dimanche 1 juillet 2012

10 ans de présidence d'honneur de Child Focus pour la reine Paola (2002-2012)

Au printemps 2002, le centre Child Focus pour enfants disparus demande à la reine Paola d'en être la présidente d'honneur. Jean-Denis Lejeune (papa de Julie et collaborateur du centre) justifie ce choix à la presse :   "C'est toujours une grande fierté pour une organisation d'avoir comme présidente d'honneur un membre de la famille royale. La Reine a accepté tout de suite la proposition. Elle s'était déjà montrée très attentive et à l'écoute quand on avait été reçus en 1996 au palais. La Reine avait alors manifesté un intérêt très maternel par rapport aux événements. Le Roi et la Reine étaient aussi venus à la création de Child Focus. Elle a également parlé de nous en Pologne. La Reine a visité à plusieurs reprises le centre. Cette présidence d'honneur est donc un aboutissement logique et une très belle reconnaissance du travail qui est effectué en interne".

Quelques semaines plus tard, en tant que présidente d'honneur de Child Focus, la reine Paola organise une réception au palais royal à la veille de la Journée Internationale des Enfants Disparus, au cours de laquelle elle prend la parole :    "Rien n'est plus déchirant que la souffrance de parents confrontés à la disparition ou à la perte de leur enfant. Le Roi et moi-même avons été très secoués par les terribles événements de 1996. En tant que parents, nous avons ressenti personnellement la peine et le désespoir des familles d'enfants assassinés ou maltraités. Nous n'oublierons jamais les rencontres personnelles avec les familles ; elles restent dans nos coeurs.

Les débats de la table ronde qui ont eu lieu en 1996 ici dans cette salle même du palais ont donné au Roi et à moi-même, ainsi qu'au ministre de la Justice, l'opportunité de témoigner notre solidarité aux familles touchées. Nous voulions également inciter toutes les personnes concernées à entreprendre des actions concrètes contre la maltraitance des enfants. Depuis lors, le Roi et moi avons, par des contacts réguliers et des visites, maintenu un contact avec les organisations et les autorités qui s'engagent dans la protection des enfants. Je tiens ici à exprimer mes remerciements à tous ceux - et ils sont nombreux, tant auprès des autorités que dans la société civile - qui dans notre pays oeuvrent au bien-être des enfants et combattent activement la maltraitance des enfants.

Dans ce contexte, je veux rendre hommage à Child Focus qui depuis quatre ans met tout en oeuvre pour retrouver des enfants disparus et combattre leur exploitation sexuelle. Je suis personnellement motivée par cette mission. C'est pourquoi j'ai volontiers accepté la présidence d'honneur de notre organisation. Dans cette fonction, je tâcherai de promouvoir au mieux nos projets en Belgique, mais aussi l'indispensable coopération au niveau international. En effet, la maltraitance, l'exploitation, les rapts sont des phénomènes internationaux. Nous devons développer une riposte coordonnée et globale à ces terribles fléaux qui s'attaquent aux enfants. Ce fut également un objectif de la présidence belge de l'Union Européenne, et je sais que la Commission Européenne y est très attentive.

Le travail de Child Focus montre que la vigilance de chacun s'impose plus que jamais. Comme notre président vient de le rappeler, le nombre de dossiers traités en 2001 s'est accru de 15% par rapport à l'année 2000. Cela s'explique en partie par la plus grande notoriété de Child Focus et par la confiance qu'inspire notre organisation, mais c'est aussi la conséquence d'un accroissement réel du phénomène des disparitions et de l'exploitation sexuelle d'enfants.

Les résultats obtenus par Child Focus sont en partie le fruit d'une bonne coopération entre les autorités et la société civile. Des accords concrets ont été mis en oeuvre, notamment avec les instances judiciaires et policières et avec des partenaires privés. Mais notre action ne serait pas possible sans l'engagement de plus de mille volontaires dans notre pays. Ceux-ci assurent, entre autres, la distribution rapide et efficace des affiches et d'autres données concernant des enfants disparus. Je tiens à les remercier de tout coeur pour leur magnifique travail et leur engagement personnel".

En tant que présidente d'honneur de Child Focus, la reine Paola a fait visiter le centre à la reine Rania de Jordanie, au président de la Commission Européenne Romano Prodi, à l'épouse du secrétaire-général des Nations Unies Mme Kofi Annan, à Mmes Alexander Kwasniewski, Horst Köhler et Jorge Sampaio (respectivement Premières Dames de Pologne, Allemagne et Portugal).

