour tirer des conclusions. Deux défis attendent prochainement le roi Philippe :   recréer l'unité au sein de la famille royale après la polémique de ces dernières semaines (notamment lors de la communion des jumeaux et du mariage d'Amedeo), et gérer l'après-élections législatives de mai.

lundi 7 avril 2014

Activités royales en mars 2014

15 audiences pour le Roi :  le premier ministre Elio Di Rupo (reçu 3 fois), la ministre de l'Agriculture Sabine Laruelle, le secrétaire d'Etat aux Affaires sociales Philippe Courard, le secrétaire d'Etat à la Fonction Publique Hendrik Bogaert, le secrétaire d'Etat à l'Environnement Melchior Wathelet, le ministre des Finances Koen Geens, le ministre-président bruxellois Rudi Vervoort, la ministre de la Justice Annemie Turtelboom, le ministre du Budget Olivier Chastel, le ministre des Affaires étrangères Didier Reynders, le commandant militaire du palais de la Nation Jean-Marie Jockin, le ministre-président germanophone Karl-Heinz Lambertz, le ministre des Entreprises Publiques Jean-Pascal Labille.

15 activités officielles pour le Roi :  déjeuner à Laeken pour la Journée Internationale de la Femme, visite de l'unité de soins palliatifs de l'UCL, visite du Parlement à Londres, déjeuner avec Elisabeth II à Buckingham, visite de l'abbaye de Westminster, réception à l'ambassade de Belgique à Londres, visite du centre construction de Bruxelles-Formation à Neder-Over-Heembeek, inauguration du Science Centre World Summit à Malines, ouverture du 9ème Brussels Forum, visite du cimetière militaire américain de Waregem, discours du président américain au palais des Beaux-Arts, accueil officiel du président chinois sur la place des Palais, déjeuner avec le président chinois, visite du parc Pairi Daiza à Cambron-Casteau, dîner de gala à Laeken en l'honneur du président chinois.

15 activités officielles pour la Reine :  rencontre avec des enfants de l'émission "Karrewiet" (Ketnet), rencontre avec des femmes de la province d'Anvers, déjeuner à Laeken pour la Journée Internationale de la Femme, visite du Parlement à Londres, déjeuner avec Elisabeth II à Buckingham, visite de l'abbaye de Westminster, réception à l'ambassade de Belgique à Londres, visite de la maison de quartier "Les Amis de la Petite Maison" à Bruxelles, présentation du livre "Pauvreté en Belgique 2014", discours du président américain au palais des Beaux-Arts, accueil officiel du président chinois sur la place des Palais, déjeuner avec le président chinois, visite du parc Pairi Daiza à Cambron-Casteau, visite du Musée des Instruments de Musique, dîner de gala à Laeken en l'honneur du président chinois.

1 activité officielle pour le roi Albert II :  visite de l'asbl Habbekrats à Bruxelles.

1 activité officielle pour la reine Paola :   visite de l'asbl Habbekrats à Bruxelles.

0 activité officielle pour la reine Fabiola

41 activités officielles pour la princesse Astrid :   Journée Mondiale de lutte contre la tuberculose organisée par Action Damien, dîner de gala à Laeken en l'honneur du président chinois    + 26 activités officielles lors de la mission économique en Arabie Saoudite (cérémonie d'accueil à l'aéroport, session informative au Riz Carlton, rencontre avec le président de la Commission saoudienne pour le Tourisme, visite du National Museum, présentation du projet archéologique belgo-saoudien, dîner offert par le prince Sultan bin Salman, déjeuner de travail avec le PDG de SABIC, rencontre avec le gouverneur de Riyadh, réunion de travail avec le maire de Riyadh, ouverture du Saoudi Arabia at glance, signature de contrats entre GSK et Arabio, lunch aux chambres de commerce saoudiennes, ouverture du AGFA Healthcare Saoudi Arabia Office, visite du King Abdullah Financial District, présentation du groupe Schréder, réception à l'ambassade belge, réunion à la Chambre de Commerce et d'Industrie de Riyadh, rencontre avec le prince héritier d'Arabie Saoudite, rencontre avec le 2ème vice-premier ministre, inauguration de Kartoen Natic Khonaini, visite des investissements réalisés par Solvay, réception pour la communauté d'affaires belgo-saoudienne, ouverture d'un séminaire sur les soins de santé, ouverture du Saudi-Belgian Business Forum, signature d'un accord de collaboration entre Mithra Pharmaceuticals et Jampoon for Medecine, rencontre avec le gouverneur de la province de La Mecque)   + 13 activités officielles lors de la mission économique à Oman (ouverture du Omani-Belgian Business Forum, rencontre avec le ministre des Affaires étrangères d'Oman, rencontre avec le vice-premier ministre d'Oman, rencontre avec le ministre de la Santé d'Oman, lunch de travail sur l'énergie et l'eau, réunion de travail avec Petroleum Development Oman, visite du Royal Opera House, rencontre avec les familles belges vivant à Oman, réception officielle belge au Grand Hyatt Hotel, visite de la Special Economics Zone à Durqm, visite de la Grande Mosquée Sultan Qaboos, rencontre avec les journalistes belges, réception de clôture par le consul honoraire).

1 activité officielle pour le prince Lorenz :  dîner de gala à Laeken en l'honneur du président chinois.

1 activité officielle pour le prince Laurent :  soirée à Gand pour le film belge "Broken Circle Breakdown" nominé aux Oscars.

1 activité officielle pour la princesse Claire :   soirée au profit de la section belge de l'A.M.A.D.E. (Association Mondiale des Amis de l'Enfance).

Récapitulatif des activités officielles de janvier à mars 2014 (source :  www.monarchie.be) :

Roi :  45 activités officielles + 47 audiences

Princesse Astrid :   47 activités officielles

Reine :  40 activités officielles

Prince Laurent :   13 activités officielles

Roi Albert II et Reine Paola :   7 activités officielles

Prince Lorenz :  4 activités officielles

Princesse Claire :   3 activités officielles

Reine Fabiola :  0 activité officielle