lundi 22 août 2016

Mathilde et les Objectifs de développement durable de l'ONU

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(Article actualisé en décembre 2024)

En janvier 2016, le secrétaire-général des Nations Unies invite la reine Mathilde à faire partie du Groupe des défenseurs des Objectifs de développement durable des Nations Unies pour un mandat de trois ans (de 2016 à 2018). Ce groupe d'une quinzaine de personnalités (dont fait également partie la princesse héritière Viktoria de Suède) est chargé d'aider l'ONU à mobiliser les énergies et l'action de la communauté internationale en vue de réaliser les Objectifs de Développement Durable d'ici 2030 (ces objectifs ont été adoptés par les Etats membres de l'ONU en septembre 2015).

La Reine a expliqué au journal "Le Soir" pourquoi elle a accepté ce rôle :

"La Belgique est acteur engagé et important de la communauté internationale. Sa contribution au développement durable au sein des Nations Unies et dans sa coopération bilatérale est reconnue. Notre pays a participé activement à la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement. Il est engagé résolument dans la poursuite des Objectifs de Développement Durable (ODD) pour mettre fin à la pauvreté, renforcer l'égalité et la justice, et lutter contre les conséquences du changement climatique. Depuis mon mariage, aux côtés de mon mari, j'ai soutenu les efforts du gouvernement belge, des Nations Unies et des ONG en matière de développement. J'ai également développé une expérience de terrain avec Unicef Belgique et la Coopération belge au développement. C'est la suite logique de mon engagement de longue date en faveur du développement et dans le domaine humanitaire. Par le passé, je m'étais déjà mobilisée à de nombreuses reprises, notamment en faveur des Objectifs du Millénaire pour le développement, de la microfinance, des droits de l'enfant, du droit à la santé et du droit à l'éducation.

L'approche nouvelle du développement durable qui est au cœur des ODD me plaît particulièrement parce qu'elle est globale :  les problèmes (paix et sécurité, santé, éducation, droits de l'homme, climat, développement économique, ....) n'y sont pas dissociés les uns des autres. Ils sont étroitement liés et forment un tout ; des solutions bénéficiant au bien-être de tous doivent y être apportées. J'ai accepté cette mission avec conviction, en accord avec le gouvernement, parce qu'elle touche à des domaines qui me tiennent fort à cœur. Il y a beaucoup à faire, tant au niveau international que près de chez nous :  ne sommes-nous pas tous en développement? Par mon action au service du développement durable, je souhaite avant tout donner une voix aux personnes qui vivent des situations difficiles ou précaires, et accroître la visibilité et l'efficacité de celles et ceux qui oeuvrent à des solutions. Je veux rendre hommage aux professionnels et aux bénévoles qui s'engagent sans compter pour transformer le monde".


Année 2016

La Reine commence par rencontrer en janvier le secrétaire-général des Nations Unies Ban Ki-Moon et le créateur du micro-crédit Mohammad Yunus lors du forum économique de Davos, et par recevoir en février au palais royal de Bruxelles le président de la 70ème session de l'assemblée général des Nations Unies et le ministre belge de la Coopération au Développement Alexander De Croo. Lors de sa visite du campus Diepenbeek de l'Université d'Hasselt, elle met l'accent sur les 17 Objectifs de Développement Durable (ODD) au cours de sa discussion avec les étudiants. Et le 7 avril, elle se rend au palais d'Egmont à Bruxelles pour prononcer le discours d'ouverture du forum 2016 de coopération pour le développement des Nations Unies.

En juin, Mathilde assiste aux 10èmes Journées Européennes de Développement organisées par la Commission Européenne à Bruxelles sur le thème "Le rôle de la femme dans le développement est au cœur des Objectifs de Développement Durable", participe à un déjeuner de travail avec des représentants des institutions européennes afin d'être informée sur la réalisation des ODD au sein de l'Union Européenne,  et reçoit au palais royal le secrétaire général des Nations Unies et le président de la Banque Mondiale.

Dans son discours aux Journées Européennes de Développement, elle déclare :   "Les Objectifs de Développement Durable nous rappellent que le développement nous concerne tous, collectivement et individuellement. D'une façon, ne sommes-nous pas tous des pays en développement? Les maîtres-mots qui distinguent les nouveaux objectifs de leurs prédécesseurs sont "inclusivité" et "universalité". Le développement ne concerne pas uniquement une relation nord-sud ou sud-sud. C'est à chacun des pays à tous les niveaux de développement, aux nombreuses dynamiques à l'intérieur de nos sociétés, à chacun de nous tous qu'il incombe de s'approprier les ambitions définies dans les objectifs. Les responsabilités sont dès lors partagées. Nous avons des engagements précis à prendre et à respecter. Il s'agit d'un véritable partenariat, où personne ne peut être laissé pour compte".

La Reine se rend deux jours en juillet au siège de l'ONU à New York avec le ministre belge des Affaires étrangères Didier Reynders. Ils y enchaînent les réunions de travail sur la protection des enfants dans les conflits armés, les droits de l'homme, la problématique des maladies mentales ou la violence contre les enfants. Ils rencontrent également le secrétaire-général des Nations Unies et le directeur général de l'Unicef.

Dans un de ses discours prononcés lors de sa visite à l'ONU, Mathilde déclare :
"Dix mois après l'adoption des Objectifs de Développement Durable, cette assemblée générale est engagée dans une réflexion particulièrement bienvenue et opportune sur l'impact des droits humains sur les objectifs de développement, et inversement. En souscrivant à ces engagements, la communauté internationale a formulé une vision partagée d'un monde juste, pacifique et stable : un monde où le rôle central d'institutions efficaces et inclusives se trouve reconnu, et où sont promus l'état de droit, l'accès à la justice et les droits de l'homme. Le lien intrinsèque entre la poursuite des objectifs de développement durable et la promotion des droits humains se trouve donc clairement articulé. Mais le chemin vers cette paix durable, vers cette justice, vers ce bien-être est encore long et sera ardu.

C'est pourquoi le dialogue d'aujourd'hui et des jours à venir aurait tout son sens s'il parvenait à expliciter et à étayer encore davantage ce constat et cette ambition. Deux dynamiques (développement et droit humain) se légitiment et se renforcent mutuellement. Toutes deux sont nécessaires, l'une facilitant la réalisation de l'autre. J'ose espérer que les efforts seront poursuivis pour aboutir à une intégration harmonieuse de tous les leviers de développement, que ce soient les outils et instruments institutionnels, économiques ou juridiques, actionnés par nombre de stakeholders tels les autorités, la société civile, les entreprises, le monde académique et culturel.

J'ai reçu il y a quelques semaines un dessin d'une petite fille qu'elle m'avait adressé à l'occasion des Journées Européennes du Développement. Sur ce dessin, quelques mots éloquents pleins de sens, et je cite : "Pas de futur sans culture". La culture est, en effet, un levier de développement. Il n'est certes pas le seul, mais l'importance de ce levier culturel est prépondérante.

Sans tenter d'épuiser tous les aspects et conséquences de la complémentarité des actions à mener en faveur du développement et des droits de l'homme, je voudrais souligner trois principes, qui ne manqueront pas de nous inspirer.

Tout d'abord, la lutte contre la discrimination et contre les inégalités doit se poursuivre. Hier, j'ai participé à un débat sur la réhabilitation et la réintégration des enfants affectés par les conflits armés. Une fois de plus, on y a clairement condamné toute pratique discriminatoire. Par ailleurs, nous devons poursuivre les efforts pour garantir aux filles et aux femmes leur droit à la formation et à l'éducation. Je salue les propositions que le président du Conseil des Droits de l'Homme a formulées récemment à cet effet. Elles répondent au souci largement partagé de veiller à ce que personne ne soit laissé pour compte, that nobody should be left behind.

Ensuite, la stricte observance des droits de l'homme et des libertés fondamentales présuppose, tout comme les autres objectifs de développement, un fonctionnement correct des institutions et une bonne gouvernance.

Enfin, tous ces objectifs seront d'autant plus réalistes et réalisables qu'ils seront poursuivis en symbiose entre les nombreux acteurs concernés. De nombreuses dynamiques éclosent, au sein des gouvernements bien sûr, mais également dans la société civile, les milieux académiques, les organisations non gouvernementales, les médias, le monde culturel. C'est très encourageant. Il faut y ajouter le secteur privé, moteur de la croissance économique, mais aussi responsable de la protection des droits de l'homme. Un climat propice aux investissements, soutenu par un état de droit crédible, constitue un stimulant important du développement. Les initiatives doivent se multiplier visant l'incorporation, dans la gestion des entreprises, des objectifs de développement durable et d'une véritable culture de respect et de promotion des droits de l'homme.

Nous vivons en ce moment une dynamique importante. Notre monde est confronté à des turbulences mais il connaît également des développements positifs. La prise de conscience grandissante du changement climatique, de la dimension inclusive de notre développement et de la dignité de toute personne humaine génère des engagements nouveaux ainsi que des marques de confiance dans notre avenir. Je suis persuadée que les Nations Unies, fortes de 70 ans d'expérience et d'une ambition juvénile, relèveront ces grands défis avec une détermination renouvelée".

A New York, la Reine confie aux journalistes belges qui l'accompagnent :   "Je suis ici pour quelques heures seulement mais c'était très important d'être ici pour rencontrer des personnes importantes dont Ban Ki-Moon et le féliciter pour son engagement depuis huit ans dans la lutte contre la pauvreté et pour donner un monde meilleur, et qui se termine avec ces Objectifs de Développement Durable (ODD) que je suis enthousiaste de soutenir pour les prochaines années. Soutenir ces ODD, c'est la prolongation d'un travail que j'ai commencé avant mon mariage, car l'enfance et les personnes vulnérables étaient déjà au centre de mes préoccupations. J'avais à cœur de donner une voie aux plus vulnérables et d'investir dans l'éducation, car j'y crois profondément.

Je parle beaucoup à mes enfants. Je leur explique que c'est un luxe d'avoir accès à la culture, notamment musicale, et que des millions d'enfants n'ont pas la chance d'aller à un concert par exemple. Je leur ai expliqué l'histoire de ce petit garçon sous-alimenté enfant, et que cela impactera toute sa vie future. Que certaines filles ne peuvent pas aller à l'école. C'est un monde plein de défis où il y a certaines turbulences. En tant que mère, il faut y croire et vouloir donner un monde meilleur pour les générations futures. Et je pense que cela passe par l'éducation : il y a encore beaucoup trop d'enfants qui quittent l'école à 10-12 ans et qui ne savent pas lire".

Du 23 au 25 octobre, Mathilde se rend en Jordanie. Elle y rencontre la reine Rania, le premier ministre, le ministre des Affaires étrangères et le Haut-Commissaire des Nations-Unies pour les réfugiés. Elle visite des centres de réfugiés gérés par l'ONU ou l'Unicef, ainsi que la Jordan River Foundation. La Belgique a versé 10 millions d'euros à la Jordanie pour l'aider à gérer l'afflux massif de réfugiés syriens.

