A l'occasion de la fête des mères 2004, la princesse Astrid de Belgique avait accordé une longue interview au journaliste Patrick Haumont pour l'hebdomadaire "La Libre Match" :
Sur son titre de princesse : "Je n'ai pas le souvenir d'avoir pris un jour conscience du fait que j'étais quelqu'un à part. Pour moi, j'étais une petite fille qui devait aller chaque jour à l'école, apprendre parfois péniblement ses leçons, se lever, se coucher. Il s'agissait d'une vie au quotidien, comme celle que vivaient beaucoup d'autres enfants. J'engendrais en effet de temps en temps un peu d'envie, car certaines de mes camarades d'école s'imaginaient que j'avais, en tant que fille de mes parents, de nombreux privilèges. Comme toute autre élève, j'avais d'excellents contacts avec certains professeurs et moins d'atomes crochus avec d'autres. Personnellement, je ne pense pas que le fait d'être née dans une famille royale soit perturbant. On ne choisit pas où et quand on naît. L'important, c'est de tirer au maximum profit de ses qualités ou de ses possibilités, et de travailler, par contre, ses côtés faibles. Le problème n'est pas de savoir quel est mon rang ou mon statut mais bien plus de réussir ma vie et rendre mes proches heureux. Et ainsi d'être heureuse moi-même. Cela étant, je considère que je n'ai aucun mérite à être ce que je suis car j'aurais très bien pu naître ailleurs. Comme toute autre vie, celle de princesse a des côtés positifs et des côtés moins positifs. Un des côtés positifs est notamment d'avoir accès tout un éventail de personnes différentes et souvent très intéressantes, ce qui ouvre énormément l'esprit et les horizons".
Sur le prince Lorenz : "J'ai beaucoup de chance d'avoir rencontré mon cher époux que j'estime énormément et pour qui j'éprouve une affection immense. Nous partageons les mêmes idéaux dont le principal est sans doute de tâcher de réussir notre propre vie, tout en essayant, je le répète, de rendre notre entourage le plus heureux possible. Mon époux a beaucoup d'humour, de gaieté de vie et dispose de la capacité de s'émerveiller devant des événements qui pourraient sembler banals, comme observer les spectacles qu'offre la nature. Il est également sage et équilibré, ce qui me donne un sentiment de grande sécurité. Il est aussi source de bons conseils. Lorsqu'il m'arrive de devoir faire un discours, je le prépare presque toujours avec lui. Ainsi il me soutient dans mes engagements au service de la Belgique. Nous formons une bonne équipe ensemble. Souvent, j'ai l'impression que nous sommes presque comme frère et soeur car nous avons presque toujours les mêmes goûts, que ce soit pour des détails comme la décoration intérieure de la maison, pour la manière de se vêtir. En fait, plus globalement, je dirais que, tout simplement, nous avons la même perception des choses et des sentiments. C'est à un point tel qu'il nous arrive parfois, lorsque nous nous téléphonons, que la ligne soit occupée car nous essayons, chacun de notre côté, de nous atteindre au même moment".
Sur le début de sa vie officielle en 1993 : "Après que la loi salique eut été abolie par le Parlement en 1991, dans le cadre de la réforme de la Constitution, mon oncle le roi Baudouin nous a demandé si nous avions la possibilité de quitter la Suisse - où nous habitions depuis neuf ans - pour revenir en Belgique afin de nous associer aux activités des autres membres de notre famille. Mon mari ayant trouvé un travail en Belgique, nous sommes rentrés en juin 1993 où, malheureusement, nous n'avons fait que croiser mon cher oncle puisqu'il est décédé fin juillet 1993. Je dois avouer que ce changement n'était pas toujours facile car je venais de Suisse où j'étais une épouse et une mère au foyer. A l'époque, je n'avais exercé aucune activité en dehors de la maison. Je n'étais pas habituée à gérer mon temps en combinant des activités professionnelles avec une vie familiale. C'était un monde nouveau qui s'ouvrait à moi et qui a nécessité une sérieuse adaptation que j'ai menée à bien grâce à l'aide efficace d'excellents conseillers et au soutien de ma famille".
Sur ses visites sociales : "La plupart m'ont effectivement, d'une façon ou d'une autre, touchée. Souvent, malheureusement, d'une façon triste car je suis très fréquemment confrontée à la souffrance humaine. J'ai entre autres des souvenirs très forts de circonstances extrêmement poignantes parmi lesquelles l'accueil des Belges rentrés in extremis du Rwanda, l'entrevue avec les familles des paras tués au Rwanda, un colloque à Liège pour aider les parents des jeunes drogués, emprisonnés qui étaient complètement dans la détresse, une visite au Mozambique de malades du sida en phase terminale et agonisants, et bien d'autres encore. On se sent tout petit devant de telles souffrances mais on apprend aussi tellement de ces grands événements et aussi et surtout de tous les contacts humains. Ils m'ont aussi appris la richesse de la tolérance. Quand je rencontre quelqu'un, j'essaie d'entrer complètement dans la peau de mon interlocuteur. Je pense que toutes les plus grandes décisions, aussi organisées et planifiées qu'elles soient, peuvent réussir ou échouer en fonction de la qualité des contacts humains. Pour moi, ils sont la base de tout".
