lundi 11 février 2019

Le rôle politique du roi Philippe

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1° Les élections fédérales de 2014

Le 25 mai 2014, les Belges sont appelés aux urnes pour élire leurs députés au Parlement Européen, à la Chambre et aux parlements régionaux. Comme le veut la coutume, les souverains régnants ne vont pas voter mais par contre, le roi Albert II et la reine Paola refont usage de leur droit de vote dans un bureau de Laeken. A la Chambre, la NVA est le parti le plus important mais si on regroupe par famille politique, ce sont les socialistes (PS + SPA) qui possèdent le plus de sièges. On note aussi une baisse importante du Vlaams Belang et d'Ecolo, ainsi que l'arrivée du PTB qui est le seul parti national et bilingue du Parlement. 

Le lendemain, le premier ministre Elio Di Rupo présente la démission de son gouvernement au Roi qui lui demande de gérer les affaires courantes. Il commence ensuite ses consultations politiques en rencontrant le président de la Chambre André Flahaut et la présidente du Sénat Sabine de Béthune. Puis, pendant deux jours, il reçoit en audience les présidents des partis politiques représentés à la Chambre. Comme son oncle et son père, il ne convie pas le parti d'extrême-droite Vlaams Belang qui est persona non grata au Palais depuis des années.

Au terme de ces consultations, le Roi confie une mission d'information à Bart De Wever, le président de la NVA, le parti possédant le plus de sièges à la Chambre. Celui-ci souhaite former un gouvernement fédéral de centre droit, mais le 24 juin, le CDH rejette la note de l'informateur et fait comprendre qu'il ne souhaite pas gouverner avec les nationalistes flamands. Le 27 juin, le souverain confie une mission d'information au président du MR Charles Michel afin d'explorer d'autres formules. On s'oriente alors vers une coalition dite "suédoise" totalement inédite avec trois partis flamands (NVA, CD&V, VLD) et un parti francophone (MR).

Dans son discours de la fête nationale, Philippe déclare :    "Le 25 mai dernier, vous avez élu des hommes et des femmes appelés à vous représenter pendant les cinq prochaines années. Avec vous, je forme le vœu que les gouvernements de l'Etat fédéral et des entités fédérées soient tous à pied d'œuvre sans tarder. Ces gouvernements seront appelés à coopérer dans un esprit de loyauté et de reconnaissance mutuelle. Cela sera nécessaire pour la mise en œuvre de la réforme de l'Etat qui vient d'entrer en vigueur, mais aussi pour continuer à relever les défis économiques et sociaux. Pour créer de la valeur (économique, sociale et avant tout humaine), la coopération et la confiance sont indispensables. Poursuivons ensemble nos efforts pour construire une société dans laquelle l'un et l'autre se renforcent mutuellement".

Le 22 juillet, le Roi nomme Charles Michel (président du MR) et Kris Peeters (ministre-président flamand) co-formateurs. Les négociations de l'accord entre les quatre partis commencent. Le gouvernement prête serment le 11 octobre 2014 dans la Grande Galerie du palais royal de Bruxelles. Deux changements pour la forme par rapport au règne d'Albert II :  elle n'a plus lieu au château de Laeken d'une part, et ce sont les ministres qui s'avancent désormais vers le souverain (et plus l'inverse) d'autre part.

2° La crise politique de 2018

En décembre 2018, la NVA quitte le gouvernement fédéral suite à la volonté du premier ministre Charles Michel de se rendre à Marrakech pour souscrire au Pacte mondial sur les migrations. Les compétences des trois ministres (Jan Jambon, Johan Van Overtveldt et Sander Loones) et des deux secrétaires d'Etat (Theo Francken et Zuhal Demir) de la NVA sont redistribuées entre les membres du gouvernement des trois autres formations politiques. Certains reprocheront que ce remaniement ministériel se soit fait sans se rendre au palais royal, mais Charles Michel assurera qu'il avait été en contact permanent avec le souverain durant cette crise politique.

Quelques jours plus tard, sous la menace d'une motion de méfiance déposée à la Chambre par l'opposition, Charles Michel annonce sa démission au Roi qui la garde en suspens et rencontre les présidents de partis.

Le 21 décembre, le Palais diffuse ce communiqué :    "Sa Majesté le Roi a reçu en audience le président de la Chambre des Représentants et le premier ministre, après avoir consulté les présidents de partis. Le Roi a accepté la démission du gouvernement et l'a chargé de l'expédition des affaires courantes. Il constate une volonté politique de garantir la bonne gestion du pays jusqu'aux prochaines élections. Le Roi demande aux responsables politiques et aux institutions, en qui il réitère sa confiance, d'apporter une réponse appropriée aux défis économiques, budgétaires et internationaux, et aux attentes de la population, notamment sur le plan social et environnemental. Le Roi a convenu avec le président de la Chambre des Représentants et avec le premier ministre qu'ils l'informeront respectivement, à intervalles réguliers, de l'état d'avancement des travaux dans le cadre des affaires courantes".

Dans son discours télévisé de Noël, le souverain déclare :   "Notre pays traverse une période mouvementée. Des sujets importants préoccupent à juste titre nos concitoyens. Aujourd'hui, nous sommes confrontés à de vives tensions politiques. Je fais confiance au sens des responsabilités de nos dirigeants pour agir dans l'intérêt du pays et de la population. Les inégalités, la pauvreté, l'intolérance, le changement climatique, sont des questions qui demandent des réponses exhaustives. Ces problèmes cruciaux de notre société demandent de notre part à tous écoute et ouverture, courage et esprit d'initiative. La démocratie exige cette écoute et ce dialogue. Préparons-nous aux élections fédérales, régionales et européennes en tenant des débats ouverts et vrais, où l'on se respecte. Car le moment du vote doit être le résultat d'une mûre réflexion". 

Nouvelle allusion à la fin de son discours de Nouvel An aux autorités du pays :   "Je vous invite à réfléchir et à travailler ensemble à ce nouvel élan, un projet pour la Belgique, au cœur de l'Europe. Un projet qui permettra à tous de voir plus que jamais l'avenir avec confiance. Les institutions dont vous avez la charge sont le ciment de notre société démocratique. Ce sont des lieux où sont créés des liens, des lieux qui rassemblent. Elles sont à même, aussi, de faire obstacle aux informations fallacieuses et aux simplifications néfastes. Au cours des prochains mois, dans la perspective de la nouvelle législature européenne, fédérale et régionale, votre tâche sera lourde et délicate. Le pays compte sur vous". 

A lire aussi :  mon article sur Philippe, roi d'une Belgique fédérale (http://familleroyalebelge.blogspot.com/2019/01/philippe-roi-dune-belgique-federale.html)

1 commentaire :

  1. Que le roi reprenne le pouvoir complet et accompagne un comité d élu tire au sort pour révisé notre constitution...a bas toutes les politiques vive le peuple

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