lundi 20 mai 2013

La princesse Astrid et la recherche scientifique

Cette semaine, au palais royal de Bruxelles, la princesse Astrid a remis les prix scientifiques 2013 de la Fondation Médicale Reine Elisabeth (voir photo ci-dessous).

                                        Photo : La Princesse Astrid a assisté au Palais de Bruxelles à la séance académique organisée par la Fondation Médicale Reine Elisabeth (F.M.R.E.), dont elle est Présidente d'Honneur.

Lors de cette séance, la Princesse Astrid a procédé à la remise officielle des prix scientifiques F.M.R.E. 2013 : le "Solvay Prize" au Docteur Pierre Vanderhaeghen, PhD (ULB), le Prix "Baron van Gysel de Meise" au Professeur Dr. Serge N. Schiffmann (ULB), le Prix "Janine et Jacques Delruelle au Professeur Dr. Danny Huylebroeck, PhD (KU Leuven) et le prix « CBC Banque » au Professeur Dr. Geert van Loo (UGent).

Le Professeur Dr. Jan De Maere a ensuite donné une conférence intitulée "Le chef-d'œuvre et le cerveau, neuroscience et émotion ».

Les prix scientifiques sont destinés à soutenir les équipes de recherche universitaires belges dont le projet de recherche fondamentale dans le domaine des neurosciences a été sélectionné par le Conseil d'Administration de la F.M.R.E. sur proposition de son Comité Scientifique.  
A quand remonte son intérêt pour la recherche scientifique? En décembre 2000, la princesse devient présidente d'honneur de la Fondation Médicale Reine Elisabeth , créée en 1926 par son arrière-grand-mère afin de soutenir la recherche dans les neurosciences.

"Les moyens financiers de cette fondation ont, depuis lors, été sérieusement augmentés et maintenant, cette fondation s'est surtout orientée vers le soutien des projets de la recherche fondamentale médicale dans les différentes universités du pays (alzheimer, épilepsie, sclérose en plaques, ...). Personnellement, je pense que cette fondation gagne indubitablement à être connue et soutenue du grand public car, selon moi, la recherche fondamentale forme une des grandes richesses de notre pays et il faut essayer d'éviter la fuite des cerveaux, ce qui est peut-être encore trop le cas. Trop de nos jeunes talents, aussi bien dans le domaine de la médecine que dans celui des sciences pures, préfèrent embrasser une carrière scientifique à l'étranger, surtout aux Etats-Unis, où ils peuvent travailler dans des conditions optimales et où ils disposent souvent de moyens presque illimités", confia-t-elle à l'hebdomadaire "La Libre Match".

En 2003, la princesse accepte la présidence d'honneur de l' European Organisation for Research and Treatment of Cancer (EORTC). Cette association internationale, dont le siège se trouve à Bruxelles, a été fondé en 1962 par un nombre de cancérologues européens renommés. Leurs objectifs sont de diriger, développer, coordonner et stimuler la recherche contre le cancer en Europe. En 2006, Astrid devient présidente d'honneur des Fonds scientifiques et médicaux de la Fondation Roi Baudouin.

Ces trois présidences d'honneur l'amènent à de nombreux contacts avec le monde scientifique et médical qu'il serait exhaustif de tout citer. Prenons l'exemple de l'année 2007 :  visite du service oncologie du Centre Hospitalier de Mouscron, remise du Prix Van Gysel pour la recherche biomédicale, leçon inaugurale au Collège de France à Paris du professeur Guy Orban (membre du comité scientifique de la Fondation Médicale Reine Elisabeth, nommé titulaire de la chaire européenne pour l'année académique 2006/2007), visite du laboratoire du professeur Yvette Michotte (VUB) subsidié par la Fondation Médicale Reine Elisabeth, assemblée générale de l'European Organisation for Research and Treatment of Cancer, visite du service de neuro-oncologie pour enfants de l'Hôpital Universitaire de Louvain, remise des bourses 2007 de la Fondation Médicale Reine Elisabeth et des Fonds scientifiques et médicaux de la Fondation Roi Baudouin, conférence "La révolution biologique" par le Prix Nobel Christian de Duve à l'occasion de son 90ème anniversaire, découverte de l'IRM préopératoire du Centre Hospitalier Universitaire du Sart-Tilman à Liège, visite de projets à l'Université d'Anvers soutenus par la Fondation Médicale Reine Elisabeth.