Sur sa vie de famille : "Mes enfants disent, en se moquant gentiment de moi, que je suis très ennuyeuse car je vis en fonction de "listes" qui pourtant me sauvent car, sans elles, j'aurais peur d'oublier plus de la moitié des choses à faire. J'ai une marotte qui consiste à faire ces listes sur l'ordinateur. Je dois effectivement avouer que c'est très souvent la course et qu'il me reste peu de temps libre pour encore avoir des hobbies comme aller au cinéma, ce que j'adore faire. Depuis quelque temps, j'essaie toutefois de me libérer pendant une heure par semaine pour prendre quelques leçons de tennis. Ce dont mon époux et moi rêvons pour nos cinq enfants, c'est qu'ils soient avant tout bien dans leur peau, chacun avec son caractère propre. Qu'ils soient des jeunes de leur temps, qu'ils fassent des bonnes études qu'ils aiment, afin qu'ils soient bien armés dans la vie pour travailler. Qu'ils soient heureux dans leur travail et, enfin, qu'ils soient épanouis avec la personne qu'ils auront choisie pour construire leur vie familiale".
La princesse a ensuite évoqué ses différents combats : Croix-Rouge de Belgique, sida, personnes handicapés, recherche scientifique, pauvreté, mines antipersonnels.
mardi 29 mars 2011
Confidences de la princesse Astrid en 2004
lundi 21 mars 2011
Activités de l'Association Dynastie et Patrimoine Culturel
Prochaines activités de l'Association Royale Dynastie et Patrimoine Culturel (pour plus d'infos : musdyn@skynet.be) :
1° Lundi 4 avril 2011 à 14h30 au Musée Bellevue à Bruxelles : conférence "Le roi Baudouin et la décolonisation du Congo belge" par le chevalier Jacques Brassinne de la Buissière, docteur en sciences politiques, licencié en sciences africaines, ancien chef de cabinet de différents ministres. Réservation obligatoire.
2° Vendredi 27 mai 2011 : départ à 8h15 de la rue Cardinal Mercier à Bruxelles, visite du château des Amerois, déjeuner, visite du château de Ronchinne, départ de Ronchinne vers 17h30. Réservation obligatoire.
Peu de temps après son mariage avec Marie de Hohenzollern qui adore la campagne, le prince Philippe de Belgique, comte de Flandre et fils cadet du roi Léopold Ier, achète en 1869 le château des Amerois, près de Bouillon. Détruit par un incendie, le château est reconstruit et redécoré. La famille du comte de Flandre y séjourne chaque été durant près de trois mois : les princes Baudouin, Henriette, Joséphine et Albert, accompagnés d'amis et de cousins, y partagent leur temps entre courses à poney, promenades dans la forêt, jardinage ou excursions des villes avoisinantes comme Bouillon, Chimay et Orval. En 1923, les enfants du comte et de la comtesse de Flandre décident de vendre la propriété, inoccupée depuis le décès de leurs parents. Après avoir failli être entièrement dépecé, le domaine des Amerois est racheté et sauvé de la ruine par la famille Solvay. Le château n'est pas ouvert à la visite, mais son actuel propriétaire, Denis Solvay, a accepté d'accueillir exceptionnellement les membres de l'Association Royale Dynastie et Patrimoine Culturel qui seront guidés par l'historienne Dominique Paoli, biographe des princesses Henriette et Clémentine de Belgique. Elle sera également présente au château de Ronchinne (province de Namur), où la princesse Clémentine (fille cadette du roi Léopold II) a passé des années heureuses avec son époux le prince Victor Napoléon et leurs deux enfants.
A lire également : mon compte-rendu de la biographie de la princesse Clémentine par Dominique Paoli (http://familleroyalebelge.blogspot.com/2010/06/clementine-princesse-napoleon-dominique.html)
1° Lundi 4 avril 2011 à 14h30 au Musée Bellevue à Bruxelles : conférence "Le roi Baudouin et la décolonisation du Congo belge" par le chevalier Jacques Brassinne de la Buissière, docteur en sciences politiques, licencié en sciences africaines, ancien chef de cabinet de différents ministres. Réservation obligatoire.
2° Vendredi 27 mai 2011 : départ à 8h15 de la rue Cardinal Mercier à Bruxelles, visite du château des Amerois, déjeuner, visite du château de Ronchinne, départ de Ronchinne vers 17h30. Réservation obligatoire.
Peu de temps après son mariage avec Marie de Hohenzollern qui adore la campagne, le prince Philippe de Belgique, comte de Flandre et fils cadet du roi Léopold Ier, achète en 1869 le château des Amerois, près de Bouillon. Détruit par un incendie, le château est reconstruit et redécoré. La famille du comte de Flandre y séjourne chaque été durant près de trois mois : les princes Baudouin, Henriette, Joséphine et Albert, accompagnés d'amis et de cousins, y partagent leur temps entre courses à poney, promenades dans la forêt, jardinage ou excursions des villes avoisinantes comme Bouillon, Chimay et Orval. En 1923, les enfants du comte et de la comtesse de Flandre décident de vendre la propriété, inoccupée depuis le décès de leurs parents. Après avoir failli être entièrement dépecé, le domaine des Amerois est racheté et sauvé de la ruine par la famille Solvay. Le château n'est pas ouvert à la visite, mais son actuel propriétaire, Denis Solvay, a accepté d'accueillir exceptionnellement les membres de l'Association Royale Dynastie et Patrimoine Culturel qui seront guidés par l'historienne Dominique Paoli, biographe des princesses Henriette et Clémentine de Belgique. Elle sera également présente au château de Ronchinne (province de Namur), où la princesse Clémentine (fille cadette du roi Léopold II) a passé des années heureuses avec son époux le prince Victor Napoléon et leurs deux enfants.
