samedi 15 février 2014

Les fiançailles du prince Amedeo de Belgique

                     
1° Les origines belges du prince Amedeo
Peu de personnes le savent, mais Amedeo descend du comte Werner de Merode (1794-1840) qui participa au Congrès National de 1830-1831 et vota pour l'élection du prince Léopold de Saxe-Cobourg-Gotha comme premier roi des Belges. L'une des petites-filles de Werner, Maria Victoria del Pozzo, épouse le prince Amédée de Savoie, 1er duc d'Aoste, qui a été temporairement roi d'Espagne de 1870 à 1873. Ce sont les arrières-arrières-grands-parents du prince Lorenz (père d'Amedeo) qui est donc lié au comte Frédéric de Merode, mort lors de la révolution belge contre les Hollandais en 1830. Un monument à sa mémoire a été érigé à la place des Martyrs à Bruxelles.

Par la grand-mère paternelle de la reine Paola, Laure Mosselman du Chenoy, le prince Amedeo est également lié à d'autres familles belges comme les Mosselman et les Coghen. Plus d'infos à ce sujet :  http://familleroyalebelge.blogspot.be/2011/01/les-origines-belges-de-la-reine-paola.html

2° Son enfance et sa jeunesse
Premier enfant de la princesse Astrid de Belgique et de l'archiduc Lorenz d'Autriche-Este, Amedeo, Marie, Joseph, Carl, Pierre, Philippe, Paolo, Marc d'Aviano naît le 21 février 1986 à 18h43 aux Cliniques Universitaires Saint-Luc à Woluwe-Saint-Pierre. Il porte le prénom de son arrière-grand-père Amédée de Savoie, 3ème duc d'Aoste, vice-roi d'Ethiopie et gouverneur général de l'Afrique orientale italienne, mort au Kenya en 1942, prisonnier des Anglais. Il était marié avec la princesse Anne d'Orléans.

Son parrain est son oncle le prince Philippe. Sa marraine est sa grand-mère maternelle la princesse Paola qui a la grande joie de pouvoir assister à l'accouchement de sa fille, dont elle est très proche. Le baptême est célébré dans la chapelle du domaine de Laeken. Conformément à la Constitution de l'époque, Amedeo n'entre pas dans l'ordre de succession au trône, car il n'est pas fils d'un prince de Belgique.

Le petit archiduc vit sept années dans le plus grand anonymat à Bâle en Suisse, où son père travaille dans une banque. Leur maman n'effectuait aucune obligation officielle en Belgique et se consacrait avec joie à l'éducation de ses enfants. Le Parlement abroge en 1991 la loi salique pour la succession au trône à partir de la descendance du prince et de la princesse de Liège. Amedeo devient quatrième (derrière Albert, Philippe et Astrid) et reçoit le titre de prince de Belgique. Au fil des ans, Amedeo devient le grand frère de Maria-Laura, Joachim, Luisa-Maria et Laetitia-Maria.

La princesse Astrid, son époux et leurs enfants quittent la Suisse en 1993 et s'installent dans une villa de la rue Brederode, à l'arrière du palais royal de Bruxelles. Si l'archiduc Lorenz continue de travailler dans le secteur bancaire, son épouse est désormais la fille du nouveau couple royal et la présidente nationale de la Croix-Rouge de Belgique. En septembre 1993, Amedeo entre au collège Sint-Jan Berchmans à Bruxelles, où il effectue en néerlandais ses études primaires et une partie de ses secondaires.

A 15 ans 1/2, le prince Amedeo intègre, en septembre 2001, la Sevenoaks School, un prestigieux collège du Kent en Grande-Bretagne. Il y est interne pendant ses trois dernières années secondaires et y passe son baccalauréat international en 2004.

Comme le veut la tradition, il fait un passage dans l'armée belge, en commençant par une phase d'initiation militaire à Elsenborn. Durant l'année académique 2004-2005, Amedeo suit des cours à l'Ecole Royale Militaire de Bruxelles, participe en février à des entraînements tactiques dans l'Atlas au Maroc, et défile devant sa famille lors de la fête nationale 2005. Son camp final fut chez les Commandos à Marche-les-Dames. Il a également décroché un brevet de parachutiste à Schaffen. Le 27 septembre 2007, il prête serment à Bruxelles comme officier de réserve.

Le prince a confié plus tard à ce sujet :  "Ce fut une grande chance d'avoir pu poursuivre cette formation militaire. Pour réussir, il faut inévitablement qu'il y ait une forte cohésion dans l'équipe. Les pelotons qui ne s'entendaient pas bien et qui ne s'entraidaient pas entre eux avaient généralement le plus haut nombre d'abandons et d'échecs. Je suis admiratif devant tous ceux qui, comme eux, choisissent de continuer ce chemin, au service du pays".

De septembre 2005 à juin 2008, le prince étudie à la London School of Economics and Political Sciences. Il a confié plus tard à ce sujet :   "Mes études à la London School of Economics ont été une période géniale de ma vie. C'étaient des recherches académiques récentes qui servaient de cours. Les professeurs nous transmettaient la matière avec enthousiasme, ce qui rendait les cours passionnants. Je suis resté très attaché à cette école. Je suis content d'avoir terminé mon bachelor, même si certains aspects des études me manquent aujourd'hui. La vie d'étudiant était très dynamique, stimulante à tout point de vue, et en même temps amusante".

Avec son père, il participe au marathon de New York en 2007 et se classe 8.021ème (3h48 et 18""). Il le refait aussi en 2012 avec ses parents. Le sport et la chasse sont les deux loisirs connus du jeune homme à qui on prête souvent beaucoup d'humour.

Après une année sabatique au cours de laquelle il a travaillé plusieurs mois pour une ONG de micro-crédit au Chili, il commence sa carrière professionnelle de septembre 2009 à juin 2012 au sein de la société Deloitte à New York. Il y travaille sur des projets dans les services financiers, les médias, l'industrie pharmaceutique, les faillites, l'analyse de données numériques, et il a également lancé une plate-forme de distribution vidéo numérique au sein d'une entreprise dans le secteur des télécommunications. Après Deloitte, Amedeo a travaillé cinq mois dans la société Accumulus Capital Management, également basée à New York et spécialisée dans les hedge funds.

En 2013, le prince a repris des études à l'université de Columbia à New York, et explique son choix sur le site Linkedin :   "Cette année, pour combler mon expérience de conseil et dans le but de travailler dans la gestion de fortunes privées et de gestion d'investissements, j'ai entamé un Master of Business Administration axé sur le financement, l'investissement et l'entrepreneuriat".  Il marche donc très clairement sur les traces de son père le prince Lorenz qui travaille dans la banque suisse Gutzwiller spécialisée dans la gestion de grosses fortunes.

Par ailleurs, Amedeo est le parrain de sa cousine la princesse Elisabeth de Belgique (née en 2001), fille des souverains belges, et de son petit-cousin l'archiduc Lorenz d'Autriche (né en 2003), fils de l'archiduc Carl-Peter d'Autriche et de la princesse Alexandra de Wrede. En dehors des grandes familles nobles européennes, on sait aussi qu'il est l'ami du violoniste belge Lorenzo Gatto.

3° Ses uniques confidences en 2011
A l'occasion de ses 25 ans en février 2011, Amedeo accepte, pour la première fois, de se confier par écrit à la presse.

Sur sa vie professionnelle :   "Comme la plupart des jeunes qui obtiennent leur premier job, j'étais très excité de commencer, mais tout en étant un peu nerveux. Je me souviens d'avoir fêté le jour où j'ai été accepté pour mon premier travail car j'étais si content d'avoir obtenu un job en pleine crise économique! C'est intense et les journées de travail se prolongent souvent tard dans la nuit, mais j'ai déjà tellement appris en un an et demi. Et je suis convaincu que c'est un bon départ dans le monde professionnel. A l'étranger en général, et en particulier à New York, je ne pense pas que mon nom ait une influence sur mon travail. Il y a des objectifs et des conditions chiffrées qui doivent être remplies et qui permettent de juger et de mesurer la performance de tout un chacun. En tant qu'analyste, je suis soumis aux mêmes règles que n'importe quel collègue de bureau".

Sur le sport :   "A l'école et à l'université, je pratiquais beaucoup de sports d'équipe, tels que le rugby et le football. Depuis que je travaille, j'ai malheureusement moins souvent l'occasion d'y jouer. Pour compenser, la course à pied est une manière de rester en forme car il suffit de mettre des chaussures et c'est parti. Après le marathon de New York, j'ai participé à celui de Chicago en 2009".

Sur sa vie à New York :  "Depuis que je vis à New York, j'adore explorer cette ville fascinante. J'aime cuisiner aussi, je trouve çà relaxant, mais c'est aux risques et périls de ceux qui doivent manger. Généralement, je fais des plats simples et rapides, ce qui laisse plus de marge à l'erreur. Ce qui me manque le plus quand je suis à l'étranger, c'est ma famille et mes amis que j'ai beaucoup moins souvent l'occasion de voir. La communication n'est pas facile à cause du décalage horaire. J'ai d'ailleurs beaucoup d'admiration pour ma mère et pour ce que font les membres de ma famille au service des autres et de mon pays. Heureusement qu'on peut facilement trouver des produits belges à l'étranger :  le chocolat, les bières, le pain et même les frites comme chez nous!".