Le Palais diffuse ce message de la reine Mathilde :   "Depuis la Jordanie, je souhaite à tous une belle journée des Nations Unies. Je souhaite en particulier remercier les nombreux collaborateurs des Nations Unies dans le monde entier pour leur engagement. En tant que défenseur des Objectifs de Développement Durable, j'ai pu me rendre compte de l'ampleur des besoins humanitaires en Jordanie et des efforts extrêmement importants que fournit le pays pour accueillir les nombreux réfugiés de la région. Tous les enfants réfugiés ont besoin d'un accès à l'enseignement et aux soins de santé de qualité. Je constate également que beaucoup d'enfants qui ont fui la guerre en Syrie nécessitent un accompagnement psychologique. C'est pourquoi je demande une attention spéciale pour l'enseignement, les soins de santé, et en particulier la santé mentale des réfugiés. Je félicite tous les travailleurs humanitaires pour leur engagement quotidien qui ne va pas sans risques. J'adresse également toute ma gratitude aux volontaires et familles jordaniennes qui accueillent ces personnes vulnérables, et je tiens à souligner leur engagement exceptionnel. Par ma présence sur le terrain, je souhaite donner une voix et un visage à ces personnes".

Le 20 décembre, Mathilde prononce le discours d'ouverture du High Level Policy Summit organisé par la Commission Européenne et consacré à la mise en oeuvre des objectifs de développement durable.

Année 2017

Au forum économique de Davos en janvier, la Reine participe à des discussions sur les ODD, et rencontre d'autres défenseurs de ces objectifs et le nouveau secrétaire-général des Nations Unies Antonio Gutteres. Au palais royal de Bruxelles, une table ronde est organisée avec diverses ONG belges (Iles de Paix, Unicef Belgique, Plan Belgique, Oxfam, 11.11.11, Caritas International, Broederlijk Delen).

En février, elle visite le siège bruxellois d'ATD Quart Monde, se rend au Laos avec Unicef-Belgique, et participe à une table ronde au palais royal avec les SDG Voices belges qui sont chargés de faire connaître en Belgique les Objectifs de Développement Durable de l'ONU. Parmi les participants : Duo 4 a job, la Ville de Gand, Good Planet, Bond Beter Leefmilieu, le Mouvement Action Paysanne, Colruyt Group, le Centre National de la Coopération au Développement, 11.11.11, l'Institut Fédéral pour le Développement Durable, et The Shift.

Lors du voyage d'Etat au Danemark, Mathilde visite UNCity, un centre unique en Europe qui regroupe onze agences de l'ONU et 1.500 personnes à Copenhague, et participe avec la princesse Mary à une table ronde sur les Objectifs de Développement Durable. De passage à Bruxelles en avril, le secrétaire-général des Nations Unies Antonio Gutteres déjeune avec les souverains belges.

En juin, la reine Mathilde explique son rôle au journal "Le Soir" :   "Mon rôle est d'accroître l'information et la sensibilisation aux ODD. Je décline ce rôle de plusieurs façons. D'abord par des rencontres et des échanges avec les acteurs belges du développement durable (autorités, entreprises, ONG, ...). Ensuite en participant à des rencontres internationales comme les Journées Européennes du Développement qui nous réunissent cette semaine à Bruxelles. J'y noue des contacts utiles et y prends la parole pour mettre les ODD au centre des priorités. Enfin, j'essaie de renforcer mon expérience de terrain auprès des personnes les plus exposées aux défis du développement durable. Le développement, c'est d'abord sur le terrain que çà se passe, avec les gens et pour les gens. J'ai, par exemple, pu me rendre récemment dans des camps de réfugiés syriens en Jordanie. J'ai été très touchée par leur engagement participatif. Au Laos, où je me suis rendue avec Unicef-Belgique, j'ai pu donner une voix à des personnes qui ont moins de chance que nous. Les visites de terrain me permettent de témoigner des projets positifs et des réussites en matière de développement durable".

Et elle explique ses priorités :  "Les 17 objectifs forment un tout. Ils sont indissociables et doivent être traités de manière inclusive. J'ai choisi de me concentrer sur deux objectifs que je connais bien :  le 3 (santé) et le 4 (éducation), parce qu'il s'agit de leviers essentiels du développement et qu'ils sont étroitement liés. La logique est implacable, comme j'ai pu le constater au Laos :  un enfant malnutri verra ses capacités cognitives diminuées, son apprentissage en sera plus lent et plus limité, ce qui aura un impact sur son développement intellectuel et professionnel, et donc sur le développement du pays. La santé - et en particulier la santé des femmes, des enfants, des handicapés et de toutes les personnes vulnérables - est une ressource fondamentale pour l'épanouissement de chaque personne. Et donc un atout essentiel pour le développement. C'est notre bien le plus précieux. Sans soins de santé adéquats, aucun développement n'est possible. L'éducation, l'enseignement et la formation sont des outils fondamentaux pour améliorer la capacité des personnes à se développer, à développer leur famille, leur communauté, leur pays. Investir dans l'éducation de qualité, investir dans la formation des enseignants, c'est investir directement dans un avenir meilleur.

Ma formation et mon expérience de terrain m'ont amenée naturellement à m'intéresser à la santé mentale. Il y a énormément à faire en cette matière. Ce n'est que récemment que l'on a découvert à quel point la lutte contre les maladies mentales est directement liée à l'amélioration du développement durable. L'ampleur des retards mentaux dus à la sous-alimentation et à la malnutrition, à la dépression, au burn-out ou aux addictions ne peut être sous-évaluée. Nous devons éviter que ces maladies hypothèquent le développement. J'ai rencontré à New York des responsables des programmes de santé mentale des Nations Unies et des acteurs de terrain. Ces entretiens ont encore renforcé ma conviction qu'il est urgent d'agir. Le nombre de crises humanitaires et de situations de conflit augmente. Ceux qui y survivent physiquement en ressortent brisés, profondément perturbés, angoissés. Il faut se battre pour les aider à se reconstruire, en particulier les enfants :  évitons qu'ils deviennent une génération perdue".

Le 6 juin, la Reine se rend à Flagey au concert Voices4Development destiné à sensibiliser les jeunes aux ODD. Le lendemain matin, elle inaugure les Journées Européennes de Développement organisées à Tour&Taxis par la Commission Européenne. Le thème de cette année est "Investir dans le développement". A midi, elle reçoit à déjeuner au château de Laeken d'autres défenseurs des ODD, dont le professeur Muhammad Yunus (fondateur de la Grameen Bank), la première ministre norvégienne Erna Solberg et le président du Ghana Nana Akufo-Addo. Le directeur général de l'Organisation Mondiale de la Santé et le commissaire européen à la coopération internationale et au développement étaient également conviés à ce déjeuner.

Dans l'après-midi, Mathilde retourne à Tour&Taxis pour visiter des stands des Journées Européennes de Développement, et prononcer un discours. Elle déclare notamment :

"Partout, nous sommes confrontés à de nouveaux fossés entre ceux qui mettent ces changements à profit et ceux qui risquent de rester en arrière. Si nous ne comblons pas ces fossés, nous en payerons le prix plus tard. Tensions et affrontements, instabilité et conflits risquent d'être notre lot. Les efforts qu'un pays ou une société consent dans ce domaine s'avèreront des investissements intelligents. Dans cet esprit, je crois fermement que la santé et l'éducation de qualité sont parmi les tout premiers leviers pour éviter les clivages et les ruptures au sein de nos sociétés. Sans soins de base pour tous, sans école pour tous, tout progrès restera précaire. Pour assurer cet accès à tous, il faut bien sûr que des infrastructures soient mises en place. Toutefois, celles-ci constituent une condition nécessaire, mais pas suffisante. Je suis convaincue que nous devons nous concentrer sur les groupes les plus vulnérables, sur les groupes qui risquent de ne pas trouver le chemin de l'école ou la porte du médecin".

Au cours du mois de juin, elle participe également à une table ronde avec les entreprises signataires de la Belgian SDG Charter, et elle rencontre le directeur exécutif du Programme alimentaire mondial David Beasley.

La Reine reçoit au palais royal Claudine Talon (Première Dame du Bénin) en septembre, et Rula Ghani (Première Dame d'Afghanistan) en octobre. D'après le Palais,  "ces rencontres ont permis un échange de vues sur la mise en oeuvre inclusive des Objectifs du Développement Durable, en particulier la santé, l'éducation et la situation sociétale de la femme".

Mathilde visite le village de conteneurs baptisé Poliopolis. C'est un projet pilote de l'Université d'Anvers, où des volontaires ont été mis en quarantaine pendant 28 jours pour tester deux nouveaux vaccins oraux contre la poliomyélite. Elle a été informée des premiers résultats scientifiques. Notre souveraine accorde son Haut Patronage au Centre pour l'Evaluation des Vaccinations de l'Université d'Anvers, et a été représentante spéciale pour la vaccination de l'Organisation Mondiale de la Santé Europe de 2011 à 2013.

Après avoir présidé une réunion de travail au palais royal sur les ODD avec des jeunes actifs dans la vie associative, sociale, académique et syndicale,  la Reine prononce un discours lors de la conférence "L'ONU, parlons-en" organisée en octobre par le ministère des Affaires étrangères à l'occasion de la Journée des Nations Unies.

Plusieurs activités du voyage d'Etat en Inde ont lieu sur ce thème :   visite d'un projet de microfinance, petit déjeuner de travail sur les ODD, rencontre avec la Première Dame, visite du programme Plan-It Girls, présentation du travail de l'association de Sœur Jeanne, déjeuner sur l'autonomisation des femmes. De retour en Belgique, la Reine prend la parole lors du séminaire national  "SDG : allons-nous dans la bonne direction?", (qui a pour objectif de faire une évaluation des ODD dans notre pays) et participe à Ghislenghien à une réunion de travail avec des entreprises prenant part à la mise en oeuvre des ODD.

En décembre, à Düsseldorf, Mathilde reçoit le Prix Honorary National German Sustainability pour son engagement en faveur du développement durable et des projets humanitaires. Ajoutons qu'elle a également rejoint un groupe informel de leaders mondiaux au sein du Groupe de la Banque Mondiale, afin de soutenir son "Projet pour le Capital Humain". Celui-ci a pour objectif d'investir plus et mieux dans le capital humain en mettant l'accent sur la santé (y compris la santé mentale), la qualité de l'enseignement et une bonne alimentation.

Année 2018

Au forum économique mondial de Davos en janvier, la Reine retrouve la première ministre norvégienne Erna Solberg (co-présidente du Groupe des Défenseurs des ODD), rencontre le directeur exécutif du Programme Alimentaire Mondial, le directeur général de la Banque Mondiale et Malala Yousafzai (Prix Nobel de la Paix 2014), et assiste à la session "Ask About Vaccines".

A l'invitation du président Nana Akufo-Addo (également défenseur des ODD),  la reine Mathilde et le ministre belge de la Coopération au Développement Alexander De Croo se rendent trois jours en février au Ghana. Ils y visitent une série de projets en lien avec l'enseignement, la santé et les femmes. Le Ghana ne fait pas partie des pays aidés par la coopération belge, mais notre pays y soutient des projets par le biais de la Société d'Investissement pour les Pays en Développement (Bio), dont le prince Philippe était président d'honneur.

En mars, Mathilde participe à un petit-déjeuner sur le thème des ODD lors du voyage d'Etat au Canada, et est invitée au port d'Anvers lors de la signature du World Ports Sustainability Programm, dans lequel la communauté maritime internationale s'engage en faveur des ODD. Le mois suivant, elle participe à une journée de réflexion à la KUL sur les ODD.

