mardi 15 mai 2012

Le combat de la princesse Mathilde contre le cancer

A quelques jours de la soirée de clôture du Télévie 2000, la princesse Mathilde se rend à l'Institut Bordet pour apporter son soutien à la lutte contre la leucémie. Elle s'informe notamment sur l'unité de greffe de moelle et sur la banque de sang de cordon ombilical. Le professeur Dominique Bron, responsable du service d'hématologie clinique, raconte à la presse :  "Elle était vraiment intéressée. On voit qu'elle a une base médicale. Elle comprend la finalité des recherches. Elle est restée au moins un quart d'heure avec chaque patient. Pour eux, c'était comme une bouffée d'oxygène. Il y avait notamment un malade hospitalisé depuis six mois. Ca lui a fait un bien fou d'avoir la visite de Mathilde".

Le professeur Arsène Burny confie :  "Pour un institut comme Bordet, c'est important qu'une personne qui a l'aura de Mathilde puisse témoigner du travail que l'on fait. Ce témoignage est d'autant plus important que nous sommes un hôpital public, c'est-à-dire l'hôpital de Monsieur Tout le Monde. Je pense, en tous cas, que c'est un grand plus pour nous d'avoir une princesse comme elle. C'est quelqu'un qui semble bien connaître les aspects humains de la vie dans un hôpital. Elle n'est vraiment pas déconnectée de la réalité. C'est une personne qui ne fait pas semblant".

Le 30 juin 2000, la princesse remet le Prix Interbrew Baillet-Latour pour la promotion de la santé 2000 aux docteurs Jacques Van Snick et Jean-Christophe Renauld. Ces deux chercheurs belges travaillent à l'Institut Ludwig pour la recherche contre le cancer à l'UCL.

La perte chez les enfants de 6 à 14 ans est le thème du Prix Princesse Mathilde 2002, remis au palais royal en présence du premier ministre Guy Verhofstadt, du président de la Chambre Herman De Croo, du président du Sénat Armand De Decker et du ministre des Affaires étrangères Louis Michel. L'asbl Cancer et Psychologie est désignée lauréate pour son projet Espace-Ateliers : ce sont des groupes d'accompagnement pour des enfants ayant perdu une personne proche, animés par des psychologues et des bénévoles formés au soutien lors de deuils. Ce projet reçoit une aide financière de 9.000 euros.

En 2003, la princesse organise une table ronde sur le cancer du sein au palais royal. Après les maladies cardiovasculaires, le cancer du sein constitue la principale cause de mortalité féminine en Belgique (près de 2.500 décès chaque année). Pour sa première activité officielle après la naissance de son fils Gabriel, Mathilde assiste, le 19 octobre 2003 à Watermael-Boitsfort, à une représentation du cirque "Il Florilegio" au profit du Fonds Michaël Van Waeyenberghe, qui s'occupe du soutien physique et psychologique des patients atteints de leucémie et de leur famille, et soutient la recherche scientifique dans ce domaine.

Un an plus tard, elle prononce le discours suivant :

"Quand Europa Donna Belgium m'a invitée à prendre la parole ce soir, je n'ai pas hésité un moment. C'est pour moi un grand plaisir d'être parmi vous pour la première remise des Europa Donna Awards dans le domaine de la lutte contre le cancer du sein. Je suis plus que jamais consciente du fait que le cancer du sein est un problème auquel la société ne peut pas rester indifférente. En effet, personne n'est à l'abri de cette maladie qui atteint sans discrimination des femmes - et parfois des hommes - de tous les milieux, partout dans le monde, et à tout âge.

Comme jeune femme, cela me touche énormément. Je me sens très proche des milliers de femmes en Belgique qui vivent d'une rémission d'un cancer du sein ou qui sont en cours de traitement. J'ai eu l'occasion de m'entretenir à plusieurs reprises avec elles. Et ce qui me frappe chaque fois, c'est leur courage, leur message d'espoir et d'affection à l'intention de toutes ces femmes qui combattent ce cancer. J'insiste sur ce message positif.