A lire également : mon compte-rendu de la biographie de la princesse Clémentine par Dominique Paoli (http://familleroyalebelge.blogspot.com/2010/06/clementine-princesse-napoleon-dominique.html)
dimanche 13 mars 2011
Interview exclusive de la princesse Léa de Belgique
A l'occasion du 20ème anniversaire de son mariage avec le prince Alexandre en mars 1991, la princesse Léa a répondu par courrier à mes questions pour ce blog et pour le site Noblesse et Royautés (www.noblesseetroyautes.com/nr01/2011/03/interview-de-la-princesse-lea-de-belgique-20-ans-apres-son-mariage-avec-le-prince-alexandre) :
1. Madame, comment avez-vous rencontré le prince Alexandre?
J'ai rencontré le prince en 1986 à la côte belge chez des amis.
2. Qu'est-ce qui vous a séduit chez le prince?
Sa modestie, son intelligence hors du commun, sa gentillesse et son extrême courtoisie. J'avais l'impression de le connaître depuis toujours.
3. Pourquoi votre mariage en Angleterre en 1991 n'a-t-il pas été rendu public? Etes-vous partis en voyage de noces?
J'ai répondu à son souhait de discrétion. Nous avons été en voyage de noces en Inde.
4. Le roi Baudouin a-t-il été au courant de votre mariage et l'avez-vous rencontré?
Le roi Baudouin avait été mis au courant de notre rencontre. Il avait répondu qu'il souhaitait me rencontrer mais il est mort hélàs avant.
5. Quelles étaient vos relations avec la princesse Lilian?
Neutres. No comment.
6. Quels étaient les rapports entre le prince et vos deux enfants?
Il a été plus qu'un beau-père pour mes enfants. Il a été extraordinaire avec eux. Il a élevé mon fils. Il leur manque beaucoup.
7. Comment avez-vous vécu ce passage de l'ombre à la lumière en 1998 lorsque votre mariage a été rendu public?
Avec humour.
8. Quels sont vos meilleurs souvenirs de vos 23 années passées aux côtés du prince?
Chaque jour a été le meilleur souvenir. Que du bonheur...
9. Quelle image souhaitez-vous qu'on retienne du prince Alexandre?
Un homme exceptionnel qui aurait certainement pu servir son pays avec brio.
10. Qu'avez-vous pensé du documentaire "Léopold III, mon père" de Nicolas Delvaulx?
Très beau film. Il y a de nombreux témoignages filmés en réserve que vous verrez un jour.
11. Quels sont vos projets pour 2011?
Essayer de continuer à vivre sans lui. La soirée du Fonds d'Entraide Prince et Princesse Alexandre a lieu le 19 mars à Liège au profit des victimes de la maltraitance. Un prix scientifique Prince Alexandre de l'Institut von Karman sera remis chaque année le 30 juin. Un prix littéraire Prince Alexandre en français et en néerlandais sera remis chaque année le 29 novembre. Les manuscrits sont les bienvenus.
1. Madame, comment avez-vous rencontré le prince Alexandre?
J'ai rencontré le prince en 1986 à la côte belge chez des amis.
2. Qu'est-ce qui vous a séduit chez le prince?
Sa modestie, son intelligence hors du commun, sa gentillesse et son extrême courtoisie. J'avais l'impression de le connaître depuis toujours.
3. Pourquoi votre mariage en Angleterre en 1991 n'a-t-il pas été rendu public? Etes-vous partis en voyage de noces?
J'ai répondu à son souhait de discrétion. Nous avons été en voyage de noces en Inde.
4. Le roi Baudouin a-t-il été au courant de votre mariage et l'avez-vous rencontré?
Le roi Baudouin avait été mis au courant de notre rencontre. Il avait répondu qu'il souhaitait me rencontrer mais il est mort hélàs avant.
5. Quelles étaient vos relations avec la princesse Lilian?
Neutres. No comment.
6. Quels étaient les rapports entre le prince et vos deux enfants?
Il a été plus qu'un beau-père pour mes enfants. Il a été extraordinaire avec eux. Il a élevé mon fils. Il leur manque beaucoup.
7. Comment avez-vous vécu ce passage de l'ombre à la lumière en 1998 lorsque votre mariage a été rendu public?
Avec humour.
8. Quels sont vos meilleurs souvenirs de vos 23 années passées aux côtés du prince?
Chaque jour a été le meilleur souvenir. Que du bonheur...
9. Quelle image souhaitez-vous qu'on retienne du prince Alexandre?
Un homme exceptionnel qui aurait certainement pu servir son pays avec brio.
10. Qu'avez-vous pensé du documentaire "Léopold III, mon père" de Nicolas Delvaulx?
Très beau film. Il y a de nombreux témoignages filmés en réserve que vous verrez un jour.
11. Quels sont vos projets pour 2011?
Essayer de continuer à vivre sans lui. La soirée du Fonds d'Entraide Prince et Princesse Alexandre a lieu le 19 mars à Liège au profit des victimes de la maltraitance. Un prix scientifique Prince Alexandre de l'Institut von Karman sera remis chaque année le 30 juin. Un prix littéraire Prince Alexandre en français et en néerlandais sera remis chaque année le 29 novembre. Les manuscrits sont les bienvenus.
mardi 8 mars 2011
"Métier de Roi de A à Z" (Pierre-Yves Monette)
Ancien conseiller des rois Baudouin et Albert II, Pierre-Yves Monette a rédigé une "bible de la monarchie", dans laquelle sous forme d'abécédaire, il explique tous les mots et expressions liés à l'institution.