Fin avril, en visite officielle à New York avec son époux pour promouvoir la candidature belge à un siège de membre non permanent du conseil de sécurité de l'ONU,  la Reine rencontre le secrétaire-général Antonio Guterres et prend la parole lors d'une réunion de travail sur les ODD.  

De retour à Bruxelles, elle reçoit en mai Geert Cappelaere (directeur régional de l'Unicef pour le Moyen Orient et l'Afrique du Nord) et Henrietta Fore (directrice exécutive de l'Unicef). Après accord du gouvernement belge, la Reine devient la nouvelle présidente d'honneur du Conseil Fédéral du Développement Durable (une fonction qu'avait assumée le prince héritier Philippe de 1993 à son accession au trône en 2013).

Comme en 2016 et en 2017,  la reine Mathilde participe aux Journées Européennes de Développement organisées en juin à Bruxelles par la Commission Européenne. Elle prend la parole lors de la cérémonie d'ouverture, en présence notamment de la reine Letizia d'Espagne.

La Reine préside aussi en juin deux tables rondes avec des entreprises prenant part à la mise en oeuvre des Objectifs de Développement Durable des Nations Unies. En septembre, elle se rend à New York pour une réunion entre le Groupe des Défenseurs des ODD et le secrétaire général des Nations Unies Antonio Guterres, pour une conférence sur les enfants dans les conflits armés et pour le lancement d'une campagne internationale afin de lever 500 millions d'euros en faveur des femmes et des filles dans le monde.

A Bruxelles, Mathilde prend la parole en octobre lors du Global Girls Summit 2018 et à l'occasion du 25ème anniversaire du Conseil Fédéral de Développement Durable (dont elle est la nouvelle présidente d'honneur).

En décembre, la Reine participe à une table ronde sur le développement durable à la Fédération des Entreprises de Belgique, et prononce un discours lors d'une réunion mondiale de l'Unesco à Bruxelles sur l'éducation :

"C'est un privilège pour mon pays d'accueillir la réunion mondiale de l'Unesco consacrée au thème important qu'est l'éducation. Nous savons tous que l'éducation est à la base de tout développement. Les progrès accomplis en matière d'accès à l'éducation, dans la plupart des pays du monde et au niveau mondial, sont indéniables. Le nombre d'enfants, d'adolescents et de jeunes ne fréquentant pas l'école - qui s'élevait à 376 millions en 2000 - s'est réduit de 35 % environ. Désormais, l'universalité de l'accès à l'école primaire semble davantage à notre portée, bien que des disparités régionales restent importantes. Le taux de scolarisation des filles en primaire témoigne aussi d'avancées réelles.

Mais, encore aujourd'hui,  262 millions d'enfants, d'adolescents et de jeunes ne vont pas à l'école, soit 1 sur 5.  Moins de 60% des filles dans les pays les plus pauvres terminent à l'école primaire. 17% des enfants qui fréquentent l'école primaire ne terminent pas ce cycle. Plus inquiétant encore, les progrès enregistrés semblent désormais stagner. Enfin, des conflits prolongés, causant d'importants déplacements de population, ont privé de nombreux enfants et adolescents de plusieurs années de scolarité, au point que l'on a parlé à leur sujet de génération perdue. Parmi eux, des enfants-soldats dont la réintégration nécessitera des efforts soutenus.

Alors que les objectifs quantitatifs fixés par la communauté internationale ne sont pas encore atteints, l'Objectif 4 du développement durable nous a fixé un nouveau défi, à savoir   "assurer à tous et à toutes une éducation de qualité, sur un pied d'égalité et promouvoir les possibilités d'apprentissage tout au long de la vie", qui fait aujourd'hui l'objet de cette réunion mondiale. En tant que défenseur des Objectifs de Développement Durable des Nations Unies,  j'y attache une importance particulière. J'oeuvrerai aussi à la promotion de l'investissement dans le capital humain :  le développement des individus joue un rôle essentiel dans la réalisation d'un développement durable.

Il est de plus en plus évident qu'il ne suffit pas d'être à l'école pour apprendre, pour bien apprendre. Beaucoup d'élèves n'acquierent pas, au cours de leur scolarité, les connaissances et les méthodes d'apprentissage qui doivent leur permettre de progresser et de s'adapter, dans des sociétés et dans des économies en mutation. Ce sont donc aussi ces déficiences qualitatives dans les systèmes d'enseignement qu'il faut pouvoir repérer, analyser et mesurer, afin de mettre en place les actions qui permettront d'y remédier et faire en sorte que l'école retrouve son rôle de garant d'une formation inclusive et adéquate pour tous les enfants et les adolescents. 

Les inégalités d'accès à un enseignement de qualité ne sont pas le seul résultat des disparités économiques entre pays. Grâce à des politiques appropriées et à des réformes ciblées de leur système scolaire, certains pays en développement ont obtenu des résultats encourageants qui placent leurs jeunes à des niveaux compétitifs dans les tests destinés à évaluer la qualité de l'enseignement. Et, à l'inverse, dans de nombreux pays, riches ou pauvres, l'inégalité des chances pour les élèves issus de milieux défavorisés se trouve encore trop souvent aggravée par les difficultés qu'ils rencontrent à accéder à un enseignement de qualité". 

Année 2019

Après un premier mandat de trois ans (de 2016 à 2018), les Nations Unies demandent à la Reine de poursuivre en 2019 et 2020 son rôle de défenseur des Objectifs de Développement Durable, 

Au forum économique mondial de Davos, Mathilde rencontre le président d'un camp de réfugiés au Kenya Mohammed Hassan Mohamud, le Haut-Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés Filippo Grandi, le Docteur Denis Mukwege (Prix Nobel de la Paix 2018), le directeur général de l'Organisation Mondiale de la Santé Tedros Adhanom Ghebreyesus, et la Première Dame du Paraguay Silvana Abdo. Elle assiste aussi à une réunion avec des spécialistes de la santé, à la conférence du secrétaire général des Nations Unies Antonio Guterres, à la session "Making Education Inclusive", et à une réunion à la Schwab Foundation for Social Entrepreneurship (dont elle est membre d'honneur du conseil d'administration).

En février, la Reine effectue un voyage de travail de trois jours au Mozambique en tant que Défenseur des Objectifs de Développement Durable des Nations Unies. Au programme :  rencontres avec le président de la République, le ministre des Finances et la ministre de l'Enfance et des Affaires Sociales, visite à l'école communautaire Santo Antonio da Malhangalene, dîner offert par la gouverneure de la province de Gaza, rencontre avec les habitants du village de Bilene, découverte d'un projet de dessalement de l'eau, visite à l'hôpital de Chokwé, échange avec des victimes de violence domestique et de mariages d'enfants, découverte du programme UNWOMEN en faveur des femmes, déjeuner de travail avec la Première Dame, visite de l'Institut National de gestion des catastrophes du Mozambique, discours à l'université de Maputo, visite d'un centre de santé à Marracuene, déjeuner de travail avec le représentant de l'Unicef et le directeur régional de la Banque Mondiale, visite de l'association "Light of the World".

La presse lui demande s'il n'est pas frustrant avec cet agenda chargé de ne pas pouvoir approfondir certaines rencontres. La Reine leur répond :   "J'ai la chance d'aller à la rencontre de cette population, de plein de personnes extrêmement intéressantes, donc je ne veux pas repartir avec un sentiment de frustration. Je suis quelqu'un qui prend ce qui lui est donné dans les limites de son possible. Je dis toujours que faire son petit possible chaque jour, c'est comme ça que les choses avancent. C'est ma philosophie. Je ne sais pas faire plus, je fais ce que je peux avec les moyens que j'ai. Chaque rencontre est unique. Si je ne montrais pas d'intérêt à ces gens, ce serait frustrant pour eux car ils ont énormément travaillé pour organiser au mieux ma visite. Ils ont donné beaucoup d'eux-mêmes et la moindre des choses, c'est que je sois attentive à eux". 

Lors du voyage d'Etat en Corée du Sud en mars,  la Reine rencontre l'ancien secrétaire-général des Nations Unies Ban Ki-Moon, participe à l'ouverture du séminaire "Solutions innovantes pour une économie circulaire, mobilité durable et changement climatique" et à un déjeuner de travail sur la santé mentale, discute des ODD avec des jeunes Coréens au siège d'Unicef Corée, et se rend au centre Jeon Jin Sang qu'elle avait déjà visité en 2000 lors d'une mission économique. Ce centre a été fondé en 1975 par Marie-Hélène Brasseur, une infirmière belge, et propose des soins médicaux et palliatifs dans un quartier défavorisé de Séoul.

En Belgique, d'autres activités officielles sont en lien avec ce thème durant le premier semestre de 2019 :  World Ressources Forum, remise du Prix Womed Award Sud à une entrepreneure du Salvador, 20ème anniversaire de l'Agence de développement belge Enabel,  visite à l'Université de Gand pour découvrir des projets réalisés par les étudiants et les chercheurs autour du développement durable, table ronde sur le développement durable avec des représentants de hautes écoles et universités chargés de formations en gestion, rencontre avec Kailash Satyarthi (Prix Nobel de la Paix 2014), ouverture des Journées Européennes du Développement.

A l'étranger, la Reine se rend en mai aux sièges de l'Organisation Mondiale de la Santé et du Comité International de la Croix-Rouge à Genève pour attirer l'attention sur la question de la santé mentale au niveau mondial. Le mois suivant, en compagnie de sa fille Elisabeth, elle effectue un voyage au Kenya avec Unicef Belgique (dont elle est présidente d'honneur).

D'autres activités officielles de la souveraine en Belgique sont en lien avec les ODD lors du deuxième semestre de l'année :   table ronde avec les trois lauréats du Prix Fédéral de Lutte contre la Pauvreté 2019,  rencontre avec la nouvelle Première Dame du Congo, Sommet Mondial sur la Vaccination organisé à Bruxelles par la Commission Européenne et l'Organisation Mondiale de la Santé, 50ème anniversaire de l'ONG Via Don Bosco, colloque "One Planet, One Health, One Future", ouverture du premier congrès de la Chaire Internationale Mukwege de l'Université de Liège sur les violences faites aux femmes et aux filles dans les conflits armés, 1ère journée "UCLouvain en transition" à Louvain-la-Neuve.

La Reine se rend en septembre à New York, où elle assiste à diverses réunions autour du développement durable, elle rencontre le secrétaire général des Nations Unies Antonio Guterres et la directrice générale de l'Unicef Henrietta Fore, et elle assiste au 30ème anniversaire de la Convention des droits de l'enfant et au 100ans de Save the Children.

Année 2020

Sa première activité de l'année en lien avec les ODD est la visite du siège de J&Joy à Waremme en province de Liège. Il s'agit de la seule marque de prêt-à-porter belge ayant un fonds philanthropique géré par la Fondation Roi Baudouin. Ils soutiennent les Petits Riens en Belgique, des projets en Inde en faveur de l'éducation des enfants, et l'association Objectif Ô de Jean-Denis Lejeune pour creuser des puits d'eau potable dans les zones défavorisées d'Afrique et d'Inde. Tous les vêtements de cette marque belge sont fabriqués dans des usines pratiquant le commerce équitable, n'employant pas de travailleurs âgés de moins de 16 ans, et conformes aux chartes internationales du travail. Mathilde porte-t-elle parfois des vêtements J&Joy?  On l'ignore.

