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lundi 17 août 2026

La reine Louise et son fils Louis-Philippe


Merci à l'asbl Dynastie et Patrimoine Culturel de nous faire découvrir dans sa dernière revue ce tableau (très peu) connu de la reine Louise avec son premier fils le prince Louis-Philippe décédé en bas âge. Pourquoi ce tableau se trouve-t-il aujourd'hui en France, et non au palais royal de Bruxelles ?   S'il a été réalisé par le peintre belge Henri Decaisne,  c'était une commande en 1833 de son grand-père maternel le roi Louis-Philippe pour son château d'Eu en Normandie. Dans la revue "Museum Dynasticum", vous trouverez un article bien documenté d'une vingtaine de pages sur tous les échanges entre les Cours de France et Belgique lors de la préparation de ce tableau. 

Mais qu'est-ce que l'asbl Dynastie et Patrimoine Culturel ?  Bien que le roi Philippe en soit le président d'honneur et qu'elle participe à l'organisation d'expositions au palais royal, elle est peu connue. 

                               

1° Historique
Cette association a été créée en 1930 sous le nom "Les amis et serviteurs de Léopold II", devenu en 1936 "Les admirateurs de Léopold II". A l'occasion de son 20ème anniversaire en 1950, elle organise une exposition sur la dynastie au Cercle Royal Gaulois à Bruxelles, et décide de créer un musée permanent de tous les souvenirs de nos souverains. Pour concrétiser ce nouveau projet, l'association change à nouveau de nom en 1953 ("Le Musée de la Dynastie") et patiemment, pendant des années, des membres rassemblent des documents et souvenirs les plus divers sur la famille royale.

En 1989, elle lance une revue scientifique intitulée "Museum Dynasticum", dans laquelle des chercheurs belges ou étrangers ayant fait leur preuve traitent de divers aspects de l'histoire de la monarchie en Belgique. Le rythme de quatre éditions par an étant intenable, la publication de deux numéros par an est décidée à partir de 1993.

En 1992, les collections sont transférées à l'Hôtel Bellevue (à côté du palais royal de Bruxelles) et leur présentation est modernisée afin de s'adresser au grand public. A partir de 1998, une partie du musée est consacrée à un Mémorial Roi Baudouin, constitué à partir d'objets légués par la reine Fabiola. Et en 2001, c'est une nouvelle salle consacrée aux expéditions scientifiques du roi Léopold III qui est inaugurée à l'occasion du centième anniversaire de sa naissance. Le musée ferme ses portes en décembre 2004.

A l'occasion du 175ème anniversaire de l'indépendance de la Belgique en 2005, le Musée de la Dynastie et le Mémorial Roi Baudouin font place à un tout nouveau Musée Bellevue, géré par la Fondation Roi Baudouin. Si le souvenir des rois des Belges est bien présent, c'est avant tout l'histoire de notre pays depuis 1830 qui constitue désormais le fil conducteur de ce nouveau musée.

La galerie qui relie le Musée Bellevue au palais royal accueille deux grandes expositions :  sur la reine Astrid (en 2005) et sur le roi Albert Ier (en 2009). Le Musée de la Dynastie n'existant plus, l'association change à nouveau de nom et devient, en 2007, l'Association Royale Dynastie et Patrimoine Culturel.   Les expositions (comme celles sur le prince-régent Charles en 2017 ou la reine Louise en 2026) ont désormais lieu au palais royal de Bruxelles, où elles sont intégrées au circuit de visite estival.

Nouveau changement en 2027 :   la convention liant l'asbl Dynastie et Patrimoine Culturel au Musée Bellevue prend fin, car ils souhaitent gagner de la place et aménager leur grenier. Les collections de l'association seront déménagées au troisième étage du palais royal de Bruxelles. 

2° Organisation
Le siège de l'Association Royale Dynastie et Patrimoine Culturel se trouve au 2, rue Ducale à Bruxelles. Le conseil d'administration est actuellement présidé par Francis De Beir, secondé par  Barbara de Muyser Lantwyck (vice-présidente), Sylviane Jacquet de Haveskercke, Jean Botermans, Jean-Jacques David, Pierre Delhaise, Pierre-Edgar Detry, Christian Koninckx, Wendy Wiertz et Gustaaf Janssens. 

Le Roi en est le président d'honneur. Ils disposent d'un site Internet bilingue (www.musdyn.be) et leur adresse mail est musdyn@skynet.be .