Sur ses amours :   "J'aime rester discret sur ce sujet qui relève de la vie privée. J'espère que vous comprendrez si je ne réponds pas à cette question. La presse people me classe régulièrement dans le top 10 des princes célibataires les plus séduisants, paraît-il. Je lui en suis reconnaissant. Mais j'imagine qu'il n'y a pas beaucoup plus que dix célibataires dans le secteur...et c'est sans doute pour cela que j'ai été repris dans ce classement!".

4° Sa fiancée Elisabetta
Fin 2012, la presse révèle que le prince Amedeo a, depuis plusieurs années, une petite amie italienne avec qui il vit à New York :   Elisabetta (Lili) Rosboch von Wolkenstein. Son nom de consonance germanique désigne en allemand le village de Selva di Val Gardena dans les Dolomites, longtemps en zone d'influence autrichienne.  Sa mère est la comtesse Lilia de Smecchia, productrice de cinéma. Egalement producteur, son père Ettore Rosboch von Wolkenstein est l'enfant naturel d'Elisabetta Jaworski, baronne von Wolkenstein et héritière d'un empire pharmaceutique, avec Filippo Carraciolo, prince de Castagneto, président en son temps de la Fédération Internationale de l'Automobile. Ce dernier était également le père légitime de Marella, veuve de Gianni Agnelli, le célèbre patron de Fiat.

Bref, Lili est un très beau parti, et rappelons que les deux grands-mères d'Amedeo (la reine Paola et la princesse Marguerite de Savoie-Aoste) sont Italiennes également. Les généalogistes ont déjà trouvé que les deux fiancés étaient cousins au 10ème degré et descendaient tous deux du prince Franz Albrecht zu Oettingen-Spielberg (1663-1737).

Née à Rome le 9 septembre 1987, fille unique, la jeune femme a vécu à Rome jusqu'à l'âge de 18 ans.
Sa marraine est sa tante la comtesse Muni Sassoli de Bianchi et son parrain est Carlo, 9ème prince Caracciolo di Castagneto (aujourd'hui décédé). Elisabetta fait ses études en français au Lycée Chateaubriand et obtient en 2005 son baccalauréat en sciences économiques et sociales. En 2006, elle suit à Londres des études de littérature et de cinéma à la Queen Mary University of London, et obtient son Bachelor of Arts en 2009. Durant l'été 2007, elle a également fait un stage à la galerie d'art Dickinson Roundell à Londres. C'est à cette époque qu'elle aurait rencontré le prince Amedeo de Belgique à Londres.

Outre sa langue maternelle l'italien, Elisabetta parle le français et l'anglais. Passionnée de culture (littérature, musées, cinéma, entre autres), elle pratique le ski alpin, l'équitation, la natation et le ski nautique. En 2009, le couple s'installe à New York, où Elisabetta est journaliste au magazine d'art "Muse", propriété du groupe de Michael Bloomberg (ancien maire de New York). Très discrets, ils parviennent à garder leur idylle secrète jusque fin 2012.

5° Ses fiançailles
Amedeo et Elisabetta se fiancent le week-end de la Saint-Valentin 2014. Le 14 février, avec 20.000 autres fiancés, ils participent à une cérémonie au Vatican et rencontrent le pape François.
                               
Les fiançailles ont été annoncées officiellement aujourd'hui par le Palais. Un repas familial devrait avoir lieu demain à la villa Schonenberg à Laeken, résidence de la princesse Astrid et du prince Lorenz. Certaines rumeurs affirment que le mariage aurait lieu en juillet et que le couple reviendrait ensuite s'installer en Europe.

lundi 10 février 2014

80ème anniversaire du décès de notre roi Albert Ier

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Qui était le roi Albert Ier?
A sa naissance le 8 avril 1875, rien ne laissait prévoir qu'il allait un jour monter sur le trône. Il est le fils cadet du prince Philippe, comte de Flandre et frère du roi Léopold II, et de la princesse Marie de Hohenzollern, qui vivent dans leur palais de la rue de la Régence à Bruxelles. Son éducation dans sa petite enfance est négligée par rapport à celle de son frère aîné le prince Baudouin. Tout change à l'âge de douze ans lorsque ses parents le confient au capitaine Jungbluth qui lui ouvre l'esprit, développe son esprit critique et lui fait rencontrer des personnalités intéressantes et différentes. Après le décès du prince Baudouin, victime d'une pleuro-pneumonie en janvier 1891, Albert devient le nouvel héritier de la dynastie belge.

De nature réservée, le prince Albert entre à l'Ecole Royale Militaire, entreprend un long voyage aux Etats-Unis et au Congo, devient sénateur de droit, et s'intéresse beaucoup aux sciences et aux problèmes sociaux. En 1906, il fonde l'Institut Ibis, un foyer et une école destinés à aider les orphelins de pêcheurs.

Sur le plan privé, Albert épouse en octobre 1900 Elisabeth qu'il avait rencontrée trois ans plus tôt à Paris lors des funérailles de la duchesse d'Alençon. Elisabeth est la fille du duc Charles-Théodore en Bavière, ophtalmologue de renom, et de l'infante Marie-José du Portugal. Le couple aura trois enfants :  le prince Léopold (né en 1901), le prince Charles (né en 1903) et la princesse Marie-José (née en 1906).

Suite au décès de Léopold II en 1909, Albert Ier monte sur le trône et est le premier roi des Belges à prêter serment en français et en néerlandais. Devant l'imminence d'une guerre européenne, il obtient en 1913 du Parlement l'instauration du service militaire pour tous les hommes âgés de 20 ans. La Belgique continue de rappeler sa neutralité :  elle peut retarder les Allemands s'ils l'envahissent, mais elle aura besoin de l'aide rapide des Anglais et des Français pour sauver son indépendance.

L'assassinat de l'archiduc François-Ferdinand d'Autriche à Sarajevo entraîne la guerre entre l'empire austro-hongrois et la Serbie, soutenue par les Russes. Alliée de l'Autriche, l'Allemagne déclare à son tour la guerre à la France et à la Russie. Le 2 août 1914, les Allemands remettent au roi Albert Ier et au gouvernement belge un ultimatum exigeant le passage de leurs troupes pour attaquer la France. La Belgique refuse et est envahie le 4 août 1914.

Notre vaillante armée repousse les premiers assauts et Liège ne tombe qu'après dix jours de siège. Sans cesser de se battre, nos soldats se replient sur Malines et Anvers qu'ils doivent abandonner devant des forces supérieures en nombre. Le Roi décide d'arrêter l'armée belge derrière l'Yser. Les écluses de Nieuport ayant été ouvertes, c'est derrière un immense lac que notre armée construit des tranchées et résiste pendant quatre ans aux Allemands. Le roi Albert et la reine Elisabeth restent avec eux sur ce dernier lambeau de territoire libre. Le reste de la Belgique est occupée par les envahisseurs qui réquisitionnent tout ce dont ils ont besoin. L'armistice du 11 novembre 1918 met fin à la première guerre mondiale, au cours de laquelle 41.000 Belges sont morts...

Le couple royal et leurs enfants effectuent ensuite leur Joyeuse Entrée dans les villes libérées où ils reçoivent un accueil triomphal. Albert Ier devient un héros et est surnommé le "roi chevalier". La monarchie belge n'a jamais été aussi vénérée et populaire qu'à cette époque.

De retour à Bruxelles, le Roi se rend au Parlement et annonce d'importantes réformes :  l'introduction du suffrage universel pour les hommes de plus de 21 ans, l'égalité effective des deux langues nationales, la flamandisation de l'Université de Gand et l'extension de la législation sociale (instauration de la journée de 8h et de la semaine de 48h, p.ex.). Cet élargissement du corps électoral et le système de représentation proportionnelle ne permet plus à un parti d'obtenir la majorité absolue. Désormais, la Belgique a un gouvernement bipartite ou tripartite. En 1921, le suffrage universel est élargi aux femmes uniquement pour les élections communales.

Sur la scène internationale, le comportement du roi Albert durant la guerre lui vaut un grand prestige. Il est reçu avec tous les honneurs lors d'un long voyage officiel aux Etats-Unis et participe personnellement aux négociations du traité de Versailles :  il y défend les intérêts de la Belgique, mais tente aussi en vain de s'opposer aux humiliations excessives de l'Allemagne, dangereuses pour l'avenir...