A l'occasion de la Journée Internationale de l'Education le 24 janvier, la Reine fait publier le communiqué suivant :   "En ma qualité de Défenseur des Objectifs de Développement Durable des Nations Unies, j'accorde une attention particulière à l'objectif 4,  relatif à l'éducation. Un enseignement accessible, inclusif et de qualité, tant pour les enfants que pour les adultes, est indispensable à la réalisation des Objectifs du Développement Durable. La formation, via un enseignement de qualité des générations actuelles et à venir,  est cruciale pour répondre aux défis globaux et ainsi rendre possible une société ouverte, innovante et juste". 

Au forum économique mondial de Davos, elle retrouve le conseil d'administration de la Schwab Foundation for Social Entrepreneurship (dont elle est membre d'honneur), et rencontre le Haut-Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, le directeur général de l'Organisation des Nations Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture, et le gestionnaire du programme de développement des Nations Unies.

En février, le couple royal se rend au siège de l'ONU à New York et est reçu par le secrétaire général Antonio Guterres. Le Roi prend la parole devant le Conseil de Sécurité de l'ONU à l'occasion de la Journée Internationale des Enfants Soldats.

Ses actions sont interrompues durant le confinement. Le Palais a cependant signalé que la Reine avait poursuivi, par téléphone ou Skype, des entretiens avec plusieurs hauts responsables d'organisations multilatérales au sujet de leur réponse à la pandémie de COVID-19. Elle a insisté auprès d'eux sur l'attention accrue qu'il faudra réserver à la santé mentale, y compris après la levée des mesures de confinement. Elle a relayé les témoignages recueillis dans notre pays auprès de jeunes, de femmes victimes de violence, de personnes âgées, et auprès de ceux qui leur viennent en aide. Mathilde leur a fait part de son inquiétude pour l'avenir de l'éducation dans de nombreux pays en voie de développement, suite aux longues semaines d'absence des élèves liées au confinement. Si certains ont pu suivre des cours à distance, d'autres s'en sont trouvés exclus, faute de moyens. Dans certains pays, l'abandon scolaire et les mariages précoces en sont des conséquences immédiates.

La réunion annuelle de septembre entre le secrétaire général des Nations Unies Antonio Guterres et les défenseurs des ODD ne peut avoir lieu comme d'habitude à New York. Elle se déroule par vidéoconférence (avec la participation de Mathilde) et aborde la mise en oeuvre des ODD suite à la pandémie du Covid 19.

En octobre, par vidéoconférence, la Reine (présidente d'honneur d'Unicef Belgique) s'entretient  avec des responsables de l'Unicef en Inde et au Brésil, deux pays durement touchés par le Covid-19, et prononce une allocution lors du SDG Forum virtuel 2020 réunissant des associations et organisations engagées dans la mise en oeuvre des Objectifs de Développement Durable.

Mathilde s'exprime également par vidéoconférence au cours d'un webinaire de la FAO sur la nutrition et l'alimentation (en novembre), et sur la santé mentale lors du European Health Summit (en décembre).

Année 2021

Son combat continue durant le premier semestre de 2021  :   visite du siège d'Handicap International Belgique, entretiens par vidéoconférence en février avec les lauréats de la Schwab Foundation for Social Entrepreneurship, avec les directrices régionales de l' Organisation Mondiale de la Santé pour l'Afrique et les Amériques, avec les représentants d'Enabel Belgium (agence belge de développement) dans plusieurs pays d'Afrique, entretiens par vidéoconférence en mars sur l'impact du coronavirus sur les réfugiés et sur la préparation du sommet de l'ONU sur les systèmes alimentaires prévu fin 2021 à New York, discussion autour du développement durable en mai avec des étudiants belges en économie et gestion, participation à la conférence virtuelle "Voix de la santé mentale en Afrique", table ronde à l'Union Wallonne des Entreprises au sujet des ODD, rencontre avec le secrétaire général des Nations Unies Antonio Guterres de passage à Bruxelles, entretiens par vidéoconférence avec différents responsables de l'ONU et de l'OMS sur les violences contre les enfants.

Durant le deuxième semestre, diverses activités officielles sont en lien avec son rôle de défenseur des ODD :  visite de Micro Start Charleroi, discours par vidéoconférence à la conférence virtuelle sur la santé mentale avec la secrétaire générale adjointe des Nations Unies, visite du siège bruxellois des agences de l'ONU, présentation de la Coalition paneuropéenne pour la santé mentale lancée par l'OMS, rencontre avec la directrice générale de l'Unesco Audrey Azoulay, 3ème sommet mondial sur la santé mentale à Paris, événement "Les ODD comme outil de transition vers des organisations responsables" sur le campus de l'UCL, débat organisé par l'Unicef sur le bien-être mental des enfants dans le monde, discussion autour des ODD avec les rhétos du Collège Da Vinci de Perwez, rencontres avec le directeur de Fairtrade Belgium dans le cadre de la Semaine du commerce équitable, puis avec le Haut-Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés Filippo Grandi, audience pour la Première Dame du Botswana.

Année 2022

La Reine continue son engagement durant le premier semestre de 2022 :   rencontres avec les Premières Dames de Namibie, de Côte d'Ivoire et du Congo, visite du navire-hôpital de l'organisation caritative internationale Mercy Ships avant son départ en Afrique, rencontre avec le docteur Denis Mukwege (Prix Nobel de la Paix 2018). table ronde sur la communication autour du développement durable, 25ème anniversaire de la loi belge sur la coordination de la politique fédérale de développement durable, réunion sur la mise en oeuvre des ODD en Grèce, rencontre avec la représentante spéciale de l'ONU pour les violences sexuelles en période de conflit, remise du Prix Roi Baudouin pour le Développement en Afrique, table ronde sur les droits des femmes au Congo, visite de l'hôpital Panzi du docteur Denis Mukwege (Prix Nobel de la Paix 2018) à Bukavu, visite du village Katanga et de son projet de forêt communautaire soutenu par la FAO et la Belgique, Journées Européennes du Développement organisées par la Commission Européenne, rencontre avec la directrice générale de l'Unicef Catherine Russell. 

La souveraine prend la parole en septembre lors des Journées de contact diplomatique à Bruxelles :

Son combat se poursuit durant le deuxième semestre de 2022 :  rencontre avec le journaliste Rudi Vranckx sur ses reportages consacrés à l'éducation des filles en Afghanistan, visite du nouveau centre Vaccinopolis à Edegem, événement organisé au palais de Buckingham par la nouvelle reine Camilla en faveur des femmes victimes de violence, visite au Conseil Fédéral du Développement Durable avec la ministre fédérale Zakia Khattabi, rencontre avec le docteur belge Hélène Brasseur qui s'investit depuis de nombreuses années auprès des défavorisés en Corée du Sud. 

Année 2023

En janvier, la Reine remet le Prix Awa de l'Agence Belge de Développement en faveur de l'entreprenariat des femmes dans les pays partenaires de la coopération belge. Au forum mondial économique de Davos, elle s'entretient avec le secrétaire général des Nations Unies, le Haut Commissaire aux réfugiés et le directeur général de l'Organisation Mondiale de la Santé. Le mois suivant, Mathilde se rend trois jours au Bangladesh pour découvrir différents projets humanitaires et environnementaux, et visite le magasin Oxfam à Malines. La Reine effectue également un voyage au Vietnam avec l'Unicef, et reçoit le secrétaire général et la secrétaire générale adjointe lors de leur passage à Bruxelles ainsi qu'une délégation de la Fédération Internationale des travailleurs domestiques.

Mathilde se rend en septembre à New York pour la réunion annuelle des défenseurs des ODD avec le secrétaire général des Nations Unies. Le bilan n'est cependant pas positif :   seuls 15 % des objectifs à atteindre d'ici 2030 sont déjà réalisés, plusieurs objectifs n'ont pas du tout évolué et ont même plutôt régressé.

Année 2024

En 2024, la Reine poursuit son mandat de défenseur des Objectifs de développement durable des Nations Unies :   réunions sur les ODD au forum économique de Davos, 25ème anniversaire de Good Planet Belgium, 3ème Forum Humanitaire Européen, séminaire "Femmes, Paix et Sécurité", Journée Internationale de la Femme au palais de Buckingham à l'invitation de la reine Camilla, voyage de travail en Côte d'Ivoire pour promouvoir les ODD, visite de la Fédération Bancaire Européenne, ouverture de la 5ème Conférence Mondiale du Cacao, symposium sur les systèmes d'étiquetage nutritionnel, rencontre avec le nouveau directeur général d'Handicap International Belgium, voyage de travail aux Nations Unies à New York pour l'ouverture du Sommet de l'Avenir, 5ème European Health Summit à Bruxelles. 

Lors de son voyage en Côte d'Ivoire, Mathilde explique son mandat de défenseur des ODD à la presse :

"Cela s'inscrit dans une prolongation de cet engagement social que j'ai depuis longtemps. Ces objectifs de développement durable offrent un cadre à tous les pays qui les ont adoptés, un cadre pour pouvoir améliorer la durabilité, faire face aux grands défis auxquels ils sont confrontés. J'ai accepté cette mission. C'est vrai que c'est un agenda ambitieux. Pour le faire connaître au grand public, c'est très complexe mais si vous parlez du changement climatique,de l'interdiction du travail des enfants, l'éducation, des femmes victimes de violences ou accusées de sorcellerie, ce sont des problématiques très concrètes. Sur chacune des activités que nous avons faites ici en Côte d'Ivoire, vous pouvez coller plusieurs objectifs de développement durable tant sur le plan social qu'écologique ou économique. C'est très concret. Alors, est-ce que je peux faire la différence ? En tout cas, j'ai vu par exemple ici sur le terrain les défis des producteurs de cacao. Dans un mois a lieu en Belgique une conférence internationale sur la durabilité du cacao, où il y aura les grands acteurs du secteur. Je pourrai leur parler des difficultés concrètes des producteurs sur le terrain et répéter combien il est important d'investir dans un cacao durable. Je parle des ODD dans d'autres forums. Je suis là en soutien des autorités pour rappeler à quel point c'est important de continuer. Il reste encore énormément de travail à réaliser. Mais nous devons être ambitieux pour la prochaine génération ! On ne doit quand même pas désespérer...  C'est pour cela qu'il est important d'écouter les jeunes pour faire la différence. Oui, c'est un agenda ambitieux, mais la jeunesse mérite de telles ambitions, pour son bien-être futur". 

Année 2025

La Reine ne sera pas entendue :  le nouveau gouvernement belge installé en février 2025 a pour objectif de diminuer de 25 % le budget de la coopération au développement durant la législature. 

lundi 15 août 2016

Les liens entre la dynastie belge et le Brésil

                    
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Juillet 2016 :  voyage de la princesse Maria-Esmeralda au Brésil
Du 3 au 7 juillet, la princesse Maria-Esmeralda s'est rendue au Brésil sur les traces de son père et de ses grands-parents. Au programme de son voyage :   inauguration d'un buste de la reine Elisabeth dans les jardins de l'ambassade de Belgique à Brasilia, visite du village de Porteira afin de rencontrer le peuple indigène des Xerente (le roi Léopold III avait déjà rencontré cette communauté lors d'une expédition au Brésil dans les années 60), rencontre avec le vice-gouverneur et le gouverneur de l'Etat du Tocantins, visite du projet social "Kritzelei" à Sao Sebastiao (dans lequel la chanteuse belge Dorka Hepp est impliquée en faveur de filles et adolescentes de 9 à 18 ans), inauguration au Mémorial des Peuples Indigènes de Brasilia de l'exposition des photos prises par Léopold III lors de son voyage au Brésil en 1964

Août 2016 : le roi Philippe et la reine Mathilde aux Jeux Olympiques de Rio
Le couple royal s'est rendu au Brésil pour les premières journées des Jeux Olympiques 2016 de Rio : cérémonie d'ouverture, visite du Village Olympique, réception offerte aux chefs d'Etat et de gouvernement présents par le président intérimaire du Brésil Michel Temer, rencontre avec les responsables d'un projet social de l'ONG belge Kiyo, rencontre avec le président du Comité International Olympique Thomas Bach, réception du Comité Olympiques et Interfédéral Belge, ainsi que diverses épreuves sportives auxquelles participaient des Belges (judo, hockey, tennis, haltérophilie, p.ex.).

