mardi 22 mai 2012

Le rôle politique du roi Albert II en 2006

Le président du SPA et ancien ministre Johan Van de Lanotte reçoit le titre honorifique de Ministre d'Etat en janvier.

Le discours royal de Nouvel An 2006 ne passe pas inaperçu et a été plutôt contre-productif :

"Les tensions entre régions se présentent dans de nombreux pays européens et nous non plus n'y échappons pas...comme vous le savez. Elles sont dans bien des cas accentuées par la diffusion de deux constatations. D'une part l'existence d'un écart de richesse et d'autre part la pratique de politiques différentes. Ces situations inégales, entraînant des transferts entre régions, sont communes à beaucoup de pays en Europe. La réponse à cet état de choses ne réside pas dans un repli sur soi de chaque région, non plus dans le développement de sous-nationalisme, ni dans un séparatisme explicite ou feutré. Les ruptures et les séparations sont en général coûteuses pour tous les acteurs, qu'ils soient du côté des moins prospères ou des plus riches. Et n'oublions surtout pas les coûts humains qu'on aurait grand tort de sous-estimer. Il ne faut pas se bercer d'illusions à ce sujet.

La réponse aux différences de prospérité et de politiques réside, tant au niveau européen que national ou régional, dans l'élaboration de stratégies de développement qui soient bénéfiques pour chacune de ces entités. Il est vrai qu'à tous ces niveaux, il y a des choses à faire. Des conservatismes, des résistances au changement sont à vaincre, des abus à éliminer (...)

Regardons les défis avec courage et valorisons au maximum les atouts que nous possédons. Je pense, par exemple, au rôle international de Bruxelles et de tout notre pays qui pourrait être compromis par un séparatisme néfaste et anachronique".

Ce discours suscite de nombreuses critiques au nord du pays, dont le ministre-président flamand Yves Leterme (CD&V/NVA) qui se sent visé par Albert II. Cette polémique pousse l'hebdomadaire francophone "Le Vif/L'Express" à consacrer sa couverture à la question "Le Roi est-il mal conseillé?". Dans son dossier, la journaliste Dorothée Klein s'interroge :   "Le roi Albert II et le prince Philippe sont-ils mal conseillés? Régulièrement critiqués pour leurs discours ou déclarations, devront-ils bientôt se contenter d'un rôle purement protocolaire? La faute à leur entourage d'un autre âge? Certes, au Palais, les dignitaires parlent de plus en plus flamand. Mais en coulisses, quelques-uns des hommes les plus influents de la haute finance et de l'industrie (Maurice Lippens, Etienne Davignon, Georges Jacobs et Daniel Janssen) perpétuent une certaine idée de la Belgique au parfum d'Ancien Régime (...) Le fait que les plus hauts dignitaires soient recrutés, depuis le XIXème siècle, majoritairement, dans la diplomatie, le top de la fonction publique et l'armée continue à donner une impression d'homogénéité sociologique, de vase clos, de monde à part".  La journaliste dénonce également la longévité de Jacques van Ypersele de Strihou à son poste de chef de cabinet du Roi.

Mais dans ce discours de Nouvel An 2006, Albert II évoque aussi les tensions entre certains groupes allochtones et la population d'origine autochtone suite aux émeutes dans la banlieue parisienne :

"Nous avons tous vu les images montrant les violences perpétrées dans un pays proche par des groupes de jeunes. Les tensions qui ont explosé là-bas existent à l'état plus ou moins latent dans d'autres pays européens. Elles sont d'ailleurs exploitées par des partis extrémistes. Que devons-nous faire vis-à-vis de telles situations? L'Observatoire européen des phénomènes racistes et xénophobes fait, me semble-t-il, un certain nombre de réflexions très adéquates. Il attribue une bonne partie de ces tensions au fait qu'un grand nombre de jeunes allochtones ne voient plus aucune perspective d'avenir dans nos sociétés.

Quelles sont dès lors les politiques que nous devons mener dans nos pays européens? Il me semble qu'une première priorité consiste à intensifier la formation des jeunes d'origine étrangère, spécialement dans nos grandes villes, et de stimuler l'obtention d'un emploi pour ces jeunes. L'enseignement et l'emploi sont souvent les clefs d'une bonne intégration. Un autre facteur non négligeable réside dans l'encouragement de la construction ou de la rénovation de logements favorisant réellement une vie décente et en contact avec le monde environnant. Par ailleurs, nous devons par l'enseignement convaincre les jeunes du respect nécessaire des valeurs de base de notre société, sans quoi la vie commune risque le désordre et l'injustice. Parmi ces valeurs, je pense spécialement à la démocratie, à la tolérance, au respect de la femme et à la sécurité de chacun.

