lundi 6 février 2012

"Les plus belles anecdotes sur la famille royale" (Valérie de Montfort)

En 2006, Valérie de Montfort a réuni 200 pages d'anecdotes sur notre dynastie, classées par couple royal. Elles concernent aussi bien la vie privée que publique. C'est donc un ouvrage agréable à lire, mais destiné au grand public. Les passionnés d'histoire n'apprendront rien et resteront sur leur faim, car ce livre ne fait découvrir aucun fait nouveau.

On notera juste ici et là quelques réflexions assez justes :

Sur la formation des princes : "Albert Ier décida de donner à son fils les professeurs les plus prestigieux dans chacune des branches. Il entendait par là donner à son fils un enseignement qu'il n'avait pas eu. Cette bonne volonté eut l'effet inverse. Ces sommités intellectuelles pétrifièrent le jeune homme. Léopold adorait les mathématiques et les sciences mais ne maîtrisait pas aussi bien les autres matières. Il sombra dans un sentiment d'infériorité, incapable de suivre et comprendre un enseignement d'un tel niveau. Pour compenser son inadaptation, il prit l'habitude de s'arc-bouter sur les seuls concepts qu'il maîtrisait, refusant de demander conseil pour ne pas paraître idiot. Avec le recul, on peut remarquer que l'éducation scolaire de Philippe et Laurent pêcha de la même manière. Laurent ne put entamer les études vétérinaires dont il rêvait et Philippe éprouve toujours d'énormes difficultés à l'heure actuelle à être un prince communicateur. Qualités aussi indispensables aujourd'hui à l'heure du "village mondial global" que ne l'était la formation militaire à l'époque de Léopold II".

Sur la princesse Lilian : "La princesse de Réthy était une femme de caractère. Grande sportive (elle était une golfeuse de haut niveau), intelligente, manipulatrice diront certains observateurs, dynamique et volontaire. Elle n'était pas aussi diabolique que certains le disent, ni aussi angélique que certains hagiographes l'ont décrite. C'était une femme à la personnalité complexe, issue d'une famille conservatrice, que son destin inachevé a conduit pendant la dernière partie de sa vie à un total repliement. Dure avec elle-même, elle l'était avec les autres. La seconde épouse de Léopold III concentrera sur sa personnalité toutes les haines politiques et sociales qui trouvèrent en elle un parfait exutoire. Lilian de Réthy n'a en aucun cas usurpé la place de la reine Astrid qui était morte depuis cinq ans quand elle rencontra Léopold. Qu'elle ne veuille pas être maîtresse de roi mais épouse légitime n'était pas une anomalie. L'Histoire oublia rapidement que cette jeune femme éleva avec amour les trois jeunes enfants d'Astrid. Ses beaux-enfants qui l'adoraient dans leur enfance devaient l'effacer de leur vie après le mariage de Baudouin en 1960".

Sur le roi Baudouin : "Baudouin sera le premier roi des Belges à se réclamer ouvertement de l'Eglise catholique et à faire passer sa foi avant sa fonction royale. Jamais ses ancêtres n'agirent comme lui. Le livre "Baudouin, une vie qui nous parle" du cardinal Suenens, publié avec l'aval de la reine Fabiola car il reprend des textes intimes de Baudouin, a sans doute fait plus de tort que de bien. En effet, il dévoile une personnalité que certains jugeront infantile et embrigadée dans un système de pensée et de prises de décisions totalement religieux".

Sur la reine Paola : "Contrairement aux images d'Epinal montrant des Italiens et Italiennes débonnaires, Paola est une personnalité timide et réservée qui n'aborde pas des inconnus avec facilité. Ceci à l'inverse de son époux Albert II, dont le sens du contact et la bonhomie font merveille dans ses relations avec ses interlocuteurs. Cette timidité ne dissimule pas, selon ses amis, une attitude hautaine mais bien un sens de la réserve qui semble s'estomper avec le temps".

Sur le prince Philippe : "Le prince donne souvent à ses détracteurs la corde pour se pendre : peu communicatif, stressé devant les caméras, lent dans son expression, il n'arrive pas à trouver sa place au sein d'un dispositif royal qui se doit d'être plus communicant, même si ses collaborateurs s'attachent à le décrire comme travailleur et exigeant avec lui-même, ce qu'il est certainement".

1 commentaire :

  1. Je me contenterai de ces quelques réflexions sans acheter le bouquin, les analyses semblent justes, mais je constate surtout que le gros défaut de la Famille Royale c'est sa capacité à amener l'incompréhension en son sein propre ou bien parfois au niveau public.

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