C'est le deuxième voyage de nos souverains au Brésil depuis le début de leur règne. En effet, ils s'y étaient rendus un week-end en 2014 pour assister à un match des Diables Rouges dans le cadre de la Coupe du Monde de football. Ils en avaient profité pour dévoiler la nouvelle plaque de l'avenue dédiée à la reine Elisabeth et déposer des fleurs devant le buste du roi Albert Ier (ces deux hommages du Brésil aux souverains belges rappellent leur voyage dans ce pays en 1920).

Avant 2014 et 2016, il y a eu d'autres visites de notre famille royale au Brésil, mais celle qui est restée dans les mémoires, c'est celle du roi Albert Ier et de la reine Elisabeth (voir ci-dessous).

Le voyage du roi Albert Ier et de la reine Elisabeth au Brésil en 1920
En voici le compte-rendu que j'ai trouvé dans le livre "Elisabeth de Belgique : les défis d'une reine" de l'historien Georges-Henri Dumont :


"Pour de multiples raisons, les souverains belges avaient accepté l'invitation officielle que leur avait faite le président brésilien Epitacao Pessoa. Le Brésil était entré dans la guerre aux côtés des Alliés en 1917. Assez modestement sur le plan militaire (il s'était contenté d'envoyé une petite flotille dans les mers septentrionales), mais c'est en grandes quantités qu'il avait expédié des médicaments et des vivres. La Belgique ne l'avait pas oublié. Et puis Elisabeth n'était-elle pas une Bragance par sa mère, une "fille des enfants de lumière", selon les mots de Camoëns?  République depuis 1889, le Brésil se souvenait néanmoins du roi Joao VI et surtout de don Pedro qui avait proclamé l'indépendance en 1822 et pris le titre d'empereur. Les Brésiliens considéraient Elisabeth presque comme des leurs. Enfin, les souverains belges, qui avaient l'intention de se rendre bientôt au Congo, étaient heureux de l'occasion qui leur était offerte de parcourir une région tropicale. La Reine avait d'ailleurs demandé au docteur Nolf de l'accompagner afin d'enquêter sur place sur le diagnostic et le traitement des maladies tropicales.


L'embarquement eut lieu le mercredi 1er septembre 1920 au port de Zeebrugge, où avait accosté le cuirassé brésilien "Sao Paulo". Avant de franchir la passerelle et de faire ses adieux à ses trois enfants, la Reine s'entretint pendant quelques instants avec les orphelins de marins et de pêcheurs, élèves de l'école Ibis, venus lui offrir des fleurs. Puis ce furent la montée à bord, les traditionnelles acclamations de la foule massée sur le môle ou les toits des hangars, les hymnes nationaux, les ancres levées, les amarres lâchées.


La traversée fut presque sans histoire. La Reine qui aimait la chaleur et en éprouvait le besoin physique se dorait volontiers au soleil, un livre à la main. L'équipage était surpris par sa jovialité et son apparente simplicité. Elle se mêlait aux habituels jeux de bord qu'elle connaissait bien depuis son voyage aux Etats-Unis. Et le soir, elle prenait souvent sa place parmi les violonistes de l'orchestre. Comme c'était la première fois qu'elle franchissait la ligne de l'équateur, il lui fallut subir l'épreuve du baptême par le roi Neptune. En souvenir de quoi les marins lui offrirent un poudrier en cristal et bronze.


Escorté de dix torpilleurs, le "Sao Paulo" pénétra majestueusement dans la baie de Rio au début de l'après-midi du dimanche 19 septembre 1920. Pendant que, sous un soleil éclatant, les forteresses de Santa Cruz, Sao Joao et Imbuhy saluaient le cuirassé de leurs canons, soixante-quatre rameurs conduisaient vers le Roi et la Reine une galiote toute blanc et or. C'était l'historique "Dom Joao VI", construite en 1808, venue du Portugal lorsque l'arrière-grand-père maternel d'Elisabeth, fuyant l'occupation napoléonienne, s'était exilé en terre brésilienne.


Albert et Elisabeth, accueillis par le président Epitacao Pessoa, sa femme et sa fille, descendirent dans la galiote qui les mena au débarcadère. Discours, cortège triomphal jusqu'au palais de Guanabara, apparitions au balcon : la visite officielle commençait. Trop, beaucoup trop officielle au gré de la Reine. Les autorités brésiliennes avaient cru bien faire en montrant à leurs hôtes combien leur pays était européanisé. Réception au parlement, soirées de gala au théâtre, parades militaires, garden-parties, concours hippique, match de football : rien ne leur fut épargné alors qu'ils souhaitaient essentiellement rencontrer ceux qui luttaient difficilement pour le développement, les dirigeants d'établissements industriels, les responsables de l'urbanisme aux prises avec l'extension des favellas, etc.


Le mardi 27 septembre, après une semaine de cérémonies aussi lassantes que brillantes, la Reine, accompagnée du docteur Nolf et de la comtesse de Caraman-Chimay, put enfin visiter l'Institut de Médecine Tropicale Oswaldo-Cruz situé dans un faubourg de Rio. Elle s'y fit notamment expliquer comment, en quelques années, le docteur Oswaldo-Cruz, un élève de Pasteur, avait réussi à éradiquer la fièvre jaune apportée en 1849 par des navires venant d'Amérique centrale. Nommé directeur de la Santé publique par le président Rodriguez Alvoz, il avait constitué une brigade de 1.500 hommes qui procédèrent systématiquement à l'assèchement ou à la pétrolisation des marais, au nettoyage régulier des petites rivières et à l'examen quotidien des égouts de la capitale. Les résultats ne s'étaient guère fait attendre :   dès 1903, la mortalité due à la fièvre jaune était tombée à 584 décès. En 1908, on n'en enregistrait plus que 4 et l'année suivante, plus du tout. Le docteur Chagaz, successeur de Cruz, étendit le domaine des recherches de l'Institut de Médecine Tropicale aux épidémies qui décimaient le bétail. Après avoir entendu les paroles élogieuses de la Reine, Chagaz et ses collaborateurs signalèrent à celle-ci qu'ils connaissaient et appréciaient les travaux de plusieurs médecins belges, notamment le docteur Jules Bordet.


La flore brésilienne fascinait la Reine. Aussi voulut-elle passer de longues heures au jardin botanique où on lui fit admirer le premier palmier que son arrière-grand-père, le roi Joao du Portugal, planta en 1808. Albert Ier, qui semblait soucieux depuis qu'il savait son gouvernement menacé par les démissions successives du ministre de la Défense Nationale et du ministre des Colonies, planta, lui aussi, un arbre pour commémorer sa visite :  un metrodora. Pour compenser les effets débilitants de la chaleur humide de Rio de Janeiro, les souverains furent conviés à passer un jour et une nuit dans une plantation de café établie dans la montagne. La Reine en profita pour chevaucher dans la région, tantôt au trot, tantôt au galop. A un moment donné, elle piqua des deux à la poursuite d'un immense papillon bleu. Epuisés par son rythme, transpirant, la plupart des membres de sa suite abandonnèrent, l'un après l'autre, la randonnée. Elle, elle continuait, joyeuse et fougueuse comme aux beaux jours de Possenhofen.


Le périple brésilien conduisit Albert et Elisabeth à la ville résidentielle de Petrópolis, à Theresopolis peuplée de colons allemands et suisses, à Belo Horizonte, la nouvelle capitale de l'Etat de Minas Gerais, construite de toutes pièces en quelques années sur l'emplacement d'un village perdu, à Sao Paulo où le prince Léopold vint rejoindre ses parents. A nouveau, trop de cérémonies officielles, mais aussi un enthousiasme populaire délirant, ponctué à chaque gare de salves de fusil et de coups de revolver. Le roi Albert prononça une nouvelle série de discours de remerciement dans le style banal qui convenait. Toutefois, lors de la réception à la Cour de Justice de Belo Horizonte, il glissa une petite phrase qui ne passa pas inaperçue :  "Plus un pays avance dans la civilisation, plus le pouvoir judiciaire y occupe une situation indépendante et respectée".

Quant à la Reine, elle visita à Sao Paulo le couvent de l'ordre belge de Saint-Vincent dont l'école était fréquentée par les enfants de la classe ouvrière. Et pour ne pas faire de discrimination, elle s'arrêta aussi chez les sœurs de Saint-Augustin, un autre ordre belge, qui réservaient leur enseignement aux enfants de ce qu'on appelait la "bonne société".


Le vendredi 8 octobre, le Roi, la Reine et le prince Léopold partirent pour la plaine de Campinas, le plus ancien centre de plantations de café de la région. A cheval, ils montèrent jusqu'à l'important institut zootechnique. Puis ce fut la visite des différents centres agricoles de la Fazenda de Guatapara, suivies de celle du port de Santos aux entrepôts bourrés de sacs de café.


Le voyage se termina comme il avait commencé : à bord du "Sao Paulo". A l'escale de Lisbonne, Elisabeth retrouva le souvenir de ses ancêtres : pour elle, les Portugais tirèrent les carrosses royaux exposés au musée près de la tour de Belem".


(extrait de "Elisabeth de Belgique : les défis d'une reine" de Georges-Henri Dumont)   

lundi 8 août 2016

Les voyages d'Etat

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(Article actualisé en février 2026)

En règle générale, les voyages d'Etat n'ont lieu qu'une seule fois par règne ou mandat présidentiel, et par pays (le roi Baudouin s'est cependant rendu deux fois en France et aux Pays-Bas, et le roi Albert II deux fois en Allemagne). Ceux-ci sont des événements politiques importants suite aux échanges que le Roi, son ministre des Affaires étrangères et leur délégation ont à leur niveau respectif d'une part, et aux discours prononcés par les deux chefs d'Etat lors du traditionnel dîner de gala d'autre part. Le protocole est très présent lors des voyages d'Etat avec passage des troupes en revue, échanges de décorations et cadeaux, p.ex. Des visites sociales, économiques et culturelles sont également au programme, ainsi qu'une rencontre avec la communauté belge d'un pays visité. La durée d'un voyage d'Etat peut varier de deux jours à une semaine.