L'année suivante, on la voit s'intéresser au Télévie, au Plan National contre le Cancer, à la Fondation Saint-Luc, à l'Institut de Duve, à la Fédération for Spina and Bifida and Hydrocephalus, au Centre National de la Sclérose en Plaques, etc. En 2009, elle enregistre un message d'encouragement pour le site Internet de RaDiOrg.Be (Rare Diseases Organisation Belgium) qui coordonne 80 associations belges pour des maladies orphelines.

Dans le discours qu'elle a prononcé lors de la remise des prix scientifiques en 2009, la princesse a notamment déclaré :

"C'est avec grand plaisir que je prends la parole aujourd'hui sur un sujet qui me tient à coeur :  la recherche scientifique et la mobilité internationale.

Un proverbe africain dit qu'il faut tout un village pour élever un enfant. Je crois que pour élever un chercheur, il faut tout un pays et même, tout un continent. C'est ce que l'Europe tente de faire. Depuis l'émergence de la Stratégie de Lisbonne au Conseil Européen en 2000, la communauté européenne a vraiment pris conscience que ses richesses, ses forces, sa ressource première se trouvaient dans les cerveaux des hommes et des femmes qui y vivent. Vous le savez, lors de sa présidence européenne en 2001, la Belgique avait joué un rôle prépondérant pour encourager tous les pays à se lancer dans ce défi qui consiste à promouvoir ce qu'on nomme "l'économie de la connaissance". Cet objectif ambitieux passe par le développement de la recherche dans chaque pays, avec des investissements massifs. Ils seront la source d'emplois durables, tant sur le plan social qu'environnemental. Mais cela ne suffit pas : si l'on veut rendre "l'économie de la connaissance" la plus compétitive possible, il faut aussi encourager et stimuler la mobilité des chercheurs.

Chez nous, nous savons qu'il faut inlassablement continuer à sensibiliser les jeunes - paradoxalement si fans de technologies - et les aider à vaincre leur méfiance envers les carrières scientifiques. Fort heureusement, la situation évolue :  la perception des carrières liées à la recherche modifie. Lentement mais sûrement s'installe dans les esprits l'idée que la recherche, aux débouchés plus variés qu'on ne l'imagine, devient aussi un gage d'emploi et de carrières utiles et passionnantes. Certes, les statistiques de l'OCDE ont montré que nos étudiants, en 2005, étaient trop peu nombreux encore à effectuer un doctorat, avec parmi eux un faible pourcentage de filles. De surcroît, trop peu d'entre eux poursuivent ensuite des activités de recherche. Néanmoins, tous secteurs confondus, en 2008, la Belgique a compté 36.400 chercheurs équivalents temps plein. Une grande majorité d'entre eux travaillent en entreprise. Ces dernières années, ce sont toutefois les pouvoirs publics et, surtout, les universités qui ont le plus augmenté leur personnel de recherche.

Pour parvenir à confirmer les tendances positives en matière de recherche, il faudra tenir compte de certains objectifs. Ceux fixés par l'Europe étaient si élevés qu'ils n'ont pas tous été atteints. Le septième programme cadre de recherche et de développement de l'Union Européenne vise en particulier la création à l'horizon 2013 d'un espace européen de la recherche au sein duquel les Etats membres consacreraient 3% de leur PIB à la recherche et au développement, dont une grande partie doit être financée par les entreprises. On estime que dans toute l'Europe, si tous les pays consacraient 3% de leur PIB à la recherche, il manquerait probablement jusqu'à 700.000 chercheurs.

On sait que la Belgique est encore loin du défi des 3% du PIB consacré à la recherche. Dans ces 3%, l'implication du secteur public est relativement constante, mais il serait souhaitable que le secteur public s'engage davantage dans la recherche et le développement. Diverses mesures d'abattements fiscaux ont notamment été mises en place pour promouvoir les efforts réalisés en faveur de la recherche. L'implication du secteur privé est, quant à elle, essentielle et majoritaire. (...)