3° Activités
L'Association Royale Dynastie et Patrimoine organise une réception de Nouvel An, des conférences et des visites d'expositions pour ses membres. Elle participe à la préparation d'expositions sur des membres de la famille royale (reine Astrid, roi Albert Ier, prince-régent Charles, reine Louise,p.ex.) ayant lieu au musée Bellevue ou au palais royal de Bruxelles.  Sa collection s'agrandit au fil des ans grâce à des dons. Et elle publie deux fois par an la revue "Museum Dynasticum" (40 euros/an pour abonnement).

Vous pouvez retrouver ici une liste des articles intéressants et objectifs parus dans cette revue au cours des dernières années :   www.musdyn.be/activites/revue-museum-dynasticum.html . Le comité de rédaction est présidé par Gustaaf Janssens (ancien responsable des archives du palais royal) et composé notamment de Baudouin D'Hoore (actuel conservateur des archives du palais royal), du marquis Olivier de Trazegnies, des historiens Christian Koninck et Olivier Defrance, etc. C'est donc une association culturelle et historique, et non patriotique (à ne pas confondre avec le Mouvement Dynastique).

4° Emile Vandewoude (1923-2013)
Profitons de cet article pour rendre hommage à Emile Vandewoude qui est décédé en 2013. Né à Louvain en 1923, il effectue des études de philosophie et lettres à l'UCL. Après avoir été en poste de 1952 à 1959 à Léopoldville auprès du gouvernement général du Congo, il devient archiviste stagiaire aux Archives Générales du Royaume de Belgique. En 1962, il est chargé d'organiser un service d'archives au palais royal :  il rassemble toutes les archives existantes dans un seul bâtiment et commence à en rédiger les inventaires. Dès 1963, le service est opérationnel et les premiers visiteurs peuvent y avoir accès pour effectuer des recherches historiques. Depuis 1967, les archives du palais royal constituent une section des Archives Générales du Royaume de Belgique. Après 26 ans d'activité au palais royal où il a été le premier archiviste professionnel, Emile Vandewoude part à la retraite en 1988. Mais il rejoint l'association "Le Musée de la Dynastie" où il fait partie du comité de rédaction de la revue "Museum Dynasticum" du premier numéro paru en 1989 à 2003.

Bravo à tous ces passionnés bénévoles pour leur travail au service de l'Histoire !

Cliquez ci-dessous sur "Asbl Dynastie et Patrimoine" pour avoir d'autres infos sur leurs activités.

 

lundi 20 juillet 2026

Expo sur la reine Louise au palais royal

                                                         


Après Chantilly et Namur, c'est au tour du palais royal de Bruxelles de présenter une exposition sur Louise d'Orléans, la première reine des Belges, qui a fondé notre actuelle dynastie avec le roi Léopold Ier. Parmi leurs autres descendants, on retrouve aussi le grand-duc Guillaume de Luxembourg, le prince Napoléon et le prince Emmanuel-Filiberto de Savoie. 

Cette exposition a été montée notamment grâce à l'aide de l'asbl Dynastie et Patrimoine Culturel, et des Archives du palais royal de Bruxelles.
    



Fille du duc Louis-Philippe d'Orléans et de la princesse Marie-Amélie de Bourbon-Deux-Siciles, Louise naît en 1812 à Palerme en Sicile où ses parents vivent en exil. Elle grandit au sein d'une famille unie et heureuse de 10 enfants. En 1830, son père monte sur le trône de France.

Son destin bascule lorsque ses parents acceptent la demande en mariage de Léopold Ier, roi des Belges, de 22 ans son aîné. Le mariage a lieu en 1832 au château de Compiègne. La séparation avec sa famille sera très difficile pour la reine Louise qui écrira tous les jours à sa mère. Cette abondante correspondance permettra à l'auteur de cette biographie de suivre la jeune reine dans sa vie publique et privée. Ces extraits de lettres sont le point fort de cet ouvrage.

En juillet 1833, Louise donne naissance au prince Louis-Philippe (Babochon) mais celui-ci décède un an plus tard suite aux divergences de vues entre nourrice, gouvernante et médecins. L'autopsie révèle une maladie du foie. La Reine doit aussi faire face à l'hostilité des orangistes et à sa nostalgie de la France et de sa famille. Elle a peu de loisirs et n'aime pas la musique, sauf les valses de Strauss. Elle consacre ses journées à sa correspondance, à son époux souvent absent et à leurs trois enfants Léopold, Philippe et Charlotte. Très catholique, c'est l'église Saint-Jacques-sur-Coudenberg qu'elle fréquente le plus souvent. Louise-Marie fonde une école catholique tenue par des religieuses pour 400 jeunes filles de familles ouvrières pauvres.