Assurer la sécurité des citoyens est une obligation fondamentale de tout Etat. Si, malgré les efforts, les tensions deviennent aigües, c'est encore à la prévention qu'il faut recourir en premier lieu. A ce propos, je voudrais rendre hommage aux travailleurs sociaux de rue qui font chez nous un travail remarquable de proximité et d'écoute des jeunes en difficulté. Je me réjouis de la promesse qui leur a été faite, dans le cadre des contrats de sécurité des villes, de rendre leur statut plus stable.

Les efforts pour favoriser l'intégration et éviter la discorde peuvent se révéler impuissants à éviter le conflit. Alors il appartient aux forces de police de rétablir et de maintenir l'ordre et à la justice de juger les fautes commises. Quant à ceux qui, d'un bord ou d'un autre, s'emploient à exploiter ces difficultés pour répandre le racisme ou l'intégrisme, ils doivent savoir qu'eux aussi s'exposent à des poursuites judiciaires. On ne bâtit pas une société sur la haine et le mépris de l'autre".

L'avenir donna malheureusement raison au souverain. Le 11 mai 2006, un jeune homme de 18 ans, neveu d'une parlementaire du Vlaams Belang, achète une arme pour tuer des étrangers. Il tire sur trois personnes rencontrées dans les rues d'Anvers avant d'être arrêté par les forces de police. Quelques heures après ce crime raciste qui bouleverse le pays, le Palais fait savoir qu'une lettre du Roi allait être remise aux familles et des fleurs envoyées aux funérailles. Le Palais rappelle que le Roi a condamné, à plusieurs reprises, la violence et le racisme.

La Belgique est à nouveau choquée par la disparition dans la nuit du 9 au 10 juin de Nathalie Mahy (10 ans) et Stacy Lemmens (7 ans) dans le quartier Saint-Léonard à Liège. La police, la justice et Child Focus mettent aussitôt d'énormes moyens pour les retrouver. Le 23 juin, en visite officielle à Liège avec la reine Béatrix des Pays-Bas, le couple royal y rencontre Catherine Didier, mère de Nathalie et belle-mère de Stacy.

Malheureusement, les deux fillettes sont retrouvées mortes une semaine plus tard à Liège. Le couple royal fait part de sa tristesse dans un communiqué, envoie une gerbe de fleurs blanches et un aide de camp pour les représenter aux funérailles. Le 18 juillet, Albert et Paola reçoivent les parents de Nathalie et Stacy au château de Laeken, afin de leur présenter personnellement leurs condoléances.

Dans son discours de la fête nationale 2006, le Roi encourage l'apprentissage des langues :

"J'ai été frappé de voir que bien des offres d'emploi ne trouvaient pas de candidats adéquats, faute de connaissance des langues. Nous vivons dans une société de plus en plus globale et cela implique naturellement une bonne pratique de plusieurs langues. L'apprentissage précoce d'autres langues a parfois été freiné par la crainte de nuire à la langue maternelle. C'est pourquoi j'ai été particulièrement intéressé, lors de ma visite à la VUB, par les résultats d'une recherche interdisciplinaire menée par des linguistes et des neurologues de la VUB et de l'ULB. Ils montrent que pour l'exécution d'une même tâche, l'effort cérébral des enfants bilingues est inférieur à celui des enfants unilingues. Ces recherches qui se poursuivent, procurent une base scientifique au plaidoyer pour le multilinguisme. Une des formes intéressantes de cet apprentissage est l'enseignement par immersion qui est pratiqué à plus ou moins grande échelle dans la plupart des pays européens".

Le reste du discours est consacré aux sciences qui ont toujours intéressé les hommes de la famille royale (notamment Albert Ier, Baudouin, Albert II et Philippe) :

"J'aimerais vous parler d'un enjeu essentiel pour nos sociétés européennes : il s'agit de créer des emplois durables par l'innovation. Les progrès scientifiques, notamment dans les technologies de l'information et de la communication, ainsi que dans le domaine de l'énergie et de la biotechnologie, connaissent une accélération extraordinaire. Ces progrès sont source d'innovation dans toute l'activité économique, y compris dans les secteurs dits traditionnels. L'Europe se doit de participer pleinement à cette révolution car elle conditionnera l'emploi de demain. C'est dans ce but que l'Union Européenne a lancé en l'an 2000 la stratégie de Lisbonne. Cette stratégie a pour objectif de faire de notre continent d'ici à 2010 l'économie de la connaissance la plus forte du monde.