Passionné par les sciences, Albert Ier crée en 1928 le Fonds National de la Recherche Scientifique (F.N.R.S.). Le couple royal est l'ami de nombreux écrivains, musiciens, artistes et scientifiques. La reine Elisabeth assiste en 1922 à l'ouverture du tombeau de Toutankhamon et soutient la création de la Fondation Egyptologique Reine Elisabeth, de la Fondation Médicale Reine Elisabeth et du Fonds Reine Elisabeth pour l'Assistance Médicale aux indigènes du Congo belge. Elle convainc les responsables politiques de construire le palais des Beaux-Arts de Bruxelles, dû à l'architecte Victor Horta et inauguré en 1928.

Le centenaire de l'indépendance de la Belgique en 1930 est marqué par les expositions internationales de Liège et Anvers, et la naissance du prince Baudouin, deuxième dans l'ordre de succession au trône. En 1930, le Canal Albert est inauguré et permet la liaison entre Liège et Anvers à travers la Campine, sans passer par l'enclave néerlandaise de Maastricht.

Le 17 février 1934, le roi Albert Ier (59 ans) fait une chute mortelle lors d'une après-midi d'escalade à Marche-les-Dames. Son fils aîné Léopold lui succède.

Hommage de son arrière-petit-fils le nouveau roi Philippe
Dans son discours de Nouvel An 2014 aux autorités du pays, le Roi lui a rendu hommage :

"Cette année, nous commémorons le début de la Grande Guerre. Une guerre qui provoqua la mort par millions d'hommes et de femmes de tous les continents, venus pour la plupart rejoindre le champ de bataille décisif sur nos terres et celles du nord de la France. Malgré les efforts du roi Albert Ier pour éviter d'inutiles effusions de sang, notre pays a payé un lourd tribut à cette guerre. Tant de soldats ont, de Liège à Ypres, sacrifié leurs vies sur les champs de bataille et dans les tranchées. Des milliers de victimes civiles tombèrent à la suite de l'invasion du pays.

Cette commémoration sera l'occasion de rendre hommage à nos aïeux qui ont vécu cette période avec courage et dignité. Nous dirons aussi notre reconnaissance envers tous ceux venus se battre à nos côtés, parfois depuis l'autre bout du monde. Le souvenir de cette guerre et de la seconde guerre mondiale doit nous rappeler la valeur de la paix et de la sécurité que l'Union Européenne et l'Alliance Atlantique nous ont apportées.

Après la fin de la première guerre mondiale, nos gouvernements, soutenus par mon arrière-grand-père, ont remodelé la Belgique. Sur le plan politique, notre pays faisait un pas en avant en instaurant le suffrage universel masculin. De nouveaux groupes au sein de la population ont enfin pu participer à la gestion du pays. Même s'il a fallu attendre longtemps encore pour voir instauré le droit de vote féminin, la voie de l'émancipation, de l'égalité des chances et de l'égalité de traitement fut ouverte à cette époque. Il a fallu du temps aussi pour atteindre l'égalité des langues, mais l'enseignement commença alors de plus en plus à s'exercer dans chacune des langues nationales. C'est aussi de cette période que datent les premières conquêtes sociales comme la journée de travail de 8h et le droit de grève. La Belgique devint de cette manière le pays de tous les Belges.

C'est alors aussi que tous ensemble, nous avons reconstruit notre économie. Il y a quelques semaines, j'étais à Gand pour le 85ème anniversaire du Fonds voor Wetenschappelijk Onderzoek. Avec son équivalent francophone, ce fond répond à l'appel du roi Albert Ier en vue d'améliorer la prospérité du pays et de la population à travers la science et la recherche. L'obligation scolaire à 14 ans et l'essor de l'enseignement technique ont suivi de près. Depuis lors, nous avons pleinement investi dans le talent. C'était alors la voie à suivre. Cela l'est tout autant aujourd'hui".

Quelques jours après ce discours, lors de leur visite officielle à Paris, le roi Philippe, la reine Mathilde, le premier ministre Elio Di Rupo et le ministre des Affaires étrangères Didier Reynders ont déposé des fleurs devant le monument du roi Albert Ier, près de la place de la Concorde, à l'occasion des 80 ans de son décès et du centenaire de la première guerre mondiale. A noter que la princesse Esmeralda de Belgique prépare un documentaire sur ses grands-parents le roi Albert Ier et la reine Elisabeth pour l'automne 2014. Affaire à suivre...

Cérémonies organisées pour les 80 ans du décès du roi Albert Ier
Dimanche 16 février 2014 :  messe en l'église de Nalinnes-Bultia à 9h30, dépôt de fleurs devant le monument du roi Albert Ier à 11h, réception au château communal de Ham-sur-Heure à 11h30.

Dimanche 16 février 2014 en province de Namur :  cérémonies à 9h15 devant la statue du roi Albert Ier au Grognon à Namur, et à 11h45 devant le rocher de Marche-les-Dames.

Lundi 17 février 2014 :  ouverture de la crypte royale de Laeken au public de 13h à 17h à l'occasion du 80ème anniversaire du décès du roi Albert Ier.

Lundi 17 février 2014 à 11h45 :  dépôt de fleurs devant le monument du roi Albert Ier à Ixelles (avenue Guillaume Macan).

Lundi 17 février 2014 à 14h :  dépôt de fleurs devant le monument du roi Albert Ier à Jumet (rue Surlet) avec les enfants des écoles voisines.

Lundi 17 février 2014 :  réception à l'hôtel de ville de Mons pour le 80ème anniversaire du décès du roi Albert Ier.

Lundi 17 février 2014 à 17h :  garde d'honneur au monument des héros des deux guerres à Saint-Ghislain (rendez-vous à la place des Combattants).

Lundi 17 février 2014 à 17h30 :  réunion dans le hall de l'hôtel de ville de Charleroi pour aller fleurir les différents monuments, réception à 18h45 à la caserne Trésignies.

Lundi 17 février 2014 à 17h30 :  dépôt de fleurs devant le monument du roi Albert Ier à Paris (place de la Concorde).

Lundi 17 février 2014 de 18h30 à 19h30 :  garde d'honneur autour du monument aux morts de Grez-Doiceau.

Mardi 18 février 2014 :  messe à la mémoire des défunts de la dynastie en l'église Notre-Dame de Laeken en présence de la famille royale, suivie de l'ouverture de la crypte royale de Laeken au public de 13h à 17h.

Samedi 22 février 2014 à 11h30 :  dépôt de fleurs devant le monument du roi Albert Ier à Tournai (place Crombez).

lundi 3 février 2014

Activités royales en janvier 2014

                                                Photo : Le Roi et la Reine assistent ce soir à la soirée de remise des "Crystal Award" organisée dans le cadre du Forum économique de Davos en Suisse.

19 audiences pour le Roi :  le premier ministre Elio Di Rupo (reçu 4 fois), le procureur général Ignacio de la Serna, la vice-première ministre Joëlle Milquet, le président de la Cour Constitutionnelle Marc Bossuyt, la juge à la Cour Constitutionnelle Rita Leysen, l'administrateur général de l'Inami Johan De Cock, le président de BNP Paribas Fortis Maxime Jadot, le membre du Conseil d'Etat chinois Jang Jicchi, le ministre-président flamand Kris Peeters, la secrétaire d'Etat à l'Immigration Maggie De Block, le ministre-président wallon Rudy Demotte, ainsi que les ambassadeurs de Thaïlande, Malte, Ethiopie, Kosovo et Arabie Saoudite.

10 activités officielles pour le Roi :  réunion de travail avec les 3 ministres communautaires de l'Enseignement, inauguration du Salon de l'Auto, réception de Nouvel An pour les ambassadeurs étrangers, réception de Nouvel An pour les responsables européens, réception de Nouvel An pour les responsables de l'Otan et du Shape, visite du centre d'art contemporain Wiels à Forest, forum économique de Davos, 50ème anniversaire de l'Assurance Maladie-Invalidité, réception de Nouvel An pour les autorités du pays, réception de Nouvel An à l'Agence Fédérale pour le Commerce Extérieur.

6 activités officielles pour la Reine :  réception de Nouvel An pour les ambassadeurs étrangers, réception de Nouvel An pour les responsables européens, réception de Nouvel An pour les responsables de l'Otan et du Shape, forum économique de Davos, réception de Nouvel An pour les autorités du pays, visite du centre Child Focus.

3 activités officielles pour le roi Albert II :  visite de l'exposition Porsche à Autoworld, visite du Salon de l'Auto, concert de gala de la Chapelle Musicale Reine Elisabeth.

3 activités officielles pour la reine Paola :  audience pour les responsables de Missing Children Europe, concert de gala de la Chapelle Musicale Reine Elisabeth, visite du centre Child Focus.

0 activité officielle pour la reine Fabiola.

4 activités officielles pour la princesse Astrid :  passation de la présidence d'honneur de l'EORTC au prince Albert de Monaco, réception de Nouvel An pour les autorités du pays, réunion de l'EORTC sur la survie au cancer, réception de Nouvel An à l'Agence Fédérale pour le Commerce Extérieur.

2 activités officielles pour le prince Lorenz :  passation de la présidence d'honneur de l'EORTC au prince Albert de Monaco, réception de Nouvel An pour les autorités du pays.