La Reine ne joue pas de réel rôle en Belgique, mais à travers sa correspondance, elle remplit le rôle de diplomate entre les Cours de France, Belgique et Angleterre où elle est proche de la reine Victoria. Elle tente en vain de convaincre son mari et son père contre la peine de mort :  "Quelque grand que soit le crime, je ne puis admettre qu'il appartienne aux hommes à anticiper sur les jugements de Dieu et de disposer de la vie de leurs semblables".

Lors de la mort de l'ancien roi Charles X en 1836, elle écrit :  "Mon premier mouvement eut été de porter le deuil. Car enfin cette révolution que nous n'avons ni voulue, ni faite ne change rien à la parenté. Mais en y pensant, je trouve que de porter le deuil d'un homme dont on a accepté la place, dont on occupe le train et le lit, aurait l'air d'une hypocrisie, je dirais même d'une sorte de dérision".

Lors des tensions au Moyen-Orient en 1840, Louise-Marie trouve que son père manque de fermeté et écrit à sa mère :  "Ce n'est pas certes en disant que l'on veut la paix, quand même, toujours et en toute circonstance, en laissant tout faire et en cédant successivement sur tout que l'on maintiendra la paix. D'abandon en abandon et de concession en concession, on en arrivera à un tel degré d'abaissement qu'il faudra faire la guerre pour une bêtise, pour se réhabiliter. En attendant, le pays aura pu croire que le Père n'a pas eu souci de son honneur et que nous sommes une opprobe pour lui, croyance plus dangereuse que la guerre. Je ne prétends pas par là dire qu'il faille faire la guerre. Je souhaite au contraire la paix et je crois que le pauvre Père agit dans l'intérêt du pays en voulant la maintenir. Je ne blâme que les moyens dangereux et inefficaces employés à cette fin".

En 1843, Louise prépare en coulisses la visite de Victoria et Albert auprès de Louis-Philippe et Marie-Amélie au château d'Eu. Avec Léopold Ier, elle accompagne aussi le couple royal anglais en Allemagne dans la région de Cobourg. En 1846, le mariage de son frère Antoine d'Orléans et de l'infante Louise d'Espagne ne plaît guère à la reine Victoria et refroidit les relations franco-britanniques. A travers ses lettres, Louise-Marie tente d'éviter une rupture définitive entre les deux pays. Cependant, suite à la révolution française de 1848, Louis-Philippe et Marie-Amélie pourront s'exiler en Angleterre et vivre à Claremont House, une demeure appartenant à Léopold Ier.

La Reine souffre de solitude et de mélancolie, et sa santé décline. Les épreuves ne lui sont pas épargnées :  décès de sa soeur Marie en 1839 et de son frère Ferdinand-Philippe en 1842, infidélités et absences de Léopold Ier, révolution française de 1848, décès de son père en 1850. Louise, première reine des Belges, s'éteint en octobre 1850 à Ostende. Elle avait 38 ans.

Plus d'infos sur la vie de la reine Louise-Marie :   http://royalementblog.blogspot.be/2012/04/bicentenaire-de-la-naissance-de-la.html

Plus d'infos sur les timbres à l'effigie de la reine Louise-Marie :   http://royalementblog.blogspot.be/2012/04/la-reine-louise-marie-en-philatelie.html

Plus d'infos sur son fils le prince Louis-Philippe (mort à l'âge d'un an) :   http://royalementblog.blogspot.com/2012/01/le-prince-louis-philippe-de-belgique.html

lundi 16 février 2015

lundi 24 mars 2014

La famille royale et la côte belge

                             

(Article actualisé en juillet 2017)

Ce 1er juillet 2017, les souverains et leurs quatre enfants étaient en visite officielle à la côte belge :  ils ont assisté à des démonstrations de sauvetage sur la plage de Westende, et ils ont visité, à Ostende, le navire "Mercator" qui vient d'être restauré.

Depuis le décès du prince-régent Charles à Ostende en 1983, la famille royale belge ne séjourne plus à la côte belge, et a renoncé depuis longtemps à l'utilisation de la Villa Royale d'Ostende, transformée en hôtel-restaurant puis en centre de revalidation.

On sait cependant que le prince Laurent, la princesse Claire et leurs trois enfants viennent de temps en temps se reposer discrètement dans la station de Knokke-Heist, où la famille Coombs posséderait un appartement.

Durant son règne, le roi Albert II a acheté deux appartements à Ostende qui sont mis en location. Son fidèle conseiller Vincent Pardoen possède également un appartement dans le même immeuble.