Quelle est la différence entre un officier d'ordonnance et un aide de camp? Un officier d'ordonnance est un militaire qui accompagne le souverain dans tous ses déplacements et demeure jour et nuit à sa disposition. Quelques-unes de ses missions : assurer les contacts téléphoniques avec le Palais lorsqu'Albert II est à l'étranger, faire antichambre avec un visiteur reçu en audience et le reconduire jusqu'à sa voiture, décharger le Roi des cadeaux reçus lors des bains de foule, etc. La durée de leur service est d'une semaine à tour de rôle, en dehors de laquelle ils exercent d'autres responsabilités au sein des forces armées. Les aides de camp sont des militaires plus gradés. Leur rôle n'est pas d'accompagner Albert II, mais de le représenter, p.ex. aux funérailles d'une personnalité ou à l'arrivée d'un chef d'Etat à l'aéroport.
Pierre-Yves Monette nous raconte aussi comment se déroulent les audiences soumises à un strict devoir de confidentialité, nous explique les missions des différents départements du Palais, les objectifs de toutes les institutions liées à la famille royale (le Concours Musical Reine Elisabeth, la Donation Royale, la Fondation Roi Baudouin, p.ex.), les dates du hissement des couleurs nationales sur les bâtiments officiels, les pouvoirs attribués au Roi par la Constitution belge, l'utilisation de sa liste civile, les résidences de la famille royale, etc. Bref, il serait impossible de citer ici toutes les informations contenues dans cet ouvrage de référence très intéressant.
Quelle est la différence entre un officier d'ordonnance et un aide de camp? Un officier d'ordonnance est un militaire qui accompagne le souverain dans tous ses déplacements et demeure jour et nuit à sa disposition. Quelques-unes de ses missions : assurer les contacts téléphoniques avec le Palais lorsqu'Albert II est à l'étranger, faire antichambre avec un visiteur reçu en audience et le reconduire jusqu'à sa voiture, décharger le Roi des cadeaux reçus lors des bains de foule, etc. La durée de leur service est d'une semaine à tour de rôle, en dehors de laquelle ils exercent d'autres responsabilités au sein des forces armées. Les aides de camp sont des militaires plus gradés. Leur rôle n'est pas d'accompagner Albert II, mais de le représenter, p.ex. aux funérailles d'une personnalité ou à l'arrivée d'un chef d'Etat à l'aéroport.
Pierre-Yves Monette nous raconte aussi comment se déroulent les audiences soumises à un strict devoir de confidentialité, nous explique les missions des différents départements du Palais, les objectifs de toutes les institutions liées à la famille royale (le Concours Musical Reine Elisabeth, la Donation Royale, la Fondation Roi Baudouin, p.ex.), les dates du hissement des couleurs nationales sur les bâtiments officiels, les pouvoirs attribués au Roi par la Constitution belge, l'utilisation de sa liste civile, les résidences de la famille royale, etc. Bref, il serait impossible de citer ici toutes les informations contenues dans cet ouvrage de référence très intéressant.
mardi 1 mars 2011
Activités royales en février 2011
20 audiences pour le Roi : le premier ministre Yves Leterme (reçu 5 fois), le vice-premier ministre Didier Reynders (reçu 2 fois), le président du PS Elio Di Rupo, le président de la NVA Bart De Wever, le directeur de la Banque Nationale de Belgique Peter Praet, le nouveau président du MR Charles Michel, le rapporteur des Nations-Unies pour le droit à l'alimentation Olivier De Schutter, ainsi que les ambassadeurs du Danemark, Espagne, Ghana, Thaïlande, Andorre, Timor, Tadjikistan et Botswana.
3 activités officielles pour le Roi : 10ème anniversaire de la réforme des polices, 125ème anniversaire de la CSC et messe pour les défunts de la dynastie.
5 activités officielles pour la reine Paola : colloque "Excision et Religion", rencontre avec des sans abris accueillis par l'Hôtel Mozart, messe pour les défunts de la dynastie, avant-première du film sur la naissance du Mouvement ATD-Quart Monde, visite de l'asbl Le Phénix à Jambes.
1 activité officielle pour la reine Fabiola : messe pour les défunts de la dynastie.
7 activités officielles pour le prince Philippe : visite de l'Ecole des 4 vents à Neder-over-Heembeek, remise du Trophée National du Mérite Sportif 2010, messe pour les défunts de la dynastie, visite de l'entreprise Desso à Dendermonde, visite de la ferme viticole Elzenbosch, visite de l'atelier social De Brabander, visite du site de la Belgische Fruitveiling à Glabbeek.
11 activités officielles pour la princesse Mathilde : visite du nouveau centre de monitoring neuro-physiologique de l'Hôpital Universitaire de Gand, conférence sur le soutien familial, visite de l'Ecole des 4 vents à Neder-over-Heembeek, messe pour les défunts de la dynastie, visite de la ferme viticole Elzenbosch, visite de l'atelier social De Brabander, visite du site de la Belgische Fruitveiling à Glabbeek, visite de 3 fermes dans la province du Luxembourg, réunion au Sénat sur la pauvreté et l'exclusion sociale.
2 activités officielles pour la princesse Astrid : présentation du rapport de la conférence de consensus européen sur les sans-abris, remise du Prix ECF Routes Princess Margriet Award for Cultural Diversity.
0 activité officielle pour le prince Lorenz.
4 activités officielles pour le prince Laurent : remise des Prix Magritte du cinéma belge, pièce de théâtre "La femme de l'homme au chapeau boule" au Théâtre Poème, vaccination des animaux des sans-abris de la gare Centrale par la Fondation Prince Laurent, messe pour les défunts de la dynastie.