La recherche constitue aujourd'hui, avec l'innovation, la base du développement des entreprises et des emplois de demain. L'Union Européenne a fixé comme objectif à ses membres de consacrer 3% de leur produit intérieur brut à la recherche et à l'innovation. Notre pays, avec environ 2%, a encore un effort important à fournir. Néanmoins, les régions, les communautés, le gouvernement fédéral et le secteur privé ont déjà pris d'importantes initiatives.

Sur le plan fédéral, par exemple, des mesures fiscales sont prévues en faveur des chercheurs et un plan d'action est mis en oeuvre pour renforcer les établissements scientifiques fédéraux. De leur côté, les régions et les communautés ont accru les moyens budgétaires consacrés à la recherche et à l'innovation et ont fixé des priorités. Ces derniers mois, je me suis rendu dans plusieurs centres d'excellence où se réalise une recherche de pointe sur le plan international. Je pense notamment au Centre universitaire de microélectronique IMEC à Leuven et au Centre de nanotechnologie de la KUL. Je songe aussi au biopôle de l'ULB à Charleroi, au Centre d'étude de l'énergie nucléaire à Mol ou encore à l'Institut de pathologie cellulaire Christian de Duve à l'UCL.

Les activités de recherche de haut niveau méritent un soutien toujours plus intense. Lors de mes nombreux contacts avec les chercheurs, avec les responsables du Fonds National de la Recherche Scientifique et de la Fondation Francqui, ceux-ci ont attiré mon attention sur une évolution importante : il s'agit de la stagnation et dans certains cas de la diminution préoccupante du nombre d'étudiants se destinant à une profession scientifique ou à celle d'ingénieur, alors que ces diplômes sont de plus en plus demandés. J'encourage donc tous les jeunes qui ont des dispositions dans ces matières à s'engager dans des études scientifiques.

Il me semble d'ailleurs qu'il faut exprimer plus clairement aux jeunes les opportunités passionnantes qui se présentent à eux dans ces domaines et les contributions positives qu'ils peuvent ainsi apporter à l'ensemble de la société. D'heureuses initiatives ont déjà été prises dans ce sens. Je me réjouis, par exemple, que le prix Descartes de la Commission Européenne ait été attribué en 2005 au programme "Over Leven" de la chaîne Canvas de la VRT. Ce prix, destiné à populariser les sciences, incite les scientifiques à communiquer de manière efficace avec le grand public et stimule les jeunes à poursuivre une carrière scientifique.

C'est également dans cet esprit que se tient cet été au palais royal de Bruxelles une exposition que j'ai inaugurée hier. Elle est mise sur pied par les institutions scientifiques fédérales et Technopolis pour familiariser un large public avec les sciences. C'est dans ce but également que la Fondation Reine Paola a créé un prix pour les enseignants qui, dans ce domaine aussi, s'efforcent de concevoir un enseignement dynamique et attrayant".

Lors de la fête nationale 2006, le Roi accorde le titre de vicomte au Ministre d'Etat Willy De Clercq (né à Gand en 1927) qui a été, entre autres, vice-premier ministre, député européen, ministre fédéral du commerce extérieur et président du parti libéral flamand. Le 7 août, Albert II se recueille devant la dépouille mortelle du Ministre d'Etat Hugo Schiltz (1927-2006), ancien vice-premier ministre, président de la Volksunie et ministre du budget. Il était une figure de proue du mouvement flamand.

Profitant du traditionnel mouvement diplomatique de chaque été, le Palais réorganise en 2006 ses services dans une volonté de cohérence, d'efficacité et de modernité. Le plus grand changement est la suppression du poste de Grand Maréchal de la Cour, jugé désuet au XXIème siècle. Sous le règne d'Albert II, quatre hommes ont occupé cette fonction :   Gérard Jacques (de 1993 à 1994), Lucien Buysse (de 1994 à 1997), Jan Willems (de 1997 à 2001) et Frank De Coninck (de 2002 à 2006).

Auparavant, la Maison du Roi était scindée en quatre départements :  le Grand Maréchal de la Cour, le Cabinet du Roi, la Maison Militaire et la Liste Civile. Désormais, à partir de l'été 2006, il y aura un comité de direction du Palais composé de sept départements.