Sous le règne de Baudouin Ier (1951-1993)
En 42 ans de règne, le roi Baudouin a effectué 47 voyages d'Etat :  Etats-Unis, Luxembourg et Pays-Bas en 1959, France en 1961, Royaume-Uni en 1963, Japon, Thaïlande, Suède et Iran en 1964, Norvège, Mexique, Chili, Argentine et Brésil en 1965, Danemark et Italie en 1966, Irlande et Maroc en 1968, Finlande en 1969, Inde en 1970, Allemagne/RFA et Autriche en 1971, Ethiopie en 1972, Yougoslavie en 1973, Indonésie en 1974, Tunisie, Sénégal, Tanzanie, Zambie, URSS et Arabie Saoudite en 1975, Roumanie en 1976, Canada et Pologne en 1977, Espagne en 1978, Cameroun et Côte d'Ivoire en 1979, Bangladesh et Chine en 1981, Portugal en 1984, Australie en 1987, Suisse en 1989, Hongrie et Algérie en 1990, Corée du Sud et France en 1992, Pays-Bas en 1993.

La reine Fabiola a participé à tous les voyages d'Etat de son époux, à l'exception des trois de 1959 (ils n'étaient pas encore mariés) et à celui d'Arabie Saoudite (le protocole y étant trop strict à l'époque à l'égard des femmes).

Sous le règne d'Albert II (1993-2013)
En 20 ans de règne, le roi Albert et la reine Paola ont effectué 29 voyages d'Etat :  Luxembourg, Suède et Espagne en 1994, Danemark et Allemagne en 1995, Finlande et Japon en 1996, Norvège et Autriche en 1997, Russie et Italie en 1998, Pologne et Portugal en 1999, Pays-Bas, Tchéquie et Suisse en 2000, Grèce en 2001, Hongrie en 2002, Bulgarie et France en 2003, Maroc en 2004, Chine en 2005, Lituanie en 2006, Lettonie et Irlande en 2007, Estonie et Inde en 2008, Roumanie en 2009, avant d'effectuer un second voyage d'Etat en Allemagne avec un protocole cependant plus allégé par rapport au premier.

Le couple royal a reçu 15 chefs d'Etat en voyage d'Etat en Belgique au cours de leur règne :  l'empereur Akihito du Japon en 1993, le président allemand Roman Herzog en 1998, le grand-duc Jean de Luxembourg en 1999, le roi Juan-Carlos d'Espagne en 2000, le roi Carl-Gustav de Suède en 2001, la reine Marghrete de Danemark et le président italien Ciampi en 2002, le roi Harald de Norvège en 2003, la présidente finlandaise Tarja Halonen et le président polonais Aleksander Kwasniewski en 2004, le président grec Constantinos Stephanopoulos et le président portugais Jorge Sampaio en 2005, la reine Béatrix des Pays-Bas en 2006, le grand-duc Henri de Luxembourg en 2007, le président hongrois Laslzo Solyom en 2008. Depuis 1998, le dîner de gala a désormais lieu au château de Laeken, et plus au palais royal comme c'était le cas sous le règne du roi Baudouin.

Sous le règne de Philippe Ier (depuis 2013)
Depuis leur accession au trône, le roi Philippe et la reine Mathilde ont effectué 17 voyages d'Etat :  Chine et Pologne en 2015,  Japon et Pays-Bas en 2016,  Danemark et Inde en 2017, Canada et Portugal en 2018, Corée du Sud et grand-duché de Luxembourg en 2019, Grèce et Lituanie en 2022, Afrique du Sud et Allemagne en 2023,  France en 2024,  Vietnam et Chili en 2025.

La grande différence, c'est qu'ils y sont accompagnés par les ministres-présidents de nos trois régions (Flandre, Wallonie et Bruxelles-Capitale) en plus du ministre fédéral des Affaires étrangères. Ce ne fut jamais le cas sous le règne précédent.

Les voyages d'Etat prévus en 2020 et 2021 ont été annulés suite à l'épidémie du coronavirus.

On remarque que le couple royal applique un équilibre entre pays européens (Pologne, Pays-Bas, Danemark, Portugal, Luxembourg, Grèce, Lituanie, Allemagne, France) et pays non européens (Chine, Japon, Inde, Canada, Corée du Sud, Afrique du Sud, Vietnam, Chili).  

Il y a aussi une alternance entre républiques (Chine, Pologne, Inde, Portugal, Corée du Sud, Grèce, Lituanie, Afrique du Sud, Allemagne, France, Vietnam, Chili) et monarchies (Japon, Pays-Bas, Danemark, Canada, Luxembourg).

Depuis leur accession au trône, notre nouveau couple royal a reçu 13 chefs d'Etat étrangers en voyage d'Etat en Belgique :   le président chinois Xi Jinping en 2014, le président turc Recep Tayyip Erdogan en 2015, le président allemand Joachim Gauck et le roi Abdallah de Jordanie en 2016, le gouverneur général d'Australie Peter Cosgrove et le président français Emmanuel Macron en 2018, le président autrichien Alexander Van der Bellen et le président de Suisse Ignazio Cassis en 2022, le roi Willem-Alexander des Pays-Bas et le président portugais Marcelo Rebelo de Sousa en 2023, le grand-duc Henri de Luxembourg en 2024, le sultan Haïtham ben Tariq d'Oman et le président italien Sergio Mattarella en 2025.

On constate donc que le roi Philippe a voulu effectuer le premier voyage d'Etat de son règne en Chine, et a choisi le président chinois comme le premier de son règne à être reçu en voyage d'Etat en Belgique. Cela montre l'importance qu'il accorde à ce pays dans lequel il s'est souvent rendu en mission économique. 

Parmi les 13 chefs d'Etat reçus, on dénombre huit Européens et cinq non Européens d'une part, et seuls quatre monarques (le roi Abdallah de Jordanie, le roi Willem-Alexander des Pays-Bas, le grand-duc Henri de Luxembourg, le sultan d'Oman) d'autre part. 

Conclusion

Si on analyse les trois règnes, seuls les Pays-Bas, l'Allemagne et la France ont eu droit, depuis 1951, à quatre voyages d'Etat belges, ce qui est assez logique vu que ce sont des pays frontaliers. 

Ensuite, d'autres pays ont eu droit à trois voyages d'Etat depuis 1951 (Chine, Pologne, Japon, Danemark, Inde, Portugal, Luxembourg). Par contre, bizarrement, il n'y a plus eu de voyage d'Etat belgo-britannique depuis plus de soixante ans...

lundi 1 août 2016

Activités royales en juillet 2016

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12 audiences pour le Roi :   le premier ministre Charles Michel (reçu 3 fois), le président d'Argentine Mauricio Macri et son épouse, l'ancien chef de la Défense Gerard Van Caelenberge, le président de Slovaquie Andrej Kiska, le président du parlement flamand Jan Peumans, le vice-président du gouvernement wallon Jean-Claude Marcourt, le nouveau chef de la Défense Marc Compernol, le nonce apostolique Giacinto Berloco, le commandant de la Composante Air Frederik Vansina, le commandant de la Composante Médicale Pierre Neirinckx.

14 activités officielles pour le Roi :  hommage au ministre d'Etat Andries Kinsbergen, match de football Belgique-Pays de Galles à Lille, 18èmes Fêtes du Couronnement à Tongres, déjeuner avec le duc et la duchesse de Wellington, table ronde au palais royal sur la sécurité, visite de l'exposition "L'âge d'or des Pays-Bas méridionaux" à Gand, visite d'un camp de vacances pour enfants défavorisés à Grammont, réception pour les athlètes belges médaillés aux championnats d'Europe d'athlétisme, inauguration des expositions estivales du palais royal, concert de l'Orchestre National de Belgique pour la fête nationale, Te Deum de la fête nationale à Bruxelles, défilé militaire et civil, visite de La Fête au Parc, feu d'artifice.

20 activités officielles pour la Reine :  18èmes Fêtes du Couronnement à Tongres, audience avec le président d'Argentine Mauricio Macri et son épouse, conférence "Children's rights matter : why Europe needs to invest in children", déjeuner avec le duc et la duchesse de Wellington, visite de l'exposition "L'âge d'or des Pays-Bas méridionaux" à Gand, conférence de l'Unicef sur les enfants dans les conflits armés, conférence sur les droits de l'homme au cœur de l'agenda mondial, réception pour la campagne de la Belgique pour avoir un siège au conseil de sécurité de l'ONU, table ronde à l'ONU sur la santé mentale, rencontre avec la représentante spéciale du secrétaire-général de l'ONU sur le sort des enfants dans les conflits armés, rencontre avec la représentante spéciale du secrétaire-général de l'ONU sur les violences contre les enfants, rencontre avec le secrétaire-général de l'ONU Ban Ki-Moon, rencontre avec le directeur-général de l'Unicef, visite de l'exposition "Belgian Crew" au palais d'Egmont, inauguration des expositions estivales du palais royal, concert de l'Orchestre National de Belgique pour la fête nationale, Te Deum de la fête nationale à Bruxelles, défilé militaire et civil, visite de La Fête au Parc, feu d'artifice.

0 activité officielle pour le roi Albert II et la reine Paola

5 activités officielles pour la princesse Elisabeth :  match de football Belgique-Pays de Galles à Lille, 18èmes Fêtes du Couronnement à Tongres, Te Deum de la fête nationale à Bruxelles, défilé militaire et civil, feu d'artifice.

3 activités officielles pour la princesse Astrid et le prince Lorenz :   concert de l'Orchestre National de Belgique pour la fête nationale, Te Deum de la fête nationale à Arlon, gala d'ouverture de l'Européade à Namur.

4 activités officielles pour le prince Laurent :  rencontre avec le président du Comité Européen des Régions Markku Markkula, cérémonie d'ouverture de la 5ème Semaine Mondiale des Forêts et de la 23ème session du Comité des Forêts de la FAO, Te Deum de la fête nationale à Hasselt, défilé militaire et civil.

0 activité officielle pour la princesse Claire

Récapitulatif des activités officielles de janvier à juillet (source : www.monarchie.be) :

Roi :  124 activités officielles + 101 audiences

Reine :  148 activités officielles

Princesse Astrid :   61 activités officielles

Prince Laurent :  39 activités officielles

Prince Lorenz :  15 activités officielles

Princesse Claire :   13 activités officielles

Reine Paola :   7 activités officielles

Princesse Elisabeth :   6 activités officielles

Roi Albert II :   5 activités officielles

lundi 25 juillet 2016

"Lilian et le Roi" d'Olivier Defrance

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Née en 1916, elle est le septième enfant d'un couple d'Ostendais réfugié en Angleterre en raison de la guerre. Son père Henri Baels sera notamment avocat, échevin, administrateur de sociétés de pêcherie, député à la Chambre, ministre de l'Agriculture et des Travaux publics, et gouverneur de la province de Flandre Occidentale à partir de 1933. Elle fréquente l'école primaire des Sœurs de Saint-Joseph à Ostende, puis l'Institut Val Notre-Dame à Antheit et l'Institut des Dames du Sacré-Coeur à Bruxelles. Elle passe ensuite deux années dans une finishing school (une sorte d'"école des bonnes manières") à Londres et y loge parfois chez l'ambassadeur de Belgique. Lilian parle le français, le néerlandais et l'anglais. L'auteur consacre tout un chapitre à ses fréquents séjours en Autriche dans les années 30 et à ses projets de mariage avec Peter Draskovich.

Veuf de la reine Astrid, le roi Léopold III tombe sous le charme de cette jeune femme belle, cultivée et ambitieuse avec qui il joue au golf. Il l'épouse secrètement et religieusement en 1941. Contrairement à ce que prévoit la Constitution belge, leur mariage civil est célébré quelques mois plus tard, ce qui provoque une grande polémique et déçoit beaucoup de Belges Le mythe du roi veuf et prisonnier s'effondre. On reprochera également au souverain d'avoir remercié Hitler pour les félicitations et les fleurs qu'il avait envoyées lors de leur mariage.