3 activités officielles pour la princesse Claire : remise des Prix Magritte du cinéma belge, pièce de théâtre "La femme de l'homme au chapeau boule" au Théâtre Poème, messe pour les défunts de la dynastie.
Résumé des activités officielles de la famille royale en janvier et février :
Roi : 37 audiences + 10 activités officielles
Princesse Mathilde : 20 activités officielles
Princesse Astrid : 15 activités officielles
Prince Philippe : 13 activités officielles
Reine Paola : 12 activités officielles
Prince Laurent : 5 activités officielles
Princesse Claire : 3 activités officielles
Reine Fabiola : 1 activité officielle
Prince Lorenz : 0 activité officielle
3 activités officielles pour le Roi : 10ème anniversaire de la réforme des polices, 125ème anniversaire de la CSC et messe pour les défunts de la dynastie.
5 activités officielles pour la reine Paola : colloque "Excision et Religion", rencontre avec des sans abris accueillis par l'Hôtel Mozart, messe pour les défunts de la dynastie, avant-première du film sur la naissance du Mouvement ATD-Quart Monde, visite de l'asbl Le Phénix à Jambes.
1 activité officielle pour la reine Fabiola : messe pour les défunts de la dynastie.
7 activités officielles pour le prince Philippe : visite de l'Ecole des 4 vents à Neder-over-Heembeek, remise du Trophée National du Mérite Sportif 2010, messe pour les défunts de la dynastie, visite de l'entreprise Desso à Dendermonde, visite de la ferme viticole Elzenbosch, visite de l'atelier social De Brabander, visite du site de la Belgische Fruitveiling à Glabbeek.
11 activités officielles pour la princesse Mathilde : visite du nouveau centre de monitoring neuro-physiologique de l'Hôpital Universitaire de Gand, conférence sur le soutien familial, visite de l'Ecole des 4 vents à Neder-over-Heembeek, messe pour les défunts de la dynastie, visite de la ferme viticole Elzenbosch, visite de l'atelier social De Brabander, visite du site de la Belgische Fruitveiling à Glabbeek, visite de 3 fermes dans la province du Luxembourg, réunion au Sénat sur la pauvreté et l'exclusion sociale.
2 activités officielles pour la princesse Astrid : présentation du rapport de la conférence de consensus européen sur les sans-abris, remise du Prix ECF Routes Princess Margriet Award for Cultural Diversity.
0 activité officielle pour le prince Lorenz.
4 activités officielles pour le prince Laurent : remise des Prix Magritte du cinéma belge, pièce de théâtre "La femme de l'homme au chapeau boule" au Théâtre Poème, vaccination des animaux des sans-abris de la gare Centrale par la Fondation Prince Laurent, messe pour les défunts de la dynastie.
3 activités officielles pour la princesse Claire : remise des Prix Magritte du cinéma belge, pièce de théâtre "La femme de l'homme au chapeau boule" au Théâtre Poème, messe pour les défunts de la dynastie.
Résumé des activités officielles de la famille royale en janvier et février :
Roi : 37 audiences + 10 activités officielles
Princesse Mathilde : 20 activités officielles
Princesse Astrid : 15 activités officielles
Prince Philippe : 13 activités officielles
Reine Paola : 12 activités officielles
Prince Laurent : 5 activités officielles
Princesse Claire : 3 activités officielles
Reine Fabiola : 1 activité officielle
Prince Lorenz : 0 activité officielle
lundi 21 février 2011
Le rôle politique du roi Albert II en 2010
Une nouvelle crise politique survient en avril 2010. Sous l'impulsion de son jeune président Alexander De Croo, le VLD quitte la majorité suite à l'absence d'accord sur Bruxelles-Hal-Vilvorde au terme de la mission du ministre d'Etat Jean-Luc Dehaene. Yves Leterme remet la démission de son gouvernement à Albert II qui la tient en suspens et explique sa décision dans le communiqué diffusé par le Palais : "Le Roi et le premier ministre ont souligné combien, dans les circonstances actuelles, une crise politique serait inopportune et porterait un grave préjudice d'une part au bien-être économique et social des citoyens et d'autre part au rôle de la Belgique sur le plan européen".
Après avoir rencontré les présidents de la Chambre, du Sénat et des partis démocratiques, les partenaires sociaux, Albert II charge Didier Reynders, vice-premier ministre et président du MR, "de s'assurer dans un très court délai de ce que les conditions sont remplies pour la reprise rapide des négociations sur des problèmes institutionnels et en particulier celui de Bruxelles-Hal-Vilvorde", selon les termes du communiqué royal. Mais la confiance est rompue entre les partis de la majorité et les négociations ne reprennent pas. Après avoir à nouveau reçu en audience les présidents de partis, Albert II accepte la démission du gouvernement. Les Chambres sont dissoutes.
Les élections fédérales ont lieu le 13 juin 2010. Le Parti Socialiste est le grand vainqueur en Wallonie tandis que la NVA devient le premier parti de Flandre. L'extrême-droite continue de baisser : le Vlaams Belang perd 5 sièges à la Chambre et le Front National n'a plus aucun sénateur et député fédéral. Après trois jours de consultations, le Roi nomme informateur Bart De Wever, le président de la NVA. Le 8 juillet, il demande à être déchargé de sa mission sans avoir obtenu d'accord. Le même jour, Elio Di Rupo, le président du PS, est nommé pré-formateur par Albert II.