Pour plus d'infos :

- le monument Léopold Ier à La Panne :  http://tourisme.depanne.be/product/1028/monument-leopold-ier

- l'hôpital de l'Océan à La Panne, où se rendait souvent la reine Elisabeth durant la première guerre mondiale :   www.noblesseetroyautes.com/lhopital-de-locean-a-la-panne

- la chapelle royale de La Panne :   http://familleroyalebelge.blogspot.be/2016/12/la-chapelle-royale-de-la-panne.html

- la maison d'Ostende où est décédée la reine Louise-Marie en 1850 :   www.noblesseetroyautes.com/langestraat-69-a-ostende-la-derniere-demeure-de-la-reine-louise-marie

- Ostende, station balnéaire développée sous l'impulsion de Léopold II : www.noblesseetroyautes.com/ostende-station-balneaire-royale

- l'ancienne Villa Royale d'Ostende :  http://royalementblog.blogspot.be/2011/10/la-villa-royale-dostende.html

- le monument Albert Ier à Nieuport :  http://probelgica-hainaut.blogspot.be/2016/08/pro-belgica-nieuport.html

- la maison du prince-régent Charles à Raversijde (où il vécut de 1950 à 1983) :   www.noblesseetroyautes.com/raversijde-dans-lintimite-du-prince-charles

lundi 18 mars 2013

Sondages sur la monarchie (mars 2013)

1° Le roi Albert II doit-il abdiquer?
Une courte majorité (54%) de Belges souhaitent que le Roi n'abdique pas et reste sur le trône jusqu'à sa mort. 46% des Belges sont favorables à son abdication :  23% avant les élections fédérales de 2014 et 23% après les élections fédérales de 2014. Par rapport à de précédents sondages, on remarque que le scénario d'une abdication reçoit plus d'avis favorables (sans doute influencés par les exemples de la reine Béatrix et du pape Benoît XVI). Si on regarde les chiffres par région, 50% des Flamands, 57% des Wallons et 66% des Bruxellois sont contre une abdication d'Albert II qui est le roi le plus âgé (79 ans en juin prochain) que nous ayons eu en exercice dans toute l'histoire de la Belgique.

2° Le prince Philippe sera-t-il un bon roi?
Oui pour 53% des Belges et non pour 47% d'entre eux. On sait que le prince héritier ne fait pas l'unanimité mais ce résultat est quand même meilleur que de précédents sondages (sans doute est-ce dû à la politique du Palais qui met beaucoup en avant ces derniers mois Philippe et Mathilde). Si on regarde les résultats par région, le prince héritier obtient la confiance de 48% des Flamands, de 58% de Wallons et de 64% de Bruxellois. On constate donc qu'à quelques unités près, le roi Albert II et son fils le prince Philippe bénéficient de la même popularité dans chacune des trois régions.

3° Quelle est votre femme préférée de la famille royale?
La princesse Mathilde est la femme préférée de la famille royale avec 39%, devant la princesse Astrid (34%), la princesse Claire (17%), la reine Paola (7%) et la reine Fabiola (4%). C'est en Flandre que la princesse Mathilde est la plus populaire (41%) contre 35% à Bruxelles et en Wallonie. Si on prend les votes par tranches d'âges, Mathilde réalise son meilleur score auprès des plus jeunes de 16-24 ans avec 46% de voix de préférence. La princesse Astrid est la femme préférée de 36% de Bruxellois, 35% de Flamands et 31% de Wallons. Contrairement à ses deux belles-soeurs et sans doute dû à ses origines wallones, la princesse Claire est plus populaire en Wallonie (22%) qu'à Bruxelles (16%) et en Flandre (14%). Ce sondage est un gros échec pour les reines Paola et Fabiola dans les trois régions du pays :  la reine Paola est la préférée de 9% des Wallons, 8% des Bruxellois et 5% des Flamands, tandis que la reine Fabiola obtient 4% des voix de préférence dans les trois régions.

4° Quelle est la plus marquante des reines dans l'histoire de la Belgique?
Décédée à l'âge de 30 ans dans un accident de voiture, laissant trois enfants orphelins, la douce et belle Astrid est la reine la plus marquante de notre dynastie pour 32% de Belges, devant les reines Elisabeth et Fabiola (à égalité à 27%), la reine Paola (7%), la reine Marie-Henriette (4%) et la reine Louise-Marie (3%). La deuxième place occupée par Elisabeth est logique, vu qu'elle était reine durant les deux guerres mondiales et sa grande implication dans la vie culturelle de notre pays. Si Fabiola est aujourd'hui la moins populaire de la famille royale (voir ci-dessus), les Belges reconnaissent cependant qu'elle fait partie du trio des reines les plus marquantes. Les actions socio-culturelles de la reine Paola semblent moins connues, alors qu'elle a pourtant fait beaucoup de bonnes choses en 20 ans de règne (rénovation des demeures royales, soutien à l'art contemporain, création de la Fondation Reine Paola pour les jeunes, soutien à Child Focus et Missing Children Europe, etc.). Si on regarde les chiffres par région,  9% des Flamands, 5% des Wallons et 2% des Bruxellois ont voté pour la reine Paola.