Le diplomate flamand Marc Mullie dirigera le département économique, social et culturel, et sera le secrétaire du nouveau comité de direction.

Jacques van Ypersele de Strihou occupe depuis 1983 le poste de chef de cabinet des rois Baudouin et Albert II. C'est le collaborateur le plus important du souverain. Il l'informe de l'actualité politique, prépare les audiences, étudie les projets de lois, rédige certains discours du Roi, et est régulièrement en contact avec le gouvernement fédéral.

Le nouveau département des relations extérieures sera géré par le diplomate flamand Ghislain D'Hoop, qui était depuis 1997 conseiller d'Albert II et du prince Philippe, ainsi que chef de cabinet adjoint.

La Maison Militaire informe le souverain de l'état des forces armées belges, des projets du ministre de la Défense, des décisions prises à l'Otan et prépare les activités du Roi dans le domaine militaire. Les aides de camp et officier d'ordonnance font aussi partie de la Maison Militaire qui est dirigée depuis 2005 par Joseph (Jef) Van den put. Né en 1950 à Anvers, il était auparavant aide de camp du Roi et commandant de l'Institut Royal Supérieur de Défense.

Le département du protocole aura en charge l'organisation des réceptions et voyages d'Etat à l'étranger. Si le nom a changé, les tâches seront identiques pour l'amiral de division Pierre Warnauts qui était le Maître des Cérémonies de la Cour, une appelation jugée obsolète en 2006.

Seule femme parmi six hommes, Chantal Cooreman - qui travaille au Palais depuis 1997 - va s'occuper du département des requêtes qui englobe également le Secrétariat Social de la Reine.

Depuis 1992, le général-major Vincent Pardoen est l'intendant de la Liste Civile. Il gère les budgets de fonctionnement du Palais, signe les contrats avec les fournisseurs brevetés de la Cour et siège au conseil d'administration de la Donation Royale. En 2001, c'est lui qui a attaqué en justice les auteurs du livre "Dossier pédophilie : le scandale de l'affaire Dutroux", qui contenait des allégations graves non fondées contre le Roi.

Que doit-on tirer comme enseignements de cette série de changements? Cette réorganisation et ce rajeunissement de l'équipe apportent un souffle de modernité bienvenue à la monarchie qui a subi de nombreuses critiques début 2006. Les collaborateurs du souverain continuent de venir principalement de la diplomatie et de l'armée. La noblesse belge, par contre, est de moins en moins présente à la Cour. L'égalité entre hommes et femmes et la diversité multiculturelle, prônées dans certains discours royaux, n'y sont pas encore d'actualité. Enfin, contrairement à ses prédécesseurs, Albert II a une majorité de Flamands parmi ses proches conseillers.

Quelques jours après les élections communales et provinciales du 8 octobre, le Roi félicite personnellement le bourgmestre socialiste sortant d'Anvers Patrick Janssens qui a réussi l'exploit inattendu de détrôner le Vlaams Belang de la place de premier parti de la plus grande ville de Flandre. Cette audience symbolique s'inscrivait dans le cadre du combat mené par le souverain contre l'extrême-droite.

Le 16 octobre, Albert II reçoit Rudy Aernoudt, l'auteur du livre "Vlaanderen/Wallonie : je t'aime, moi non plus". Secrétaire général dans l'administration flamande, ancien chef de cabinet de plusieurs ministres de l'économie, il dénonce les clichés véhiculés par les séparatistes du nord du pays et leurs conclusions simplistes. Dans son livre, il cite une série d'arguments économiques contre le séparatisme et les thèses défendues par des patrons flamands dans le manifeste du groupe de réflexion "In de Warande".

La RTBF provoque une importante polémique en décembre 2006 en annonçant, dans une fausse émission spéciale, le vote de l'indépendance de la Flandre par les députés du nord du pays et le départ du couple royal à l'étranger. Suite à la panique de nombreux Belges, la RTBF annonce trente minutes plus tard que c'est une fiction... Cette initiative est désapprouvée par le monde politique (excepté le parti extrémiste Vlaams Belang) et par le Palais qui avait cependant été averti par la chaîne publique. Dans un communiqué exceptionnel, il indique que "ce n'est pas le rôle du Palais de commenter ou de condamner des programmes TV ou des initiatives de presse. Le Palais n'a pas d'état d'âme particulier ni sur le fond, ni sur la forme. Nous constatons simplement qu'aux yeux de nombreux télespectateurs, ce programme avait toutes les caractéristiques d'un canular de mauvais goût".