Dans son discours de la fête nationale 2010, le Roi évoque brièvement la situation politique : "Notre pays a été secoué par des tensions communautaires qui ont conduit à des élections anticipées et qui causèrent d'importants glissements politiques. A présent, ce qui importe, c'est de se tourner vers l'avenir. Il y a donc lieu de préparer pour nos régions et communautés de nouvelles formes de vie commune où chacun se sent bien, de résoudre les questions épineuses qui ont divisé, et de trouver de nouveaux équilibres entre le fédéral et les entitées fédérées".
Le 18 août, Elio Di Rupo fait part au Roi des progrès obtenus et des difficultés à surmonter. Albert II décide de rencontrer les présidents des sept partis participant aux négociations. Le ministre d'Etat Louis Tobback confie à la presse : "Je suis et reste un républicain. Mais dans de telles circonstances, la monarchie montre toute son utilité. Tous les politiciens qui réclament un rôle protocolaire pour la monarchie depuis des décennies doivent maintenant examiner la situation. Le Roi est très respecté. Lorsqu'il parle, il est écouté". Les négociations reprennent le 21 août.
Une semaine plus tard, le projet de compromis de la réforme de l'Etat proposé par Elio Di Rupo est accepté par cinq partis (PS, SPA, CDH, Ecolo et Groen), mais n'obtient pas le soutien de la NVA et du CD&V. La famille libérale n'a pas été conviée aux discussions. Le pré-formateur demande à Albert II d'être déchargé de sa mission. Celui-ci refuse et lui demande de faire un nouvel essai qui n'aboutit pas à un accord. Aussi après avoir à nouveau reçu en audience les présidents des sept partis, le Roi demande, le 4 septembre, aux présidents de la Chambre André Flahaut (PS) et du Sénat Danny Pieters (NVA) un travail de médiation sur les désaccords rencontrés par le pré-formateur. Pas de résultat. Même mission pour le président de la NVA Bart De Wever le 8 octobre. Pas de résultat. Et pour le ministre d'Etat Johan Vande Lanotte le 21 octobre.
En novembre, le président du PS Elio Di Rupo parle pour la première fois d'Albert II depuis les élections : "J'ai toujours trouvé que le Roi avait une maîtrise totale de la situation. C'est la personnalité qui connaît le mieux la situation du pays. Il agit dans l'intérêt du pays. Celles et ceux qui pensent que le Roi peut être influencé se trompent. Personne ne l'influence. Il sait où il va. Il compose avec la réalité du pays, très différente au nord et au sud". Cet avis n'est pas partagé par le président de la NVA Bart De Wever qui déclare en décembre au journal allemand "Der Spiegel" : "Le problème, c'est que le Roi joue encore un rôle politique. Quand il y a une crise, le rôle du Roi est important. Pour nous Flamands, cela pose un problème parce que le Roi ne pense pas comme nous. Pour les Wallons, c'est un avantage car ils sont alliés avec lui".
Dans son discours télévisé de Noël 2010, Albert II évoque la réussite de la présidence belge de l'Union Européenne, puis la crise politique : "Cet art du compromis, il me semble qu'au sein de notre propre pays, nous l'avons quelque peu oublié ces dernières années. D'où ma préoccupation et ma ferme volonté de lancer un appel à tous nos responsables et à tous les citoyens.
Notre pays a l'occasion de se transformer en profondeur pour mieux répondre aux attentes de nombreux Belges, et pour affronter les défis à venir. Désormais, après plus de six mois de négociations, tous les éléments se trouvent sur la table pour réaliser une profonde réforme de l'Etat. Il y aurait un important transfert de compétences aux régions et communautés, une autonomie et une responsabilisation beaucoup plus poussées des entités fédérées, y compris sur le plan fiscal, un refinancement de Bruxelles et le maintien d'une réelle solidarité au sein de notre pays. En même temps, il sera nécessaire d'assurer le financement dans la durée de l'Etat fédéral pour exercer les compétences et les obligations qu'il continuera à assumer vis-à-vis de tous les Belges, mais aussi sur le plan européen et dans le monde. Il faudra également inclure une solution pour Bruxelles-Hal-Vilvorde et définir des règles en matière d'éthique politique.
Il s'agit donc de trouver des compromis équilibrés qui tiennent compte des aspirations légitimes des uns et des autres. Dans un tel accord, il ne doit pas avoir de perdants. Nous devons trouver des solutions où chacun est gagnant. Dans la recherche de cet accord raisonnable, il est évident que chaque partie devra faire des concessions. Chacun aura donc l'obligation de prendre ses responsabilités. Le moment est venu où le vrai courage consiste à chercher fermement le compromis qui rassemble, et non à exacerber les oppositions.
Si un tel accord se réalise, un nouveau gouvernement fédéral pourrait être constitué. Avec les entitées fédérées, il sera à même de prendre des mesures nécessaires pour sauvegarder le bien-être de la population, et pour rétablir la confiance au sein du pays. C'est cela que tous nos concitoyens attendent. Lorsque nous réussirons, car je suis convaincu que nous le pouvons, nous redeviendrons à nouveau un exemple d'entente et un facteur d'unité dans un monde qui en a grandement besoin. Nous pourrons présenter l'image juste d'un pays qui parvient dans la paix, à se transformer profondément. Nos partenaires européens, et tous les autres pays, constateront que la Belgique demeure un Etat responsable auquel ils peuvent faire confiance. Cet appel que je vous lance solennellement à tous, je l'adresse évidemment en premier lieu aux responsables politiques, mais aussi aux responsables économiques, sociaux, culturels et des médias. Tous, par nos actions et par notre comportement, nous devons avoir le courage d'être des artisans de paix".