Ces sondages ont été réalisés par l'Insitut Ipsos pour le "Soir Magazine" sur un échantillon de 1009 personnes âgées de 16 à 70 ans, résidant en Belgique, sur base d'un échantillon représentatif de la population belge (Bruxelles : 10% ; Flandre : 58% ; Wallonie : 32%). La marge d'erreur est de 3,1 %.

jeudi 3 mai 2012

"Louise-Marie d'Orléans : la reine oubliée" (Mia Kerckvoorde)

                                             
Fille du duc Louis-Philippe d'Orléans et de la princesse Marie-Amélie de Bourbon-Deux-Siciles, Louise-Marie naît en 1812 à Palerme en Sicile où ses parents vivent en exil. Elle grandit au sein d'une famille unie et heureuse de 10 enfants. En 1830, son père monte sur le trône de France.

Son destin bascule lorsque ses parents acceptent la demande en mariage de Léopold Ier, roi des Belges, de 22 ans son aîné. Le mariage a lieu en 1832 au château de Compiègne. La séparation avec sa famille sera très difficile pour la reine Louise-Marie qui écrira tous les jours à sa mère. Cette abondante correspondance permettra à l'auteur de cette biographie de suivre la jeune reine dans sa vie publique et privée. Ces extraits de lettres sont le point fort de cet ouvrage.

En juillet 1833, Louise-Marie donne naissance au prince Louis-Philippe (Babochon) mais celui-ci décède un an plus tard suite aux divergences de vues entre nourrice, gouvernante et médecins. L'autopsie révèle une maladie du foie. La Reine doit aussi faire face à l'hostilité des orangistes et à sa nostalgie de la France et de sa famille. Elle a peu de loisirs et n'aime pas la musique, sauf les valses de Strauss. Elle consacre ses journées à sa correspondance, à son époux souvent absent et à leurs trois enfants Léopold, Philippe et Charlotte. Très catholique, c'est l'église Saint-Jacques-sur-Coudenberg qu'elle fréquente le plus souvent. Louise-Marie fonde une école catholique tenue par des religieuses pour 400 jeunes filles de familles ouvrières pauvres.

La Reine ne joue pas de réel rôle en Belgique, mais à travers sa correspondance, elle remplit le rôle de diplomate entre les Cours de France, Belgique et Angleterre où elle est proche de la reine Victoria. Elle tente en vain de convaincre son mari et son père contre la peine de mort :  "Quelque grand que soit le crime, je ne puis admettre qu'il appartienne aux hommes à anticiper sur les jugements de Dieu et de disposer de la vie de leurs semblables".

Lors de la mort de l'ancien roi Charles X en 1836, elle écrit :  "Mon premier mouvement eut été de porter le deuil. Car enfin cette révolution que nous n'avons ni voulue, ni faite ne change rien à la parenté. Mais en y pensant, je trouve que de porter le deuil d'un homme dont on a accepté la place, dont on occupe le train et le lit, aurait l'air d'une hypocrisie, je dirais même d'une sorte de dérision".

Lors des tensions au Moyen-Orient en 1840, Louise-Marie trouve que son père manque de fermeté et écrit à sa mère :  "Ce n'est pas certes en disant que l'on veut la paix, quand même, toujours et en toute circonstance, en laissant tout faire et en cédant successivement sur tout que l'on maintiendra la paix. D'abandon en abandon et de concession en concession, on en arrivera à un tel degré d'abaissement qu'il faudra faire la guerre pour une bêtise, pour se réhabiliter. En attendant, le pays aura pu croire que le Père n'a pas eu souci de son honneur et que nous sommes une opprobe pour lui, croyance plus dangereuse que la guerre. Je ne prétends pas par là dire qu'il faille faire la guerre. Je souhaite au contraire la paix et je crois que le pauvre Père agit dans l'intérêt du pays en voulant la maintenir. Je ne blâme que les moyens dangereux et inefficaces employés à cette fin".

En 1843, Louise-Marie prépare en coulisses la visite de Victoria et Albert auprès de Louis-Philippe et Marie-Amélie au château d'Eu. Avec Léopold Ier, elle accompagne aussi le couple royal anglais en Allemagne dans la région de Cobourg. En 1846, le mariage de son frère Antoine d'Orléans et de l'infante Louise d'Espagne ne plaît guère à la reine Victoria et refroidit les relations franco-britanniques. A travers ses lettres, Louise-Marie tente d'éviter une rupture définitive entre les deux pays. Cependant, suite à la révolution française de 1848, Louis-Philippe et Marie-Amélie pourront s'exiler en Angleterre et vivre à Claremont House, une demeure appartenant à Léopold Ier.