En 2003, elle a organisé une réception au palais royal pour le 5ème anniversaire de Child Focus et elle a assisté au concert donné par l'Orchestre National de Belgique au profit du centre lors de la Journée internationale des droits de l'enfant le 20 novembre 2003. Le directeur de Child Focus Jacques Debulpaepe a été anobli par le roi Albert II.

Ce n'est pas un hasard si la Fondation Roi Baudouin octroie depuis 1998 un soutien annuel financier de 150.000 euros à Child Focus. En 2004, la Fondation Roi Baudouin et Child Focus (deux institutions proches de la famille royale) collaborent ensemble, afin d'éditer un rapport de 202 pages sur le profil et le vécu des fugueurs en Belgique. Cette étude recherchait les causes de ce problème et espérait ainsi jeter les bases d'une politique efficace de prévention et d'assistance.

Quinze ans après la signature de la Convention des Droits de l'Enfant, la reine Paola prend l'initiative d'organiser le 23 novembre 2004 une journée de réflexion à Bruxelles. L'objectif était, d'une part, d'examiner l'avancement de la lutte contre les abus d'enfants en Europe et, d'autre part, d'inciter d'autres pays européens à créer des centres équivalents à Child Focus et d'intensifier la coopération entre ces centres. Cette journée était organisée en collaboration avec la Fédération Européenne pour Enfants Disparus et Sexuellement Exploités et la ministre de la Justice Laurette Onkelinx. La reine Paola avait invité Mme Bernadette Chirac (Première Dame de France), la princesse héritière Viktoria et la reine Silvia de Suède, Mme Jolanta Kwasniewska (Première Dame de Pologne). La princesse Astrid était également présente.

Cette journée débuta par un déjeuner de travail au château de Laeken. Dans l'après-midi, une séance académique eut lieu au palais royal de Bruxelles. La Fédération Européenne pour Enfants Disparus et Sexuellement Exploités était composée en 2004 de 19 organisations non gouvernementales représentant 15 pays européens, dont plusieurs présentèrent leurs actions. Son but est de coordonner en Europe la lutte contre les disparitions et l'exploitation sexuelle des enfants et de faire pression sur les institutions nationales et européennes afin qu'ils prennent les mesures nécessaires.

Président de la Fédération et de Child Focus, proche de la Cour, Daniel Cardon de Lichtbuer plaida pour que les numéros des centres soient simplifiés partout en Europe (en Belgique, c'était le 110) et que chaque pays bénéficie d'un travail collectif centralisé plutôt que d'une multitude d'organisations. Il insista aussi sur une nécessaire coordination entre les législations des Etats. Enfin, tous les participants dénoncèrent les dangers d'Internet, sur lequel entre 600.000 et 700.000 sites pédophiles ont été recensés en 2004.

Le 19 octobre 2006, la reine Paola offre une réception au palais royal au comité directeur du Centre International pour Enfants Disparus et Sexuellement Exploités qui tenait sa réunion annuelle à Bruxelles.

A la demande de la Reine, Bernadette Chirac organise une réunion du comité honoraire du Centre International pour Enfants Disparus et Sexuellement Exploités (ICMEC) le 17 janvier 2007 au palais de l'Elysée à Paris. Elle se situait dans le prolongement de la réunion organisée en novembre 2004 au palais royal de Bruxelles. La journée a commencé par l'accueil des invitées d'honneur par Bernadette Chirac :   la reine Paola des Belges, la reine Silvia de Suède, Mmes Laura Bush, Lioudmila Poutine et Suzanne Moubarak (respectivement Premières Dames des Etats-Unis, de Russie et d'Egypte), Margarida Barroso (épouse du président de la Commission Européenne), Valentina Matvienko (gouverneur de Saint-Pétersbourg) et Jolanta Kwasniewska (épouse de l'ancien président polonais).

Après une réunion à huit clos du comité d'honneur de l'ICMEC et une photo de famille sur les marches de l'Elysée, un déjeuner était offert par le président de la République Jacques Chirac et son épouse, avant l'importante réunion internationale de l'après-midi sur la protection des enfants disparus et sexuellement exploités. Au cours de cette réunion, Elie Wiesel (Prix Nobel de la Paix 1986) a évoqué la responsabilité de la société dans la protection de l'enfant. Ronald K. Noble, secrétaire général d'Interpol, a expliqué la lutte contre la pédophilie sur Internet. La commissaire européenne Viviane Reding a parlé de l'aide aux victimes et du numéro unique européen pour les enfants disparus. La conclusion a été prononcée par Franco Frattini, vice-président de la Commission Européenne, en charge de la justice, de la liberté et de la sécurité. Dans l'assistance, on notait la présence de la présidente du Sénat belge Anne-Marie Lizin, du délégué général aux droits de l'enfant en communauté française Claude Lelièvre et du président de Child Focus Daniel Cardon de Lichtbuer. Cette journée de Paris aura permis une réalisation positive :  la création d'un numéro de téléphone unique pour les enfants disparus dans toute l'Union Européenne (116000). Il sera opérationnel durant l'année 2007.