En 1941, la princesse Lilian devient donc un personnage public qui ne laisse personne indifférend et qui a suscité la controverse lors de la Question Royale (1945-1950). De nombreuses rumeurs ont circulé à son sujet, et l'historien Olivier Defrance a le grand mérite de nous offrir enfin une biographie sérieuse, objective, bien documentée et très agréable à lire. Son livre propose des documents inédits jamais exploités qui apporte un éclairage nouveau sur la déportation par les Allemands à Hirschtein, la Question Royale, ses problèmes conjugaux (lorsqu'elle découvre que Léopold III a une maîtresse), ses relations difficiles avec d'autres membres de la famille royale (Elisabeth, Baudouin et Fabiola, Albert et Paola, Marie-Christine, Joséphine-Charlotte, Léa).  Sans jamais prendre parti.

Olivier Defrance évoque aussi son travail à la tête de la Fondation Cardiologique Princesse Lilian et la vie au domaine royal d'Argenteuil. Plusieurs tentatives de rapprochement ont lieu, mais c'est Albert II, devenu roi et nouveau chef de famille, qui parviendra le mieux à une réconciliation avec sa belle-mère. Un seul petit regret :  l'auteur n'évoque pas la vente de ses bijoux dans les années 80, et le sort de certains bijoux de la reine Astrid qui suscite de nombreuses interrogations.

Bref, bravo à Olivier Defrance pour cette biographie qui devient désormais l'ouvrage de référence le plus complet et le plus objectif sur la princesse Lilian (par contre, on peut désormais ranger aux oubliettes l'ancien livre d'Evrard Raskin qui était bien trop impartial et moins bien documenté).

lundi 4 juillet 2016

Activités royales en juin 2016

                   
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13 audiences pour le Roi :  le premier ministre Charles Michel (reçu 3 fois), le commandant suprême des forces alliées en Europe le général Scaparotti, le procureur général de la Cour d'Appel de Gand Erwin Denicourt, le responsable de la communauté Sant'Egidio Belgique Jan De Volder, le président du Kenya Uhuru Kenyatta, le président d'Israël Reuven Rivlin, le ministre des Affaires étrangères Didier Reynders, Bart Moeyaert et Koen Van Bockstal (audience conjointe de ces responsables culturels), le colonel Vandevelde de l'Ecole Royale Militaire, l'ancien maire de New York Michaël Bloomberg, le ministre flamand de la Santé Jo Vandeurzen.

15 activités officielles pour le Roi :  visite sur les lieux de la catastrophe ferroviaire de Hermalle-sous-Huy, visite du Musée Verhaeren à Sint-Amands, remise du Prix Francqui 2016, concert de clôture du Concours Musical International Reine Elisabeth, inauguration d'une nouvelle écluse dans le port d'Anvers, réception au château de Laeken pour les participants au Brussels-Asia Society Dialogue, travaux du Brussels-Asia Society Dialogue au palais d'Egmont, déjeuner avec le secrétaire général des Nations Unies et son épouse, visite du Conseil d'Etat, match de football Belgique-Irlande, déjeuner avec le vice-président de la Commission Européenne Maros Sefcovic,  réunion de travail avec le réseau Entreprendre, Belgian Air Force Days à Florennes, déjeuner avec les gouverneurs de province, remise du Prix de la Francophonie Economique 2016.

14 activités officielles pour la Reine :  concert des lauréats du Concours Musical Reine Elisabeth, visite du Musée Verhaeren à Sint-Amands, conférence "Valoriser le consensus européen : un levier pour vaincre le sans-abrisme", concert de clôture du Concours Musical Reine Elisabeth, réception pour les participants au Brussels Asia Society Dialogue, rencontre avec le président de la Banque Mondiale, déjeuner avec le secrétaire général des Nations Unies et son épouse, déjeuner de travail sur le développement durable au sein de l'Union Européenne, 10ème édition des Journées Européennes de Développement, rencontre avec l'ancien maire de New York Michaël Bloomberg, visite du Centrum Menselijke Erfelijkheid de la KUL, 50ème édition des concerts de printemps de l'abbaye du Val-Dieu, déjeuner avec les gouverneurs de province, remise du Prix Fédéral de Lutte contre la Pauvreté 2016.

0 activité officielle pour le roi Albert II

1 activité officielle pour la reine Paola :  remise des Prix pour l'Enseignement 2015-2016 de la Fondation Reine Paola.

2 activités officielles pour la princesse Astrid :  dîner en l'honneur du prince Radu de Roumanie et du président du parlement moldave Andrian Candu, remise du Prix Cancer OECI 2016.

1 activité officielle pour le prince Lorenz : dîner en l'honneur du prince Radu de Roumanie et du président du parlement moldave Andrian Candu.

7 activités officielles pour le prince Laurent :  lancement de la fête d'été de Greenovate Europe, cocktaïl de clôture de l'exposition de Julian Lennon, remise du Prix Belge de l'Energie et de l'Environnement, gala de clôture du 14ème Festival International de la Langue et de la Culture, finale de la 10ème édition du concours de piano de Liège, visite des Logis de Louvranges (Caritas International) à Wavre, visite du projet RELIOS de Caroline Lepot à Wodecq.

2 activités officielles pour la princesse Claire :  gala de clôture du 14ème Festival International de la Langue et de la Culture, visite des Logis de Louvranges (Caritas International) à Wavre.

Récapitulatif des activités officielles de janvier à juin 2016 (source : www.monarchie.be) :

Roi :  110 activités officielles + 89 audiences

Reine :   128 activités officielles

Princesse Astrid :  58 activités officielles

Prince Laurent :   35 activités officielles

Princesse Claire :  13 activités officielles

Prince Lorenz :   12 activités officielles

Reine Paola :  7 activités officielles

Roi Albert II :  5 activités officielles

lundi 13 juin 2016

La princesse Astrid de Belgique

                          OTTAWA, ONT.: APRIL 16, 2010 PRINCESS--Princess Astrid of Belgium is visiting Canada to raise awareness about malaria. She is the Special Representative for the Roll Back Malaria Partnership. She arrived on Parliament Hill this morning, calling for increased action in the fight against this controllable and treatable disease that takes a million lives a year. PHOTO by PAT McGRATH--THE OTTAWA CITIZEN) for NATIONAL standalone ASSIGNMENT NUMBER 99483

(Article actualisé en août 2023)

1° Fille de roi (de 1993 à 2013)

Après avoir vécu neuf années dans l'anonymat à Bâle en Suisse, la princesse Astrid rentre avec sa famille en 1993 en Belgique où elle commence réellement sa vie officielle. Elle en a parlé en 2004 au journaliste Patrick Haumont :

"Après que la loi salique eut été abolie par le Parlement en 1991, dans le cadre de la réforme de la Constitution, mon oncle le roi Baudouin nous a demandé si nous avions la possibilité de quitter la Suisse - où nous habitions depuis neuf ans - pour revenir en Belgique afin de nous associer aux activités des autres membres de notre famille. Mon mari ayant trouvé un travail en Belgique, nous sommes rentrés en juin 1993 où, malheureusement, nous n'avons fait que croiser mon cher oncle puisqu'il est décédé fin juillet. Je dois avouer que ce changement de vie n'était pas toujours facile car je venais de Suisse où j'étais une épouse et une mère au foyer. A l'époque, je n'avais exercé aucune activité en dehors de la maison. Je n'étais pas habituée à gérer mon temps en combinant des activités professionnelles avec une vie familiale. C'était un monde nouveau qui s'ouvrait à moi et qui a nécessité une sérieuse adaptation que j'ai menée à bien grâce à l'aide efficace d'excellents conseillers et au soutien de ma famille.

Selon moi, il y a peu de choses que l'on choisit vraiment. Je pense plutôt que l'on est guidé par des événements ou occasions qui parsèment notre vie. Au moment du décès de mon oncle, mon père m'a demandé si je pouvais reprendre la présidence effective de la Croix-Rouge de Belgique qu'il assumait depuis de nombreuses années. J'ai tout de suite accepté et, après que ma nomination ait été votée par les deux communautés de la Croix-Rouge, j'ai été nommée à ce poste.

Personnellement, je ne pense pas que le fait d'être née dans une famille royale soit perturbant. On ne choisit pas où et quand on naît. L'important, c'est de tirer au maximum profit de ses qualités ou de ses possibilités, et de travailler, par contre, ses côtés faibles. Le problème n'est pas de savoir quel est mon rang ou mon statut mais bien plus de réussir ma vie et rendre mes proches heureux. Et ainsi d'être heureuse moi-même. Cela étant, je considère que je n'ai aucun mérite à être ce que je suis car j'aurais très bien pu naître ailleurs. Comme toute autre vie, celle de princesse a des côtés positifs et des côtés moins positifs. Un des côtés positifs est notamment d'avoir plus facilement accès à tout un éventail de personnes différentes et souvent très intéressantes, ce qui ouvre énormément l'esprit et les horizons".

Astrid fait donc ses premiers pas dans la vie officielle à l'automne 1993. Les princes Philippe et Laurent étant à l'époque célibataires, la princesse et sa famille incarnent la jeunesse de la famille royale et font partie de la modernisation et de la médiatisation de la monarchie depuis l'accession au trône d'Albert II. L'émission "Place Royale" (RTL-TVI) reçoit l'autorisation de filmer les enfants du couple princier lors de leur retour de l'école le 1er septembre 1994. On y voit Astrid et Lorenz en train de recouvrir leurs fardes et cahiers. De nouvelles photos officielles dans le parc du palais royal sont diffusées deux mois plus tard.

Donnant suite à la révision de la Constitution visant une complète égalité entre les enfants masculins et féminins du Roi, la princesse devient, de 1996 à 2013, la première (...et la dernière) sénatrice de droit de la famille royale belge. Elle assiste de temps en temps à des séances plénières ou à des réunions de commissions du Sénat, principalement dans le domaine social ou humanitaire. Plus d'infos :  http://familleroyalebelge.blogspot.com/2013/12/astrid-senatrice-de-droit-de-1996-2013.html

Le 22 mai 1997, Astrid prête serment en tant que lieutenant-colonel dans le Corps du Service Médical. Auparavant, de mars à avril, elle avait suivi une formation au sein des Forces armées en général et du Service Médical en particulier. N'ayant pas eu l'occasion de bénéficier d'un entraînement classique d'officier, sa formation est graduellement poursuivie au cours des années. En tant que membre de la famille royale, la princesse Astrid reçoit l'Ordre de Léopold, préside certaines cérémonies militaires, est la marraine de la frégate F911-Westdiep de la Marine belge, et reçoit le grade de colonel quelques années plus tard.

Elle donne son prénom à diverses institutions :  le Parc Princesse Astrid à Lommel (inauguré en 1994), la résidence pour personnes âgées du C.P.A.S. Princesse Astrid à Lubbeek (inaugurée en 1997), le Centre Provincial de Revalidation Princesse Astrid à La Gleize (inauguré en 1998) et le Hall Princesse Astrid, la nouvelle entrée du parc des expositions de Bruxelles (inauguré en 1999).