4 activités officielles pour le prince Laurent :  visite du Salon de l'Auto, visite de l'exposition "The Art of the Brick", réception de Nouvel An pour les autorités du pays, visite de l'exposition du peintre Frédéric Wagemans à Bruxelles.

0 activité officielle pour la princesse Claire.

Récapitulatif des activités officielles de janvier 2014 (source : www.monarchie.be) :

Roi :  10 activités officielles + 19 audiences

Reine :   6 activités officielles

Princesse Astrid et Prince Laurent :   4 activités officielles

Roi Albert II et Reine Paola :   3 activités officielles

Prince Lorenz :   2 activités officielles

Reine Fabiola et Princesse Claire :   0 activité officielle

Communication du Palais
A l'occasion des six premiers mois de règne du roi Philippe ce 21 janvier, Pierre-Emmanuel De Bauw (directeur Médias et Communication du palais royal) a, pour la première fois, répondu directement pendant une heure aux questions des lecteurs du site Internet du journal "Le Soir". Il a expliqué cette initiative et l'ouverture d'un compte Twitter par un "changement de génération" . Il a aussi confié :   "Le compte Twitter est utilisé principalement pour l'instantané, et une page Facebook est en projet. Elle sera avant tout une vitrine pour partager les activités quotidiennes du Roi. Il n'y a pas de révolution mais une évolution et un souci de communiquer le mieux possible au plus grand nombre. C'est un support pour le travail de fond mené par le Roi".

lundi 27 janvier 2014

L'ancien presbytère de Villers-sur-Lesse

                         Le presbytère de Villers-sur-Lesse

L'ancien presbytère de Villers-sur-Lesse est un grand bâtiment de caractère du 18ème siècle avec des colombages. Il est situé rue de la Famenne, juste en face de l'église Saint-Lambert, à 2km à vol d'oiseau du château de Ciergnon.

En 2010, la reine Paola achète l'ancien presbytère et son terrain de 11 ares à titre privé à la fabrique d'église de Villers-sur-Lesse au prix de 100.000 euros. C'est Vincent Pardoen, intendant de la Liste Civile du Roi, qui la représente lors de la signature de l'acte chez le notaire James Dupont.

Deux ans plus tard, un échange de 4 terrains en zone d'habitat a lieu entre la Donation Royale et la fabrique d'église de Villers-sur-Lesse. La Donation Royale devient propriétaire du verger de 47 ares (estimé à 140.000 euros) entourant l'ancien presbytère, et d'un terrain de 12 ares le long du Canal du Moulin. En échange, la fabrique d'église de Villers-sur-Lesse reçoit de la Donation deux terrains situés à l'angle des rues Nanfal et des Ardennes (68 ares). L'échange paraît équitable et permet à la reine Paola d'agrandir sa nouvelle propriété, où d'importants travaux sont entrepris.

En décembre 2012, la reine Paola fait donation de l'ancien presbytère et de son terrain de 11 ares en nue propriété à trois de ses petits-enfants (la princesse Louise, les princes Nicolas et Aymeric). Elle en garde l'usufruit jusqu'à son décès. Ce n'est qu'à ce moment-là que les trois petits-enfants en hériteront pleinement, sans payer de droit de succession. L'acte de donation a été signé chez le notaire James Dupont par la reine Paola et la princesse Claire, représentant ses trois enfants mineurs. Suite aux travaux déjà entrepris, le bien est désormais évalué à 169.000 euros.

A noter que le village de Villers-sur-Lesse abrite aussi un château jaune appartenant à la Donation Royale et où le prince héritier Léopold et la princesse Astrid ont séjourné de 1930 à 1934. Plus d'infos à son sujet :  http://royalementblog.blogspot.be/2011/08/le-chateau-de-villers-sur-lesse.html

Qu'est-ce que la Donation Royale ?
Afin que son patrimoine ne soit divisé entre ses trois filles, mariées à des princes étrangers, le roi Léopold II crée la Donation Royale en 1903. Il lègue ainsi ses biens à l'Etat belge à condition que ses successeurs au trône (et non ses descendants car Albert II et Philippe ne descendent pas de Léopold II) puissent en profiter. C'est le cas des serres royales de Laeken, des châteaux du Belvédère, du Stuyvenbergh, de Ciergnon et de Fenffe, ainsi que des villas construites il y a quelques années par la Donation Royale pour le prince Laurent à Tervuren et la princesse Astrid à Laeken.

Des biens sont mis à la disposition de l'intérêt général :  la Tour Japonaise, le Pavillon Chinois, la chapelle Reine Astrid à Küssnacht, le parc Duden à Forest, la chapelle Reine Astrid à Briquemont, l'Hôtel Bellevue, le parc Elisabeth à Laeken, etc.

Et les autres biens du patrimoine immobilier sont loués aux meilleures conditions possibles. Les recettes doivent permettre à la Donation Royale de couvrir les dépenses par ses propres revenus :  terrain de golf de l'ancien château d'Ardenne, droit de chasse sur environ 4.200 ha, location de 700ha de terrains agricoles en Ardenne répartis entre 11 exploitations, le golf de Klemskerke, les installations du Royal Yacht Club de Bruxelles, le cinéma Vendôme à Ixelles, les immeubles de bureaux Coudenberg, Jean Jacobs et Quatre Bras à Bruxelles, etc.

La Donation Royale possède aussi des biens mobiliers, dont 36 millions d'euros d'actions et une importante collection d'armes anciennes offerte par les comtes de Ribeaucourt et exposée au Musée de l'Armée au Cinquantenaire.

Le conseil d'administration est composé de représentants de la famille royale (dont l'intendant de la Liste Civile du Roi Noël De Bruyne), du président du comité de direction du SPF Finances, de représentants des régions flamande et wallonne, et de l'économiste Geert Noels. Les comptes de la Donation Royale sont épluchés chaque année par la Cour des Comptes, mais peu de personnes y ont accès.

Entre 2002 et 2009, ses comptes annuels ont affiché un solde négatif, notamment suite à la construction de la villa Schonenberg pour la princesse Astrid (plus de 1,5 million d'euros), au réaménagement de l'entrée du château du Belvédère par le célèbre architecte paysagiste Jacques Wirtz (1 million d'euros) et au vaste travail de restauration des demeures royales entrepris par la reine Paola. Pour équilibrer ses comptes, la Donation Royale a dû vendre la Villa Royale d'Ostende et 500 hectares de forêts à Postel en Campine.

La Donation Royale pèserait aujourd'hui environ 500 millions d'euros (dont 36 millions d'euros en actions) et donnerait du travail à plus de 100 personnes. Son siège administratif se situe au 14, rue de Bréderode à l'arrière du palais royal de Bruxelles. En 2012, parmi ses recettes, citons 2 millions d'euros pour la location de bureaux à Bruxelles et 70.000 euros de l'Union Européenne pour ses terres dans la province de Namur dans le cadre de la politique agricole commune.

dimanche 19 janvier 2014

Les 41 ans de la reine Mathilde

                                                                      
       
1° Ses origines belges
Mathilde d'Udekem d'Acoz est issue d'une famille noble de Flandre occidentale. Elle est la petite-fille du baron Charles d'Udekem d'Acoz (1885-1968) et de Suzanne van Outryve d'Ydewalle (1898-1983). Le couple habite le château Couthove à Proven et a trois fils :   Henri (qui reçoit le titre de baron à la mort de son père), Raoul et Patrick. Ce dernier part s'installer en 1958 au château de Losange en province de Luxembourg. Les deux oncles de Mathilde restent en Flandre occidentale et se marient avec des Flamandes (Henri avec Marie-Madeleine Kervyn d'Oud Mooreghem ; Raoul avec Françoise de Maere d'Aertrycke) et font de la politique au sein du parti social-chrétien CVP. Le baron Henri sera bourgmestre de Proven de 1960 jusqu'à la fusion des communes en 1977, puis premier échevin (de 1977 à 1982) et bourgmestre (de 1995 à 2005) de la commune de Poperinge. Il a également été président du conseil provincial de Flandre occidentale et, à ce titre, a reçu officiellement sa nièce Mathilde lors de la Joyeuse Entrée dans cette province fin 1999. Quant à Raoul, il a siégé pendant une vingtaine d'années au conseil communal d'Ypres puis, après son déménagement dans la province du Brabant flamand, a été échevin à Herne de 2000 à 2006. Les deux frères Henri et Raoul (titrés comtes en 1999 par le roi Albert II) ont quitté définitivement la politique en 2006. C'est aujourd'hui Bernard d'Udekem d'Acoz (fils de Raoul) qui a pris la relève et a été conseiller communal CD&V d'Oostkamp de 2001 à 2006. Il habite le château Raepenburg à Ruddevoorde (province de Flandre occidentale).