La Reine souffre de solitude et de mélancolie, et sa santé décline. Les épreuves ne lui sont pas épargnées :  décès de sa soeur Marie en 1839 et de son frère Ferdinand-Philippe en 1842, infidélités et absences de Léopold Ier, révolution française de 1848, décès de son père en 1850. Louise-Marie, première reine des Belges, s'éteint en octobre 1850 à Ostende. Elle avait 38 ans.

Plus d'infos sur la vie de la reine Louise-Marie :   http://royalementblog.blogspot.be/2012/04/bicentenaire-de-la-naissance-de-la.html

Plus d'infos sur les timbres à l'effigie de la reine Louise-Marie :   http://royalementblog.blogspot.be/2012/04/la-reine-louise-marie-en-philatelie.html

Plus d'infos sur son fils le prince Louis-Philippe (mort à l'âge d'un an) :   http://royalementblog.blogspot.com/2012/01/le-prince-louis-philippe-de-belgique.html

lundi 15 novembre 2010

"Reines de pouvoir : la face cachée des reines de Belgique"

Les deux premiers mariages royaux sont des unions politiques destinées à renforcer la position de la Belgique : Louise-Marie pour avoir le soutien de la France, Marie-Henriette celui de l'Autriche. Elles ne seront pas heureuses et devront vivre avec les infidélités de leur époux. Marie-Henriette quitte même la Cour pour s'installer à Spa. Excepté quelques apparitions publiques, elles n'ont aucun rôle et aucune influence sur la vie du pays. Ainsi la reine Louise-Marie est contre la peine de mort et tente sans grand succès de rallier son mari Léopold Ier et son père Louis-Philippe à sa cause.

L'énergique et anticonformiste Elisabeth, troisième reine des Belges, a joué un rôle nettement plus important et a multiplié les initiatives sociales et culturelles. Durant la première guerre mondiale, elle reste derrière les tranchées aux côtés de son époux Albert Ier et est surnommée la "Reine Infirmière". Lors de la deuxième guerre mondiale, Elisabeth prend le parti de Léopold III et ne soutient pas beaucoup la régence de son fils cadet Charles. A la fin de sa vie, ses voyages dans des pays communistes lui valent de nombreuses critiques et le surnom de "reine rouge".

Les auteurs démontent les mythes autour de la gentille reine Astrid, décédée à l'âge de 30 ans dans un accident de voiture en Suisse. Leur mariage avait été arrangé et Astrid a dû composer avec les infidélités de son époux. Elle n'était pas une mère très présente et a effectué sans ses enfants des voyages à l'étranger de plusieurs mois. L'Appel de la Reine en 1935 est jugé paternaliste par les auteurs.

Fabiola ne donne pas d'héritiers à la Couronne, mais elle rend heureux son mari Baudouin (le seul roi des Belges à ne pas avoir eu de relations extraconjugales!) et remplit son rôle de reine à la perfection. Elle a le sens du contact et n'a pas peur des caméras. On lui reproche ses liens avec Franco et l'Eglise, ses goûts vestimentaires démodés et certaines tensions au sein de la famille royale et de sa propre famille.

Paola est la première reine à avoir des origines belges grâce à sa grand-mère paternelle Laure Mosselman du Chenoy. Elle souhaite volontairement rester à l'arrière-plan et ne pas faire de l'ombre à son mari. Elle se consacre à sa fondation, au centre Child Focus, à l'art contemporain et à la restauration des demeures royales. Sa mauvaise connaissance du néerlandais et sa réserve lors de ses apparitions publiques ternissent son image.

Co-écrit par les auteurs flamands Misjoe Verleyen, Lieve Beullens et Mark Van den Wijngaert, cet ouvrage bien documenté et destiné au grand public ne contient aucune erreur historique, mais en insistant plus sur les défauts de nos reines que sur leurs qualités, il donne l'impression de vouloir casser des mythes (Astrid, p.ex.) ou affaiblir leur image (Paola, p.ex.).

dimanche 17 mai 2009

Koning Leopold / Le roi Léopold Ier

                                                    
Le fondateur de notre dynastie est né le 16 décembre 1790 dans la principauté de Saxe-Cobourg-Gotha où règne à cette époque son grand-père le duc Ernest-Frédéric. Léopold est le fils cadet du duc François qui monte sur le trône de Cobourg en 1800. Le petit prince est nommé par le tsar de Russie capitaine, colonel puis général du régiment de la garde impériale.

