dimanche 15 septembre 2013

Les 76 ans de la reine Paola

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1° Sa jeunesse en Italie
Paola, Margherita, Giuseppina, Maria, Consiglia Ruffo di Calabria est née le 11 septembre 1937 à Forte dei Marmi (Italie). Elle est la plus jeune des sept enfants du prince Fulco Ruffo di Calabria (aviateur-héros de la première guerre mondiale) et de donna Luisa-Maria Gazelli di Rossana e di Sebastiano. Sa grand-mère paternelle Laure Mosselman du Chenoy était Belge (plus d'infos : http://familleroyalebelge.blogspot.be/2011/01/les-origines-belges-de-la-reine-paola.html).

Paola passe toute sa jeunesse dans la demeure des Ruffo di Calabria à Rome, et se rend en famille l'été à Forte dei Marmi. Son père meurt en 1946. Elle fréquente trois institutions scolaires à Rome :  l'Istituto Villa Pacis, l'Istituto Sant Angela Merici et le Liceo Caterina Volpicelli, où elle termine ses études secondaires gréco-latines.

2° Mariage et enfants
En 1958, lors des cérémonies d'intronisation du pape Jean XXIII, Paola rencontre le prince Albert de Belgique, prince de Liège, lors d'une réception à l'ambassade belge à laquelle ils sont tous deux invités. C'est le coup de foudre. Le couple se marie le 2 juillet 1959 à Bruxelles et s'installe au château du Belvédère. Ils ont trois enfants : le prince Philippe en 1960, la princesse Astrid en 1962 et le prince Laurent en 1963.                       

3° La crise conjugale
Après la naissance de leurs enfants, la mésentente s'installe au sein du couple. Paola regrettait sa vie insouciante en Italie et avait du mal à s'habituer au climat pluvieux de notre pays, au protocole figé de la Cour et aux obligations d'une princesse de Belgique. Elle ne montrait aucun empressement à apprendre le néerlandais, langue parlée par la majorité de ses nouveaux compatriotes. Lorsqu'une activité officielle l'ennuyait, elle ne le cachait pas et pouvait se montrer capricieuse. Quand le bal auquel elle assistait est interrompu suite à l'assassinat du président Kennedy en 1963, Paola crée un mini-incident diplomatique en s'écriant :  "Quel dommage! Pour une fois qu'on s'amusait". L'entrée de la Cité du Vatican lui est un jour interdite, car elle portait une mini-jupe peu adaptée aux circonstances. Des rumeurs de liaisons extraconjugales circulent, mais une seule fut prouvée : des photographes la surprennent, bras dessus bras dessous, avec le journaliste français Albert de Mun sur une plage de Sardaigne en 1970.

De son côté, durant l'été 1966, le prince Albert rencontre la baronne Sybille de Selys Longchamps à l'ambassade de Belgique à Athènes, où son père est ambassadeur. Quelques mois plus tard, elle est invitée à une soirée en Belgique avec son époux Jacques Boël. C'est un coup monté : elle se retrouve à la table du prince de Liège qui l'invite à danser. Leur liaison commence dès le lendemain. En 1968, Albert et Sybille ont une fille prénommée Delphine et portant le nom de Boël (Sybille étant toujours mariée à cette époque). Le prince Albert envisage de divorcer à deux reprises en 1969 et 1976, moyennant de renoncer à ses droits au trône. Son chef de cabinet Michel Didisheim avait réussi à convaincre le roi Baudouin que c'était la meilleure solution.

En 1976, les papiers de divorce étaient prêts, mais à la dernière minute, la baronne Sybille de Selys Longchamps refuse, notamment parce qu'une des conditions était qu'elle ne pourrait pas voir les enfants d'Albert. Elle part avec sa fille Delphine vivre à Londres, où le prince Albert les rejoint de temps en temps. Le divorce entre Jacques Boël et Sybille est prononcé en 1978, et cette dernière se remarie en 1982 avec Anthony Cayzer.

Une des conséquences de cette longue crise conjugale est qu'Albert et Paola ont été des parents séparés (ils vivaient dans des ailes séparées du château du Belvédère et faisaient leur possible pour s'éviter) très peu présents pour leurs trois enfants Philippe, Astrid et Laurent. Ceux-ci ont connu une enfance triste et il était fréquent qu'ils passent le week-end avec leur gouvernante ou chez des amis de la famille royale.
                                              
4° La réconciliation
Les années 80 sont marquées par sa réconciliation avec Albert à la surprise générale, l'arrivée de la religion et du Renouveau Charismatique dans leur vie, le mariage de leur fille Astrid avec l'archiduc Lorenz d'Autriche-Este, et la naissance de leurs premiers petits-enfants Amedeo et Maria-Laura auxquelles elle assiste à la demande d'Astrid, très proche de ses parents.