Patrick d'Udekem d'Acoz s'installe donc en 1958 dans les dépendances du château de Losange (plus d'infos :  http://royalementblog.blogspot.be/2011/09/le-chateau-de-losange.html), très endommagé lors de la Bataille des Ardennes. Il tente diverses carrières :  gérant du dancing "Le Los Angeles" près de Bastogne de 1962 à 1970, exploitant forestier, juge consulaire au tribunal de Neufchâteau, dernier bourgmestre de Villers-la-Bonne-Eau jusqu'à la fusion des communes en 1977, puis conseiller communal de Bastogne et conseiller provincial de la province de Luxembourg, etc. Entretemps, en 1971, Patrick a épousé la comtesse Anna Komorowska, issue d'une famille aristocratique polonaise ayant fui le régime communiste. Le couple a cinq enfants :  Mathilde, Marie-Alix, Elisabeth, Hélène et Charles-Henri.

2° Sa jeunesse
Mathilde d'Udekem d'Acoz naît le 20 janvier 1973 à Uccle. Un mois plus tard, elle est baptisée en la chapelle de Lutrebois par Jean Godenir, curé de la paroisse de Villers-la-Bonne-Eau. Sa première communion coïncide avec la naissance d'Hélène et aura lieu en la chapelle de la clinique Sainte-Elisabeth de Namur. Après ses maternelles et ses primaires à l'Ecole Notre-Dame de Bastogne, elle effectue ses études secondaires à l'Institut de la Vierge Fidèle à Bruxelles (un établissement très réputé et fréquenté également par Joséphine-Charlotte de Luxembourg, Astrid de Belgique et Stéphanie de Lannoy). En 1991, elle choisit d'étudier la logopédie à l'Institut Marie Haps (Bruxelles) où elle obtient son diplôme avec grande distinction. Tout en poursuivant des études de psychologie à l'Université Catholique de Louvain-la-Neuve, elle ouvre un cabinet de logopédie dans la capitale belge. Le week-end, elle retrouve ses parents au château de Losange. Comme toute sa famille, Mathilde est marquée par le décès en 1997 de sa grand-mère maternelle et de sa sœur Marie-Alix dans un accident de voiture à Herstal. Le prince Philippe est présent aux funérailles.

3° Son mariage
C'est au château de Beloeil que Mathilde aurait rencontré le prince Philippe en 1996 (à mettre au conditionnel car le couple princier n'a jamais voulu confirmer ou démentir cette rumeur). Pendant trois ans, ils parviennent à cacher leur relation. Les voisins, qui les voient dans l'appartement bruxellois de Mathilde, aux abords des châteaux de Fenffe et Losange, ne diront rien. Le touriste belge, qui les photographie à Cuba durant l'été 1999, ne donnera ses photos à la presse qu'après les fiançailles.

Le 10 septembre 1999, le Palais confirme la rumeur de mariage du prince héritier (39 ans) et de Mathilde d'Udekem d'Acoz (26 ans) parue le matin dans la presse. Trois jours plus tard, la fiancée de Philippe est présentée dans le parc du château de Laeken, et suscite l'enthousiasme et la sympathie. Le mariage a lieu le 4 décembre 1999. Mathilde porte une robe fourreau du couturier Edouard Vermeulen, le voile en dentelles de la famille Ruffo di Calabria et un diadème ayant appartenu aux reines Elisabeth et Astrid. La cérémonie civile se déroule en l'hôtel de ville de Bruxelles et est présidée par le chevalier François-Xavier de Donnéa, bourgmestre de la capitale. Le mariage religieux est célébré par le cardinal Godfried Danneels dans la cathédrale Saints-Michel-et-Gudule en présence des autorités belges, de tout le Gotha, de plusieurs présidents de la République, des présidents de la Commission Européenne et du Parlement Européen. L'Association de la Noblesse du Royaume de Belgique lui offre un diadème feuillagé composé de 631 diamants et réalisé en 1912 par le joaillier londonien Hennell and Sons pour une certaine Mrs Helen May White.

Après leur voyage de noces, le couple s'installe au premier étage du château de Laeken, que la reine Fabiola avait quitté un an auparavant. Ils auront quatre enfants :  la princesse Elisabeth (2001), le prince Gabriel (2003), le prince Emmanuel (2005) et la princesse Eléonore (2008). Leur vie privée loin de la jet-set n'a jamais donné lieu à aucun scandale.

4° Princesse de Belgique (1999-2013)
Avec le roi Albert II et le prince Philippe, la princesse Mathilde fait partie des trois membres les plus actifs de la famille royale belge (166 activités officielles en 2011 ; 196 activités officielles en 2012). Elle participe aux grands événements de la Cour et à certaines missions économiques à l'étranger de son mari. C'est surtout dans le domaine social qu'elle s'investit (la culture l'attire moins) : les droits de l'enfant, la protection des femmes, le micro-crédit, l'alphabétisation, la maladie d'Alzheimer, le sida, le cancer, la pauvreté infantile, la coopération au développement, etc.

En 2000, elle crée le Fonds Princesse Mathilde qui soutient chaque année financièrement des projets en Belgique susceptibles d'améliorer la situation des personnes les plus vulnérables (plus d'infos :  http://familleroyalebelge.blogspot.be/2009/06/le-fonds-princesse-mathilde.html). Ainsi, en 2011, le Fonds s'est intéressé à la pauvreté infantile :  http://familleroyalebelge.blogspot.be/2012/07/laction-du-fonds-princesse-mathilde-en.html .

La protection de l'enfant est le premier combat qu'elle a entamé quelques semaines après son mariage. Elle a notamment présidé la délégation belge à la conférence des Nations Unies sur les droits de l'enfant à New York en 2002 (comme l'avaient fait le roi Baudouin et la reine Fabiola en 1990), elle a accordé son Haut Patronage à SOS Villages d'Enfants-Belgique et est, depuis 2009, la présidente d'honneur d'Unicef Belgique avec qui elle s'est rendu en Haïti en 2012 (plus d'infos :  http://familleroyalebelge.blogspot.be/2012/12/le-combat-de-la-princesse-mathilde-pour.html).

En 2005, les Nations Unies lui demandent d'être émissaire pour la promotion du micro-crédit au cours de l'Année Internationale du Micro-Crédit (plus d'infos :  http://familleroyalebelge.blogspot.be/2011/11/le-combat-de-la-princesse-mathilde-en.html). Pendant plusieurs années, la princesse a été représentante spéciale d'Unicef et d'Onusida pour les enfants affectés par ce virus (interview de la princesse suite à son voyage au Liberia en 2010 :  http://familleroyalebelge.blogspot.be/2010/10/interview-de-la-princesse-mathilde-au.html . Ainsi que représentante spéciale pour la vaccination de l'Organisation Mondiale de la Santé Europe pour la période 2011-2013.

Depuis 2007, la princesse fait partie des Young Global Leaders et a participé, en mars 2011, pendant dix jours à leur forum à l'Université d'Harvard aux Etats-Unis (plus d'infos :  http://familleroyalebelge.blogspot.com/2011/04/la-princesse-mathilde-harvard-mars-2011.html).

Présidente d'honneur du Breast International Group (un réseau mondial qui facilite la recherche sur le cancer du sein au niveau international), Mathilde est donc engagée dans la lutte contre le cancer depuis plusieurs années (plus d'infos :  http://familleroyalebelge.blogspot.com/2012/05/le-combat-de-la-princesse-mathilde.html). Elle accorde aussi son Haut Patronage à Handicap International Belgique, l'Association de parents pour l'épanouissement des enfants autistes, l'ONG Plan Belgique, la Ligue Alzheimer, l'Association Françoise Dolto, la Ligue Belge de la Surdité, l'Assistance Discrète à l'Enfance Défavorisée (centre "Les Glaïeuls" à Paliseul), le NFTE-Belgium (Network for Training Entrepreneurship), ainsi qu'à l'asbl Les Amis du Théâtre Royal de la Monnaie.

En 2010, Mathilde est adoubée dame grand-croix de l'Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem, dont son défunt père, le roi Albert, la reine Paola et le prince Philippe étaient déjà membres. La princesse est aussi la marraine de la princesse Alexia des Pays-Bas et de la princesse Isabella de Danemark.

Mathilde fait rarement des confidences aux journalistes. En 2009, elle confie à l'occasion de ses dix ans de mariage :   "Je me souviens du jour du mariage comme si c'était hier. J'ai rencontré des Belges merveilleux. Comme tout au long de ces dix années où j'ai vu des gens porter des projets très intéressants. Nous essayons de former un cocon chaleureux et structurant pour nos quatre enfants dynamiques qu'on adore énormément. Ces dix années ont également été marquées par la mort de mon père en 2008. Ce fut un moment très difficile mais j'ai pu compter sur ton soutien. Ce que j'apprécie le plus chez Philippe, c'est sa profondeur, son sens de l'engagement. Il est très engagé dans la famille. C'est un père de famille extrêmement présent, mais aussi très engagé dans sa fonction".