Mais, ce qui importe, c'est à quel point les mentalités changent auprès des chercheurs. Aller s'intégrer à une équipe ou à une structure dans un autre pays, pour six mois, un an ou davantage, relève désormais, aux yeux de bien des chercheurs, d'une démarche presque naturelle. Elle semble même indispensable à ceux qui soignent leur CV : le passage par la case "étranger" est devenu un plus, et les projets développés lors de ces séjours sont souvent d'une grande qualité. Déjà durant leurs études, les étudiants ont l'occasion d'avoir une expérience à l'étranger. Je citerais ici également le programme Erasmus Mundus, un programme de coopération et de mobilité qui vise à améliorer la qualité de l'enseignement supérieur et à promouvoir le dialogue entre les cultures. Ce programme propose des master classes et des joint doctorates.

Que ce soient des crédits voyage ou des congés sabatiques, les chercheurs ont de multiples possibilités d'envisager la mobilité tout au long de leur carrière. Un chercheur qui part réaliser un post doctorat dans un important laboratoire à l'étranger peut y trouver des expertises dans des techniques que son service ne possède pas encore. Ce séjour lui permettra de développer son projet de recherche. Une fois revenu en Belgique, il pourra mettre en place des collaborations nées des contacts réalisés lors de son séjour à l'étranger. Il pourra créer un véritable réseau d'experts : chacun d'entre eux fera profiter les autres de ses compétences spécifiques et complémentaires. De plus, à leur tour, les chercheurs ayant séjourné dans un autre pays, bien souvent ouvrent, eux aussi, leurs laboratoires à de jeunes chercheurs étrangers.

Parallèlement aux chercheurs qui rejoignent des laboratoires très pointus, aux équipements technologiques souvent très poussés, certains de leurs collègues choisissent, eux, des destinations où les conditions de travail sont souvent plus difficiles. Qu'ils soient Belges ou Européens, des agronomes, des médecins passionnés en virologie ou en infectiologie, partent ainsi, par exemple, en Afrique. En fait, tous ces chercheurs contribuent à développer cette "mobilité de la connaissance" que beaucoup souhaitent réaliser. Les pôles d'attraction universitaires, ainsi que d'autres programmes de recherche, contribuent ainsi à ouvrir nos unités de recherche à des partenaires d'autres pays, membres ou pas de l'Union Européenne.

Puis-je mentionner également des initiatives de la Fondation Roi Baudouin, comme le Fonds Benedictus et le Fonds Maurange dont nous aurons l'occasion de faire connaissance aujourd'hui. Depuis 2002, le Fonds Benedictus a déjà accordé plus de dix bourses à des jeunes chercheurs prometteurs afin de leur permettre de poursuivre leurs recherches aux Etats-Unis dans le domaine de l'ingénierie biomédicale. Quant au Fonds Maurange, il a permis à une jeune chercheuse française de rejoindre l'Institut de Duve ici en Belgique. En 2010, ce sera au tour d'une chercheuse indienne. Je citerai également la Belgian American Educational Foundation et le Fonds Fullbright dont l'objectif est de stimuler la mobilité internationale. Ils ont déjà envoyé des centaines de jeunes découvrir d'autres univers de recherche aux Etats-Unis".

Les fonds pour la recherche médicale et scientifique gérés par la Fondation Roi Baudouin apportent en 2011  1,8 million d'euros à des chercheurs de pointe dans des domaines très différents (asthme, cardiologie, cancer, mucoviscidose, sida, neurologie, ...). Le nombre de fonds est en croissance constante : 10 fonds en 2005 pour 23 fonds en 2011. Le plus important d'entre eux est le Fonds Alphonse et Jean Forton pour la mucoviscidose (géré par la Fondation Roi Baudouin) qui a octroyé en 2011  600.000 euros à cinq chercheurs, et 50.000 euros à l'association des patients pour lutter contre la mucoviscidose. Cette maladie a également bénéficié de 20.000 euros du Fonds Crawhez contre la mucoviscidose qui ont été attribués à Frédéric Lenoigre de l'Institut de Duve.

1 commentaire :

  1. Etonnant de ne pas voir paraître le nom du Professeur Thierry de Barsy ,Neurologue à la clinique St Luc à Woluwe ,et qui se trouve à la gauche de la photo à côté de la Princesse Astrid

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