Albert II évoque avec humour cette polémique par une phrase glissée dans son discours télévisé de Noël 2006 :  "Il est évident que notre pays, dans ses actions en faveur de la paix, partout dans le monde, ne sera vraiment crédible que si, à l'intérieur même de nos propres frontières, le respect mutuel, l'entente et la cohésion seront la réalité...et pas la fiction!".

Mais la majeure partie de ce discours est consacrée à notre politique étrangère :

"Le temps de Noël et de Nouvel An est une période qui nous prédispose à une réflexion sur la paix. Que faisons-nous, que pouvons-nous faire pour être des artisans de paix dans notre famille, dans notre pays et même au-delà? Nous savons fort bien que l'absence de conflit ne signifie pas nécessairement la paix.

La paix implique bien plus. Elle demande surtout que chacun cultive une attitude de respect et de bienveillance vis-à-vis de l'autre, quelle que puisse être sa différence. Dans notre monde, les grands comme les petits foyers de violence sont malheureusement très nombreux. Des antagonismes raciaux, ethniques ou religieux sont souvent exacerbés. Notre pays n'est pas indifférent à ces situations douloureuses. En effet, il joue un rôle actif en faveur de la paix et s'y emploie de différentes manières.

Tout d'abord par le dynamisme et la créativité de notre diplomatie. Cette année, par exemple, la Belgique a assumé la présidence de l'Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe. Cette organisation est active notamment en Europe de l'Est et dans le Caucase. Au-delà de son mandat de base, l'Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe joue un rôle important dans le domaine des droits de l'homme, dans la protection des minorités, dans la liberté de la presse, dans l'observation d'élections libres et, plus généralement, dans le développement de la démocratie.

J'ai eu l'occasion de rendre visite à cette organisation et à ses dirigeants en septembre à Vienne. J'ai été frappé d'entendre ses responsables me dire combien la Belgique multiculturelle donnait à notre diplomatie une aptitude toute spéciale à rapprocher les points de vue, à trouver des terrains d'entente et à promouvoir la paix. Ce sont ces mêmes qualités qui ont contribué au fait que 180 pays ont choisi la Belgique pour devenir, à partir du 1er janvier prochain, et pendant deux années, membre du conseil de sécurité des Nations Unies. C'est un beau défi pour nous.

La diplomatie, hélàs, n'est pas toujours en mesure de prévenir ou de résoudre des conflits. Il arrive même souvent qu'une force militaire soit nécessaire pour maintenir une paix fragile ou pour la rétablir.

Aujourd'hui, plus de 1.100 de nos soldats sont déployés à travers le monde, principalement dans les Balkans, au Liban, au Congo et en Afghanistan. L'objectif de leur mission varie. Au Kosovo et en Bosnie, notre présence consiste à prévenir une nouvelle guerre civile dans les Balkans. Au Liban, nous participons au rétablissement de la paix. Au Congo, nous contribuons à protéger la démocratie. Nous sommes présents en Afghanistan pour éviter le retour des talibans.

Fin septembre, j'ai rencontré à la base de Beauvechain des unités en partance pour le Liban et le Kosovo. J'ai été frappé par la motivation, l'engagement et la bonne préparation des hommes et des femmes qui en faisaient partie. Je saisis cette occasion pour dire à tous ceux qui participent à ces opérations que nous sommes fiers du travail qu'ils accomplissent et qu'en cette période de fin d'année, le pays tout entier pense spécialement à eux et à leurs familles.

Il est encore un troisième moyen par lequel la Belgique contribue à la paix : il s'agit de la coopération au développement. La grande pauvreté, les privations et les maladies qui sévissent dans beaucoup de parties du tiers-monde constituent une injustice sociale majeure et il est vrai que sans justice, il n'y aura pas de véritable paix. Le développement ne serait-il pas alors une définition moderne de la paix? Notre pays contribue activement à des projets de développement dans 18 pays partenaires. De nombreux coopérants belges y travaillent et je veux aujourd'hui leur rendre un hommage particulier.

J'espère aussi très vivement qu'un nouveau partenariat puisse se développer avec le Congo, où les populations ont tellement souffert ces dernières années, mais où des perspectives nouvelles s'ouvrent à présent".

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