Chaque jour, plusieurs femmes sont confrontées au diagnostic d'un cancer du sein et entament leur long et éprouvant combat en vue de la guérison. Elles doivent savoir que cette guérison est possible et qu'elle est facilitée par un bon diagnostic et un traitement correct. Le cancer du sein est une maladie qui peut être vaincue. En effet, les progrès réalisés dans la recherche médicale, ainsi que les nombreux efforts (dont plusieurs sont couronnés de succès) dans le domaine de la prévention nous permettent quand même d'être optimistes. Je voudrais souligner l'importance d'une prévention adéquate qui est à mes yeux cruciale. Mieux vaut agir que réagir. Je lance ici même un appel à toutes les femmes, jeunes et moins jeunes, pour subir régulièrement un contrôle gynécologique et une mammographie. Même si cette technique a ses limites, elle est reconnue comme le meilleur moyen de dépister de façon précoce le cancer du sein.

En outre, je voudrais insister sur l'importance d'intégrer la psycho-oncologie dans le traitement. Lors de mes contacts avec les femmes atteintes du cancer du sein, j'ai pu constater qu'une grande solitude règne souvent dans leur vie. Même si la famille, les amis, les voisins sont activement présents, c'est la femme et elle seule qui doit combattre la maladie. Les conséquences psychologiques sont loin d'être négligeables : dépression, anxiété, angoisse, fatigue parfois non reconnue par l'entourage déterminent le processus de guérison. Un accompagnement psychosocial de qualité qui fait partie intégrante des soins oncologiques me semble indispensable. La femme est aujourd'hui mieux informée et redevient maîtresse de son corps ; ainsi peut-elle faire des choix éclairés. De bons rapports entre les patientes d'un côté et leur médecin et soignants de l'autre s'inscrivent dans une approche globale et pluridisciplinaire. La dimension relationnelle des soins devrait faire aujourd'hui l'objet d'une prise en charge plus professionnelle.

Avec l'aide de la famille, mais aussi des organisations qui travaillent souvent avec des bénévoles, les femmes atteintes d'un cancer du sein peuvent faire face aux défis quotidiens de cette maladie. Je salue toutes les personnes, organisations, chercheurs, médecins, soignants, travailleurs sociaux et décideurs qui, avec détermination, prennent le temps d'écouter ces femmes et s'engagent à trouver des moyens qui les aideront à traverser une période difficile de leur vie. Les projets qui recevront un prix ce soir répondent à cette vocation humaine. J'aimerais terminer en témoignant mon respect et mon admiration pour celles et ceux qui oeuvrent chaque jour sans cesse pour combattre cette maladie. Soyez assurés que votre combat est aussi le mien et que la sensibilisation à cette maladie me tient particulièrement à coeur. D'où ma présence ici ce soir. Je vous souhaite une agréable soirée pleine d'espoir pour l'avenir".

En 2005, elle est présente à une conférence à Bruxelles sur la psycho-oncologie organisée par la Ligue Flamande contre le Cancer. Deux ans plus tard, elle leur apporte à nouveau son soutien en participant au show de lancement de "Kom op tegen Kanker" sur la chaîne de télévision Een afin de médiatiser la campagne de prévention contre le cancer du sein de la Ligue Flamande contre le Cancer.

Le 27 septembre 2007, Mathilde assiste à la session d'ouverture de la conférence "Fight against cervical cancer : challenges and opportunities for women's right to health". Cette rencontre sur la prévention du cancer du col de l'utérus est organisée par la Commission Européenne, le Fonds de Développement des Nations-Unies pour les femmes et le gouvernement belge. La princesse prend la parole :

"Chaque année, le cancer du col de l'utérus touche mondialement 500.000 femmes. La moitié d'entre elles succombe aux suites de cette affection. Il s'agit pourtant d'une maladie qui peut être prévenue et qui, quand elle est dépistée à temps, peut être guérie. Le fait qu'un vaccin soit maintenant disponible a donné lieu à cette conférence. Nous pouvons dès à présent protéger de jeunes filles contre le virus qui cause la plupart de ces cancers. Je ne suis pas peu fière que des scientifiques ont développé ce vaccin en Belgique. C'était un travail innovateur, puisque c'est la première fois qu'un vaccin contre le cancer a vu le jour.