Bien qu'épouse de l'héritier au trône, la princesse Paola n'avait pas de rôle officiel bien défini et n'accompagnait pas son époux en mission économique à l'étranger. Elle était juste présidente d'honneur de l'Œuvre Royale des Berceaux Princesse Paola et de la branche belge de l'Association Mondiale des Amis de l'Enfance.

5° Sixième reine des Belges (de 1993 à 2013)
Suite à l'accession au trône d'Albert II en août 1993, Paola devient, à 56 ans, la nouvelle Première Dame du Royaume et ouvre un nouveau chapitre de sa vie. Au début de son règne, elle rencontre deux handicaps : sa méconnaissance du néerlandais et la comparaison avec la populaire reine Fabiola.

En tant que maîtresse de maison des demeures royales de 1993 à 2013, Paola veille à la décoration florale, à la restauration régulière des salles et du mobilier, à l'organisation des réceptions et à l'entretien des parcs et serres. Elle a introduit l'art contemporain belge au sein du palais royal de Bruxelles :  http://familleroyalebelge.blogspot.be/2010/07/la-reine-paola-et-lart-contemporain.html .

Passionnée de botanique et de jardinage, la Reine est présidente d'honneur de la Belgian Flower Arrangement Society et accorde son Haut Patronage à l'asbl Open Tuinen van België/ Jardins Ouverts de Belgique, créée par feu la baronne Jelena de Belder. En 1996, elle a reçu la "Freedom Honoris Causa" de l'association The Worshipful Company of Gardeners of London. La Reine est la marraine de la Rose Rosalita (baptisée à Bruxelles en 1997) et de la Tulipe Reine Paola (baptisée à Melle en 1999).

Paola est la première souveraine belge à avoir un bureau au palais royal. Elle tient à maintenir une stricte séparation entre le château du Belvédère (qui sert de cadre à sa vie privée) et son rôle public. Son secrétaire est son plus proche collaborateur :  il organise son agenda, il l'accompagne dans tous ses engagements publics et il siège au conseil d'administration de la Fondation Reine Paola. La Reine est également secondée par une dame d'honneur de la noblesse belge (la baronne Colette de Broqueville de 1993 à 1997, puis la princesse Nathalie de Merode de 1997 à 2013).

De 1993 à 2013, Paola reprend le Secrétariat Social de la Reine (créé par Fabiola après son mariage) qui reçoit chaque année des milliers de lettres de personnes en difficulté. Ses collaborateurs tentent de trouver une solution, en coordination avec les ministères, les C.P.A.S. et d'autres institutions. Dans les situations les plus dramatiques, une petite aide financière tirée d'un fonds géré par l'asbl Les Œuvres de la Reine peut être octroyé :   http://familleroyalebelge.blogspot.be/2012/05/lasbl-les-oeuvres-de-la-reine-paola.html .

Quelques mois avant le décès du roi Baudouin, elle crée fin 1992 dans la discrétion la Fondation Reine Paola. Suite à l'accession au trône d'Albert II, elle sera rebaptisée Fondation Reine Paola et se consacre aux jeunes en difficulté et à l'enseignement :   http://familleroyalebelge.blogspot.be/2012/09/les-20-ans-de-la-fondation-reine-paola.html .

L'affaire Dutroux choque profondément la Reine en 1996. Pour l'unique fois de leur règne, elle participe pendant une semaine aux audiences de son époux avec les familles des enfants disparus. Elle poursuit ensuite le combat sur le long terme pour la recherche des enfants disparus, et contre leur exploitation sexuelle et la pédopornographie sur Internet. Présidente d'honneur du centre Child Focus et du comité de parrainage de Missing Children Europe, Paola organise une conférence internationale sur le sujet au palais royal de Bruxelles en 2004 et 2010 (plus d'infos :  http://familleroyalebelge.blogspot.be/2012/07/10-ans-de-presidence-dhonneur-de-child.html).

En 20 ans de règne, Paola a rempli correctement son rôle son rôle de Première Dame de Belgique et a été un précieux soutien à son époux, sans jamais chercher à lui faire de l'ombre. Mais les derniers sondages montrent que sa timidité et sa réserve en public ne lui ont pas permis d'être vraiment populaire.

6° La retraite
Suite à l'abdication de son époux le 21 juillet 2013, Paola garde son titre de reine, mais laisse la fonction de Première Dame de Belgique et le diadème des neuf provinces de la reine Astrid à sa belle-fille la nouvelle reine Mathilde. Albert II et Paola continuent de résider au château du Belvédère, mais ils passent plus de temps à l'étranger dans leur propriété de Châteauneuf-de-Grasse (sud de la France) et à bord de leur bateau.

Alors qu'ils pensaient profiter d'une retraite paisible, l'ancien couple royal est confronté en 2013 à son passé :  Sybille de Selys Longchamps leur fait de nombreuses reproches dans une longue interview télévisée diffusée début septembre, et Delphine Boël entame une procédure judiciaire de reconnaissance de paternité à l'égard d'Albert II. Affaire à suivre...

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