De stichter van onze dynastie werd geboren op 16 december 1790 in het Vorstendom Saxen-Coburg-Gotha waar toen zijn grootvader Hertog Ernest-Frederik regeerde. Leopold is de jongste zoon van Hertog François, die de troon van Coburg besteeg in 1800. De kleine prins werd door de Russische tsaar benoemd tot kapitein, kolonel, en vervolgens tot generaal van de keizerlijke garde.

En 1806, le duché de Cobourg rejoint la Confédération du Rhin dirigée par Napoléon. Léopold part à Paris pour défendre et négocier les intérêts de son pays auprès de l'empereur français qui est séduit par ce jeune homme fin diplomate. En 1813, il est le premier prince allemand à abandonner Napoléon pour rejoindre l'armée du tsar de Russie et participe à plusieurs campagnes.

In 1806 voegde het hertogdom Coburg zich bij de Confederatie van de Rijn, onder leiding van Napoleon. Leopold vertrok naar Parijs om de belangen van zijn land te verdedigen bij de Franse keizer, die werd verleid door deze fijnzinnige jonge diplomaat. In 1813 was hij de eerste Duitse prins die Napoleon verliet om het leger van de Russische tsaar te vervoegen en deel te nemen aan verschillende veldtochten.

Suite à son mariage d'amour avec la princesse héritière Charlotte d'Angleterre en 1816, Léopold s'installe en Grande-Bretagne et se prépare à son futur rôle de prince consort. Mais Charlotte décède moins d'un an plus tard en accouchant d'un enfant mort-né... Léopold reste en Angleterre où il conserve une certaine influence à la Cour. Il refuse, à deux reprises, la couronne de Grèce.

Door zijn liefdeshuwelijk met kroonprinses Charlotte van Engeland in 1816,  gaat Leopold in Groot-Brittannië wonen en bereidt hij zich voor op zijn rol als prins-gemaal. Maar Charlotte overleed amper een jaar nadien bij de geboorte van haar doodgeboren kind…  Leopold bleef in Engeland en behield enige invloed aan het Hof. Hij weigerde tot tweemaal toe de Griekse kroon.

Roi des Belges / Koning der Belgen

Léopold accepte en 1831 la proposition du Congrès National de devenir le premier roi des Belges. Il met, pour la première fois, le pied sur le sol de sa nouvelle patrie à La Panne où un monument rappelle aujourd'hui cette arrivée historique. Sa prestation de serment a lieu le 21 juillet 1831 sur la place Royale à Bruxelles.

Leopold aanvaarde in 1831 het voorstel van het Nationaal Congres om de eerste koning der Belgen te worden. Hij zette voor de eerste maal voet op zijn nieuwe land in De Panne, waar een monument herinnert aan zijn historische aankomst. De eedaflegging vond plaats op 21 juli 1831 op het Koningsplein te Brussel.

Plus d'infos sur sa prestation de serment :   http://royalementblog.blogspot.be/2011/07/la-prestation-de-serment-de-leopold-ier.html

Le début de son règne est mouvementé : le roi Guillaume Ier refuse d'adhérer au traité des XVIII articles qui est plutôt favorable aux Belges. Le 2 août 1831, une armée hollandaise franchit la frontière, s'empare de Turnhout et Diest, et marche sur Bruxelles. A la demande de Léopold Ier, une armée française entre en Belgique, ce qui provoque le retrait des Hollandais. La Conférence de Londres en octobre 1831 règle définitivement notre sort : le Luxembourg oriental, Maastricht et le Limbourg oriental sont cédés par les Belges, la dette est partagée en deux et un droit de péage est rétabli sur l'entrée des bateaux à destination d'Anvers.

Het begin van zijn bewind verliep bewogen :  koning Willem I van de Nederlanden weigerde toe te treden tot het verdrag van de XVIII artikelen, dat veeleer in het voordeel van de Belgen was.  Op 2 augustus 1831 stak een Hollands leger de grens over, maakte zich meester van Turnhout en Diest, en ging richting Brussel. Op vraag van Leopold I, kwam een Frans leger naar België wat de terugtrekking van de Hollanders tot gevolg had.  De Confederentie van Londen regelde in oktober 1831 defintief ons lot :  westelijk Luxemburg, Maastricht en West-Limburg werden opgegeven door de Belgen,  de schuld werd verdeeld in twee en een tolrecht werd hersteld voor de schepen met bestemming Antwerpen.