Un mois après cette réunion, la reine Paola visite, en février 2007, la Federal Crime Computer Unit de la Police Fédérale à Bruxelles. Elle souhaitait être informée des différents aspects de la lutte contre la pornographie sur Internet. Lors de son voyage d'Etat en Lettonie, notre souveraine n'a pu retenir ses larmes durant la visite d'un centre pour enfants maltraités dès l'âge de 3 ans. La Reine a profité de son passage à New York le 14 mai 2007 pour discuter avec les hauts dirigeants de l'Unicef de la traite et des violences faites aux enfants et aux femmes, ainsi que de la problématique des enfants-soldats.

Contrairement aux monarchies scandinaves qui célèbrent les anniversaires par des bals, fêtes et croisières en présence de tout le Gotha, la reine Paola organise, à l'occasion de ses 70 ans, une réception dans le domaine de Laeken pour 800 personnes s'investissant en faveur de la protection de l'enfance. Ce choix n'est pas anodin car c'est un combat pour lequel la souveraine est très engagée. Les invités sont conviés le 2 septembre 2007 à une promenade dans le parc royal de Laeken, à un spectacle de la troupe Les Baladins du Miroir et à une réception dans les serres. De nombreuses associations avaient été invitées :  Child Focus, l'Oeuvre Royale des Berceaux Princesse Paola, la section belge de l'A.M.A.D.E., l'asbl Lucia, SOS Villages d'Enfants-Belgique, l'asbl Pag-Asa, etc. La présence de Paul et Betty Marchal, les parents d'An, rappelaient les rencontres entre le couple royal et les parents d'enfants disparus lors de l'affaire Dutroux en 1996.

Dans l'orangerie, la Reine félicite et remercie ses invités dans son discours :   "J'ai pu me rendre compte ces dernières années combien d'enfants sont confrontés à des situations particulièrement poignantes, ou vivent dans des conditions inadmissibles. Plus encore qu'avant, je suis maintenant convaincue que toutes les composantes de la société, parents, autorités, organisations non gouvernementales, associations et écoles, doivent collaborer afin de combattre l'une des plus grandes injustices au monde. Travailler ensemble à un meilleur avenir pour les enfants en difficulté, c'est le plus beau cadeau que vous puissiez m'offrir".

 Pour les 10 ans du centre Child Focus qui a été opérationnel au printemps 1998, la reine Paola, le premier ministre Guy Verhofstadt, la ministre de la Justice Laurette Onkelinx, son prédécesseur à l'époque de l'affaire Dutroux Stefaan De Clerck, les parents d'An Marchal assistent à la fête organisée à cette occasion au palais des Académies à Bruxelles. En dix ans, le numéro de téléphone gratuit de Child Focus a enregistré près de 350.000 appels pertinents et le centre a traité plus de 30.000 dossiers relatifs à des disparitions et à de la maltraitance sexuelle. Deux tiers des dossiers concernent des fugues :  8.800 enfants sont partis en dix ans de chez eux ou de l'institution dans laquelle ils séjournaient. Plus de 3.300 parents ont également fait appel à Child Focus pour récupérer leur enfant, enlevé et emmené à l'étranger par leur conjoint. Child Focus profite de cet anniversaire pour officialiser la succession de Jean-Louis Duplat au baron Daniel Cardon de Lichtbuer en tant que président du conseil d'administration.

En février 2008, la Reine assiste à Namur à  "Père, Mère...Quelle galère!?", une pièce de théâtre écrite par Dirk Dobbeleers et Marc Hendrickx. Le Théâtre de la Marquise présente dans les écoles ce spectacle sur la problématique de la fugue. Ce projet a été mené en collaboration avec le centre Child Focus et l'Educatief Theater Antwerpen. Une semaine plus tard, Paola se rend à l'asbl Payoke à Anvers, un centre d'accueil et d'accompagnement pour les victimes du trafic d'êtres humains qu'avait visité le roi Baudouin peu de temps avant sa mort. En décembre, la Reine s'informe du parcours d'un mineur non-accompagné dès son arrivée en Belgique à l'aéroport national de Zaventem.