Après avoir rencontré les présidents de la Chambre, du Sénat et des partis démocratiques, les partenaires sociaux, Albert II charge Didier Reynders, vice-premier ministre et président du MR, "de s'assurer dans un très court délai de ce que les conditions sont remplies pour la reprise rapide des négociations sur des problèmes institutionnels et en particulier celui de Bruxelles-Hal-Vilvorde", selon les termes du communiqué royal. Mais la confiance est rompue entre les partis de la majorité et les négociations ne reprennent pas. Après avoir à nouveau reçu en audience les présidents de partis, Albert II accepte la démission du gouvernement. Les Chambres sont dissoutes.
Les élections fédérales ont lieu le 13 juin 2010. Le Parti Socialiste est le grand vainqueur en Wallonie tandis que la NVA devient le premier parti de Flandre. L'extrême-droite continue de baisser : le Vlaams Belang perd 5 sièges à la Chambre et le Front National n'a plus aucun sénateur et député fédéral. Après trois jours de consultations, le Roi nomme informateur Bart De Wever, le président de la NVA. Le 8 juillet, il demande à être déchargé de sa mission sans avoir obtenu d'accord. Le même jour, Elio Di Rupo, le président du PS, est nommé pré-formateur par Albert II.
Dans son discours de la fête nationale 2010, le Roi évoque brièvement la situation politique : "Notre pays a été secoué par des tensions communautaires qui ont conduit à des élections anticipées et qui causèrent d'importants glissements politiques. A présent, ce qui importe, c'est de se tourner vers l'avenir. Il y a donc lieu de préparer pour nos régions et communautés de nouvelles formes de vie commune où chacun se sent bien, de résoudre les questions épineuses qui ont divisé, et de trouver de nouveaux équilibres entre le fédéral et les entitées fédérées".
Le 18 août, Elio Di Rupo fait part au Roi des progrès obtenus et des difficultés à surmonter. Albert II décide de rencontrer les présidents des sept partis participant aux négociations. Le ministre d'Etat Louis Tobback confie à la presse : "Je suis et reste un républicain. Mais dans de telles circonstances, la monarchie montre toute son utilité. Tous les politiciens qui réclament un rôle protocolaire pour la monarchie depuis des décennies doivent maintenant examiner la situation. Le Roi est très respecté. Lorsqu'il parle, il est écouté". Les négociations reprennent le 21 août.
Une semaine plus tard, le projet de compromis de la réforme de l'Etat proposé par Elio Di Rupo est accepté par cinq partis (PS, SPA, CDH, Ecolo et Groen), mais n'obtient pas le soutien de la NVA et du CD&V. La famille libérale n'a pas été conviée aux discussions. Le pré-formateur demande à Albert II d'être déchargé de sa mission. Celui-ci refuse et lui demande de faire un nouvel essai qui n'aboutit pas à un accord. Aussi après avoir à nouveau reçu en audience les présidents des sept partis, le Roi demande, le 4 septembre, aux présidents de la Chambre André Flahaut (PS) et du Sénat Danny Pieters (NVA) un travail de médiation sur les désaccords rencontrés par le pré-formateur. Pas de résultat. Même mission pour le président de la NVA Bart De Wever le 8 octobre. Pas de résultat. Et pour le ministre d'Etat Johan Vande Lanotte le 21 octobre.
En novembre, le président du PS Elio Di Rupo parle pour la première fois d'Albert II depuis les élections : "J'ai toujours trouvé que le Roi avait une maîtrise totale de la situation. C'est la personnalité qui connaît le mieux la situation du pays. Il agit dans l'intérêt du pays. Celles et ceux qui pensent que le Roi peut être influencé se trompent. Personne ne l'influence. Il sait où il va. Il compose avec la réalité du pays, très différente au nord et au sud". Cet avis n'est pas partagé par le président de la NVA Bart De Wever qui déclare en décembre au journal allemand "Der Spiegel" : "Le problème, c'est que le Roi joue encore un rôle politique. Quand il y a une crise, le rôle du Roi est important. Pour nous Flamands, cela pose un problème parce que le Roi ne pense pas comme nous. Pour les Wallons, c'est un avantage car ils sont alliés avec lui".
Dans son discours télévisé de Noël 2010, Albert II évoque la réussite de la présidence belge de l'Union Européenne, puis la crise politique : "Cet art du compromis, il me semble qu'au sein de notre propre pays, nous l'avons quelque peu oublié ces dernières années. D'où ma préoccupation et ma ferme volonté de lancer un appel à tous nos responsables et à tous les citoyens.
Notre pays a l'occasion de se transformer en profondeur pour mieux répondre aux attentes de nombreux Belges, et pour affronter les défis à venir. Désormais, après plus de six mois de négociations, tous les éléments se trouvent sur la table pour réaliser une profonde réforme de l'Etat. Il y aurait un important transfert de compétences aux régions et communautés, une autonomie et une responsabilisation beaucoup plus poussées des entités fédérées, y compris sur le plan fiscal, un refinancement de Bruxelles et le maintien d'une réelle solidarité au sein de notre pays. En même temps, il sera nécessaire d'assurer le financement dans la durée de l'Etat fédéral pour exercer les compétences et les obligations qu'il continuera à assumer vis-à-vis de tous les Belges, mais aussi sur le plan européen et dans le monde. Il faudra également inclure une solution pour Bruxelles-Hal-Vilvorde et définir des règles en matière d'éthique politique.
Il s'agit donc de trouver des compromis équilibrés qui tiennent compte des aspirations légitimes des uns et des autres. Dans un tel accord, il ne doit pas avoir de perdants. Nous devons trouver des solutions où chacun est gagnant. Dans la recherche de cet accord raisonnable, il est évident que chaque partie devra faire des concessions. Chacun aura donc l'obligation de prendre ses responsabilités. Le moment est venu où le vrai courage consiste à chercher fermement le compromis qui rassemble, et non à exacerber les oppositions.