En 2010, elle parle des langues au magazine "Onze Taal" :   "Petite, j'entendais ma mère parler polonais et parfois mon père néerlandais. Cela m'a donné le goût des langues. Philippe et moi voulons transmettre ce même goût à nos enfants. C'est un atout pour l'avenir et une ouverture vers une richesse culturelle. J'ai commencé à apprendre le néerlandais à 12 ans. Un peu tard peut-être, car c'est lorsqu'on est enfant qu'il faut apprendre une langue, et de manière ludique. Les trois dernières années de mes secondaires, nous avions un professeur fantastique. Il ne s'attardait pas uniquement sur l'aspect linguistique, mais apportait un côté culturel qui rendait ses cours captivants. Ce qui est plus difficile, ce sont les constructions de phrases, la prononciation de certains sons qui n'existent pas en français, les accents toniques qui ont beaucoup plus d'importance qu'en français. A la maison, le travail pour l'école se fait en néerlandais, sinon nous parlons le français. Entre eux, les enfants parlent les deux langues, parfois même en les mélangeant. En tant que parents, nous devons être attentifs à tout cela".

Au printemps 2013, un sondage d'Ipsos la consacre femme préférée de la famille royale avec 39%, devant la princesse Astrid (34%), la princesse Claire (17%), la reine Paola (7%) et la reine Fabiola (4%).

5° Reine des Belges (depuis 2013)
Suite à l'accession au trône de son époux le 21 juillet 2013, Mathilde devient la septième reine des Belges. Sa belle-mère lui lègue le diadème des neuf provinces de la reine Astrid qu'elle décide de porter sur sa photo officielle pour les bâtiments publics (ambassades, hôtels de ville, ministères, p.ex.). Elle choisit comme secrétaire la diplomate flamande Machteld Fostier qui est son bras droit depuis de nombreuses années (conseillère de la princesse de 2000 à 2006 et de 2008 à 2013). La reine Mathilde est également secondée par cinq dames d'honneur bénévoles :  Clotilde Boël (épouse d'Harold Boël, directeur de la Sofina), Patricia Vlerick (fille de Léon Bouckaert), Melissa Maas-Van Waeyenberghe (pharmacienne), Laurence De Ghellinck d'Elseghem Vaernewijck et Lindsay Edwards (traductrice).

Parmi ses actions, elle a repris le Secrétariat Social de la Reine, créé par Fabiola au début des années 60, pour répondre aux nombreuses demandes d'aide des Belges qui écrivent au palais royal.

On retiendra aussi son soutien à la mode belge, notamment lors d'une conférence internationale à Anvers en octobre et à la Business of Design Week à Hong-Kong en décembre. Au cours de ces premiers mois de règne, la Reine a varié les créateurs belges :  Edouard Vermeulen, Fabienne Delvigne, Dries Van Noten, Ann Demeulemeester, Véronique Branquinho.

Il est trop tôt pour dresser son bilan en tant que reine, mais on peut noter que Mathilde a commis une erreur de communication en demandant de l'appeler désormais "Majesté" (pour la différencier des reines Fabiola et Paola qu'on doit appeler "Madame"). Malgré cette polémique, elle est très populaire, et est un atout important pour son époux le roi Philippe et pour la monarchie.

A partir de 2014, Mathilde succédera à la reine Paola à la présidence d'honneur du centre Child Focus (qu'elle a assumée de 2002 à 2013) et à la reine Fabiola à la présidence d'honneur du Concours Musical Reine Elisabeth (qu'elle a assumée de 1965 à 2013).

Bibliographie :
- COLLEYE Fernand,  "Philippe et Mathilde : princes de l'an 2000", éditions Vander
- BALFOORT Brigitte, LEYTS Barend et VAN DEN WIJNGAERT Mark,  "Philippe, prince héritier", éditions Luc Pire
- DEBORSU Frédéric,  "Questions Royales", éditions Renaissance du Livre

lundi 13 janvier 2014

Les 40 ans de la princesse Claire

                                                                             
                                        

1° Sa famille belgo-britannique
Sa mère Nicole Mertens est née en 1951 à Ixelles où habitait sa famille à l'époque. Nicole et ses frères Jacques et Alain ont pour parents André Mertens (un Bruxellois décédé dans les années 80) et Marie-Louise Sclifet (originaire de La Louvière). Le couple a trois entreprises :  l'une qui produisait des élastiques, une deuxième dans le négoce d'adhésif industriel et une imprimerie (plus tard, chacun des trois enfants recevra la charge d'une entreprise). Ils décident de s'installer dans la commune de Chaumont-Gistoux dans le Brabant wallon. Nicole suit une formation de secrétaire qu'elle complète en 1970 en Angleterre chez un fournisseur de son père, Nicholas Coombs.

Ce dernier a un fils prénommé également Nicholas et né à Wimbledon en 1938. Après ses études au Collège St-George de Londres, il part, à l'âge de dix-huit ans, travailler pour la compagnie Bell Téléphone au Canada, et entreprend des études sur le caoutchouc et l'électricité. Cinq ans plus tard, rentré au Royaume-Uni, il travaille au sein de Lindustries Group of Companies. En 1971, Nicholas épouse Nicole Mertens à Uccle. Le couple Coombs-Mertens s'installe outre-Manche où naissent leurs trois enfants :  Joanna en 1972, Claire en 1974 et Matthew en 1976.

En 1977, la famille revient en Belgique car André Mertens propose à son beau-fils Nicholas de reprendre la direction de l'entreprise familiale d'élastiques à Perwez. Ils construisent une maison à Dion-le-Val qui fait partie de la commune de Chaumont-Gistoux. Après avoir élevé ses enfants, Nicole est active dans la vie de sa paroisse et fait du bénévolat auprès des personnes âgées.

2° L'enfance et la jeunesse de Claire
Claire - qui possède la double nationalité belge et britannique - naît le 18 janvier 1974 à Bath dans le Somerset en Angleterre. De retour en Belgique, elle effectue ses études primaires et secondaires à l'Institut de la Providence à Wavre. Durant ses temps libres, Claire s'intéresse au dessin, à la peinture, à la musique et à l'équitation. Elle participe aux activités d'un mouvement de jeunesse (les Guides) et d'une chorale locale, les Pious-Pious, avec laquelle elle chante lors de la visite du pape Jean-Paul II en Belgique. Sans oublier ses fréquentes visites à ses grands-parents paternels en Angleterre. A l'issue de ses secondaires, Claire entreprend des études de géomètre. Elle achève sa formation par un stage chez Brone et Oldenhove à Wavre, et obtient le titre de géomètre expert immobilier en 1999. Brone et Oldenhove lui propose ensuite de devenir membre associé. Claire parle le français, l'anglais et le néerlandais.

3° Son mariage
Son destin bascule lors de sa rencontre avec le prince Laurent de Belgique en faisant la vaisselle chez des amis... Contrairement à son frère aîné qui a fait tout son possible pour cacher sa relation avec Mathilde d'Udekem d'Acoz, le prince Laurent apparaît, pour la première fois, en public avec Claire lors de la soirée de gala de la Fondation Prince Laurent en novembre 2001 à Wavre. Claire est à la gauche du prince à la table d'honneur. Au cours des mois suivants, les deux tourtereaux assistent ensemble, entre autres, au salon de l'auto à Bruxelles, au festival du film d'amour de Mons, à un dîner-conférence de la princesse Marie-Esméralda, à l'inauguration du nouveau parc Eurodisney en France, à un concert de Noël de José Van Dam. Durant l'été 2002, le Palais confirme que Claire est bien la petite amie du prince et que leur relation est sérieuse. Après avoir reçu l'aval du gouvernement belge, le Roi et la Reine annoncent, le 19 décembre 2002, les fiançailles de leur fils cadet. Une rencontre avec la presse a lieu quelques heures plus tard dans les serres royales de Laeken en présence de leurs familles.

Leur mariage a lieu le 12 avril 2003 à Bruxelles et est marqué par une méditation de leur ami le père Guy Gilbert (http://familleroyalebelge.blogspot.be/2011/04/le-mariage-du-prince-laurent-et-de-la.html). Claire s'installe à la Villa Clémentine à Tervuren, mise à leur disposition par la Donation Royale.

Très discret, Nicholas Coombs confie quand même en 2003 à la presse :    "Nous sommes des gens simples, nous ne donnons pas d'interviews. Personne n'a changé de comportement. Claire est toujours leur sœur ou leur tante. Elle fait encore de temps en temps du baby-sitting pour Emma, la petite fille de Joanna. Nous sommes persuadés que notre famille se comportera toujours correctement et soutiendra Claire dans toutes ses décisions. Elle a choisi de passer le reste de sa vie avec le prince Laurent, et cela représentera évidemment un grand changement pour elle. Il y a des aspects positifs et négatifs à cette situation, et elle les connaîtra beaucoup mieux que moi, mais nous sommes convaincus qu'elle gardera toujours des contacts étroits avec son frère et sa sœur et qu'elle trouvera toujours le temps de venir à la maison et de s'y reposer. Ce n'est pas à nous de lui donner des conseils. Nous l'avons fait quand elle était petite. Maintenant, c'est plutôt à elle de nous donner des conseils dans sa nouvelle position. C'est aussi un peu invraisemblable pour nous d'être intégrés dans la noblesse belge. Nous sommes des étrangers qui vivent en Belgique. Ma femme et moi avons décidé de toute façon que nous ne voulions pas d'un titre. C'est le genre de chose qu'on ne reçoit que pour services rendus à la nation et, à cet égard, nous n'entrons pas en ligne de compte".