 Après Bruxelles en 2004 et Paris en 2007, c'est au Caire en Egypte qu'a lieu, en février 2009, la réunion du comité honoraire du Centre International des Enfants Disparus et Sexuellement Exploités (ICMEC). La reine Paola était entourée de Suzanne Moubarak (Première Dame d'Egypte), de la princesse Lalla Meryem du Maroc, de Valentina Matfinco (gouverneur de Saint-Pétersbourg), de Margharida Barroso (épouse du président de la Commission Européenne), de Bernadette Chirac (épouse de l'ancien président français) et de la Cheika Sabika Bint Ibrahim (épouse du roi du Bahreïn). Au terme de cette journée de réunions, le comité honoraire de l'ICMEC a plaidé en faveur d'un traitement efficace de toutes les formes d'exploitation des enfants, notamment à travers une révision régulière des législations existantes et le développement de nouveaux procédés pour qu'Internet ne soit pas utilisé à mauvais escient.

D'autres activités sur le même thème ont eu lieu en 2009. Lors de leur voyage d'Etat en Roumanie, la Reine visite l'équivalent roumain de Child Focus. Le 18 octobre, les reines Paola et Silvia de Suède assistent à la conférence ministérielle organisée à Bruxelles sur la lutte européenne contre le trafic d'êtres humains. Un mois plus tard, elles se retrouvent à Stockholm en Suède pour le 20ème anniversaire de la Déclaration des Droits de l'Enfant, en présence de la reine Béatrix des Pays-Bas, de la grande-duchesse Maria-Teresa de Luxembourg, de la reine Sophie d'Espagne, de la princesse Mette-Marit de Norvège et de la princesse Katherine de Serbie.

Les 17 et 18 novembre 2010, c'est au tour de Paola d'organiser au palais royal de Bruxelles la conférence "Les enfants vulnérables en situation d'errance : un défi européen", dans le cadre de la présidence belge de l'Union Européenne. Celle-ci a lieu en partenariat avec le ministère de la Justice, Child Focus et Missing Children Europe. Outre 120 experts et autorités venus de toute l'Europe, on note la présence autour de la Reine des princesses Mathilde, Astrid et Claire, de l'infante Cristina d'Espagne, de la reine Silvia de Suède, de la duchesse Brigitte de Gloucester, de Bernadette Chirac (ancienne Première Dame de France), de Margharida Barroso (épouse du président de la Commission Européenne), de Vaira Vike-Freiberga (ancienne présidente de Lettonie) et de Geertrui Van Rompuy (épouse du président du Conseil Européen). Ces invitées d'honneur sont reçues par le roi Albert II d'une part, et le président de la Commission Européenne José Manuel Barroso d'autre part. Ces deux journées de conférence se clôturent par le lancement d'un comité de parrainage pour Missing Children Europe, dont fait partie la reine Paola.

Dans son discours, elle attire l'attention sur les fugues :   "En dépit du grand nombre de fugues, très peu d'attention est portée à cette problématique, et c'est pourquoi nous avons souhaité la traiter au cours de cette conférence. C'est un thème banal, me direz-vous, la fugue des adolescents. Tant passent par là et la plupart reviennent dans les 48h à la maison. En effet, près de 50% des dossiers traités par Child Focus chaque année concernent des fugues. Et heureusement, la plupart des jeunes rentrent chez eux, sans avoir rencontré de problèmes majeurs. Mais parmi ce nombre important de fugueurs, beaucoup se retrouvent tout de même dans des situations à risques, parce qu'ils sont victimes de mauvaises fréquentations sur Internet avant leur fugue, parce qu'ils ne sont pas suffisamment attentifs aux dangers. De plus, la facilité des communications, l'ouverture des frontières, la monnaie unique sont autant de facteurs qui accroissent les pièges qui les guettent. Et le plus grand groupe de fugueurs ont entre 13 et 15 ans!".

A l'occasion de la Journée Internationale des Enfants Disparus 2011, la Reine assiste en matinée à l'événement festif organisé par Child Focus pour 300 enfants au pied de l'Atomium, et en soirée à un dîner pour les 10 ans de Missing Children Europe. En mars 2012, elle reçoit au palais royal le comité de parrainage et le conseil d'administration de Missing Children Europe (c'est-à-dire la Fédération Européenne pour Enfants Disparus et Sexuellement exploités) qui regroupe  23 ONG soeurs (dont Child Focus) dans 16 pays européens.

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