La fille du couple royal reçoit d'autres hommages. En 1995, la Poste émet un timbre à son effigie avec 3FB de surtaxe pour la Croix-Rouge de Belgique. Elle baptise une Azalée Princesse Astrid en 1997, et une Rose Princesse Astrid en 2000. Un millier de plants de cette rose sont vendus chaque année au profit de l'association Belgian Kid's Foundation, créée par les médecins de l'Hôpital Universitaire pour enfants Reine Fabiola.

La princesse reprend le combat de sa tante la reine Fabiola en faveur des handicapés :   http://familleroyalebelge.blogspot.com/2011/05/le-combat-dastrid-pour-les-handicapes.html

Son premier voyage humanitaire à l'étranger a lieu en février 1999 :   avec le secrétaire d'Etat à la Coopération au Développement Réginald Moreels, elle visite des projets belges venant en aide aux personnes touchées par l'ouragan Mitch au Honduras. Un an plus tard, elle se rend au Mozambique et au Burkina Faso pour visiter des projets de lutte contre le sida (plus d'infos sur son combat contre le sida :  http://familleroyalebelge.blogspot.be/2017/09/le-combat-de-la-princesse-astrid-contre.html)

En 2000, la princesse Astrid reçoit le prix 2000 de l'organisation Women for Peace Award, et une dotation de 275.000 euros du gouvernement fédéral. Elle devient présidente d'honneur de la Fondation Médicale Reine Elisabeth, créée en 1926 par son arrière-grand-mère afin de soutenir la recherche dans les neurosciences.

Lors de la visite de projets contre le sida en Afrique du Sud en avril 2004, Astrid accepte, pour la première fois, de répondre à une interview et d'évoquer son rôle :   "J'ai besoin de me sentir utile. Même si j'ai des périodes de découragement, je rebondis très vite car je ne crois pas au hasard. Je crois à l'action et je veux voir le côté positif des choses. J'ai fait mienne cette devise :  be positive! Et je suis une femme entière. Je ne sais pas ce qu'est mon rôle de princesse. Honnêtement, je ne me sens pas princesse. Je suis une femme. Je suis une mère et je réagis comme une mère. L'avantage, comme princesse, c'est que je peux compter sur des collaborateurs exceptionnels. Et, comme mère, sur ma famille et un mari exceptionnel".

En juin 2005, la princesse Astrid et le ministre de la Coopération au Développement Armand De Decker se rendent au Sri Lanka et en Thaïlande pour découvrir les projets de reconstruction des régions dévastées par le tsunami de décembre 2004.  En 2006, elle accepte la présidence d'honneur de l'asbl Pinocchio (qui s'occupe d'enfants et adolescents brûlés) et des fonds scientifiques et médicaux de la Fondation Roi Baudouin.

Un sondage publié par "Le Soir Magazine" en janvier 2007 montre que la princesse Astrid est le quatrième membre préféré de la famille royale, après le Roi, la princesse Mathilde et la reine Paola. Parmi les trois enfants des souverains,   53,6% des néerlandophones (contre 40,2% pour Philippe) et 44,9% des francophones (contre 47,2% pour Philippe) la jugent apte à succéder à son père.

Lors de son séjour en Tanzanie en octobre 2007, les journalistes lui demandent de décrire son rôle de princesse de Belgique :   "Je ne pense jamais à çà, je ne me sens pas princesse. On doit presque s'excuser d'exercer cette fonction. Très sincèrement, je vois cela comme un rôle de service à la population, et indirectement à mon père et à ma mère, au chef de l'Etat. Nous recevons beaucoup de messages de la population à l'égard des dirigeants et nous les transmettons. Nous sommes des intermédiaires".   Et lorsqu'ils lui demandent si elle est inquiète pour l'avenir de la Belgique, elle répond :   "De par notre fonction, nous sommes tous attachés à notre pays".

Le même mois, la princesse déclare au Forum des Femmes pour l'Economie et la Société à Deauville (France) :     "Je cherche à répondre aux besoins de personnes vulnérables, en particulier les groupes de citoyens qui risquent de passer à travers les mailles du filet, en Belgique ou à l'étranger, mais je refuse cependant de me conformer à l'image d'une dame de charité. Je cherche à répondre à la confiance que d'autres placent en moi en activant un réseau de personnes et d'institutions qui peuvent apporter des résultats concrets à ceux qui en ont besoin".

A la fin de l'année 2007, la princesse annonce qu'elle ne sollicite pas le renouvellement de son mandat de présidente nationale de la Croix-Rouge, qui vient à échéance le 31 décembre. Le Palais semble vouloir prendre ses distances avec une institution qui connaît des tensions communautaires entre les ailes flamande et francophone. Malgré son départ de la Croix-Rouge de Belgique, Astrid continue de soutenir de nombreuses associations et institutions, et de mener des combats sociaux sur le long terme (sida, recherche scientifique, malaria, mines antipersonnels, p.ex.).

La princesse succède, en 2010, à sa tante la reine Fabiola à la présidence d'honneur de l'Action Damien, et rencontre officiellement le conseil d'administration le 23 mars. Afin de médiatiser la campagne de collecte 2011 de cette association, Astrid prend la parole lors de la journée de lancement à Bruxelles, et se rend en Inde pour découvrir des projets financés par l'Action Damien dans la région de New Delhi. En septembre 2013, la princesse assiste au 18ème Congrès International de la Lèpre, organisé par Action Damien à Bruxelles (c'est la première fois que ce congrès a lieu en Belgique). Quelques 500 participants y partagent leurs expériences. A l'occasion de la Journée Mondiale de lutte contre la tuberculose 2014, elle participe à un workshop organisé par Action Damien à Houthalen-Helchteren.

Depuis 2012,  la princesse Astrid accorde son Haut Patronage à l'asbl Fistul Aid au profit des femmes africaines souffrant de lésions suite à un accouchement difficile. Faute d'infrastructures adéquates et de soins médicaux facilement accessibles, beaucoup de femmes en Afrique accouchent dans des conditions précaires et souffrent ensuite de fistules. Ces femmes sont rejetées de leur communauté, condamnées à être des parias.

Le journal "Het Laatste Nieuws" établit le classement des 100 femmes les plus puissantes et les plus influentes de Belgique en 2012. Le trio de tête est logiquement occupé par les ministres de la Santé Laurette Onkelinx, de la Justice Annemie Turtelboom et de l'Intérieur Joëlle Milquet. Trois femmes de la famille royale sont présentes dans ce classement :    la princesse Mathilde (29ème), la princesse Astrid (53ème) et la reine Paola (90ème).

Un sondage de l'Institut Ipsos auprès de 1.000 personnes en février 2013 demande quelle femme de la famille royale est votre préférée. La princesse Mathilde est la plus populaire (39%), suivie par la princesse Astrid (34%), la princesse Claire (17%), la reine Paola (7%) et la reine Fabiola (4%). La popularité d'Astrid est semblable dans les trois régions du pays :   36% à Bruxelles, 35% en Flandre et 31% en Wallonie.

Depuis 2013,  la princesse est Envoyée Spéciale de la Convention d'Ottawa. Plus d'infos sur son combat contre les mines antipersonnels :   http://familleroyalebelge.blogspot.com/2017/11/le-combat-dastrid-contre-les-mines.html

2° Sœur de roi (depuis 2013)

Le 21 juillet 2013, le roi Albert II abdique au profit du roi Philippe. La princesse a-t-elle influencé la décision de son père dont elle est très proche? On l'ignore. Elle garde sa dotation d'environ 300.000 euros mais devra donner des justificatifs sur son utilisation à la Cour des Comptes, conformément à la réforme des dotations décidée à la fin du règne d'Albert II.

Autre changement pour Astrid :  son frère aîné reste président d'honneur de l'Agence pour le Commerce Extérieur, mais c'est désormais elle qui emmène les missions économiques à l'étranger, à la satisfaction générale. Elle devient aussi la présidente d'honneur du Fonds Prince Albert. Plus d'infos :   http://familleroyalebelge.blogspot.com/2017/06/les-missions-economiques-de-la.html

Cela entraîne une hausse du nombre de ses activités officielles :   90 en 2011,  63 en 2012,  133 en 2013,  156 en 2014,  119 en 2015,  128 en 2016, 110 en 2017,  99 en 2018,  98 en 2019,  20 en 2020 (Covid). Elle est le troisième membre de la famille royale le plus actif, juste après les souverains.

Par contre, la culture l'attire moins. On relèvera juste qu'elle est présidente d'honneur des Jeunesses Musicales de Bruxelles, et qu'elle accorde son Haut Patronage à l'asbl Les XXI et aux Nuits Musicales de Beloeil.

En avril 2014, la princesse accompagne ses parents retraités au Vatican, où ils sont reçus en audience privée par le pape François à la veille de la double canonisation des papes Jean XXIII et Jean-Paul II. En 2015, elle est chargée par son frère d'accueillir la princesse Anne d'Angleterre pour les cérémonies du centenaire de la mort d'Edith Cavell, ainsi que les grands-ducs héritiers de Luxembourg, Charles et Camilla de Grande-Bretagne, le prince Pieter-Christiaan d'Orange, le duc de Wellington et le prince Charles Napoléon pour l'inauguration de la ferme de Hougoumont restaurée dans le cadre du bicentenaire de la bataille de Waterloo.

A l'occasion de leur 35ème anniversaire de mariage en 2019, le couple princier se confie au magazine français "Point de Vue". La princesse parle de son rôle public :

"En public comme en privé, j'aime ce qui est vrai, je ne joue pas la comédie. Je mets beaucoup de passion et d'enthousiasme dans tout ce que j'entreprends. Les missions de commerce extérieur, notamment, qui me sont confiées par mon frère le roi Philippe, à la demande du gouvernement, demandent beaucoup de préparation et de travail. Nous partons avec une délégation de plusieurs centaines de personnes :  des entrepreneurs venus de toutes les régions de Belgique, mais aussi des ministres régionaux et fédéraux, des recteurs d'université, des chercheurs, des consultants. Sur place, le rythme est très soutenu. Suivre les dossiers, faire aboutir des projets ambitieux, être un lien entre les gens, tout cela s'ancre dans la connaissance des réalités économiques de secteurs aussi différents que la culture ou la sidérurgie, la pétrochimie ou encore le transport maritime. Je suis fondamentalement une personne de terrain. Débloquer des situations, des contrats, me procure chaque fois une vraie satisfaction. Et je suis fière de pouvoir aider mon pays.

Les visites humanitaires m'ont toutes beaucoup appris. J'ai vécu des moments très intenses en Afrique en tant que représentante spéciale de Roll Back Malaria et présidente d'honneur d'Action Damien, qui lutte contre la lèpre et la tuberculose. Je soutiens le mouvement paralympique et les Special Olympics, qui permettent aux personnes atteintes de handicap de s'intégrer dans la société par le biais du sport. Avec le prince Mired de Jordanie, je fais également partie d'un groupe de travail qui promeut l'adhésion de nouveaux Etats à la convention d'Ottawa sur l'interdiction des mines antipersonnels. Mon époux m'accompagne régulièrement au service de ces organisations, il me donne des conseils, étudie avec moi mes discours. Il m'est difficile de mettre des mots sur la place qu'il tient dans ma vie, tant il est pour moi une force, un soutien. Mon équilibre, mon roc". 

Bibliographie :      - Site Internet de la monarchie belge
                              - "La princesse Astrid de Belgique" de Vincent Leroy, éditions Imprimages, 2011