En Belgique, nous avons un système de sécurité sociale très performant qui rend les soins médicaux accessibles à tous par un système de remboursement. Récemment, les autorités ont décidé de rembourser presque complètement le vaccin-HPV. Ceci constitue un pas important pour de nombreuses femmes. Maintenant, le défi est de veiller à ce que, partout dans le monde, les femmes aient accès à ce vaccin. Un vaccin est un moyen technique excellent, mais il faut plus pour faire réussir la lutte contre le cancer du col de l'utérus. Une condition importante est que toutes et tous soient conscients des dangers de cette maladie, que chacun sache clairement comment elle se développe, comment on peut la prévenir et la guérir. La nécessité du dépistage doit également être soulignée.

Cette sensibilisation cadre idéalement dans une éducation plus générale portant sur la santé et la maladie. En fait, l'éducation est également un vaccin, un vaccin social, comme j'aime l'appeler en paraphrasant le docteur Peter Piot, directeur exécutif d'Onusida. Une conscientisation à un mode de vie sain, à une alimentation équilibrée, à l'exercice, à l'hygiène corporelle et mentale est probablement le cadeau le plus précieux que des parents peuvent donner à leurs enfants. Ils peuvent aborder cette question en collaboration avec les écoles et les autorités. Il est également important que les parents parlent de ce genre de questions sensibles avec leurs enfants et qu'ils leur apprennent ce qu'est la résistance morale.

Dans le cadre de cette sensibilisation, une attention particulière doit être portée aux personnes les plus vulnérables. Elles ne sont pas toujours faciles à atteindre et risquent de passer entre les mailles du filet. Veillons à garantir l'accès au vaccin et au dépistage pour chaque jeune femme de par le monde, afin de contrer la maladie et de prévenir tant de décès. Je suis convaincue que cette conférence y contribuera de manière substantielle.

Et puis-je terminer par un voeu : que nous puissions disposer à court terme de vaccins contre d'autres maladies et que ceux-ci puissent être diffusés dans le monde entier. Je pense plus particulièrement au VIH/SIDA, une problématique que je suis de près, comme vous le savez, en tant que représentante spéciale de l'Unicef et d'Onusida pour les enfants et le sida".

Un mois plus tard, la princesse visite le centre de sénologie et le centre pilote de prévention du cancer du sein IRIS-ULB à Bruxelles. Après avoir pris connaissance des services de prise en charge et des progrès dans les techniques de prévention, elle préside ensuite une table ronde avec des femmes qui ont un risque élevé de développer ce type de cancer et quelques experts. En 2008, elle organise au palais royal une table ronde sur le cancer du sein chez les femmes allochtones.

En 2009, Mathilde rencontre des enfants touchés par un cancer à l'Hôpital Universitaire de Gand, assiste avec la Reine à un concert de José Van Dam organisé à l'occasion de la conférence internationale sur le cancer du sein qui se tient à Bruxelles, et est présente au lancement du Partenariat Européen de lutte contre le cancer pour la période 2009-2013.

Ce combat continue de mobiliser la princesse en 2010 :  concert de Toots Thielemans pour la deuxième conférence internationale sur le cancer du sein, symposium "Maman souffre d'un cancer...et maintenant?" organisé par la Fondation contre le Cancer, table ronde à la Clinique du Sein du CHU Saint-Pierre, et visite de l'exposition de photos "Par les yeux d'une amazone" de Marie Mandy, photographe et cinéaste, ayant elle-même souffert d'un cancer du sein. Durant l'été 2011, elle se rend à Deinze au camp annuel des enfants de la Ligue Flamande contre le Cancer.

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