Lorsqu'ils se sont dits oui il y a onze ans pour le meilleur et pour le pire, Laurent et Claire n'imaginaient sans doute pas les difficultés qui les attendaient à partir de 2007 :  procès d'Hasselt, campagne de presse très dure, rumeurs d'infidélités, relations tendues avec la famille royale, rupture avec plusieurs anciens collaborateurs du prince (Noël Vaessen, Jacques Wirtgen et Jean Bastien), faillite de l'IRGT, accusation de violence de l'ex-petite amie de Laurent.

Il faut souligner l'attitude de la princesse lorsqu'elle accompagne son turbulent époux. Si Laurent est loquace et de bonne humeur, elle se montre discrète et le regarde amoureusement. Par contre, s'il est boudeur, Claire prend la relève, discute avec les gens et sourit aux photographes. Même si sa vie de couple n'est pas un long fleuve tranquille, la princesse a incontestablement été la meilleure alliée de son mari lors des tempêtes médiatiques de 2007 et 2011. On retiendra en particulier cette image :  interrompant la conférence de presse du prince en décembre 2011, les larmes aux yeux, Claire prend le micro et dit aux journalistes :   "Je trouve que maintenant, cela suffit, d'accord? Au travers de mon mari, vous blessez également trois enfants. Ces insinuations sont fausses. Donc, si personne n'a de questions sur ce projet, passons à la visite des conteneurs".

4° Leurs enfants
Le 6 février 2004 à 21h34, la princesse met au monde une petite fille, prénommée Louise, Sophie, Mary. A sa naissance, elle pesait 3,420 kg et mesurait 54 cm. L'accouchement a lieu aux Cliniques Universitaires Saint-Luc à Woluwe-Saint-Lambert. Dès la naissance, une polémique se met en route suite au souhait du prince de choisir un parrain musulman pour sa fille. On évoque le nom de Réza Palhavi, fils du dernier shah d'Iran et persona non grata dans son pays natal. Ce choix est contesté car il refroidirait les relations diplomatiques belgo-iraniennes. Finalement, le prince Laurent décide de ne rien dire... Louise est baptisée par le père Guy Gilbert sept mois après sa naissance dans le domaine de la famille Solvay à La Hulpe. La presse n'est pas conviée et le Palais n'a fait aucune déclaration sur l'événement, mais il semble que la baronne Solvay et la princesse Margaretha de Luxembourg en soient les marraines. En 2011, la princesse Louise a fait sa petite communion dans l'église de Bonlez (Brabant wallon).

Le 13 décembre 2005, Louise est devenue la grande sœur de deux jumeaux :  le prince Nicolas (en hommage à Nicholas et Nicole Coombs) et le prince Aymeric, nés aux Cliniques Universitaires Saint-Luc à Woluwe-Saint-Lambert. Fidèle à sa réputation de rebelle de la famille royale, le prince Laurent n'a pas dévoilé les noms des parrains et marraines, et n'a montré au public la jolie frimousse de ses jumeaux que six mois après leur naissance! Il est dommage que contrairement aux traditions déontologiques du Palais, le prince n'ait autorisé les photos et images de ses fils qu'à certains médias... Est-il normal qu'Anne Quevrin de l'émission "Place Royale" (RTL-TVI) soit privilégiée par rapport à ses confrères? Non. Heureusement, tout est rentré dans l'ordre lors du concert de Noël 2006 au palais royal :  toute la presse a pu filmer et photographier les deux petits princes et leur sœur aînée. Nicolas et Aymeric auraient été baptisés par le père Guy Gilbert dans sa ferme du sud de la France, mais cette rumeur n'a pas été confirmée par le Palais.

Tous trois fréquentent le Lycée français Jean Monnet d'Uccle. Depuis septembre 2012, ils participent aux activités en néerlandais du mouvement de jeunesse "Les Scouts d'Europe" à Nossegem dans le Brabant flamand. En décembre 2012, leur grand-mère paternelle la reine Paola fait une donation aux trois enfants : l'ancien presbytère de Villers-sur-Lesse et son terrain de 11 ares, estimés à 169.000 euros. La reine Paola garde l'usufruit et leur donne la nue propriété :  cela signifie qu'à son décès, les trois enfants hériteront de la propriété, sans payer de droits de succession.

5° Princesse de Belgique
Après la naissance de ses enfants, Claire abandonne son métier de géomètre, mais reste actionnaire d'un tiers de la société Brône, Oldenhove & Coombs. Contrairement à ses belles-soeurs Mathilde et Astrid, Claire n'a aucun rôle officiel bien défini, et n'a donné qu'une seule interview et prononcé un seul discours en onze ans! Dans ses premières années de mariage, la princesse est la marraine de l'asbl De Gentse Barge et de la Rose Princesse Claire, une rose blanche créée par l'horticulteur Carl Van Sante. Elle accorde son Haut Patronage à la Brussels Chorale Society (qui a chanté lors de leur mariage) et au défilé de mode-vente aux enchères au profit de l'asbl Les Petits Riens.

La princesse fait un parcours sans faute depuis 2003 au sein de la famille royale et semble s'entendre avec tout le monde. La reine Paola l'apprécie beaucoup. Astrid aurait dit qu'elle était "claire et limpide". Alors que le prince Laurent n'est le parrain d'aucun de ses neuf neveux et nièces, son épouse est la marraine de la petite Eléonore, fille cadette de Philippe et Mathilde. On l'a également vue discuter en 2008 avec Delphine Boël et son époux lors d'une soirée.

La princesse Claire est une bonne ambassadrice de la mode belge. La plupart du temps, elle fait confiance à Edouard Vermeulen de la Maison Natan, fournisseur breveté de la Cour. Mais elle aime aussi mettre en valeur lors de la fête nationale des couturiers belges moins connus, comme Mademoiselle Lucien (en 2004), Stijn Helsen (en 2008) et Bernard Depoorter (en 2010). Le sac noir en forme de Belgique - prêté par la Maison Delvaux - qu'elle portait le 21 juillet 2008 n'est pas passé inaperçu. Il n'est pas rare de voir le couple princier à des défilés de mode (Chine Collection, Natan, Tim Van Steenbergen, Bernard Depoorter, p.ex.).

Ils ont participé aux grands événements du Gotha européen de la dernière décennie :  mariages du prince héritier Frédérik de Danemark et de l'infant Felipe d'Espagne en 2004, funérailles de la grande-duchesse Joséphine-Charlotte de Luxembourg en 2005, mariages de la princesse héritière Viktoria de Suède en 2010, du prince Albert II de Monaco en 2011 et du grand-duc héritier Guillaume de Luxembourg en 2012. Laurent et Claire sont des amis proches du prince Charles et de la princesse Camilla de Bourbon-Siciles avec qui ils passent chaque année quelques jours de vacances dans leur propriété de Sardaigne.

L'ensemble des projets de l'Enfant des Etoiles bénéficie depuis 2009 du Haut Patronage de la princesse qui ne manque pas leurs comédies musicales dont les bénéfices sont attribués à l'enfance en difficulté, que ce soit en Belgique ou à l'étranger.

Le 23 mars 2010, Claire est l'invitée d'honneur de la pièce "Les Trois Mousquetaires se logent à Bruxelles" au théâtre de marionnettes de Toone au profit de la Fondation Pro Renovassistance. Cette fondation a pour but de soutenir toutes les initiatives visant à mettre un logement décent à la disposition de familles à faibles revenus, et ce à des conditions compatibles avec leurs ressources. La princesse leur fait part de son souhait de mieux connaître leur travail et leurs projets. Un mois plus tard, une réunion de travail et la visite d'un immeuble rénové à Schaerbeek par Renovassistance sont organisés. Le 27 mai, Claire visite un autre chantier de rénovation d'un immeuble à Uccle et le Palais annonce qu'elle accepte la présidence d'honneur de la Fondation Pro Renovassistance. Contactée par téléphone par le journaliste Pierre Nizet, la princesse lui confie :   "C'est une cause très bonne. Avant d'en dire plus sur cette fondation, je vais d'abord apprendre à mieux la connaître. C'est un domaine qui m'intéresse énormément, qui est proche de ma profession". A l'occasion d'un colloque en 2011 sur le thème des immeubles vides organisé par la Fondation Pro Renovassistance et les Facultés Universitaires Saint-Louis, elle prononce son premier discours public (et le seul à ce jour en onze ans de mariage!). En 2012, Claire a participé à deux réunions de travail organisées par la Fondation Pro Renovassistance :  en janvier sur la campagne ImmoSolidarity et en juin au port de Bruxelles. En janvier 2013, elle inaugure un studio et quatre appartements à Etterbeek qui ont été rénovés par les asbl L'Arche, Logement pour Tous et Fondation Pro Renovassistance.