Si un tel accord se réalise, un nouveau gouvernement fédéral pourrait être constitué. Avec les entitées fédérées, il sera à même de prendre des mesures nécessaires pour sauvegarder le bien-être de la population, et pour rétablir la confiance au sein du pays. C'est cela que tous nos concitoyens attendent. Lorsque nous réussirons, car je suis convaincu que nous le pouvons, nous redeviendrons à nouveau un exemple d'entente et un facteur d'unité dans un monde qui en a grandement besoin. Nous pourrons présenter l'image juste d'un pays qui parvient dans la paix, à se transformer profondément. Nos partenaires européens, et tous les autres pays, constateront que la Belgique demeure un Etat responsable auquel ils peuvent faire confiance. Cet appel que je vous lance solennellement à tous, je l'adresse évidemment en premier lieu aux responsables politiques, mais aussi aux responsables économiques, sociaux, culturels et des médias. Tous, par nos actions et par notre comportement, nous devons avoir le courage d'être des artisans de paix".
lundi 14 février 2011
Le Fonds Prince Philippe

Dans la brochure sortie pour les cinq ans du Fonds Prince Philippe (créé en 1998), le prince héritier répond à une interview qui reste toujours d'actualité :
"Quel est le facteur qui a déclenché la création du Fonds Prince Philippe?
- Rassembler des gens afin qu'ils puissent s'enrichir mutuellement est une idée qui me préoccupe depuis longtemps. J'ai assuré ce rôle de "jeteur de ponts" parce que je suis convaincu que ce qui nous rattache et nous unit dans ce pays est beaucoup plus fort que ce qui nous divise. Lors de journées de rencontres intercommunautaires en 1996 et 1997, des jeunes m'ont parlé de la nécessité de développer des initiatives similaires entre les trois communautés du pays afin d'apprendre à mieux se connaître et à s'apprécier l'un l'autre. L'idée de base du Fonds Prince Philippe est que ce sont avant tout les contacts personnels qui permettent une reconnaissance mutuelle par-delà les frontières linguistiques. C'est pourquoi j'ai été particulièrement heureux de voir qu'à partir de 1998, sous la direction dynamique du président le baron Paul Buysse, le Fonds a été lancé. Des associations, des jeunes, des journalistes, des volontaires des différentes communautés ont ainsi eu la chance de se rencontrer, d'échanger des idées et de mettre sur pied des initiatives communes.
- Comment jugez-vous la réaction des jeunes qui participent aux projets d'échange?
- Nous vivons dans un pays qui est riche d'une très grande diversité, et le Fonds est parvenu, par différents moyens, à rassembler les éléments de cette diversité. Aujourd'hui, après cinq années et huit campagnes, nous pouvons dire que le Fonds Prince Philippe a contribué à créer des lieux de rencontre où des personnes issues des trois communautés du pays ont l'occasion de faire connaissance. Des initiatives modestes ont mis en route une dynamique enrichissante de dialogue et d'échanges d'expériences, dans un climat d'ouverture et de respect de la spécificité de chacun. Chaque fois que mon agenda le permet, je suis présent lors de ces échanges. Ce qui me touche à chaque fois, c'est l'enthousiasme qui les caractérise. Des gens se découvrent et prennent le temps de s'écouter, d'échanger des idées et des points de vue. Des enfants font la connaissance d'enfants de leur âge issus d'autres communautés ; des jeunes discutent de sujets de société, partent ensemble explorer une ville ou un site naturel ; des journalistes rencontrent des collègues ; des volontaires vont travailler dans une autre communauté ; des associations culturelles se découvrent des préoccupations communes et concluent des partenariats. Si je devais choisir deux mots-clés, ce serait enthousiasme et reconnaissance. La reconnaissance parce que le Fonds Prince Philippe donne l'occasion de mettre quelque chose sur pied avec des partenaires des autres communautés. L'enthousiasme parce qu'un tel échange permet d'apprendre véritablement à connaître et à apprécier "l'autre". Un grand nombre de ces échanges ont d'ailleurs donné naissance à d'authentiques liens d'amitié, et cela me réjouit. Cela signifie en effet que le Fonds Prince Philippe mène à bien sa mission : jeter des ponts entre les citoyens des différentes communautés de notre pays.
- Comment voudriez-vous voir évoluer les activités du Fonds?
- Il ne faut rien changer à la finalité du Fonds. Mais cela n'exclut pas que l'on continue à réfléchir à une façon créative et innovante de rassembler des groupes de jeunes, de volontaires et de professionnels. Dans une société de plus en plus multiculturelle comme la nôtre, nous pouvons par exemple accorder une attention particulière aux allochtones. Peut-être y a-t-il de nouvelles voies à explorer dans ce domaine? Dans l'enseignement, des échanges au niveau universitaire sont également envisagés. Le Fonds peut jouer dans ce domaine un rôle de catalyseur en proposant aux différentes parties concernées un forum au sein duquel elles peuvent se rencontrer. A l'avenir, nous devrons en tout cas continuer à rassembler des jeunes car ils donnent spontanément naissance à des idées nouvelles et créatives et ce sont eux qui constitueront la société de demain. Tous ceux qui veulent participer à la construction de ponts entre les différentes communautés de notre pays peuvent compter sur le soutien du Fonds, ainsi que sur mon engagement et mon estime personnels".
(Merci à Valentin Dupont qui m'a transmis ce document).
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