Afin de consolider sa position sur le plan international et fonder une dynastie, Léopold Ier épouse à Compiègne en 1832 la princesse Louise-Marie d'Orléans, de vingt-deux ans sa cadette, fille du roi Louis-Philippe des Français. Le nouveau couple s'installe au château de Laeken et a quatre enfants : Louis-Philippe (mort à l'âge d'un an), Léopold, Philippe et Charlotte, future impératrice du Mexique.

Om zijn positie te behouden op het internationaal vlak en om in België een dynastie te stichten,  huwde Leopold I in 1832 te Compiègne met prinses Louise-Marie van Orléans, dochter van Koning Louis-Philippe van Frankrijk.  Het koppel vestigde zich in het kasteel van Laken en kreeg vier kinderen :   Louis-Philippe (slechts een jaar oud geworden), Leopold,  Philippe en Charlotte, de toekomstige keizerin van Mexico.

Plus d'infos sur son épouse la reine Louise-Marie :  http://familleroyalebelge.blogspot.be/2012/05/louise-marie-dorleans-la-reine-oubliee.html

Plus d'infos sur son fils le prince Louis-Philippe :  http://royalementblog.blogspot.com/2012/01/le-prince-louis-philippe-de-belgique.html

En 1835, c'est l'aboutissement d'un projet auquel tient beaucoup Léopold Ier : le premier chemin de fer belge est inauguré entre Bruxelles et Malines.

In 1835 wordt een project gefinaliseerd waar Leopold I trots op was :  de eerste belgische spoorweglijn tussen Brussel en Mechelen werd ingehuldigd.

Sur le plan intérieur, son règne est marqué par deux périodes. De 1831 à 1840, l'union des partis catholique et libéral fortifie l'indépendance de la Belgique et rôde ses nouvelles institutions. Léopold Ier est favorable à cette politique unioniste et tente de le conserver le plus longtemps possible. A partir de 1840, la lutte entre partis oblige désormais le Roi à choisir des gouvernements issus de la majorité parlementaire et à rester neutre sur le plan politique, ce qui ne lui plaisait pas beaucoup. Lors de la révolution française de 1848 qui chasse son beau-père Louis-Philippe de son trône, la Belgique reste calme et réaffirme sa fidélité à Léopold Ier.

Op binnenlands vlak bestaat zijn bewind uit twee périodes. Van 1831 tot 1840 zal de unie van de katholieke en liberale partijen de onafhankelijkheid van België versterken en de nieuwe instelligen op punt zetten. Leopold I was gewonnen voor deze unionistische politiek en trachtte deze zolang mogelijk in stand te houden. Vanaf 1840 kwam er echter een tweestrijd tussen deze partijen en de Koning werd verplicht te werken met regeringen van parlementaire meerderheden. Hij diende zich ook neutraal op te stellen en dat zinde hem niet. Tijdens de Franse revolutie van 1848 werd zijn schoonvader Louis-Philippe van de troon gestoten,  België bleef echter kalm en herbevestigde zijn getrouwheid aan Koning Leopold I.

Suite à l'arrivée au pouvoir de Napoléon III en France, il fait moderniser l'armée belge et augmenter les effectifs. Par ailleurs, Léopold Ier est très proche de sa nièce la reine Victoria d'Angleterre qu'il conseille et à qui il écrit de nombreuses lettres. Le mariage politique de son fils le duc de Brabant (futur Léopold II) avec l'archiduchesse Marie-Henriette de Habsbourg en 1853 nous assure le soutien de l'empire austro-hongrois.

Als gevolg op de komst van Napoleon III in Frankrijk, werd het Belgische leger gemoderniseerd en liet hij het aantal manschappen verhogen. Leopold I stond zeer dicht bij zijn nicht Koningin Victoria van Engeland die hem raad gaf en talrijke brieven schreef.  Het politiek huwelijk tussen zijn zoon, de hertog van Brabant (later Leopold II) met aartshertogin Marie-Henriette van Habsburg in 1853, verzekerde ons van de steun van het Oostenrijks-Hongaars keizerrijk.

Après plusieurs années de maladie, Léopold Ier décède en 1865 en ayant accompli son devoir : il a veillé pendant plus de trente ans sur la jeune démocratie belge, a habilement défendu notre indépendance auprès des grandes puissances et a assuré l'avenir de la dynastie. Il repose dans la crypte de l'église Notre-Dame de Laeken.

Na verschillende jaren ziek te zijn,  overleed Koning Leopold I in 1865,  nadat hij zijn taak had volbracht :  hij waakte meer dan 30 jaar over de jong belgische democratie,  hij heeft op handige wijze ons grondgebied verdedigd tegen de grootmachen en hij verzekerde de toekomst van de dynastie.  Hij ligt begraven in de crypte van de Onze-Lieve-Vrouw Kerk te Laken.