A l'occasion du 50ème anniversaire des Espaces Verts et Arts des Jardins (créée en 1961 par Ernest-John Solvay, l'architecte-paysagiste René Pechère et la princesse de Ligne) en 2011, la princesse Claire accepte de devenir leur présidente d'honneur.

Depuis 2012, Claire accorde aussi son Haut Patronage à la Maison d'Enfants Reine Marie-Henriette, créée au 19ème siècle à Bruxelles par la deuxième reine des Belges. La princesse a visité cette asbl en 2011, et assisté plusieurs fois au spectacle annuel organisé à son profit. La Maison d'Enfants Reine Marie-Henriette a déjà bénéficié également du soutien financier de la Fondation Reine Paola.

Au printemps 2013, un sondage d'Ipsos demande aux personnes interrogées quelle est leur femme préférée de la famille royale. Avec 17%, la princesse Claire est la troisième, derrière la princesse Mathilde (39%) et la princesse Astrid (34%), mais devant la reine Paola (7%) et la reine Fabiola (4%).  En 2013, la princesse entre au conseil d'administration des sociétés immobilières créées par son époux et en difficulté financière (Rec Arlon 67 et Compagnie des Eoliennes). Et est nommée membre d'honneur de la Confédération Royale des Géomètres-Experts de Belgique.

6° Première interview
A l'occasion du baptême d'une nouvelle Rose Princesse Claire (créée par Martin Vissers) en septembre 2013 au Roeulx, elle accepte, pour la première fois, de répondre à une interview :

"Madame, vous venez de découvrir la rose qui porte votre prénom. Quelle est votre première impression?
- Son parfum est stupéfiant. Visuellement, cette rose est élégante, plutôt classique. Puis vient la fragrance, puissante. Le contraste est intéressant. J'ai tout de suite pensé à mon mari qui veut d'abord un jardin rempli de parfums, avant de penser au côté purement esthétique.

- Vous-même, vous jardinez?
- Oui, j'aime bien cela. J'ai peu de parterres parce que je déteste arracher les mauvaises herbes. Mais je taille moi-même mes rosiers et je jardine volontiers, quand j'ai un peu de temps. Cela me fait du bien. Lorsque j'ai besoin de conseils, je téléphone à mon père en Angleterre. Ses avis sont souvent très justes. Lors de ma visite ici au Roeulx, j'ai appris plein de choses, notamment qu'il existait des buissons de roses rampants.

- Planterez-vous la rose qui porte votre prénom dans votre propre jardin de la Villa Clémentine?
- Certainement, oui. Il faudra que je puisse me les procurer auprès de leur créateur. Il y a beaucoup de place, pas de problème. En plus, "ma" rose est très résistante aux maladies. Je suis sûre que mon mari approuvera.

- Comment s'est passée la rentrée scolaire de vos trois enfants?
- Très bien. Mais déjà, je sens que le rythme s'accélère. Car après l'école, c'est moi qui surveille leurs devoirs. C'est un aspect sur lequel je suis très pointilleuse et qui demande pas mal d'investissement. C'est quelque chose que je ne laisse à personne d'autre. Louise a à présent 9 ans, Aymeric et Nicolas ont 7 ans. Comme ils sont jumeaux, je fais les mêmes devoirs deux fois!

- Et puis, il semble que vous souhaitiez reprendre une vie professionnelle?
- Oui, mais cela se fera très très progressivement. Il faudra que mon activité s'intègre à notre organisation générale et surtout familiale". 

7° Conclusion
Depuis son mariage, Claire fait un parcours sans faute tant sur le privé où elle apporte l'équilibre à son turbulent époux, que dans sa vie publique où elle est très à l'aise. Suite au changement de règne de 2013, le couple princier est beaucoup plus sollicité qu'auparavant par le Palais :  46 activités officielles pour Claire en 2013 (30 en 2009, 41 en 2010, 23 en 2011 et 30 en 2012). Interrogée à ce sujet en octobre, la princesse répond au "Soir Magazine" :  "Nous n'y sommes pour rien, vous savez. Nous avons toujours accepté ce qu'on nous donnait à faire, à l'époque comme maintenant. Nous n'avons pas choisi de faire plus d'activités et ne sommes pas à l'origine de cette décision. Pour tout cela, il faut remercier le Roi. Aujourd'hui, tout va vraiment bien avec le Palais. Les relations sont excellentes entre les membres de la famille royale. Et nous sommes dans un état d'esprit très positif. Nous sommes vraiment ravis de pouvoir faire plus d'activités et d'être au service de la population".

Bibliographie :
DANNEELS Mario,  "Laurent : le pécheur de Laeken", éditions Jourdan, 2012
LEROY Vincent,  "Le prince Laurent et la princesse Claire de Belgique", éditions Imprimages, 2009
VANHAEREN Joke,  "Laurent, le prince des cœurs", éditions Luc Pire, 2004

mercredi 8 janvier 2014

Le palais royal de Bruxelles


                                       

Lors de la période hollandaise (1815-1830), Guillaume Ier choisit comme résidence à Bruxelles les hôtels Bender et Belgiojoso (situés sur l'actuelle place des Palais) qu'il fait relier. Sous le règne de Léopold II, "le roi bâtisseur", le palais royal est considérablement agrandi par l'architecte Alphonse Balat. Après le décès de ce dernier, c'est Henri Maquet qui va transformer la façade et la rendre plus majestueuse, telle que nous la connaissons aujourd'hui.

Le palais royal est le lieu de travail du Roi qui y reçoit en audience les ministres, ambassadeurs, responsables économiques et sociaux. Les souverains y organisent chaque année plusieurs réceptions. Aucun membre de la famille royale n'y habite actuellement et les Belges peuvent le visiter gratuitement durant l'été.

De 1993 à 2013, sous l'impulsion de la reine Paola, plusieurs salons ont été restaurés et redécorés, et un comité artistique a été chargé d'intégrer l'art contemporain belge dans ce palais construit au 19ème siècle, où on peut désormais voir des œuvres de Jan Fabre, Marthe Wéry, Dirk Braeckman, Patrick Corillon et Michaël Borremans.

Grâce à notre blog ami Royalement Blog, voici une dizaine d'articles bien documentés sur le palais royal de Bruxelles :

Origine du palais royal :  http://royalementblog.blogspot.be/2012/07/le-palais-royal-de-bruxelles-de-son.html

Histoire du palais royal de Léopold Ier à nos jours :  http://royalementblog.blogspot.be/2012/07/le-palais-royal-de-bruxelles-de-leopold.html

L'Escalier d'Honneur :  http://royalementblog.blogspot.be/2012/08/le-palais-royal-lescalier-dhonneur.html

La Grande Antichambre :   http://royalementblog.blogspot.be/2012/09/le-palais-royal-la-grande-antichambre.html

La Salle Empire :   http://royalementblog.blogspot.be/2012/10/le-palais-royal-la-salle-empire.html

Le Petit Salon Blanc :  http://royalementblog.blogspot.be/2012/11/le-palais-royal-le-petit-salon-blanc.html

Le Grand Salon Blanc :   http://royalementblog.blogspot.be/2013/01/le-palais-royal-le-grand-salon-blanc.html

L'Escalier de Venise :  http://royalementblog.blogspot.be/2013/02/le-palais-royal-lescalier-de-venise.html

Le Salon Léopold Ier :   http://royalementblog.blogspot.be/2013/05/le-palais-royal-salon-leopold-ier.html

Le Salon Goya :   http://royalementblog.blogspot.be/2013/06/le-palais-royal-le-salon-goya.html

Le Salon Louis XVI :  http://royalementblog.blogspot.be/2013/08/le-palais-royal-le-salon-louis-xvi.html

Le Salon aux Pilastres :  http://royalementblog.blogspot.be/2013/10/le-palais-royal-le-salon-aux-pilastres.html

Le Salon des Maréchaux :   http://royalementblog.blogspot.be/2014/01/le-palais-royal-le-salon-des-marechaux.html

La Salle du Trône :  http://royalementblog.blogspot.be/2014/05/palais-royal-la-salle-du-trone.html

La Salle de Marbre :   http://royalementblog.blogspot.be/2014/08/palais-royal-la-salle-de-marbre.html

La Grande Galerie :   http://royalementblog.blogspot.be/2014/11/palais-royal-de-bruxelles-la-grande.html

Le Salon du Penseur :  http://royalementblog.blogspot.be/2015/03/palais-royal-de-bruxelles-le-salon-du.html

La Salle des Glaces :  http://royalementblog.blogspot.be/2015/06/palais-royal-de-bruxelles-la-salle-des.html

Le Salon du Vase :  http://familleroyalebelge.blogspot.be/2017/10/le-salon-du-vase-du-palais-royal-de.html

                                                 Meilleurs vœux à tous pour l'année 2014 !